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la Charge de Visiteur Général & d’Intendant. II l’y exerça jusques à Tannée i6fi , avec tant d’ha-
bileté.
T«) c'étoìt Gallicane ne dépendît point du Pape. Un Théologien
*» Prhn * François fous le nom d’Optatus Gallus (6) écrivit fur ceParis mmmé sujet, & infinua que le Cardinal avoir gagné un grand per-Vtíefi' ‘ tonnage, qui feroit l’Apologie de cette érection. Ce granddu p, l/ss personnage n'étoit autre que notre Pierre de Marca. Se-rin , fag. S2 . quens menfts Martins materiam prabuit novis sermonibus, obG Jésuite editionem Lìbelli Paranetici ad Antistites Regni , de cavendoschismate, quod f ra foribus adesse nuntiabat Optât us Gallus.( ui Sub eo namque nomine latere voluit aublor-, satis alioqui cognì-
\‘(nse qui tus > fi larvam Mi detrahere liberet. Occafionem turbandi su-
Ut cens Hr é e tnebat ex editìone Volumìnum de Libertatìbus Ecclejia Galli-
cana, qua anno juperiore prodierant curâ Clarijf. Viri PétriTheonh'l Puteani; a t que item ex rumore vulgi, dijferentis eam Cardi-
Raynaud na ^ Eichelio mentem esse , ut omijso Epijcopo Romano , Pa-
^ bonis triarcha in Galliis confiituatur. Ajebat praterea , magnum
Lib 1TUl ' S virum in partes traéîum promijjis ingentibus, qui scripte de-
n “». il fenderet qm pro ea causa Card'malis fatturus erat , ne que àu-
1 % m. 2V3. bitatur, quin Marcam intelligent (q). Le Roi comprenant
qu’une Accusation de cette nature le rendoit odieux, par(?) Balu- le contrecoup de la haine à quoi elle exposoit le Cardinal,
de donna ordre à Mr. de Marca de réfuter cet Optatus Gal-
^tarca' î us , dc de garder un certain milieu qui ne donnât point
H- 13'2 d'atteinte aux Libertez de l'Eglise Gallicane, & qui fît voir
’ 4 ' qu’elles ne diminuent point la révérence due au saint Siégé.
II accepta cette commission, & l’exécuta parle Livre de
(*) Idem,Cidera
'tarca,
16 .
, 2 - p«g. Concordia Sacerdotii zy Imperii , five de Ltbertatìbus Ecclejia
* 4 ’ ZS - Gallicana, qu’il fit paroitre l’an 1641 (8). II déclara dans
( 9 5 s . fa Préface, qu’il n’entroit point dans les discussions du droit,scri P'imem & qu’il s’arrêtoit seulement à celles du fait; c’est-à-diref"*» tempe- qu’il faisoit voir seulement les bornes, qui de tout teinsníí'f’ w avoient séparé les deux Empires, celui du Prince tempo-fan l ]j r fs m ~ tel, & celui du Prince spirituel (9): mais quoi qu’il eût?--->^ frime tamaste un nombre infini de témoignages touchant la puis-^'fficti um- sance du Pape , son Livre ne laissa pas de déplaire auxfiL ' f d . Ultramontains, tant ils ont l’oreille tendre. Quorum aures>nquijl;s- teneritudine quadam plus trahuntur , ut ait Auxiliarìs pra-î*« sit,iT‘ m> fiSlus apud antìquum scriptorem Vita fanSli Hìlarii Eptjcopi'“terum p 0S . Arelatenfis (10). La Cour de Rome se montra fort diffi-dfm U> o cils à l'égard de l’expédition des Bulles qu’on lui deman-fo’jsns rc doit pour cet Auteur, nommé depuis peu à l’Evêché decomuìeríf ... Conserans : elle fit entendre qu’il faloit avant toutes choses->/- pr«fs Hr qu’il adoucît quelques endroits de son Ouvrage, & l’on fit'* Adm m i- examiner ce Livre avec une grande exactitude. HolsteniusZTm "f á Lec ~ (un des Examinateurs déclara qu’il y trouvoit plusieursibidem, ’ choses qui avoient besoin d’être expliquées, & quelquesH- 2 s. autres qui blessoient secrètement les droits de l’Eglise. Hols-t émusquìdem quamplurima in eo contìneri retulit, qua explica-\>o) Balu- t ‘°s e . vsdigertnt ; quadam etiam esse qua Romana pur a violent ,
v ita p d dr 1 m °fi cult0 - r „ Tant0 ì ui PP* ac *am singulari artificio librum•Marca hune esse perfettum , ut dìstinguì vix pojjit . qtu fars e j HS
Ecclejia Romana faveat, quave noceat (n). L’un des au-tres Examinateurs rendit un meilleur témoignage : il assuraV 1 ) md. que ce Livre prouvoit avec tant de force l’autorité du
% 28, Siégé de Rome, que l’Auteur en devoir être récompensé.
Son Aprobation demeura cachée, & jamais Mr. de'Marcan’en put avoir une copie. Après la mort d’Urbain VIII,i un 3 - 1 stsshcha fortement InnocentX d’accorder
nflW U rX a -u E T eq c e dC Coi j serai ? s . : «ais P Assesseur du St.Office reveilìa le souvenir des plaintes qu’on avoìt faitescontre le X^ivre C o tic ot dm Sacct dotn zjv ituscyti ., ce qui
fut cause que le Pape fit examiner 1 *Ouvrage tout de nou-ta) ibidr, veau. Imocentlus rnturâ çmttator, V 4 quî per impruden -^ 3o. p mm n ihìl torum pratermitti vokbat qua ad dìgnitatem SedisApostolica pertinere exiftimabat , librum hune examimndum^diome deintegro commijit Cardinalibus Barberino (iz). Mr. deo"* i«46' Marca, volant que les choses traînoient en longueur, &tfonbp' n ' en el Vc rant point une bonne issue à moins qu’il ne fîtk'oium d c satisfaction à la Cour de Rome, publia un Livre (13) oùs° n c°rdia ii expliqua ses sentimens selon l’esprit des Ultramontains,^«rdotii & il écrivit au Pape une Lettre fort soumise, avec de-gran-âes promesses de fidélité. II avoua qu’il avoit rempli dans«xpo n i t ^ son Ouvrage les devoirs d’nnPrésident au Parlement,beau-top s A P° S ' C0U P tnieux que ceux d’un Evêque; mais il vaut mieuxs e dj£* raporter les propres termes dont il se servit. Fateor eo insiitï Hbro Principis partes pro muneris meì ratione fovijse , PrAfi-
, jj. demque pottus impleviffe quam Episcopum . ... e? ne libri, 1( jS es Ca- pubhcati invidia dejìderiis meis obejset , libella altero Barci-'astod 1 K ° ne e ^‘ t0 , quem huic chartA adjunxi , hallucinationes measV çj 0 ‘ deprecatus sum ; Opus censura Beatitudinis Vejìra fubmifi,M^ores quam prona mente amplexurum voveo, zj? affertorem vindi-&ìrfí <Ì0cet ' cem( iut libertatis Eccltfiastka futurum (14). II n’oublia pas3 ï, m ' àns son Livre le grand service qu’il prétendoit avoir renduaux Ultramontains, en publiant la Décrétale du Pape Vi-(>4) 8>le (15). La Cour de Rome, selon ses finesses ordinai-
Z2. * tes, continua d’user de remises depuis cette ample satis-
f,... faction; mais enfin Mr. de Marca obtint ses Bulles au
U tnois de Janvier 1647. II fut ordonné Prêtre à Barcelone
( îssj. an mois d’Avril 1648, & sacré Evêque à Narbonne aurnois d’Octobre suivant. On le mit à l’épreuve cette an-Ctlle de, a ee '\® ' A & il fit voir qu’il avoir promis de bonne’ foi un
> d e ° ran y aêle pour les intérêts du Pape. On voulut savoir
on iemunem sur une Question qui faisoit du bruit (16),*• u le donna tel qu’Innocent X lc souhaitoit. Meta erattmportbus jUis gravis qmstio , de duplki (apite in Ecclejia ,
plerisque unicum tantìtm caput , videlicet B. Petrum , in eaconflituentibus ; quibujdam verb cenjentibus Paulum quoqueEcclejia caput cum Petro fuisse. Cum hac quaftio dijiraheretin partes ingénia homimrn eruditorum, atque intérim dìgni-tas Romana Sedis tentari videretur ; Innocentìus , qui apprimenoverat Marcam in primis Ecclejiajlica antiquìtatìs peritumejse, ratus praterea evenijse occafionem qua ejus animum ergaSedem Romanam experiretur , aperire sententiam jubet. Illenìbìl cunâìatus, Exercitationem Barcinonev Kalendas f unitanno m. d c. xtvn. scripjìt de singulari Primatu Pétri,qua nondum edita ejl : quam Innountio , ad quem Jiatïmmìjsa eft, valde placuìjse ex eo ìntellebium cfi, quod eam pu-blice legi juJJit , ac fingularem quandam de Marca ìn SedemRomanam propenjione accepit opinionem (17). (17) ssà?-
Concitions deux choses de ce narré: I, q ue c'est une ^ us p ’_ / e l "servitude très-fâcheuse à la Cour de France, que d’avoir Marca,besoin des Bulles du Pape pour établir des Evêques; car ^-37)3*.cela fait que ceux qui seroient capables de bien maintenirles Libertez de l’Eglise Gallicane, & les intérêts du Roidans ses démêlez avec Rome, n’osent emploier toutes leursforces. Ils aspirent aux Prélatines, & ils voient qu’ils n’ypourront jamais parvenir s’ils se rendent trop odieux à laCour de Rome; ou du moins qu’il faudra qu’ils fassent dessatisfactions honteuses. II n’y a pas long-tems(i8)que cela (18) On écritest arrivé à quelques membres de l’Assemblée du Clergé de ad s le 18 '
l’an 1682. La II chose que je veux conclure est que Mr. D j" milrcSallo n’a pas eu raison de prendre pour un artifice ce qu’on 1 Sî 'fit à Rome l’an 1664 contre la nouvelle Edition de l'Ou-vrage de Mr. de Marca. On prétendit que Monsr. Baluzeavoit publié ce Livre ex retraólatis scriptis ■ Pétri de Marca.
Cela n’étoit pas fans fondement. Ce Prélat ne chanta-t-il
pas la palinodie dans l’Ecrit publié à Barcelone ? n’écrivit-
il pas au Pape pour lui demander pardon ? Raportons les
termes du Décret, & la réfléxion de Mr. Sallo. Decretum
sacra Indicis Congregationis , quo àamnatì, prohibiti, ac res-
peílive suspens suerunt insra scripti omnes Libri. Roma , 17
Novembris 1664. De Concordia Sacerdotii CT Imperii , feu
de Libertate Ecclejia Gallicana liber , à Stephano Baluzio im-
prejjus Parijiis , anno 1663. Perperam adscriptus Petro de
Marca , ex cujus retraclatis scriptis aliorumque erroneis sen-
tentììs operA prafati Baluz.it editus est (19). „ La Cour de cts) Votez, te
„ Rome ayant toûjours ses visées, il n’est pas trop seur de J ourtlal às
,, «'attacher scrupuleusement à ses Censures. C’est pour- Sav f ns dtl
„ quoy ce Decret ne doit pas empescher qu’on ne fasse WìsT™*
„ toujours autant d’estime qu’on faisoit du Livre des Li-„ bertez de l’Eglise Gallicane, composé par feu Monsieur„ de Marca. En effet, il ne contient que des Maximes„ très-constantes, & qui peuvent passer pour des Loix„ fondamentales de cette Monarchie. De naeíme on n’aura,, pas moins bonne opinion de la sincérité de Monsieur Ba-„ luse, quoy qu’on l’acosse dans ce Decret d’avoir faus-„ semeur attribué ce Livre à Monsieur de Marca. Car il„ est visible que la Congrégation n’a usé de cette adresse,
„ que parce qu’elle n’a pas osé attaquer directement la„ mémoire de ce grand Archevesque; & qu’elle s’est ima-„ ginée qu’il feroit plus facile de décrier son Livre, en„ substituant à sa place une personne d’une dignité moins„ relevée dans l’Eglise (20). ^ (20) Sallo,
Pour achever l’Hiítoire de cet Ouvrage, il me reste à Journal desdire que Monsr. Baluze en a procuré deux Editions depuis S , a vans,la mort de l’Auteur; l’une l’an 1663 , & l’autre l’an 1669. u ~ meme -Ces Editions font plus amples que la prémiere, & vous , . , „comprendrez en quoi si vous consultez ce Latin. (21) opus Emditor
de concordia sacerdotii ôt imperii. altero ab ipjius Lipsiens."
obitu anno augujlïorì habit u adornatum , iterum emifit in lu- ' Anno IlS8î »cem Baluzáus , & non faltem priores quatuor libros recensuit, Ud- 3 2 7 ,additionïbus ab AuSlore compojitis auxit, ac fuis notis, ubioccajto tulìt , illujlravit ; sed e? integrum Tomum alterum rtun-quam antea editum ex autographe summi Viri descriptum ad-didit , nomulla Antiquìtatis illufiria monumenta adjecit,integrofque in eo Libros, quod Gallke ejfent scripti , in Lati-nam linguam vertit. Cumque Opus hoc tante favore erudi-torum fuerit exceptum z? communi approbatione commenda -tum , ut intra breve tempus distraèla exempta fuerint , ifludanno M DC LX 1 X recogrtttum emendatius copiojiusque li-terato iterum orbi dédit. II l’a fait encore réimprimer aug-menté & corrigé l’an 1704 (22). Le Sieur Deckherrue (22 } Votez, ufit de grosses fautes quand il parla de l’Ecrit d Optatus Gai- Journal deslus, & de celui de notre Mr. de Marca: estes furent criti- ffisjsf:.-quées dans une Lettre ajoûtée à la nouveste Edition de son I70J _
Livre l’an 1686 (23).
Notez que l’Auteur du fameux Ouvrage de Ltbertatìbus fzj) VotezEcclejia Gallica, imprimé l’an 168;, ne juge pas fort avan- Deckherrustageuscment de la conduite de l’Auteur du Concordia Sacer- “ e . s r cri P tlsdotii c/ imperii. H insinue qu’il y a eu de l’obliquité 5^°^'
„ dans les manières de M. de Marca, & qu encore qu’il Edit. issS,„ écrivit en homme qui vouloit faire fa Cour en France,
„ il ne laiffoit pas de se ménager le mieux qu’il pouvoic„ avec Rome : car il semble en certains endroits qu’à„ force de citations il a établi la chose; mais tout d’un„ coup il fe jette de 1 autre côte, en citant des exemples„ & des témoignages contraires aux premiers, ou en res-„ serrant les premiers par mille modifications, & après„ cela on voit encore qu’il extenuë le second parti. D’a-
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