MALHERBE. MAMMILLAI R Ê 8.
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ÏV) Mal-ncibe,Poésies,
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maniere fanfaronne dont il parloit de ses Poésies scroit plus choquante, íì l’on ne considérait queles Poëtes ont toujours pris la liberté de se louer à perte de vue (II). Je ne doute point queBalzac ne parle de lui, lors qu’il fc moque d’un certain tyran des syllabes (/).
cum Secundum scholn adhuc operam âantem trifiem sorte vi-disfet, interrogavit, Quse caussa frontis ta m obductaz? nec
Et ne fait en cette peinturels ri que laisser, ni que choisir (41).
Si Mr. Ménagé avoir su la particularité que Balzac savoirtouchant la peine que ces dix Vers a voient coûtée à leurAuteur, il l’eút insérée sans doute dans ses Notes fur cetendroit de Malherbe. J’ai raporté ailleurs (41) ce que l’ondisoit des dificultez inconcevables avec lesquelles Monsr. deBalzac composoit ses Livres. Nous venons de voir ce qu’ileh disoit lui-même, 8c voici un autre Passage de ses Let-tres à Mr. Conrart: „ M. Courbé (43) pense, peut-estre,„ que j’aille aussi visse que M. de Saumaise, qui va plus„ visse que les Copistes & les Imprimeurs. Une petite„ Lettre me couste plus qu’un gros Livre à ce dévoreur„ de Livres. Bien-heureux font ces Escxivaìns qui fe con-„ tentent si facilement ; qui ne travaillent que de la mé-,, moire 8c des doigts; qui, fans choifir, écrivent tout ce,, qu’ilssavent(44)” ! Cela me sert de preuve;car puisqueMalherbe étoit encore plus dificile à se contenter que nel’étoit Mr. de Balzac, tout ce qui nous représente les peinesde celui-ci augmente ridée que nous avons de la soufrancede l’autre. Ce qui fuit est une preuve plus courte , puisqu’on y volt formellement que Malherbe surpassait Balzacdans ce point fâcheux. „ Le bon-homme Malherbe m’a„ dit plusieurs fois, qu’aprés avoir fait un Poème de cent„ Vers, ou un Discours de trois feuilles, il faloit fe repo-„ fer dix ans tous entiers. M. Courbé n’est pas de cette„ opinion, ni moy non plus. Je n’ay pas besoin d’un si„ long repos aprés un si petit travail. Mais aussi d’atten-„ dre de moy cette bien-heureuse facilité qui fait produire,, des Volumes à M. de Scudery, ceseroitme conoistre„ mal, & me faire un honneur que je ne mérite pas (43).
II y a tant de choses à recueillir fur ce caractère d’esprit,qu’après les grandes effusions de Citations qu’on a vues ci-dessus (46) , il m’en reste encore à faire. Cafaubon s’étoitafranchi de la servitude sous laquelle gémissent ces Ecrivainsqui copient plusieurs fois leurs Lettres, & qui ne font queraturer. 11 en fait fa déclaration authentique Da mihi qua-fo , dit-il ( 43 ) , ut tti/Totpuet xui ùç tlrrcîv àtrxeoráfvp /.áyoi(4s) Balzac tecum loqui liceat. Polirè impensa cura quacunque scribas ,Lettre x vì prâsertim autern Epistolas, ex de fingulis voeibus ire in con-
ep,ns >moy«Aima-sta chs.
mente
filíum , diligentioris est homirús atque , ut ingénue dicam,zìiaxv tììv àtáùeim ^iZor/fíoréfou quam ego fitm. La Phrasequ’il emploie pour exprimer les scrupules d’un Ecrivain quidélibéré fur chaque mot est de Seneque le pere (48). Lesexcès qui fe commettent en cela sont très-blâmables, 8c unjoug qui réduit quelquefois la plume à une espece de stéri-1 e. Quintilien les censure très-justement: il nomme celaetre condamne a U malheureuse peine de se 'calomnier. Necemm rursus eos qui robur aliquod in stylo fecerint , ad infie-Ucem cdumnìandi fe pœnam alhgandos put o. Num quomodoc afau- sufficere civilibut officiis pojstt , qui fingulis aiïionum parttbuscixxuP' * n I ene s cat Sunt autem quibus nihil ft fatisomnìa muta-re, onmia. aliter dicere qukm occurrit, velint : ìncreduli qui-dam , (v de ingenio fuo pejfim'e meriti , qui diligentiam pu-1 st nt • facere f bi feribendi dijfcultatem (49). II n’est pasfacile de décider, ajoûte-t-il, si ceux qui aprouvent toutce qu ils écrivent font plus blâmables que ceux qui en fonttoujours mécontens. II observe que cette grande délica-tesse est suivie quelquefois de dépit 8c de désespoir, Sc ilraconte ce qui fut dit à un jeune homme qui se chagrinoitd’avoir pris inutilement beaucoup de peine pendant troisjours à chercher l’exorde de son sujet (50). Voulez-vous,lui dit-on, écrire mieux que vous ne pouvez ? Les parolesde Quintilien ont plus de grâce & plus de force. Necpromptum est dicere , utros peccare validius putem , quibusomnia sua placent , an quibus nihil. Accìdit enim etiam in-géniés s adolefcentibus fréquenter, ut labore confumantur, ex. in flentium ufque descendant nimia bene dicendi cupiditate.
íì’*' §tua de re memini narrasse mihi sulium Secundum, illtimpaí ' ,8^ aqualem meum , atque à me , ut notum est , familiariseramatum, mira facundia virum ; infinies, tamen cura, quid”°) Cec; fibi à patruo fuo dittum. ls fuit Julius Florus, in elo-
^tfi'rne ,, quentia Galliarum (quoniam ibi demum exerçait eani) princeps,
* Certus, cp 1 dignus il la propinquitate. ls( F ) , à fà linea, qiie le commencement d’nn
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dijfimulavit adole/céns, tertium jam diem esse, ex que omnìlabore materia ad scribendum destinais non invenìret exor-diumt quo f bi non prssens tantum dolor, fed etiam desperatioin posterum fieret. Tum Florus arridens. Num quid tu, in-quit, meliùs dicere vis, quam potes? Ita fe res habet:Curandum est,ut quàm optimè dicamus: dicendum tamenpro facultate. Ad profectum enim opus est studio, nonindignatione (51).
(H) Les Poëtes ont toujours pris la liberté de fe louer kperte de vue.] J’ai blâmé ailleurs ( 52. ) Malherbe de s’êtredonné des éloges plus dignes d'un Capitan de theatre , qued’un honnête homme, 8t j’ai cité deux Auteurs, dont i’unle condamne (33), ou ne le justifie qu’ironiquement (34);& l’autre l’excufe tout de bon , & fait voir que la licencede fe donner de pompeux Eloges est un ancien privilègedes enfans des Muses ( 55 ). II observe que Virgile, Ho-race, & Ovide s’en sont servis. 11 a traité cette matièreplus amplement dans un autre Ouvrage; car il a rapor-té (36) les endroits où Enmus, Nœvius, Plante, Lucrè-ce, Virgile, Horace, Ovide, Properce, Lucain, Stace,8c Martial, se louent eux-mêmes. II a fait voir ( 37 ) queles Modernes (58) ont imité ces exemples. Notez qu’ilremonte jusques aux Poëtes Grecs; car il a cité (39) Pin-dare, Hésiode, Theocrite, 8c Mofchus. Je rabrouai l’au-tre jour un homme, qui me difoir que ceux qui prétendentque la Grece n’a rien su qu’elle n’eût apris des Phéniciensont oublié une Remarque qui les favorise ; c’est que lesPoëtes, qui ont promis l’immortalité aux personnes qu’ilslonoient, ont emprunté cette idée de l'Epithalame contenudans le Pfeaume X L V, qui finit ainsi selon la V ersion deBuchanan:
Nec tu carminibus regina tacebere no/irisQuaque patet tellus liquido circumfona pontoPofteritas te fera canet, dumque aurea volvesAstrapolus, memori femper celebrabere fama.
La Traduction de Marot aplìque plus clairement les espé-rances du Poète à la vertu de ses Poésies.
Gluant est de moi , à ton nom c r ta gloireFerai eferits d-'éternelle mémoire,
Et par lesquels les gens k ïavenirSans fin voudront te chanter ex bénir.
Je dis à cet homme-là que fa Remarque me paroissoit pué-rile , 8c qu’il avoit grand tort de s’étonner que Mr. Mena-'ge ne s’en fût pas prévalu. Monsr. Ménagé avoit tropde jugement pour mêler les autorisiez profanes avec lessacrées.
(/) Balzac parle de lui , lors qu’il fie moque d'un certaintyran des syllabes.] La description est bien forte, 8c nouspeut convaincre qu’il y a des gens qui après leur mortne sont guere ménagez par les personnes dont ils avoientreçu mille marques de vénération. On s’imagine quepourvu qu’on ne les fasse pas conoître par leur nom il estpermis de les bien fronder. Voici en tout cas ma preuve:„ Vous vous souvenez du vieux Pédagogue de la Cour,„ 8c qu’on apelloit autrefois le Tyran des mots 8c des fíl-„ labes, 8c qui s'apelloit luy-mefme, lors qu’il estoit en„ belle humeur,le Grammairien à lunettes & en cheveux„ gris. N’ayons point dessein d’imiter ce que l’on conte„ de ridicule de ce vieux Docteur. Nostre ambition fe„ doit proposer de meilleurs Exemples. J’ay pitié d’un,, homme qui fait de si grandes différences entre pas 8c„ point; qui traitte l’affaire des Gérondifs 8c des Participes,„ comme fi c’estoit celle de deux Peuples voisins l’un de„ l’autre, 8c jaloux de leurs frontières. Ce Docteur en„ Langue vulgaire avoit accoustumé de dire que depuis„ tant d’années, il travailloit à dégasconner la Cour, 8c,, qu’il n’en pouvoir venir à bout. La Mort l’attrapa sur>, l’arrondissement d’une Periode, 8c Fan climaterique l’a-„ voít surpris, délibérant si Erreur 8c Doute estoient mas-„ culins ou féminins. Avec quelle attention vouloit-il„ qu’on l’escoutast, quand il dogmatisait de l’usage 8c de„ la vertu des Particules (60) ?
(íì) Quîn-'til. Ub. X,Cap. III,pag. 484.
(52) Dansles Nouvel-les Lettresde la Criti-que Géné- ‘raie deMaimb.pag. izì-
(53) Costal*Lettre L
du I Volumepag. 126.
(54) Le-mí-me, Suite dela Défensede Voiture,pag. m. 31.
(55) Menag.’Observât,sur iesPoésies deMalherbe,pag. ZZI L-sxiv.
(; 6 ) Le-mi-me , Anti-L ailier,
Tom. II, Ch,CXXXIX.
(57) Li-mê-
me, Chap.
CX XXVII,CX L.
($ 8) Le Péri,CasimirSarbieíchi,le Pere
Vavasseur,
le Pere Ra-pin, le PereCommire,
dans leursVers Latins *Ronsard ,Joachimdu Bellaï,.Malherbe,du Perier,dans leursVers Fran.-
cr.j.
(t 9) Mena,ge, Anti-Baillet,
Tom. II,
exxxvui.
ffio) Balzac*
SocrateChrestien,
Discours X,pas. m, 26 7.,
26$.
MAM MIL L AIRES, Secte parmi les Anabaptistes. Je ne sai pas bien le tems où cenouveau Sch íme se forma j mais on donne la ville de Haerlem pour le lieu natal de cette subdi-Vision ( /tA ïT.ÌÌ/=* d™*- A 1 L r** Arxrïnn tTICttrf* líi moín on
( f) Voies
c| 's°w Ec ' y 1 Sc là-destus on délibéra fur les peines que le délinquant _ -
Edition lnreat qu’il devoit être excommunié, les autres dirent que fa faute méritoit grâce, St ne voulure nt jamais consentir à son excommunication. La Dispute s’échaufa de telle sorte qu’il fe formaune rupture totale entre les tenans. Ceux qui avoient témoigné de l’indulgence pour le jeunenomme furent nommez Mammillaires (b) (A). En un certain sens cela fait honneur aux Ana-
t A \ ,, , baptistesi
moloeistpT" ■ w ‘] 11 n ' est ^ aS t>el ' oin de faire so l’Ety- que le mot mammelle, qui n’est plus du bel usage, signifieX q M xi° US C£UX ^ l11 ^Ulendem le François savent h même chose que teton.
• P p î
(b) Voter,Stoupp,Religion diHollandoi;Lettre III :pag. m. 6 r.Vriiez, aìijfi
Syntagmade Micrs-lius, f ^
ÏOli.