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Tome troisieme. K - P.
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& celui de quelques Digressions ampoulées, font amplement réparez par plusieurs excellentes qua-rtez qui se trouvent dans cet Auteur, comme est, par exemple,le peu de partialité qu’il témoi-gne contre le Christianisme, quoi qu’il fût Paien (B)-, & les recherches exactes qu’il a faites,pour tâcher de ne rien dire dont il ne fût sûr, & qui Pont mis en état de nous aprendre bien deschoses que nous ignorerions fans lui. Son autorité est d’ailleurs fort considérable, par la raisonqu’il a été témoin oculaire de plusieurs choses qu’il a écrites. II prit de fort bonne heure leparti des armes, 8c fut d’abord enrôlé parmi ceux qu’on apelloit Proteclores domeftìcos ; ce quipeut nous faire juger qu’il étoit de bonne Maison: car c’étoit assez la coutume que la jeunesse-dela prémiere qualité entrât dans ce Corps {b)- y 8c un homme de guerre, qui pouvoit y être pro-mu, se croioit bien récompensé de ses longs services. Voilà par où notre Marcellin débuta. Onne fait point s’il monta jamais plus haut (C) j on voit feulement qu’avec ce titre il a suivi enplusieurs expéditions Ursicin Général de la Cavalerie. II eut ordre d’aller avec lui dans l’Orient,lors que l’Empereur Constantius l’y envoia Pan zyo. Ursicin, en aiant été rapellé l’an zyq pourvenir à Milan, amena avec lui en Italie Marcellin. Ils passèrent dans les Gaules l’année suivante,

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& mirent bientôt à la raison le

mium, 8c le renvoia en Orient

e Tyran Silvanus ; après quoi Constantius fit venir Ursicin à Sir-. Les mauvais offices, qu’on rendit à Ursicin auprès de cet Em-

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pereur, furent cause qu’on le rapella, 8c qu’on donna sa Charge à un autre. II obéit} maïs etantarrivé enThrace il y trouva des ordres qui l’obligérent à retourner incessamment vers laMesopitamie, fans que pour cela on lui rendît le commandement, qui avoit été conféré à Sabinien. II nelaissa pas de rendre de grans services. Marcellin, qui l’avoit toûjours suivi, en rendit aussi beau-coup, 8c en soldat, 8c en négociateur, comme il le raconte lui-même, sans sortir des bornes dela modestie. II ne quitta point le service lors qu’Ursicin fut entièrement disgracié Pan 360 zmais, comme je P ai déjà dit, on ne fait pas s’il fut avancé, ou s’il demeura toûjours dans sonposte de Proteéleur domestique , même lors qu’il suivit Julien dans la guerre contre les Perses. Onpeut recueillir de quelques endroits de ses Livres (r), qu’il demeuroit à Antioche fous l’Empirede Valens. II vint ensuite s’établir à Rome, 8c y composa son Histoire (Z>). II en récita di-verses parties à mesure qu’il les composoit (i), 8c on les reçut avec de grans aplaudissemens.On ne fait point quand il mourut; mais on ne peut douter qu’il ne fût encore en vie Pan 390,puis qu’un Consulat qui tombe sur cette année-là ne lui a point été inconu (e). II avoit eu desprocès (/), qui l’avoient tellement mis de mauvaise humeur contre les gens de pratique, qu’il

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au Chapitre VI du XXIII Livre, tranfìre, Sitefixíveivdiïtmus Gr&à. Voílìus ( 2 ) se sert du second, qui a besoinde la clause qu’il y a jointe, nempe nos Gr&ci. S’il se fûtsouvenu des deux autres, où l’Auteur a mis le propre motG wi,il les eût citez préférablement à celui-là : mais quoi?les plus grandes mémoires n’ont pas toûjours en main cequ’il leur faut.

(- 2 ) Aâ qu il fût Paien.] II est st aisé à ceux qui pè-lent exactement chaque chose de conoître qu’il l’étoit,qu’on ne peut ne pas trouver fort étrange, que d’auffi ha-biles hommes que Pierre Pithou (3), 8c Claude Chifflet (4),aient pris pour un Chrétien. Quoi, un Chrétien qui com-Papa 11 -/ 011 histoire fous des Empereurs qui réduisoient lenérpm^) e ,? U> Í ab °is, se seroit-il contenté de parler hon-

noussé li 4 s a - ss^’S' 011 Chrétienne, & n’auroit-il paspoulie la chose jusques a déclarer quelquefois, que c’étoitla leule bonne 8c véritable Religion, 8c que le culte desDivinisez Païennes étoit une Idolâtrie? Sous de semblablesEmpereurs un Chrétien auroit-il lotie à perte de vue Julien1 Apostat (5J, fans déclamer fortement contre son Aposta-JE- oe contre sa haine pour Jesus-Christ? Auroit-il parlé

Th^Tn H de i a Déesse Nemelis - & de la Déesse

me Ammien P u rstiti ° ns Orales du Paganisme, com-

teurf css én P ^ m , en parle / Je ne con ° iS Point d’Au-teurs Vhietiens, qui durant meme le feu des persécutions

n aient parle de l’Idolâtrie Paienne avec mépris, & avecquelque forte d’insulte ; & il est incomparablement plusaisé de concevoir qu’un Paien use de modération en par-lant de l’Evangile, qu’il n’est aisé de concevoir qu’un Chré-tien le fasse, en parlant du culte des fausses Divinitez. Lespreuves du prétendu Christianisme de Marcellin, alléguéespar Chifflet, n’ont besoin d’aucune réfutation, û l’on enexcepte le Passage du Livre XXVII, où après avoir cen-ure le luxe des Eveques de Rome, il l’opose à l’austéritést quelques Evêques de Province : §uos, dít-il, ternitattaendi potandique parcijfime , vtlitas etiam indumentorum <&

Jupercilta humum fpeêtantia , perpétua numini verisque ejuscultoribus ut puros commendant zsr ■verecundos. Mais toutque l’on peut inférer de ces paroles, est que selon cetAuteur la sobriété 8c l’humilité rendoient les hommes re-'•ommandables à Dieu, de quelque Religion qu’ils fussent,

5 e que les Païens mêmes concevoient de la vénération pourí es Evêques du Christianisme, qui témoignoient par leursb °nnes mœurs qu’ils ne cherchoient aucun avantage tem-P°fel. Quant à Ja définition qu’il nous donne des Martyrs,deviare à religione compulfi pertulere cruciabiles poenasa dufq ue gl or i 0 j~ am mortem internerata fide progrejft (6), ellet> e prouve sinon que les Paiens mêmes pouvoient admirerne fermeté d’arne, qui ne se démentoit pas dans les plusruels suplíccs. Intemerata fides n’est point oposé en cetJidroit à la fausse Religion, mais au changement de Par-' qu’il avoit dit dans la page précédente, qu’un Evê-rien de • ïeui ' (?) avoit oublié que fa profession ne conseillequg. ^oit juste 8c pacifique, profestonis sua oblitus,

raliadr ^ í u fi um suadet z? kne , ad delatorum aufa fe-Çkrét's C ‘-'* t ’ Prouve seulement qu'il savoit de quoi lestant d a ï í '°f ent profession ; 8c nous en dirions tout au-les em^ - àres Chinois, si nous savions que leur Rituel

S geat à une grande pureté de vie. Est-il besoin d’ê-

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(f) Neothe-rium fosteaConsiílcm tuneNotariumad eamdemluendam iredìfyosuit .Amm. Mar-cel. Libr.XXVI , cap*V. Cet hom-me fut Consulavec Valcn -tinìcn I />Can 390.Valeíius ,iri Praf. ad

Ammian.

Marccllûi^

{ f ) Libr mX X X 3 CaplIV\ Voiez.

La Mothele Vayer,Jugementfur les prin-cipauxHistoriens,/"<?. 247 df121 Tome vi12 .

tre Chrétien, ne suffit-ií pas d’un peu de raison, pour voirqu’un Ecclésiastique , qui s’érige en délateur auprès desPrinces, comme faisoit cet Evêque d’Alexandrie, apud DUUmtpatulas aures Constantii multos exinde intusans ut ejus recal- t er fcrìpsit, ‘citrantes imperiis, déshonoré son caractère? Voilà les plus fid eafortes preuves de Chifflet pour le prétendu Christianisme pertiamt aide Marcellin. Mais si cet Historien a été privé du bon- chr ’st ,anosheur qu’on lui attribue, il a du moins la gloire d’avoirparlé fort honnêtement d’une Religion qu’il ne suivoit pas. Possev. '

II y a peu d’exemples d’une telle modération. Le Pere A Ppar.Possevin, qui ne s’en est pas contenté (8), me semble trop st f - *J T *délicat, 8t il ne faut pas craindre que notre postérité dis- X K

pute touchant la Religion de ceux qui écrivent aujourd’hui r 9 \ Vo{ ..l’Histoire (9). J’avoue que Marcellin écrivoit fous des Em- Nouvelles "pereurs Chrétiens: mais cette raison n’a pas mis des bornes à la Répu-à la malignité d’un Libanius, 8 c d’un Zosime. iíettr C dcs

(C) On ne fait pas s’il monta jamais plus haut.] Mo- y»,-*'Vus,-reri a donc dit un peu trop légèrement, que Marcellin pag. 487 dfùtravailla à fan Histoire âpres avoir pasté par les plus honora- z Edition,blés Charges de la Milice. II a copié cela de la Mothe leVayer (10).

(D) Son Histoire. ] Cet Ouvrage comprenoit en X XXILivres ce qui s’étoit passé depuis Nerva jusques à lamort de Valens (n). On a perdu les XIII prémiersqui l’avoient mené jusques à l’Empire de Constantius,

C car st s’étendoìt moins fur les tems qu’il ne conoifíoitque par les lumières d’autrui) les XVIII qui nous res-tent ont été fort mal-traitez, soit par l’ignorance des Co-pistes , soit par la témérité des Critiques: Notez que Clau-

(ro) Jugemjfui lesHiCtor. pag. 249dt* 2 II Tome*

su) Bac utmiles quon-dam Gra^cus a prînei-patu CtcfarisNerva exor-

de Chifflet soutient sur d’assez bonnes raisons, que cette

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Vale?ìtisinterìtum

virium espltcavi men-

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Histoire comprenoit XXXII Livres, 8 c qu’il y a eu unLivre entre le XXX 8e celui que nous comptons aujour-d’hui pour le XXXI, qui est certainement le dernier de .tous. II avoit ouï dire qu’on trouvoit dans la Bibliotlie-que du Cardinal P oins les prémiers Livres qui nous man- "

quent de Marcellin. Mr. de Marolles publia une Traduc- xxxi,tion Françoise de cet Historien l’an 1672, avec des Re- si».marques. La charge étoit pesante pour lui.

Mr. de Valois l’aîné dit (12) que la prémiere Edition de HistoireM arcellin est celle de Rome 1474, qui fut dirigée par des Editions

_esprit 8c de jugement; que I

bénins contrefit à Bâlc cette Edition de Boulogne ; qu en1533 il parut deux nouvelles Editions, lune a Augsbourg f I2 j Henrî _corrigée par Mariangelus Accurse, Pau )^ c . , a . “ a f, par ^ es cus valesius,foins de Sigismond Gelenius (14) ■ st ue 1 Edition d Accurse Prafat. adfut augmentée des cinq derniers Livres qui n avoient pointencore été imprimez; que celle de Gelenius eut la meme n -

augmentation, excepté le dernier Livre, 8c la derniere / r . „page du pénultième; qu'en 1346 Jerome Frobenms, qui rempu t cct ^avoit imprimé l’Edition de Gelenius, en donna une autre p<vAulus,augmentée du dernier Livre; que c est fur celle-ci qu si rnais selonsemble qu’aient été faites toutes celles qui ont paru depuis fst'f il At -en France 8c en Allemagne , jusques a ce qu’en l’an 1609 eíusFrideric Lindenbrogius en donna une avec des Notes. Cet-te derniere est fort bonne; mais celle que Mr. de Valois (14) Morenïpublia in 4 lan 1636 lest incomparablement davantage aiant va dansRí Nous» d 4

Gelenius, «r cru faussement qtfil faloît dire SigebciL