MALHERBE,
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pour avoir lieu de débiter des pensées. II y a beaucoup d’aparence que Malherbe n’avoit guerede Religion (C). Son bon Ami, aiant voulu faire ensorte que l’on ne crût pas cela, s’y eit pris4’une maniéré à n’en laisser point douter. On a vu dans l’Article de Madame Des Loges quel-ques
fr) Mena-
î Obser-vations fur
îoësies
5 - Atalher-
- S >HaS 7 .
Cela se peut facilement :
Mats de danser une BourréeSur une Dame bien parée ,
Cela ne se peut nullement (7).
II ne sentait que trop sa foiblesse, 8c il s’en plaignit bientristement. Je ne suis pas enterré ■ mais ceux qui le font nefont pas plus morts que je fuis. Je n ay grâces à Dieu dequoymurmurer contre la constitution que la Nature m avoìt donnée.
l'assista jusques à la mort (17). Remarquez bien qu’aucun (17) Lí-rf-motif de Religion , ni aucun instinct de conscience, ne me, pag. 4^le portèrent à se confesser : il ne se rendit qu a une raisonpurement humaine, c’est qu’il faloit suivre la coutume desautres hommes, auffi bien à l’article de la mort, que pen-dant la vie. Nous allons voir qu’à l’aprocbe du momentfatal qui décide de notre fort pour l'éternité, il ne son-geoit guere ni au Paradis ni à l’Enfer. Une heure avantque de mourir , après avoir esté deux heures à l’agonie, il
Elle estait fi bonne, qu en l’aage de soixante CX dix ans je ne se réveilla comme en sursaut, pour reprendre son hostejfe,sçay que c est d’une seule des incommoditex, dont les hommes font qui luy servoit de garde , d’un mot qui ri estait pas bien Bran-
M* À fM /IHtanan nnn4- srsfjnììij. AM 1 y» /71 . «Ai /» jsÍÌaa* ì /T. í _ Z' _ sT. _ . . 7..,, G* aa A.A 7
£*) Mailler-» e > LettreBalzac,
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ordinairement ajsaillis en la vieillejseex fi c estait estre bien quen'estre point mal, il se volt peu de personnes à qui je deujji por-ter envie. Mais quoy ípour ce que je ne fuis point mal, ferois-jefi peu judicieux que je me fisse accroire que je suis bien ! Je nesçay quel est le sentiment des autres ; mais je ne me contente pasà fi bon marché : l'Indolence est le souhait de ceux que la goûte ,la gravelle, la pierre , ou quelque semblable indisposition mettentune sois le mois à la torture. Le mien ne s’arrefte point à laprivation de la douleur,il va aux deitces: Et non pas à toutes ;car je ne confonds point l'or avec le cuivre: mais à celles quenous font gouster les femmes en la douceur incomparable deleur communication (8). II décrit ensuite cette douceur,8c puis il dit : Si âpres cela il y a mal-heur égal à celuy dene pouvoir plus avoir de part en leurs bonnes grâces , je vousen fais juge , ex m'ajseure que vous aurez de la peine a mecondamner. Mais il ne faudrait gueres continuer ce discourspour me porter à quelque désespoir (9). .11 dit un jour àMonsieur de Bellegarde, vous faites bien le galant ex 1 ’amou-reux des belles Dames , lifez-vous encore à livre ouvert ?c eftoit fa façon de parler , pour dire s’il eftoit encore preft àles servir. Monsieur de Bellegarde luy dit , qu ouï : Malher-
répondit en ces mots ; parbleu, Monsieur, j’aymerois mieux pas volontiers de la viande aux jours défendus fans permis-
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vous ressembler en cela qu en vostre Duché ex Pairie (10)Quelque chicaneur me viendra dite peut-être que Malher-be ressembloit à cet Ancien qui pe renonçoit pas à l’a-mour, lors même que l’âge le contraignoit de renoncer àla jouissance.
Amare liceat, fi potìrì non licet.
Fruantur alii : non moror, non sum invidus ,
Nam fese excruciat qui beatis invìdet :
€juos Venus amavit, facit amoris compotes :
Nobis Cupido velle dat, fosse abnegat
f ois à son gré; ex comme son Confesseur luy en fit réprimandé ,il luy dit, qu’il nepouvoit s’en empêcher, ex qu il vouloit dé-fendre jusques à la mort la pureté de la Langue Françoise (18). frQ Là-miiJ’ai ouï dire que ce Confesseur lui représentant le bonheur mt ’de l’autre vie avec fort peu d’éloquence, 8c lui demandants’il ne sentait pas un grand deiir de jouir bientôt de cettefélicité, Malherbe lui répondit, ne m’en parlez plus, vo-tre mauvais style m’en dégoûte. Mais je veux bien qu’onprenne cela pour un Conte, 8c qu’on croie même que lesvéntez que Balzac trouvoit à propos de suprimer (19), ( 19 ) Je citen’aient nulle relation aux dernieres heures de ce Poète.Arrêtons-nous seulement aux faits que j’ai tirez de fa Vie,
Composée par Racan son bon Ami: n’est-il pas vrai qu’ilsforment une violente préfomtion, que fa foi, & que fapiété étaient très-minces? Racan s enquit fort soigneusementde quelle sorte il étoit mort, parce qu’il lui avoit ouï dire quela Religion des honnêtes gens étoit celle de leur Prince (20). ( 20 ) Racaa»Voilà une curiosité qui marque qu’on le soupçonnoit d’ir- vie dereligion,8c voilà aufíi un bon fondement de ces soupçons. Mâeibe,Que Racan vienne nous dire après cela que son Ami étoit 4S ’ 46 ’’fort soumis aux commandement de l’Eglise, qu il ne mangeoit
ses parolesdans la pe~marque (D) ,Citât, (31). ■
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fion , quoi qu’il fût fort avancé en âge , qu’il alloit à laMesse toutes les fêtes ex tous les Dimanches, ex qu’il ne man-quoit point à se confesser ex communier à Paquet h sa parois-se , qu’il parloit toujours de Dieu ex des choses saintes avecgrand refpeâi ; ex qu un de ses amis luy fit un jour avouerdevant Racan, qu’il avoit une sots fait vœu d’aller d'Aix àla Sainte Baume , teste nue, pour la maladie de fa femme (21). Lx-m‘-Que Racan nous dise ces choses tant qu’il lui plaira, il 4 í,
n’effacera point les mauvaises impressions que les autresfaits ont produites: 8c s’il obtient quelque chose, c’est qu’oncroira que Malherbe n’avoit rien déterminé ni pour ni con- fr 2 ) Vaie7 ~ s 4tre; 8c qu’aiant quelque sorte de Religion dans l'esprit,fans Balzac 1 ■ 'en avoir dans le cœur, il se conformoit à l’ufage par pré- & ,- Báí - ? »"/ e4caution : c'est-à-dire comme à une chose qui en tout cas d-dejfm ■%-pourroit servir, 8c ne pourroit nuire. On croira que dans (f)*un teins de grande affliction, où l’ame troublée se tourne ttm,mde tous les cotez, 8c tente tous les remedes dont elle s’a-vise, il se sera élevé quelques sentimens qui sauront pous-,sé à faire des vœux ; tempête qui se calma dans son cœurdès que le péril fut passé. Joignez à cela qu’il avoit àcraindre un dommage très-réel 8c très-effectif, en n’ob-
. . v , . —... servant point les préceptes d’une obligation absolue; com-
jourla main à Mademoiselle de Rambouillet , qui fut depuis me sont dans son Eglise ceux de communier une fois fan,
Madame de Montaufier , voulut s’ émanciper à lui baiser le 8c d’ouïr la Messe les jours de Fêtes & les Dimanches. Un (24) Hxbetbras. Mais Mademoijelle de Rambouillet lui témoigna fi ferìeu- homme d’esprit, qui a besoin de faire fortune, 3 c qui en fenettati
Mac illi faciant, queis Venus non invìdet ,
A t nobis cajfo faltem deleílamine .
Amare liceat, fipotiri non licet (il).
Je répons que st Malherbe eût été encore en état de fedonner une maîtresse effective, il n’auroit pas choist Ma-dame de Rambouillet, dont la qualité 8c plus encore lavertu auroìent ôté à Malherbe jusqu’aux plus petites espé-rances. L’Hôtel de Rambouillet qui est devenu si célèbreétoit un véritable Palais d’honneur. Il n’y. avoit là que dela galanterie, ex point d’amour. Mr. de Voiture donnant un
(23) Cons-rez* ee qui ejídit dansP ^Articled y ACHIJirL E, \entar~,que (L)m
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veut faire, ou fe maintenir dans son état, ne fe dispenserajamais de ces sortes de préceptes: il fera même ensorte queses voisins, ses amis, & ses domestiques, ne sachent pasqu’il méprise son Eglise, jusques au point de se passer desa permission, pour manger des viandes les jours défen-dus. Tous les actes de Religion que faifoit Malherbe étoientsi faciles, 8c d’ailleurs si nécessaires à fa fortune, 8c à laréputation d’honnête homme qu’ilfoutenoit bien dans toutle reste, qu’ils ne balancent pas la preuve d’irreligion queles récits de Racan nous ont fournie. Quand j’ai dit que rsjsssjdans tout le reste il soutenoit bien la réputation d’honnête 1 ! CrecÍ0 '. j- ed ns
magnum gra*tiam , qtietmi bi Jèrmo*itis Avidita*tem auxìt ,pâtionis &cibì fustu,lit %
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fiement que fa hardiesse ne lui plaisait pas , qu elle lui ôta l'en-vie de prendre une autre fois la même liberté (12). Con-cluons de tout ceci que les maîtresses des Poètes, je veuxdire ces Claudines, ces Philis, 8cc, pour lesquelles ils fonttant de Vers d’amour, ne font pas toujours un objet ai-mé. Ce sont des maîtresses poétiques; on fe sert d’ellespour avoir un sujet fixe à quoi l’on puisse apliquer quel-ques pensées.
{C) Il y a beaucoup d’aparence que Malherbe n’avoit guerede Religion. ] ,, Quand les pauvres luy difoient qu’ils prie-„ roient Dieu pour luy, il leur répondoit qu’il ne croyoít
» pas qu’ils eussent grand crédit au Ciel, veu le mauvais homme, j’ai eu égard aux maniérés de juger que la cor-» estât auquel il les laissoit en ce monde ; 8c qu’il eust ruption a introduites par toute la terre. Le monde est si„ mieux aimé que Monsieur de Luy ne, ou quelqu’autre dépravé, qu’on n’estime pas que la recherche des plaisirs móìïstum 1 ”*
„ favory, luy eust fait la mesrne promesse ( 13 ). vénériens par des voies illégitimes, 8c que les galanteries q m d‘^n4 ts .
jj Dans ses Heures" il avoit effacé des Litanies des Saints criminelles, empêchent dette honnête homme. Si l'on sidérés.
» tous les noms particuliers, disant qu’il étoit superflu de jugeoit autrement des choses, Malherbe n’auroit point passé Cicero, <{e-, les nommer tous les uns après les autres, 8c qu’il suffi- pour tel ; car il s’est dépeint lui-même comme une per--, soit de les nommer en général, Omnes fanêlt ex fanêla sonne abrutie dans ces plaisirs-là. II & represente comme fis’ M *
à deux doigts du désespoir,lors qu’il songe sine L vieillesse 4 zt, 423.le rend incapable de jouir des femmes (22). Se sentant ifi* qmntidans cet état de décadence où la nature fe cherche fans se ,fisfisfi numtrouver, qmrit se natura nec invemt, û gémit 8t il sou-pire (23), il verse presque des larmes de sang, & il aime-roit mieux recouvrer ses forces de cq cote-là, que d avoir... la dignité de Duc & Pair. Qu’il est éloigné de l’esprit des^ qui eftoit son Ecolier en Poésie , auffi bien que Racan. Ce sages Païens (24), qui comptaient entre les avantages detsitil l U y â, pour le persuader de recevoir les Sacremens, fut la vieillesse, ce qu’il prenoit pour une infortune . Qu’il estqu ayant toujours fait profeffiton de vivre comme les autreshom- inférieur à la vertu de Sophocle, Poète comme lui, mais** M > d f alloit auffi mourir comme eux; ex Malherbe luy.de- Poète Païen ! Etant vieux, on lui demanda itn jour, s’ilinondant ce que cela vouloit dire,Tvrande luy dit , que quand pouvoit encore se divertir avec le iexe. A Dieu ne plaise,es a fitres mouraient, Us fe cons efficient , communiaient, tx re- répondit-il,je me suis sauvç des mams d un si furieux maî-cevoient les autres Sacremens de l'Eglise. Malherbe avoua qu il tre avec le plus grand plaisir du monde. Bene Sophocles, ibid. fag,uvm, ,„;r- _ • .s - ~- :J —• qumret , utereturne 4 - 4 "
rébus '
-, Del, orate pro nobis (14).H lui échapoit de dire
-> que la Religion,des honnêtes gens étoit celle de leur-, Prince (15)”. Pendant fa derniere maladie on eut beau-c °up de difficulté à le faire resoudre de se confesser (16). 11 di-
f°it pour ses raisons qu il n avoit accoutumé de le faire qui à
Pâques . c élut qui l’acheva de resoudre fut Tvrande,
Gentilhomme, qui avoit esté nourry Page de la grande Ecurie,
__ „j_. ..le plus grand plaisir du monde.
*voit raison ,zx envoya quérir le vîcaire de saint Germain, qui çûm ex eo quiâarp jam affieflo atqte,
F o M, ilz. 1 Pu
emsntìi jji-,pendììs Ubi-dinìs, amlít-tionis , con-tentìonis , int*micìtìarum ,ctipìáitAtum.omnium ,feemn esse ,fecumque ( ttffidicitur ) vi~vere? Idem,