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Tome troisieme. K - P.
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(«) Jugem.des Savans,'Tome III 5

num, 944,

<£r fur lesBoetes,

7 orne 1 V 9nmu 1411.

f25) Cîcerô,de Seneëtu-te, Cap,XIKp. 423.Platon, deKepubl;

JLibr . /,tirca inît,pag. m, 572,573 , raportecette 'fi/ponfe

de Sophocle.

(26) VùîeXéBailler,Jugem. furJes Poetes,Ì V Partie ,num. 1411»f<tg. 14 irsuivantes .Consultez, ci»dessous la7 {em. (H).

(27) Z,/è-j»2-

Tne^pag, ij t28 .

(28) Identi-dem felicentPriamttmvocabat, cjtíodfíiperjles om-nium fuorumexstitijset.Sqeton. inTiberio,

Cap . Z,X//.

£29) Votez,Balzac,EntretienLXXVII,356

(30) f 9 aicité ci-dejsus ,r/í^ít. (21) ,ces paroles deIfzcan : 17 îlde ses amislui fit unjour avouer,&C, -

(31) Balzac,Eettre IV

a Conrart,lÁvr. I h pag.m, 100, 101.

(32) Dans laPréface decette Editionde Malherbe.

Os) Baillet,Jugem. desSavans luiles Poëtes,ÏV Partie ,n. 1411.

f«S- -z.

(34) BU est

Á U psts s 103

dr f ah. de lal Partie deses Oeuvresmè.c'es,

2,8 MALHERBE.

ques faits concernant Malherbe. J’indique la meilleure Edition.de ses Poëíîes (D) *, Sc je diraiquelque chose de ses Traductions (£). Le bien & le mal, que l’on a dit de ses Ouvrages, aété soigneusement recueilli par Mr, Baillet (c) : j’y renvoie les Lecteurs. Je ne trouve pas queMalherbe ait eu beaucoup de part à Vaffection du Cardinal de Richelieu (F).

II étoit du nombre de ces Auteurs dont j’ai parlé deux ou trois fois, qui composent avecune peine extrême (G), Sc qui mettent leur esprit à la torture en corrigeant leur travail. La

maniéré

rébus venereis : Dit melìora, inquit. Ltbenter vero ifiinc,tamquam à domino agrefii , ae furioso profugi, Cupidis enimrermn talium, odiofam, ey molefium est fortaste carere. Sa-tìatìs vero , c?' expletis , jucuïtàìus est carere , cpukm fr tu.Quamquam non caret is , l^i non^ defiderat, Ergo hoc nondefiderare, dico este jucundius, quam frui (25). On accuseMalherbe d’un autre défaut moral, ou même de deux, jeveux dire de vanité 8c d avarice. On le convainc du pre-mier sans peine par plusieurs passages de ses Poëfies (26) :mais les preuves du second ne valent rien. Voici les pa-roles de Mr. Baillet (27). Quelques-uns ont cru trouverdans les Poésies de Malherbe des marques de quelque bassessed’ame , cy de quelques attaches trop intéressées , qui luy ontmême été quelquefois les fentimens naturels de ihumanité.Mais je pense que ce reproche n a point fi autre fondement quel’Epitaphe fiun de ses parents nommé M. D’Is, dont il étoithéritier , dans lequel il a témoigné souhaiter de voir toute faparenté au tombeau, pour avoir tout k bien de fa famille:voicy les Vers de Malherbe far ce sujet.

Icy gît Monsieur d’Is,

Plût or à Dieu qu’ils fussent dix !

Mes trois sœurs, monPere, 8c ma Mers,

Le grand Eleasar mon Frere,

Mes trois Tantes, 8c Monsieur d’Is :

Vous les nommé-je pas tous dix ?

Pour peu qu on soit équitable, on voit la, non pas îe na-turel de Tibere (28), mais un jeu d’esprit , 8c une plaisan-terie poétique, où le cœur n’a point de part. Malherbe futinconsolable de la perte de son fils (29), & il aimoit tantson épouse , que l’afflíction de la voir malade réveillasa Religion endormie, & l’engagea à faire une chosedont il eut en suite bien de la honte : il fit vœu d’aller■ tête nue à la Ste. Baume; mais il n’étoit pas bien aiseque l’on sût qu’il eût été si dévot; 8c bien loin de s’en-vanter, il faloit lui arracher cela comme un grand se-cret (30).

(D) La meilleure Edition de set Poésies. ]. C’est celle queMr. Ménagé a procurée, 8c enrichie de plusieurs Notes.Elle parut à Paris l’an 1666. .11 y avoit fort long-tems queMr. Ménagé y travailloit; car voici ce que l’on trouve dansune Lettre de Balzac, datée du 23 de Janvier 16; 1. Lanouvelle du Commentaire fur les Oeuvres de Malherbe m asurpris ; cy comment eft-ce que n ost r e excellent amy abandon-ne son travail far Diogene Laérce, & tant d’autres travaux -de grande importance, qu il,a promis au public, pour s’amu-ser à expliquer un Poète fi clair, íV fi facile que le nofire?se l’ay connu , il efi vray, ey tres-particulieremeht ;.® 1 j’enfay des particularisez, qui font ignorées de tout autre que demoy. J’ay encore icy un homme qui le vit mourir, cy queje luy avois envoyé , ne pouvant moi mefme l’aller voir , àcause de mon indisposition. Mais ce que je fay , Monfieur ,de plus particulier que les autres, ne se peut écrire de bonnegrâce , & il y a certaines verìtez qui ne font bonnes qu àsupprimer (31). Comme j’avois promis dans la Remarqueprécédente une partie de ce Passage, il est plus long quemon Texte ne le demandoit. Mr. Ménagé nous aprendlui-même (32) qu’il n avoit pas plus de 20 ans, lors qu illui prit envie de commenter Malherbe, 8c que si ses Amisne l’en avoient détourné, il auroit commencé par là à sefaire conoître au public. II ajoûte qu’avant que ses Notesfussent imprimées, Mr. Chevreau publia un Commentairesur les mêmes Poésies. Je ne doute point , continue-t-il, quece 'Commentaire ne soit rempli de plusieurs choses curieuses &tris-dignes d’efire leues. Cependant , je me fais privé du plai-sir de lire toutes ces choses , afin. qu on ne m'accufaft pointd'avoir volé Monfieur Chevreau, fi je me rencontrais dans sespensées;, ni de l’avoir voulu contredire , fi je ne me trouvoispas de son advìs. Ceux qui n’ont pas cet Ouvrage de Mr.Chevreau (je fuis de ceux-là) s’en pourront faire une idéepar ces paroles de Mr. Baillet (33) : „ II seroit ennuyeux„ de parcourir dans le détail les autres défauts qu’on a int-„ putez à Malherbe. Ceux qui voudront s’en instruire„ pourront consulter le Livre des Remarques que Monsr.

Chevreau a fait sur notre Poète. Mr. Rosteau témoigne„ qu’aiant communiqué ces Remarques, ou plustost ces„ Censures, à Mademoiselle de Scudery, elle lui fit con-„ hoistre après les avoir lues qu’elle étoit fort surprise. Cet-„ te docte 8c judicieuse Demoiselle avoiioit qu’il pourroit-, bien y avoir quelque chose de reprehensibje en quelques-, endroits des Poésies de Malherbe; mais elle ne pouvoir-- s’ùnaginer sérieusement, que ce célébré Poète eût donné” n jf t ’- ere à tant de corrections.

Notez que Mr. Chevreau ne convient pas que ses Re-marques n eussent point passé fous les yeux de Mr. Mena-ge. î Voiez son narré 8c ses plaintes dans une Lettre queje cite (Z 4 )" Voiez ausiì dans la II Partie de ses Oeuvre*

mêlées,8c du Chevnana, plusieurs Observations très-fines8c très-soíides contre Malherbe.

( E j Je dirai quelque chose deses Traduisions. ] II a tra-duit quelques Ouvrages de Seneque, & quelques Livresde Tite-Live; 8c s’il ne réussit pas, il eut pour le moinsle bonheur d’être fort content de son travail. „ Sa priri-„ cipale-occupation estant d’exercer sa Critique sur le lan-„ gage François, à quòy on le croyoit fort expert, queL;, ques-uns de ses amis le prierent un jour de faire une

,, Grammaire de nofire Langue..Il leur répondit

,, que fans qu il prît cette peine on ri avoit qu à lire fa Tra-,, duêìïon du xxxiii Livré de Tite-Live, cy que c'étoit„ de cette forte qu il faloit écrire. Cependant chacun n’étoit„ pas de cet avis.' Mademoiselle de Gournay qui estoít„ une fille sçavante de ce iìecle là disoit ordinairement,„ que ce Livre ne lui paroistbit qu un bouillon fieau claire.„ Elle vouloit faire entendre qúe le langage en estoít trop„ simple , 8c quelques gens ont cru qu’elle avoit rai-„ son (35) ”. Mr. Huet a Observé (36) que la passion,qu’avoit Malherbe de plaire aux Courtisans, lui a fait ren-verser Perdre de son Auteur, qu il n en a suivi ni les ponc-tuations , ni les mots, cy qu il ne s'y est étudié qu à purifierCy à polir notre langue. Mr. de Racan confirme cela : Mal-herbe, dit-il (37), disoit souvent, & principalement quandon le reprenoit de ne pas bien suivre le sens des Auteurs qu iltraduisait ou paraphrasait , qu il riaprestoit pas les viandespour les Cuisiniers ; comme s’il eufl voulu dire qu il se sou-cioit fort peu d’efire lo'ûé des gens de lettres , qui entendaientles Livres qu il avoit traduits , pourveu qu’il le fust des gensde la Cour.

(F) Je ne trouve pas qu’il ah eu beaucoup de part àl’ajfeâlion du Cardinal de Richelieu. ] Par malheur pour cegrand Poète, ses épargnes d’esprit furent comtes de ce Car-dinal. On sut qu’au lieu de se mettre en frais pour chan-ter la gloire de ce grand Ministre, il ne fit que racom-moder de vieilles Pieces qu’il trouva parmi ses papiers. Cen’étoit pas le moien de plaire à un Esprit aussi délicat, 8caussi fier que celui-là : il reçut fort mal cet hommage deMalherbe. Lisez ces paroles de Mr. Ménagé. J’ay feu de M.de Racan ,, que Malherbe avoit fait ces deux Stances plus detrente ans avant que le Cardinal de Richelieu , auquel il lesadresse, fust Cardinal ; cy qu il en changea feulement les qua-trepremiers Vers de la premiere Stance, pour les accommodera Jon Jujet. fi ai feu austì du mefme M. de Racan, que leCardinal de Richelieu , qui avoit connaissance que ces Versn avoient pas efié faits pour lui, ne les receut pas bien quand-Malherbe les lui fit prefenter : ce qui fit que Malherbe ne lescontinua pas (38).

(G) ll étoit du nombre de ces Auteurs ... 1 . qui com-posent avec une peine extrême .] Celui qui s’est déguisé sous

le nom de Vigneul-Marville n’a point ignoré cela. Cé n’é-toit - dit-il (39) , qu en veillant beaucoup & à force de setourmenter que Malherbe produìsoit ses divines Poésies. Onauroit pu comparer fa Muse à certaines femmes qui fontdes sept ou huit jours de fuite dans les douleurs del’enfan-tement; 8c puis que ses trenchées étoient plus longues, &plus importunes, que celles à quoi Balzac étoit exposé enpareils cas, il faloit quelles fussent bien terribles. Consi-dérez un peu ces paroles ( 40 ) : „ A la fin il est achevé :„ je parle du Discours dont vous a parlé ma dernière Let-„ tre, 8c qui est un des cinq que je vous avois promis.„ 11 m’a laite, il m’a épuisé, il m’a fait maudire le mes-» tier mje douzaine de fois. Quoi que vous puissiez dire

L-deiius, encore est-ce estre moins difficile a se conten-„ ter que ne l’estoit le bon-homme que je vous allégué si„ souvent, II gaíta une demy-rame d.e papier à faire & à„ refaire une seule Stance. Si vostre curiosité désiré savoir» quelle Stance c’est, en voici le commencement.

(3;) Soreí*Bibiioth.Françoise,pag. z i9 ,260 , Eiit.dt 16S7.

(36) De clí“

lis Inter-pretibus»Libr. II ■> ,

pag, 1S6 , a ‘ tspar BaillesJugem.

Terne Ihn. 944. 0 ‘ â1 ‘

2.

(37)

Vie deMalherbe»pag. 28.

( 38 ) M*»*ge, Obs*'vations

les Foëf eSde MaÛ jetbe, pag-

( 39 ) Mé-langes

d’HistossL

& 6- llí L

rature, f f\oiim t 699

(40) Ests’

rrfa:

à C 0 XÎi><-

„ Comme en cueillant une guirlande,

„ L’homme est fi autant plus travaillé.

„ Que nous prenons de peine, bon Dieu! à semblables„ bagatelles; bagatelles morales 8c politiques, en François„ 8c en Latin; en Prose 8c en Vers! ” Voilà ce que Mr.de Balzac écrivoit à Mr. Conrart le 2y de Juin i6yi. Lebonhomme dont il parle est notre Malherbe : on n’en peutdouter; car voici le cinquième Dixain de son Ode auDucde Bellegarde : ' '

Comme en cueillant une guirlande,

L’homme est d’autant plus travaillé ,Que le parterre efi émailléB’une diversité plus grande ;

Tant de sieurs de tant de coflezFaisant paroìstre en leurs beautez,

L'artifice de la Nature,ll tient suspendu son désir,

Et