f 29) Il f doitdire cinqmille. Votez*la T^tmartjiíe{ E) deP ^ArticleZO ENCAS-TRE au com-mencement.
<3 o) Plu-tarqiie ,â Traited’Isis &d’Oíiris,
(»g- l°4<k.
( 31) Nouxoste liia-viter vivijuxta Epi-cutum , pag.1102.
(32) Diog.Laërtius,in Proœ-Jïlio, num. 8.
«Agathias,
Histor.
Libr, II.
(33) T\cmar-qttez. cjdonne censurePlutarque,
^ en ce qu'ils H P°sc cjueP ar des aises
subies deHeh'qion ( esGrecs témointutoient qu'ily avoit desDieux, leIon Jupiterfar exemple -qui ne pou-voient faireque du bien*
Z04.
M A N I C H E' E N S.
íòutenable dès que l’on admet l’Ecriture Sainte, ou en tout, ou en partie.
seroit assez difficile àréfuter,
lement, ni en bruits communs , mais en sacrifices & divinescérémonies du service des dieux , tant des nations barbares,que des Grecs en plusieurs lieux , que ni ce monde n efl pointJlotant à l'avanture fans estre régi,par providence es? raison,ni ausfi riy a-il une seule raison qui ie tiene es? qui le régisseavec ne fat quels timons, ne sai quels mors d obéissance, ains*y en a plufieurs mestez de bien es? de mal : es? pour plus clai-rement dire , il riy a , rien ici bas que . nature porte es? pro-duise, qui soit de soi pur es? fimple •• ne n y a point un seuldespenfier de deux tonneaux qui nous distribue les affaires com-me un tavernier fiait ses vins , en les méfiant es? brouillantles uns avec les autres : ains c este nie efl conduite de deuxprincipes , es* de deux puissances adversaires lune a Vautré,l'une qui nous dirige es? conduit a caste droit, es? par la droite<voye , es? Vautre qui au contraire nous en destourne es? nousrebute : ainfi est ceste vie meflée, es? ce monde, sinon le total,à tout le moins ce bas es? terrestre au dessous de la Lune, iné-gal es? variable, sujet à toutes les mutations qu il est possible-,car il riy rien qui puisse estre sans cause precedente , es? cequi est bon de foi ne donnerait jamais cause de mal , il estforce que la nature ait eu principe es? une cause dont procede lemal ausfi bien que le bien.
C'est Vavis C? Vopinion de la plus part C? des plus sagesnnciens ; car les uns estiment qu il y ait deux Dieux de mes-tier contraire , Vun auteur de tous biens, es? Vautre de tousmaux : les autres appellent Vun Dieu qui produit les biens, e?Vautre Démon, comme fait Zoroastres le Magicien, qu on ditavoir esté cinq cens ans (29) devant le temps de la guerre deTroye,Ceftui donc apeíloit le bon Dieu Oromaz.es , C? Vautre Arìma-nius : et? davantage il difiit qut Vun reffembloit à U lumière,plus qu à autre chose quelconque sensible, es? Vautre aux tene-bres es? à Vignorance es? qu il y en avoit un entre les deux quis apeíloit Mithres : c'est pourquoi les Perses apellent encore celuiqui intercède es? qui moyenne, Mithres: es? enseigna de sacrifierà Vun pour lui demander toutes choses bonnes, es? l'en remercier,es? à Vautre, pour divertir es? destourner les sinistres es? mau-vaises .(30) Les Chaldéens disent qu entre les dieux des
planètes qu ils apellent, il y en a deux qui font bien, es? deuxqui font mal, es? trois qui font communs es? moyens -, es? quantaux propos des Grecs touchant cela, il riy a personne qui lesignore: qu il y a deux portions du monde, l'une bonne qui estde Jupiter Olympien, c èfi-à-dire celefie: Vautre mauvaise qutest de Pluton infernal: es? feignent davantage, que la déesseArmonie , cest-à-dire acord, est née de Mars es? de Venus,dont Vun est cruel, hargneux es? querelleux, Vautre est doucees? generative. Prenez garde que les Philosophes mesmesconviennent à cela, car Heraclitus tout ouvertement apeile laguerre, pere, Roy, maiftre es? Seigneur de tout le monde, es?ditqu Homere quand il prioit ,
Puisse périr au ciel Sç en la terre,
Et entre dieux, 8c entre hommes, la guerre,
ne se donnoit pas de garde qu il maudiffoit la génération &produtlion de toutes choses qui font venues en estre par combates? contrariété de passions, es? que le Soleil rioutrepasserait pasles bornes qui lui font préfixés, autrement que les Furies mi-nistres es? aides de la justice le rencontreraient. Et Empedo-cles chante, qúe le principe du bien s’apeile Amour es? Amitié,O?souvent Armonie: es? la cause du mal,
Combat sanglant Sc noise pestilente.
Quant aux Pythagoriciens, ils designent & spécifient cela parplufieurs noms, en appellant le bon principe, un, fini , repo-sant , droit, non pair, quarrè, dextre, lumineux : es? le mau-vais , deux, infini, mouvant, courbe, pair, plus long quglarge, inégal, gauche, tenebreux. Aristote appelle Vun formeVautre privation : Et Platon, comme umbrageant es? couvrantson dire, apeile en plufieurs passages Vun de ces principes con-traires, le Mesme, es? Vautre VAutre: mais es Livres de sesLoix qu il escrivit estant défia vieil, il ne les apeile plus de nomsambigus ou couverts , ni par notes significatives, ains en proprestermes il dit que ce monde ne se manie point par une ame seule,ains par plufieurs à Vavanture, a tout le moins, non par moinsque deux, desquelles l’une est bienfaisante, Vautre contraire àcelle-là, es? produisant des efets contraires : es? en laiste encoreentre deux une troisième cause, qui ri est point sans ame, nifans raison, ni immobile desoi-mesme, comme aucuns estiment,ains adjacente c? adhérante à toutes ces deux autres. Plu-tarque, dans un autre Livre (31), dit formellement, qu ela nature de Dieu ne lui permet que de bien faire, &non pas de fe fâcher contre quelcun, ou de lui nuire. Ufaut donc que cet Auteur ait été persuadé, que les afflic-tions qui tourmentent si souvent les hommes ont une au-tre cause que Dieu, & par conséquent qu’il y avoit deuxPrincipes, l’un qui ne fait que du bien, l’autre qui ne faitque du mal. J’ajoûte que les Philosophes Perses, bienplus anciens que ceux d’Egypte, ont enseigné constam-cette doctrine '32).
Plutarque lui donne trop d’étendue, puis qu'il prétend^ , paroifsoit dans les actes publics de la Religion, par-mi les .barbares & parmi les Grecs (33) : car il est bien vraique les Païens ont reconu Lc honoré des Dieux malfaisans;
mais ils enfeignoient auflì 8c par leurs Livres 8c par leur*pratiques, que le même Dieu en nombre qui répandoiïquelquefois ses biens fur un peuple , l’astligeoit quelqueteins après pour fe vanger de quelque offense. Pour peuqu’on lise les Auteurs Grecs, on conoît cela manifeste-ment. Disons la même chose de Rome. Lisez Tite Live,
Cicéron, 8c les autres Ecrivains Latins, vous compren-drez clairement que le même Jupiter, à qui l’on ofroitdes sacrifices pour une victoire gagnée, étoit honoré end’autres rencontres afin qu’il cessât d’affliger le Peuple Ro-main: 8c quoi qu’il y eût un Vejovis beaucoup plus portéà faire du mal, qu’à faire du bien, on ne laissoit pas decroire que le Dijovis , ou le Dìespiter , c’est-à-dire le bonJupiter, lançoit la foudre. Aulugelle s’exprime de telleforte , qu’il distingue nettement Jupiter d’avec Vejo-vis (34). Cum Jovem igitur es? Dijovem à juvando nommas- (34). AnlSsent: eum quoque contrà deum, qui non juvandi potestatemsed vim nocendi haberet ( nam deos quojdam ut prodeffent cele-brabant, quofdam ne obeffent placabant) Vejovem appellave-
runt demta atque detraSia juvandi facultate . Simula-
chrum dei Vejovis, quod est ìn /tde, de quasuprà dixi,sagit-tastenet, qu/t fient videlicet parafa ad nocendum : quaproptereum deum plenque Apollinem effe dixerunt. . . Virgilium quo-que ajunt, mult/t antiqu.it atis hominem fine ostentationis odioperitum, numina lava in Georgicis quoque deprecari ,stgnifican-tem quandam vim effe hujuscemodt deorum in Udendo mqgtiquàm in juvando potmtem. Versus Virgtlii hi sunt ;
Gellius,Libr. V,Cap. XII*
In tenui labor, at tennis non gloria, fi quemNumina laeva íìnunt, suditque vocatus Apolío (35).
Plutarque fe trompe auíïï, lors qu'il veut que les Philoso-phes 8c les Poètes fe soient accordez dans la doctrine desdeux Principes. Ne se souvenoit-il pas d’Homere le Princedes Poètes , leur modèle, leur source commune; d’Ho-mere, dis-je, qui n’a préposé qu’un Dieu aux deux ton-neaux du bien & du mal?
Aoioì yáp re oríSoi xotrctneídTUi h A/òç oUSeeAúfiev élu èíSaoi , xuxâv , 'érepoç oì êáav.
Si /xh Kxj/.iii^uç bów Zeòç repmxépuvvoi >
A”AZots ptée re xaxíji oys xvperui , «AAore 0' ilAíp.ff ìé xe râv AvypSìv Sútj > A«(3>>ròv eôqxe.
K tu i xukìí stovstpiacpie stì -/Joooíì òiuv exuúveichonS S’ cï/të Beoïoi TSTífiévo; oììts stporeìoiv.
D tu, quippe doUa jacem m jovis Umme
Donorum qu/t <to,alterum malorum,alterum vero bonorumCuí quidem mjcens dedent Jupiter fulmine gaudensInterdum quidem in malum tlle incidit , mierdam c? ìtibonum :
Gui vero ex malts dederit, injuriis omnibus olnoxtum facit ?Et tllum exitialis dolot acerbijfimus super terram aimantexerces :
Vagaturque nec diis honoratus neque mortaliíus (36).
Mr. Costar censura avec raison ces paroles de Mr. deGirac:Il semble que vous avez voulu imiter le Jupiter d’Homere, es?que puisant dans des tonneaux, vous versez comme lui avecles deux mains cette diversité de matières au hasard es? fanschoix. Voici la Censure : la Comparaison „de Jupiter me,, fait de 1 honneur, mais elle n’en tait guere à celuy qui„ l’allegue si mal à propos. Homere (*), q U i est l’Inven-„ teur de cette fiction, 8c Platon qui la rapporte (f) dans„ fa République,n’expriment point que Jupiter ayant puisé„ dans ses tonneaux les biens 8c les maux de la vie, les„ répandit inconsidérément fur les misérables mortels. Ils„ disent seulement que tantost il les versoit tout purs, 8c,, tantost il en faisoit un meslange ; d’où venoit qu’entre„ les hommes les uns estoient toujours malheureux,8c que,, la destinée des antres n’etìoìt qu un flux réciproque debonheur 8c d’adveríité (.37)”. Mais Mr. Ccstar a ou-blié une chose qui méritoit d’être observée : il n’a pointdit que des trois choses qui fe pouvoient faire auprès deces deux tonneaux Jupiter n en fait que deux. On pouvoitou ne verser que du bon tonneau, ou ne verser que dumauvais, ou prendre de l’un 8c de l’autre. Homere s’estbien gardé de parler de ces trois fonctions : il savoir tropbien que la prémiere n’a point de lieu :, 8c je croi mêmequ’il auroit bien fait de fuprimer la seconde ; car où est:l'homme si malheureux dont le sort ne soit mêlé d’aucunbien? Platon a rejetté cette pensée d’Homere, par la rai-son cju’il est de l’essence de Dieu de ne faire que du bien;d’où il conclut que Dieu n’est la cause que d’une partie desévénemens humains. OvS’ upu S tleòç, eoreiSij áyaSòç, orth/Tut
av k -4 aÏTioç , úç cl xoAA at AÉ yovcnr «AA’ ôA/ywv (íÊv tojç âvôpú-oraiç uiTiop toroMûv Sè utotírtoc. tvc/.v y à p ìxúttu t tSv kukSvft/Lv. xuì tûv /eh ùyuiûv ovSévx «AAo» âinuréov tìSv Sì xuxSn%ttu bei Xpíreir tcc d'mu , «AA’ ob tòv ôeìv. Non tgltur Deus,quum bonus fit, omnium causa est , ut multi dicunt , sed pau-corum quidem homìnibus ìn causa est , multorum veto extracausam. Multo enim pauciora nobis sunt bona quam mala.Et bonorum quidem solus Deus causa est dìcendus. Malorumautem quamhbet alìampr/tterDeum causam qu/treredecet (38).11 dit que les Poètes, qui nous donnent cette fiction desdeux tonneaux, parlent follement de Dieu, 8c commet-tent un grand péché, o bx ’ápu ènobexTéov ol're O'puípou > °^ Tu.Mou ftetqrtG r«vni* rìv diz/tpriot» zepi tqvs ùeeìc âvetírac
T ároWi',
(U) Voicitouchant cesdeux efpecesde Dieux têtPassage
d’Arnpbecité dant lv 6T{emar<j. (O)de /’ ArticltP A U 1 1 -CIE N S., 4
(36) Ho «<$
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