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Tome troisieme. K - P.
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MANICHEENS. M A N T O.

3°7

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Vigueur contre les Manichéens ; & comme son zèle fut soutenu par les Loix Impériales (F),cette Secte reçut alors un très-rude coup. Elle se rendit formidable dans l’Arménie au IX Sie- Fû/etcle, comme je le dis ailleurs (s), & parut en France dans le Siecle des Albigeois (st) : c’eít ce Mms. de

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Variations,Livr* XI.

qu on ne peut nier; mais il n’est pas vrai que les Albigeois aient été Manichéens (c). Ceux-ci, Histoire desentre autres erreurs, enseignoient que l’ame des plantes étoit raisonnable; Le ils condamnoientl'Agriculture comme un exercice meurtrier; mais ils la permettoient à leurs Auditeurs en faveurde leurs Elus (F). (c) votez.

Comme dans cet Article, dans celui des M a r c i o n i t e s, & des P a u 1.1 c i E n s, ct dans ™ r ; ZEù-quelques autres, il y a certaines choses qui ont choqué beaucoup de personnes, ct qui leur ont i j l e ' R | li s ionparu capables de faire croire que j’avois voulu favoriser le Manichéisme, & inspirer des doutes Résonnes,aux Lecteurs Chrétiens, J’avertis ici que l’on trouvera à la fin de cet Ouvrage un Eclaircis- ^

sement qui montrera que ceci ne peut donner nulle atteinte aux fondemens de la Foi Chrétienne.

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putes fur la liberté, dans lesquelles l’aggresseur semble être^ pJlnície * nuijours le plus fort (óz) ; & parce auffi que le petit nom-^arciq- bre des prédestinez, & l’éternité de Penser, fournissent desIt es. Objections que Melissus n’auroit pas fort redoutées,so) M a j m . ( E ) z-êle du Pape Léon fut soutenu far les Loix Lm-

“°. Ut g, His- ftriaUs.~\ 11 y avoit déjà des Manichéens à Rome, lorsde st.- que St. Augustin y arriva l’an 383 ; car il logea chez. unL paè 1 "' vr ‘ Manichéen , zs“ conversait le plus souvent avec ceux de cetteSeâle. . . . Mais aprés que Carthage fut prise ZS? desolée parGenseric Roi des Vandales Pan 439, la plupart des Manichéensd'Afrique se resugierent aussi bien que les Catholiques en Ita-lie, zy principalement à Rome (63). Le Pape Léon obligeale peuple à faire une exacte recherche de ces Hérétiques,& indiqua à quelles marques on les pourroitreconoître (64).„ Pour donner encore à tout le monde plus d’horreur,, d’une Secte st détestable, il tint une Assemblée, où avec„ les Evesques voisins de Rome il fít entrer les princi-paux du Clergé, du Sénat, de la Noblesse de Rome,

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,, vent avoir de les découvrir, de leur donner la chasse,

„ & de faire en forte qu’ils ne puissent répandre parmi leurs„ peuples le venin de leur détestable doctrine. , Et ce qui„ acheva d’exterminer cette heresie, fut que l’Empereur„ ValentinienIII,ayant sceu ce que le St. Pape avoit dé-,, couvert des crimes des Manichéens, fit publier un Edit,

„ (**) par lequel il confirme & renouvelle toutes les Or- \ ll sJ í ° v ' ie„ donnances de ses prédécesseurs contre eux, les déclaré àà/' ‘„ infâmes, incapables de toutes Charges, & de porter les,, armes, de tester & de contracter, & de faire aucun,, acte valable dans la société civile; defend à tous les su-,, jets de l’Empire d’en celer & d’en retirer aucun, 6e veut,, qu'on les dénonce, pour estre punis auffi-tost qu’ils se-„ ront connus. Ainsi cette heresie, qui de l’Afrique estoit„ passée dans P Italie, en fut bien-tost bannie par le zèle„ efficace de saint Léon (65)”. Le P. Thomaífin 11’ou- ( 6S )blie pas cet exemple de l’usage des Loix pénales contre deStfi.Mn,' ' “ ” ' dit-il (66), dans fa premìere Uvr. î,

_ . „ . _ _ _, P Hérésie. Saint Léon Râpe _

& du Peuple (f). Là il produisit les plus considérables Décrétais dit que plusieurs Manichéens venoient dese conver-pag. 2d’entre les Manichéens, & un de leurs Evesques, qui tir à Rome-, mais que quelques-uns d,'entre eux s estaient si 1 an ‘ Ke W-,, firent une confession publique de leurs abominables im- avant engagez, dans ces détestables erreurs , que quelques re- . . T]l0 _„ pudicitez, que je n’ose exposer, de peur de blesser les medes qu on eût employez., on ri avoit pu les en retirer ; quon m aflî n , ( | e„ oreilles, ou plûtost les yeux chastes de mon Lecteur, avoit ensuite usé de la, rigueur des loix-, e? que filon les cons- l’Unité de& que ceux mesmes qui les avoient commises dans leurs titutìons des Princes Chrétiens, les Juges publics les avaient l’Egliíe ,

,, Assemblées secrettes, par Pordre de ce fauxEvesque,„ déclarèrent devant tout le monde, faisant connoître en-, mesme temps quels essorent leurs Evesques & leursPres-,, tres; les endroits les plus retirez où ils s’assembloient,„ leurs profanes mystères, & leurs sacrilèges cérémonies,„ ce qui fut mis authentiquentent par écrit. Et saint„ Léon en rendit compte au peuple peu après dans unSermon, qu’il fit pour le jûne des Quatre-temps du

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condamnez, à un exil perpétuel , de peur que leur contagieux T °st- 1 »commerce riinfeélât le reste du troupeau. Je mets à la marge' *les paroles qu’il a citées de St. Léon (67 ). Un peu après ^ 6j yil cite le Code de Justinien, pour nous aprendre que la qumti -u m ,Loi onzième du Titre V du I Livre, condamne les Ma- qui itasenichéens à perdre la tête , quelque part quon les trouve dans demerserunt ;l’Empire Romain : Manichaeo in loco Romane depreheníò

.. _, _ r _ j _ ^_„.„ r _caput amputare (68). La Loi suivante, continue-t-il (69), f, 0 séi‘ 7 éme -,

-- mois de Decembre, où il déclara ( 1 ), qu’on estoit obli- est de l’Empereur Justìn , & elle distingue ausst les Manichéens, dmm sahsi^» gé en conscience de déférer ceux qu’on sçauroit estre non seulement des Hérétiques, mais auffi des Grecs, c est-à- niì ‘ >Jubdut

dire des Payens, des Juifs, e? des Samaritains. Les Mani- ‘

chiens font punis de mort-, tous les autres ne font condamnez, christìam-non plus que les Hérétiques, qu a ne pouvoir obtenir aucune rum Prînci-Magistrature, ny aucune dignité, ny faire la fonction de Ju- ïf™ges, ou de Défenseurs, ou de Peres des Citez. tum™regm

(E) Ils permettoient ïAgriculture à leurs Auditeurs en fra amta-faveur de leurs Elus.] Les Manichéens étoient divisez en gio/u polluc-deux ordres; en celui des Elus, & en celui des Auditeurs. rtn *> P"

II n’étoit pas permis à ceux-là d’exercer P Agriculture, ni

. . __...__ même de cueillir un fruit : on le permettoit aux autres, &/«« ex ;L

delivrer entierement Rome de cette peste. Car plusieurs l’on assurait que les homicides qu’ils commettoient dans roUgoti.de ces Hérétiques, foitement touchez de ses puissantes cet exercice leur étoient pardonnez, par rinterceffion desexhortations, se convertirent sérieusement à Dieu; & particules de Dieu qui se dégageoient de la prison,lors que ^jn

Unité deEglise,

" engagez dans une si infâme & pernicieuse heresie;- 1 " ^ ue touS , dévoient s’unir, & agir avec un mesme zèle

„ & une égaie vigilance contre ces ennemis communs;„ & que ceux qui croyoient qu’il ne faloit pas les de-„ couvrir, feraient coupables d’un silence très-criminel„ devant le Tribunal de Jesu s-Christ , quoi qu’ils„ n’ayent jamais eu aucune part à leurs erreurs. Enfin il„ aporta tant de foin dans la recherche qu’il fit des Mani-„ ebéens, & le peuple P y seconda íì bien, qu’aucun d’eux,, ne leur put échaper, de sorte qu’il eut le bonheur de

LAumuuuiD, iv». v-viivv»j.tii»».iiL AuiicuicuiuiiL «ì j-Aieu; oc particules de Dieu qui le degageoienr ac id. ^

après avoir fait publiquement abjuration de leur heresie les Elus les mangeoient. Ainsi là rémission de ces meurtres p,dans l’Eglise (j), & signé le formulaire qu’on leur pre- étoit fondée sur ce qu’ils fournissoient des alimens aux p

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„ senta, contenant la condamnation de Manès, de fa doc-„ trine & de ses livres, ils se soumirent à la penitence qui„ leur fut imposée. Ceux qui demeurèrent obstinez dans„ P erreur, & refusèrent de souscrire à cette condamnation,,, furent condamnez par les Juges au bannissement, selon„ les Loix & les Ordonnances des Empereurs. Or parce» que les plus mechans, & les plus dangereux d’entre les•» Sectateurs de cette execrable heresie, craignant la puni-

Elus, & qu’ils procuraient la liberté aux particules de la pag. 377.substance divine enchaînées dans les plantes. Saint Augustinraconte fort bien ces chimères, & s’en moque comme il ( 69 ) Lk-mi-

rnc ) pag. 37*

faut. Citeras animas ez in pecora redire putant, c ? m om-nia qm radìcibus fixasunt, atque aluntur in terra. Herbuseriim atque arborés fie putant vivere , ut vitam , qui ìllisìnest, z? fintire credant, ZV dolere, cùm Uduntur, nec ali-quid inde fine cruciatu eorum quenquam pofje vellere , aut- tion de leurs crimes, avoient pris la fuite, il en avertit carpere. Propter quod agrumstpinispurgare nefas habent. Unde-, les Evesques d’Italie & des autres Provinces, par une agriculturam , qua omnium artium est innocentiffima , tanquam-, Lettre circulaire, dans laquelle, aprés leur avoir exposé plurium homìcìdiorum ream dementes accusant; suisque audi--, tout ce qui s’estoit fait à Rome en cette cause des Ma- torïbus ideo hu arbitrantur ignofii, quiapnbent inde alimenta-> nichéens, il les exhorte à poursuivre ces fugitifs, & à Eleélis fuis , ut dìvina illa subftantia in eorum ventre purgata ^ ^

-> donner tous les ordres nécessaires pour empescher qu’ils impetret eis veniam , quorum traditur oblatione purganda. ^ *

-> ne puissent trouver aucune retraite dans leurs Diocèses, Ltaque ipfi Eleéli nec in agris opérantes , nec pomaf arpentes, nec Cup.xLvr,» protestant qu’ils seront inexcusables devant Dieu (*), s’il saltem solia ulla vellentes, expédiant hac afferri ufibus fuis ab fohs m. ní,arrive jamais qu’aucun de leurs sujets se laisse séduire à auditoribusfuis , viventes de tot aejantis ficundum fuam va- vcr fi'

’» ces imposteurs, faute d’avoir pris tout le foin qu’ils doi- nitatem homicidiis alienis (70). ■

M A NT O, fille de Tiresias, & grande Devineresse comme son pere. On 1 estimoit a un*fl point, que lors que ceux d’Argos pillèrent la ville de Thebes, ils ne crurent pas pouvoir® a quiter du vœu qu’ils avoient fait à Apollon, de lui consacrer ce qu’il y auroit de plus excellent^ eur butin, s’ils ne lui oífroient cette fille. Elle fut donc envolée au Temple de Delphes.

T^ a is cela ne l’engagea point à faire aucun vœu de continence, ou si elle y fut engagée, elle ob-eiva sort mal son vœu; car nous lisons qu’Alcmeon, qui avoit été le Généralissime de l’armeequi prip Thebes, fit deux enfans à notre Manto, un fils qui eut nom Amphilochus, ct une fille

fut fort belle, & qui s’apella Tisiphone. Ce furent les fruits d’une galanterie qui eut quel- (u) Bíbiioth.r-^ e â'-Ez singulier, puis qu’elle arriva durant la fureur qui avoit saisi Alcmeon, après qu’ilu t tait mourir fa soere. Voilà ce qu’Apollodore (á) nous fournit concernant Manto. D’autres '

t o m. i p £ Qcj z disent