MANICHEENS.
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car il eût étë capable d’en écarter les erreurs les plus grossières, & de fabriquer du reste un Sys-tème qui entre scs.*nains eût embarrassé les Orthodoxes. Le Pape Léon I témoigna beaucoup de
vigueur
(SS) ToM tecìejl plus am-plement dis-cuté dans les%emar<]ucsde PiArticle
PAUH-CIE N S.
dans l’explication des phenomenes, & dans les raisons à deux Principes, il lui Iaisseroit un chemin fort large pourposteriori. Et puis que le principal caractère d’un bon Sys- arriver au dénouement de l'origine du mal. Zoroastre re-tême est d’être capable de donner raison des expériences, monteroìt au teins du chaos: c’est un état à l'égard de ses& que la feule incapacité de les expliquer est une preuve deux Principes fort semblable à celui que Thomas Hobbesqu’une Hypothèse n est point bonne, quelque belle qu’elle apelle l ! état de nature, & qu’il fupofe avoir précédé l’éta-paroisse Tailleurs, demeurez, d’accord que je frape au but blissement des Societez. Dans cet état de nature, l’hom-en admettant deux Principes, & que vous n’y frapez pas, me étoit un loup à Thomme, tout étoit au prémier occu-vous qui n’en admettez qu’un. r pant: personne n’étoit maître de rien qu’en cas qu’il fût le
Nous voici fans doute au nœud de toute l’afaire: c’est plus fort. Pour sortir de cet abîme, chacun convint deici la grande occasion pour Meliíïus, Hic Rhodus, hic fal- quitter ses droits fur tout, afin qu’on lui cédât la propriététus. Res ai triarios redïtt. Nttnc animis opus JEnea , nunc de quelque chose : on fit des transactions; la guerre cessa.pettore firmo. Continuons de faire parler Zoroastre. Les deux Principes las du chaos, où chacun confondoit &
Si l’homme est P ouvrage d’un seul Principe souveraine- bouleversoit ce que l’autre vouloir faire , convinrent dement bon, souverainement saint,souverainement puissant, s’accorder: chacun céda quelque chose; chacun eut partpeut-il être exposé aux maladies, au froid, au chaud, à à la production de l’homme, Lc aux loix de l’union dela faim, à la soif, à là douleur, au chagrin? Peut-il avoir Tame (56). Le bon Principe obtint celles qui procurent ( s g) ci-tant de mauvaises inclinations? Peut-il commettre tant de à l’homme mille plaisirs, & conientit à celles qui exposent ?«« »'« cecrimes ? La souveraine sainteté peut-elle produire une l’homme à mille douleurs ; & s’il consentit que le bien 7 K ”; on scréature criminelle ? La souveraine bonté peut-elle pro- moral fût infiniment plus petit dans le genre humain que irgíle'duire une créature malheureuse? La souveraine puissance, le mal moral, il se dédommagea sur quelque autre espece ,£neid.jointe à une bonté infinie, ne comblera-t-elle pas de biens de créatures,où le vice scroit d’autant moindre que la ver- Lìfo, iVison ouvrage , & n’éloignera-t-elle point tout ce qui le tu. Si plusieurs hommes dans cette vie ont plus de miseres s u 8 /pourroit offenser, ou chagriner? Si Meliffus consulte les que de bonheur, on récompense cela sous un autre état: e ^ tnotions de Tordre, il répondra que l’homme n’étoit point ce qu’ils n’ont pas fous la forme humaine,ils le retrouvent aut'quoméchant lors que Dieu le fit. II dira que l’homme reçut fous une autre forme ( 57 ). Au moien de cet accord, le nunc certa^de Dieu un état heureux; mais que n’aiant point suivi les ~ chaos se débrouilla; le chaos, dis-je, principe pastis, qui mipetanto^lumières de la conscience , qui selon l’intention de son étoit le champ de bataille des deux principes actifs. Les ^“ m s °auteur ]e dévoient conduire par le chemin de la vertu, il est Poètes ont représenté ce débrouillement sous Timage d’une séternamdevenu méchant, & qu’il a mérité que Dieu souveraine- querelle terminée (58). Voilà ce que Zoroastre pourroit paftosquement juste, autant que souverainement bon, lui fît sentir alléguer, se glorifiant de ne pas attribuer au bon Principe, hy mens0Sles effets de fa colere. Ce n’est donc point Dieu qui est d’avoir produit de son plein gré un ouvrage qui devoir être .
la cause du mal moral; mais il est la cause du mal physi- fi méchant & si misérable ; mais seulement après avoir commu-que, c’est-à-dire de la punition du mal moral: punition éprouvé qu’il ne pouvoit faire mieux, ni s’oposer mieux nem hune 1qui/bien loin d’être incompatible avec le principe souve- aux desseins horribles du mauvais Principe. Pour rendre el 'g° P°"rainement bon, émane nécessairement de Tun de ses attri- son Hypothèse moins choquante, il pouvoit nier qu’il y ^Wquebuts, je veux dire de fa justice, qui ne lui est pas moins ait eu une longue guerre entre ces deux Principes,& chas- íegamusessentielle que fa bonté. Cette Réponse, la plus raisonna- fer tous ces combats, & ces prisonniers dont les Manichéens Auspiciis.ble que Meliffus puisse faire, est. au fond belle & solide; ont parlé. Tout se peut réduire à la conoissance certainemais elle peut être combattre par des raisons qui ont quel- que les deux Principes auroient eue, que l’un ne pourroit (§?) â-sque chose de plus spécieux, & de plus éblouissant: car jamais obtenir de l’autre que telles & telles conditions. t*
Zoroastre ne manqueroit pas de représenter, que'fi Thom- L’accord auroit pu se faire éternellement fur ce pied-là. psupm deme étoit T ouvrage d’un Principe infiniment bon & saint, On pourroit objecter à ce Philosophe mille grandes dis- ceux quiil auroit été créé non seulement sans aucun mal actuel, ficultez; mais comme il trouveroit des Réponses, & qu’a- ->à»mais aussi fans aucune inclination au mal; puis que cette près tout il demanderoit qu’on lui fournît donc une meil- /""T/tí/-inclination est un défaut qui ne peut pas avoir pour cause leure Hypothèse , & qu il pretendroit avoir réfuté solide- tempfych »/«*ún tel Principe. II reste donc que l’on dise que l’homme ment celle de Memlus, on ne le rameneroit jamais ausortant des mains de son Créateur, avoir seulement la for- point de la vente. La Raison humaine est trop foible pour (s*)ce de se déterminer de lui-même au mal, Lr que s y etant cela; c est un principe de destruction, & non pas d’édifi- Bms &déterminé, il est seul la .cause du crime quil à commis, cation: elle n'est propre qn’à- former des doutes, & à se&c du mal moral qui s’est introduit dans TUnivers. Mais, tourner à droite & à gauche pour éterniser une Dispute ; ovf-I, nous n’avons aucune idée distincte qui puisse nous raise & je ne croi pas me tromper, fi je dis de la Révélation dius, W.comprendre, qu’un être, qui n’existe point par lui-même, naturelle, c’est-à-dire des Lumières de la liaison, ce que les tara - Libr '*agisse pourtant par lui-même. Zoroastre dira donc que le Théologiens disent de l’Oeconomie Mosaïque. Ils disent 21 ‘libre arbitre donné à l’homme n’est point capable de se qu’elle n’étoit propre qu’à faire conoître à l’homme sondonner une détermination actuelle, puis qu’il existe inces- impuissance , & la nécessité d’un Rédempteur , &• d’unesamment & totalement par Faction de Dieu. II. II fera Loi miséricordieuse. Elle étoit un Pédagogue (ce sontcette Question : Dieu a-t-il prévu que l’homme se serviroit leurs termes) pour nous amener à Jesus-Christ. Disonsmal de son franc arbitre? Si l’on répond qu’oui, il repli- à-peu-près le même de la Raison: elle n’est propre qu’àquera qu’il ne paroît point possible qu’aucune chose pré- faire conoître à l’homme ses ténèbres & son impuissance,voie ce qui dépend uniquement d’une cause indéterminée. & la nécessité d’une autre Révélation. C’est celle de TeZMais je veux bien vous accorder, dira-t-il, que Dieu a criture. C’est là que nous trouvons de quoi réfuter invin-prévu le péché de fa créature, & j’en conclus qu’il T eût cibleraient THypothese des deux Principes, & toutes lesempêchée de pécher; car les idées de Tordre ne soufrent Objections de Zoroastre. Nous y trouvons Tunité de Dieu,pas qu’une cause infiniment bonne & sainte, qui peut em- & ses perfections infinies; la chiite dn prémier hommepêcher Tintroduction du mal moral, ne T empêche pas, & ce qui s’ensuit. Qu’on nous vienne dire avec un grandlors fur tout qu’en la permettant, elle se verra obligée d’a c- apareil de raisonnemens, qu’il n’est pas possible que le malcâbler de peines son propre ouvrage. Si Dieu n’a point moral s’introduise dans le monde, par Touvrage d’un Prin-prévu la chute de 1 homme, il a du moins jugé qu elle é- cipe infiniment bon Bc saint, nous répondrons que celatoit possible; puis donc qu au cas qu elle arrivât il sc voioit s’est pourtant fait, & par conséquent que cela est très-pos-obligé de renoncer a fa bonté paternelle, pour rendre ses fible. II n y a rien de plus insensé que de raisonner contreenfans très-miserables, en exerçant fur eux la qualité d’un des faits: 1 axiome, ab atlu, ad potentiam valet confequen-juge sévére, il auroit déterminé l’homme au bien moral, tia, est aulîi clair que cette Proposition z & z font 4 (co). ($9) v ’ û,tí
comme il Ta déterminé au bien physique: il n auroit laissé Les Manichéens s’aperçurent de ce que je viens de remar-
dans Tame del’liomme aucune force pour se porter au pé- quer: c’est pour cela qu’ils rejetterait le Vieux Testament- d s‘ l í ^ íí 'ché; non plus qu’il n’y en a laisse aucune pour sc porter mais ce qu’ils retinrent de TEcriture fournissoit d’assez for-au malheur, entant que malheur. Voila à quoi nous con- tes armes aux Orthodoxes : ainsi on n’eut pas beaucoup l»duisent les idées claires & distinctes de Tordre, quand nous de peine à confondre ces Hérétiques, qui d’ailleurs s’em- ve, i 0 ett **suivons pied-à-pied ce que doit faire un Principe infiniment barraífoient puérilement lors qu’ils descendaient dans le
bon. Car si une bonté, aussi bornée que celle des peres, détail (60). Or puis que c’est TEcriture qui nous fournit 1
exige nécessairement qu’ils préviennent autant qu’il leur est les meilleures solutions, je n’ai pas eu tort de dire qu’un ( 6 °)
possible le mauvais usage que leurs enfans pourraient faire Philosophe Païen scroit mal aisé à vaincre sur cette matie- la V**
des biens qu’ils leur donnent,à plus forte raison une bonté te. C’est le Texte de cette Remarque. ‘
infinie & toute-puissante préviendra-t-elle les mauvais effets Quelque longue qu’elle sort, je ne finirai pas fans aver-de ses présens. Au lieu de donner le franc arbitre, elle tir mon Lecteur qu’il me reste encore trois Observations jcd^déterminera au bien ses créatures; on st elle leur donne le à faire, que je renvoie à un autre Article ( 6r ). Je dirai ( 61 \^ví yfranc arbitre, elle veillera toujours efficacement pour em- dans la I, si les Peres ont toujours bien raisonné contrepêcher qu’elles ne pèchent. Je croi bien que Meliffus ne les Manichéens, & s’ils ont pu les pousser à bout: & dans %er» ítr f£j,
demeureroit point court; mais tout ce qu’il pourroit ré- la H, q lie selon les dogmes du Paganisme, les Objec-
P i° n cui seroit combatu îout aussitôt par des raisons aussi tiens de Zoroastre n’avoient pas beaucoup de force; Lc & 1
ptautibles que les siennes, & ainsi la Dispute ne scroit ja- dans la III, en quel sens on pourroit dire que les Chré-
mais erminee ( 55 ). . tiens ne-rejettent pas le Système des deux Principes. Us
MI recourait a la voie de la rétorsion, il embarrasserait ont plus de peine que les Païens à éclaircir ces diffi cultcz
beaucoup Zoroastre : mais en lui accordant une fois ses parla voie de la Raison, parce qu’ils ont entr’eux desDis-
A putes