zv8 MANTO. MARASCIA. MARCA.
disent (fi), qu’à la vérité elle fut amenée à Delphes avec les autres prisonniers Thébains ; maisque POracle leur aiant ordonné d’aller planter une Colonie, ils s’en allèrent à Claros (A), oùRhacius en avoit établi une; 8c que Rhacius aiant su de Manto qui étoient ceux avec qui elle
avoit fait ce voiage, 8c pourquoi iis l’avoient fait, la prit à femme, 8c en eut un fils nommé tuL Ovide,
Mopfus (c). Diodore de Sicile (d), au lieu de cela, nous conte que la fille de Tiresias fe nom-moit Daphné; • qu’elle fut envolée à Delphes comme une offrande, 8c un Ex-voto des Argiens; m sujet dûqu’elle perfectionna les lumières prophétiques qu’elle avoit déjà aquiscs; qu’elle écrivit grandnombre d'Oracles: qu’on prétend qu’Homere lui a dérobé beaucoup de Vers pour en orner sesPoésies; 8c qu’on la nomme Sibylle, parce qu’elle étoit souvent saisie de l’esprit divin,8c qu’elle M pauses ,rendoit plusieurs réponses (e). Paufanias dit qu’on montroit encore de son tems à Thebes devant pll'z% 9 . ’le vestibule d’un Temple, la pierre fur laquelle Manto s’aíseioit, 8c qu’on la nommoit la chaisede Manto (/). II parle du tombeau de Manto en un autre lieu (g) ; mais il s’agit là d’une autre Ir
personne qui étoit fille de Polyidus. Celle dont parle Virgile est la même que la fille de Tire-
sias (B): 8c cela montre qu’on a bien fait courir cette pauvre Prophetésse; car Virgile (fi) latransporte en Italie, non pas pour y garder fa virginité, mais pour y faire un enfant qui bâtit virf.\û s .Mantoue.
L '\viì M) Jís s ’ en allèrent à Claros. ] Je ne saurois compren-~ ' dre pourquoi Paufanias n’a point ajoûté ce que dit Pom-
U) Morfus ponius Mêla (i),que Manto fuiant les vainqueurs de The-seton Stra- ’ bes bâtit le Temple d’Apollon Clarien , & que son filsbon, éuit Mopfus (z) bâtit Colophon. Prenez garde à ces paroles^d M 0ll ° n de Mela ’ Fu P ens vitlores Thebanorum Epigonos; car je fuis% non p"m"' fort trompé si elles ne convainquent de mensonge Charlescomme veut Etienne, Lloyd , & Hofman , qui disent que Manto fuioit
ïausanias, la tyrannie de Creon Lc de Thefée, lors qu’elle alla fonderde IkT^ ^ ^ em PÌ e de Claros. Moreri n’a eu rien à dire de Manto:
Voie^ltArti- cependant, s’il eût bien cherché, il auroit pu trouver bon-cle Morses, ne moisson.
(B) Celle dont far le Virgile est la même que la fille de
Tiresias.’] C’est Servius (3) qui nous aprend qu’elle est fille ( 3 ) i„ vîr-de Tiresias; car Virgile fe contente de la traiter de Devi- gil. /Eneid.neresse, 3 c de parler de ses amours pour le Tibre. Lihr :
r Vers. 1 9i.
llle etlam fatriis agmen ciet Ocnus ai orisFatidicA Mantûs Tusci filius amnis
%ui muros matrìfme dédit tibi , Mantua , nomen (4). (4) Virgii.
Lihr, X ,
Le même Servius ajoûte que quelques-uns donnoientHer- Ver ^' lpS *cule pour pere à cette Devineresse. Leandre Albert ra-porte une infinité de traditions touchant cette fondatricede Mantoue. Confultez-le,íi vous voulez, dans fa Defcrip- fr) Pag.m.tion de l’Italìe (y). 602
(b) fau fa n.Lihr. VII ,fag. m. 207.
(c) Votez, ct-déjfbus Cita-tion (2).
{d) Bibliot.Lihr. V %
Cas. VI.
MARASCIA (Joseph Vincent) natif de Palerme, étoit de la Congrégation de 10 - Mars 1702 ,journaf de tatoire de Saint Jerome de la Charité. II a fait un Livre pour prouver qu’il y a eu deux.SaintsTrévoux, Mamiliens Archevêques de Palerme (A). II mourut le 17 de Janvier 1699, (s).
ÇA) Il a fait un Livre four prouver qu'il y a eu deux Saints qu’un ou deux Critiques modernes qui reconoissent deux
Mamiliens Archevêques de Palerme. ] Le Livre est intitulé MamilienS. Marafcia avoue qu il parle contre le torrent des
(i) Il est De due Santi Mamiliani, Arcivescovi e Citaàini di Paler- Historiens de Sicile-, mais il a four lui des Manuscrits anciens
Docteur. en mo ^ sásolutione Hijlorka, & a été imprimé par les foins de qu'il cite, e? des Conjectures qu’il trouve solides (z).
Théologie. Mr. Mongifore ( I ), après la mort de l’Auteur. II n’y a Çz) Tiré du Joum. de Trévoux, Mars 1702, pag. 5>4, S 5 , Edition de Trévoux
(a) a MARCA (Pierre de) l’un des plus illustres ornemens de l’Eglife Gallicane, naquit àAufch. Gant dans le Bearn le 24 de Janvier 1794. Il lut batifé par un Prêtre au Diocèse de Tarbes {A) ;
{b) a & il fit fes Classes (a) 8c son Cours de Philosophie (fi) sous les Jésuites: 8c puis il étudia en
Toulouse. Droit (c) pendant trois ans, après quoi il fut reçu l’an 161y Conseiller au Conseil souverain
. . , de Pau. Il ne fut pas le prémier de fa Famille qui eût des Charges dans la Robe (B). Tous
Toulouse. ses Collègues étoient de la Religion (-0 ; raais les choses changèrent bientôt de face, le tems. ha- vint bientôt que personne ne put être admis dans ce Conseil érigé en Parlement, qui ne fût de laìJs saiu* Religion Romaine (e). Pierre de Marca eut beaucoup de part aux intrigues qui produisirent ce GalaaoU«vfta’ retri changement. II fe maria avec une Demoiselle de l’ancienne Maison des Vicomtes de Lavedan;de Marca, mais Paiant perdue Pan 1Ó32, après en avoir eu plusieurs enfans (/), il ne voulut point fe re- charge défi"t a s- ll - marier. II fut fait Président au Parlement de Bearn Pan 162.1, & Conseiller d’Etat Pan 1639. IZfiU*fi) m. Trois ans après le Roi le nomma à l’Evêché de Conférais. On s’étoit déjà servi de fa plume pour â de p*’M- n. un Ouvrage de grande importance (C). II fut envoié en Catalogne Pan 1644, pour y exercer
la Peu.
(A) Il fut batifé par un Prêtre au Diocèse de Tarbes. ]L’exercice de k Religion Romaine étoit interdit dans leBearn depuis f Edit de l’an 1569; desorte que le peu deCatholiques qui restoient dans le païs étoient contraints,faute de Prêtres, de faire batifer leurs enfans aux Temples(1) Stepha- de ceux de la Religion (1)'. Jaques de Marca ne voulut
nus r a lu- point suivre leur exemple. II fit porter son fils au Monas-
zius, de tere de St. Pierre de Générés dans la Bigorre. . Ce fut là
Vita ì L-e- q Ue notre Archevêque fut batifé par un Religieux Béné-
ïetride dìctin , qui faisoit la charge de Curé de la Paroisse. Ceci
Marca, réfute Patin,qui dit quelque part que ce Prélat étoit né de
pag. 8 Edit. k Religion. Voiez la Remarque suivante.
1ÍÍ3 in 8. ( b) ll ne fut pas le prémier de fa Famille qui eut des
Charges dans la Robe. ] La Famille de Marca doit son ori-gine à Garsias de Marca, qui commandoit la Ca-valerie de Gaston Prince de Bearn àu siégé de Saragossel’an 1118. Ses defeendans Rattachèrent à la profession desarmes ; mais on trouve environ l’an 1440 un Pierrede Marca bon Jurisconsulte , qui après avoir été leProcureur Général du Prince son Maître dans tous fesf 2) Idem, Etats , fut fait Président de fes Conseils (z). J’ai lu danstkd.p.6,1. un Livre qui fut imprimé du tems de la Ligue, qu’undeMarqua, second Président au Parlement de Pau, neput jamais eftre reçu ou remis en son estât . ... qu il n eutfait la protestation ordinaire contre la Mejfe , & ce avec laprofession de la foi Calvinienne ordonnée par la feue Roy ne dese vra'ìs* Navarre mere de Henri le Grand (3). Ceci réfute GuyCatholiques Patin, qui assure que notre Monfr. de Marca étoit de basFrançois à n eu _ Reportons le Passage: il contient bien des menfon-l’Avertisse- ges car> p 0ur ne r j en dire du reste, il est faux que ceCatholiques Prélat ait jamais été ni Ministre ni Jésuite. Nous aurons iciAnglois , p. un exemple des faux bruits qui courent contre les Crans:J} Edition on ne sauroit trop ramasser de ces exemples, afin d’accou-is 158Í. lumen un peu le monde à l’esprit d’incrédulité à cet égard.
,, u n nous aprend ia que 1 Archevêché de Touloufe a été„ conféré à Monsieur de Marca Evêque de Conferans,„ moyennant cinquante mille écus qu’il a donnez au Car-,» dînai Mazarin. Voilà une grande fortune pour cet hom-„ me ambitieux. II étoit de bas lieu : après avoir étudié,„ il devint Ministre du parti des Reformez (4), dont il„ étoit. . S’étant changé il devint Jeíuite : puis ayant quité„ la Société il fe maria, & devint Conseiller au Parlement,, de Pau, puis Président, en fuite il vint à Paris, & par», h faveur de Monsieur le Chancelier Seguier, il fut fait,, Conseiller d’Etat ordinaire, après Intendant de Justice„ en Catalogne, puis Evêque de Conferans après avoir,, îong-tems attendu fes Bulles, qu’il ne pouvoir avoir de„ Rome, à cause de la querelle qu’il avoit avec les Jesui-„ tes, depuis qu’il les avoit quittez , & qu’enfin il n’a„ eues qu’en fe raccommodant avec eux. A la fin le voilà„ Archevêque de T ouloufe. Quand il aura payé fes det-„ tes, fi un bonnet rouge se présentoir à vendre, il est sûr,, qu’il l’acheteroit aufli. Je ne saurois mieux comparer„ Monsieur de Marca, qu’à défunt Monsieur le Jay, qui„ de très-peu de chose étoit devenu premier Président au,» Parlement de Paris (y).
(C) On s’étoit déjà servi de fa plume four un Ouvragede grande importance.] L’Histoire du Bearn, qu’il publial’an 1640, confirma extrêmement la bonne opinion qu’onavoit conçue de son savoir, 3 c de sa grande capacité. Oncrut donc qu’il seroit fort propre à travailler sur une ma-tière délicate Sc importante qui se présenta peu après. Levolume des Libertez de l’Eglife Gallicane, que Pierre duPuy avoit mis au jour, allarma les Partisans de la Cour deRome, & il y en eut qui tâchèrent de persuader que cô-toient les préliminaires d’un Schisme médité par le Cardi-nal de Richelieu; comme fi cette Eminence eût songé àlerection d’un Patriarchat dans le Roiaume, afin quel'E-
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