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Tome troisieme. K - P.
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MANICHEENS.

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réfuter, soutenu par des Philosophes Païens aguerris à 1a Dispute (Z>). Ce fut un bonheur queSt. Augustin, qui savoit si bien toutes les adresses de la Controverse, abandonnât le Manichéisme*

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tìvovtoç > xœi a syovtoz &í Soioì zíùai. Neque Homeri igitur, ne-que alterius Poèta admittendum est peccatum ,ftulte de Diis di-centis, in Jovis lïmine duo jacere dolia (39). On donneraailleurs (40) un plus grand détail concernant l’HypothesePlatonique touchant la source du mal & du bien.

L’Apologie de Costar étant assez rare dans les païs étran-gers, je ne me fais pas un scrupule d’en citer ce long Pas-sage (41 ): ,, Peut-estre que Monsieur de Girac en a cru„ le Roman de la Rose, qui veut que la Fortune soit la„ Tavernïere, qui distribue à pot &: à pinte les diverses-, liqueurs de ces deux tonneaux, selon son caprice & sa„ fantaisie ;

„ Jupiter en toute saison

,, aï sur l'issué de sa maison

-, Ce dit Homer, deux pleins tonneaux ,

« S'il n'est vieulx Homs ne Gare anneaux ,

-, Eli n’est Dame ni Demoiselle,

,, Soit vieille, jeune, laide, ou belle,

1 , Elut vie en ce tnoitde reçoive,

,, de ces deux tonneaux ne boive .

,, C'est une Taverne pleniere,

„ Dont Fortune est la Taverniere,

,, Et en trait en pots & en coupes,, Pour faire à tout le monde soupes.

„ Tous elle en abreuve à ses mains,

„ Mais aux uns plus, aux autres moins,

„ N’efi nul qui chacun jour ne pinte,, De ces tonneaux, ou quarte ou pinte,

,, Ou muy, ouseptier, ou chopine,

,, S'il, comme il plaìst à la mechine,

„ Ou plene paulme, ou quelque goûte,, Este la Tort une au bec luy boute ;

,, Et bien z? mal à chacun verse,

„ Si comme elle est douce O 1 perverse.

Au reste, l’ancienne Hérésie des deux Principes régné en-core dans quelques Païs de TOrient (4a); 3 c l’on croitqu’elle a été fort commune parmi les anciens barbares deì’Europe. Apud Slavos nondum quidem Christi fide imbu-tos, fimile dogma receptum fuijse , Helmoldus (t) auSlor est,qui malum illorum Deum Zeevubocli vocatum firibit. Pa-ria z? de aliis Germanorum populis Vojftus (*) conjicit. At-que hodmurn , Frovincia Fétu ïn Africa incolas persuasumfibi habere, esse aliquod Numen, cui omnia mala, aliud eutbona accepta ferenda, Joh. Guil. Mullerus (**), Danica ïnAfrica Ecclestx. quondam Paftor, testatur (43). Les Gurdesnation dans l’Aíie servent deux Principes, l’un comme fau-teur du bien, 1 autre comme la cause du mal; mais aveccette diference, qu ils font infiniment plus exadls dans leculte du dernier, que dans celui du prémier (44).

(D) ... . seroìt assez, dificìle d réfuter, soutenu par desPhilosophes Païens aguerris à la Dispute .] Par les raisons àpriori ils auroient été bientôt mis en fuite: les raisons kposteriori étoient leur fort ; c’étoit là qu’ils se pouvoientbatre long-tems, Lc qu’il étoit dificile de les forcer. Onm entendra mieux par 1 exposition que l’on va lire. Lesidees les plus sûres Lc les plus claires de l’ordre nous apre-nent qu’un être qui existe par lui-même, qui est nécessai-re, qui est éternel, doit être unique, infini, tout-puissant,Lc doué de toutes fortes de perfections. Ainsi, en con-sultant ces idées, on ne trouve rien de plus absurde quel’Hypothese des deux Principes éternels, Lc indépendansl’un de l’autre, dont l’un n’ait aucune bonté, Lc puisse ar-rêter les desseins de l’autre. Voilà ce que j’apelle raisonsà priori. Elles nous conduisent nécessairement à rejettescette Hypothèse, 3 c à n’admettre qu’un Principe de tou-tes choses. S’il ne faloit que cela pour la bonté d’un Sys-tème, le procès seroit vuidé à la confusion de Zoroastre,êc de tous ses Sectateurs; mais il n’y a point de Systèmequi pour être bon n’ait besoin de ces deux choses, l’uneque les idées en soient distinctes, l’autre qu’il puisse don-uer raison des expériences. II faut donc voir si les phé-nomenes de la nature se peuvent commodément expliquerPar l’Hypothese d’un seul Principe. Quand les Manichéenstj°us allèguent, que puis qu’011 voit dans le monde plu-ueurs choses qui font contraires les unes aux autres, lefroid, Lc le chaud; le blanc, Lc le noir; la lumière, &les ténèbres; il y a nécessairement deux prémiers Princi-pes (45); p s Font pitié. L’oposition, qui se trouve entreCes êtres, fortifiée tant qu’on voudra par ce qu’on apellev ariations, désordres, irrégularitez de la nature, ne sau-toit faste l a mo itié d’une Objection contre l’unité, la fim-P uaté, Lc l’immutabilité de Dieu. On donne raison deutes ces choses, ou par les diverses facultez que Dieu aét°hr eeS aUx corps, ou par les loix du mouvement qu’il ap? les - °u par le concours des causes occasionelles intel-dein^-' àr lesquelles il lui a plu de se régler. Cela nenées^íV Pas les Quintessences que les Rabins ont imagi-*d ho • ° nt fourni à un Evêque d’Italie un Argumentparla "ddt^r ' en àveur de l’Incarnation. Dï questa unionetudini l ïï U J ame st te l'Autore , portando gli esempi e le stmilï-y q la stugaw ï Rabbini (ahune delle quale so-

car

no le medesìme che adoprano ì nostrì Teologi per esplicar l'in-carnafione) e con le fi esse loro dot trine prova evïndentementech’ella non fia altro che un ìnsefiratione, cioe due nature se-fireita , e Divinita infieme in un supposto (46). Ils disentque Dieu s’est uni avec dix Intelligences très-pures nom-mées Sesirà, 8 z qu’il opéré avec elles de telle forte, qu’ilfaut leur attribuer toutes les variations, & toutes les im-perfections des effets. Attribuendofi à Dio ne' sacri lìbriatti srà se contrarié e impersetti , per salvare l’immutabilitée sua somma perfettione, hanno posta una Gerarchìa di dieciIntelligenze purisfime, per mez.o delle quali, corne instrumentédélia sua potenza , egli opéra tutte le cose, ma in modo ched loro sole s'attribuisce ogni varieta , impersettione , e muta-tions (47). Sans se mettre en tant de frais, on peut sau-ver la simplicité Lc l’immutabilité des voies de Dieu: leseul établissement des causes occasionelles y suffit, pourvuque l’on n’ait à expliquer que les phénomènes corporels,& que l’on ne touche point à l’homme. Les Cieux Lc toutle reste de l’Univers prêchent la gloire, la puissance, l’u-nité de Dieu:l’homme seul,ce chef-d’œuvre de son Créa-teur entre les choses visibles; l’homme seul, dis-je, four-nit de très-grandes Objections contre l’unité de Dieu.Voicì comment :

L’homme est méchant Lc malheureux : chacun le conoitpar ce qui se passe au dedans de lui, Lc par le commercequ’il est obligé d’avoir avec son prochain. II sufit de vi-vre cinq ou six ans (48), pour être parfaitement convain-cu de ces deux articles: ceux qui vivent beaucoup, Lcqui font fort engagez dans les afaires, conoissent cela en-core plus clairement. Les voiages font des leçons perpé-tuelles là-dessus; ils font voir par tout les monumens dumalheur Lc de la méchanceté de l’homme; par tout desprisons, Lc des hôpitaux ; par tout des gibets, Lc des men-dians. Vous voiez ici les débris d’une ville florissante; ail-leurs vous n’en pouvez pas même trouver les ruines (49).

Jam figes est ubi Troja fuit, reficandaque falceLuxuriat Phrygio sanguine pinguis humus (5 o).'

Lisez ces belles paroles tirées d’une Lettre qui fut écrite àCicéron : Ex Afia rediens , cum ab A'.gi/ia Megaram ver-sus navigarem coepi regiones cìrcumcirca prospicere. Post meerat Mgma , ante Megara, dextra Pírtceus, sinistra Corin-thfts: qu/t oppida quodam tempore florentijfima fuerunt, nuncprostrata zy diruta ante oculos jacent (51). Les gens d’étu-de, fans sortir de leur cabinet, sont ceux qui aquiérentleplus de lumières fur ces deux articles, parce qu’en lisantl’Histoire ils font passer en revue tous les siécles, Lc tousles païs du monde. L’Histoire n’est à proprement parlerqu’un Recueil des crimes Lc des infortunes du genre hu-main ; mais remarquons que ces deux maux, l’un moralLc l’autre physique, n’occupent pas toute l’Histoire nìtoute l’expérience des particuliers.- on trouve par tout 8cdu bien moral Lc du bien physique; quelques exemples devertu, quelques exemples de bonheur; Lc c’est ce qui faitla dificulté. Car s’il n’y avoit que des médians Lc des mal-heureux,il ne faudroit pas recourir à l’Hypothese des deuxPrincipes : c’est le mélange du bonheur & de la vertu avecla mifere & avec le vice, qui demande cette Hypothèse;c’est là que fe trouve le fort de la Secte de Zoroastre.Voiez le raisonnement de Platon Lc de Plutarque dans lesPassages que j’ai citez ci-dessus.

Afin que l’on voie combien il seroit dificile de réfuterce faux Système, Lc qu’on en conclue qu’il faut recouriraux lumières de la Révélation pour le ruiner, feignons iciune Dispute entre Melissus Lc Zoroastre : ils étoient tousdeux Paiens, Lc grans Philosophes. Melissus, qui ne re-conoissoit qu’un Principe (;z), diroit d’abord , que sonSystème s’accorde admirablement avec les idées de Tor-dre: l’être nécessaire n’est point borné; il est donc infini& tout-puissant, il est donc unique; Lc ce seroit une chosemonstrueuse Lc contradictoire, s’il n’avoit pas de la bonté,Lc s’il avoit le plus grand de tous les vices, savoir une ma-lice essentielle. Je vous avoue, répondroit Zoroastre, quevos idées sont bien suivies, & je veux bien vous avouerqu’à cet égard vos Hypothèses surpassent les miennes: jcrenonce à une Objection dont je me pourrois prévaloir,qui seroit de dire que l’infini devant comprendre tout cequ’il y aderéalitez, & la malice (53) jetant pas moinsun être réel que la bonté, l’Univers demande qu il y aitdes êtres médians Lc des êtres bons; Lc que comme lasouveraine bonté, Lc la souveraine malice, ne peuvent passubsister dans un seul sujet, il a fà necessairement quil yeût dans la nature des choses un etre eíientiellement bon,& un autre être essentiellement mauvais; je renonce, dis-je, à cette Objection (54), je vous donne l’avantage d’ê-tre* plus conforme que moi aux notions de Tordre : maisexpliquez-moi un peu par votre Hypothèse d ou vient quel’homme est méchant, Lc si sujet à la douleur Lc au cha-grin. Je vous défie de trouver dans vos principes la raisonde ce phénomène, comme je la trouve dans les miens; jeregagne donc l’avantage : vous me surpassez dans la beautédes idées, Lc dans les raisons à priori; èc je vous surpasseQ q * dans

( 46 ) JosephCiantes,HvècsHe de

Marsitjue , i nDifcuríu dcsanctislimaIncarna-tionc cla-riíïimisHebrsorum.doctrinis abcorumdemargumen.-torum op-poíìtionibusdefenfa,dans Ulournald’kalie du27 d'iAoùt1668 , pag,

I 02 .

(47) UjournalÍL’Italic ,la-mémc »

ior.

(48) cclágt’la on afait & on asouffert destours delice: on a shdu chagrin

& de la do u»leur : on aboudé plu-sieurs fois >&c.

(4 9 ) Voiez/'EntretienXXX deBalzac.

/50) Oví-dius , EpistjPenel. aduiyss jh 53,

(st) Sulpi-cius ad Ci-céron. Efijl,V Libri 1 VCicer. aifapiìh

(sp) Voiez,DiogeueLaé'rce,

Libr. IX,

mm. 24 ,ibi Mena-gium.

(s 3) C'est-à-dire l'aciionmalìdeitfe.

Je fais testeNote afinqu'on nevienne peum'alléguerque le mal

n'est qu'tîneprivation.

f 54 j TAlu dans UJournald’Italie du31 d'cAoídt

1674 >

loi , que

Piccìnardï,

dans U mLiure de fa

Dogmatica

Thilofophia

Peripatetica

Christiana,

réfuté laTbefe, Analius Deussit possibi-lis, soutenuepar le PerePierre Contlcontre le

Columera,