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Tome troisieme. K - P.
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z 14. MARCELLIN. MARCHE. MARCIONITES.

n’a pu s’empêcher de faire une longue Digression contre eux. C’est une Invective presque aussipiquante que la Comédie de Grapinian.

Nous parlerons ci-dessous de celle de i68r. Mr, Morerin’a point su copier la Préface de Mr. de Valois : il y avu bien des choses qui n’y font point; il y a vu qu Ac-cursc publia pour la prémiere fois les cinq premiers Livresde Marcellin, 8c que Gelenius n/oâ le dernier Livre avecta derniere sage. du trentième que nous n avions sas. Toutcela est faux ; Gelenius fit fi peu cette Addition , qu’aucontraire c’est précisément ce qu’il publia de moins qu’Ac-curfe; 8e il est si peu vrai que celui-ci ait mis au jour lescinq premiers Livres, qu’encore aujourdhui tous les treizepremiers nous manquent, comme Mr. Moreri l’avoit ditpeu auparavant. Mr. de Valois loue 1 Edition d’Accurfe,mais il donne des Eloges magnifiques à celle de Gelenius ;ce qui fait que je m’étonne que Voisins qui parle avecaprobation de celle-là, ne dise quoi que ce soit de celle-ci. II est extrêmement sec, je ne fai pourquoi, fur l'ar-ticle de notre Ammien Marcellin, Accurfe, qui fe vanted’avoir corrigé cinq mille fautes dans cet Auteur, est louépar Claude Chifflet, mais dune façon générale, 8c quilaisse dans l’oubli son plus bel endroit, je veux dire la pu-blication des cinq derniers Livres. N’est-il pas bien étrangeque Chifflet ne dise rien de cela, & que cependant il donne

la gloire à Gelenius d’avoir été le prémier qui ait publiéles Livres XXVII, XXVIII, XXIX, & XXX? IIobserve que Sebastien Gryphius inséra dans son Edition lafin du trentième Livre , & fut le prémier qui la publia.Mr. de Valois n’a point touché le prémier de ces deuxfaits, 8c il a réfuté le second, en disant qu’Accurfe avoitpublié les cinq derniers Livres. Le Toppi dans fa Biblio-thèque de Naples (r;j attribue faussement à MariangelusAccurfe d’avoir publié le sixième Livre d’Ammien Mar-cellin , 8c ne dit pas qu’il donna cinq Livres de cet Histo-rien qui n’avoient pas encore paru. Mr. de Valois le jeunepublia notre Ammien à Paris l’an ió8i in folio. On nedevoir pas omettre cela dans le Dictionaire de' Moreri.Cette Edition est augmentée, i, de plusieurs nouvellesNotes de Mr. de Valois l’aîné; 2, de celles que Linden-brog avoit publiées en 1609 , 8c de celles qu’il y avoitjointes depuis, 8c qui avoient été trouvées parmi ses pa-piers; 3, de la Vie d’Ammien Marcellin par Claude Chif-flet, Professeur en Droit à Dole; 4, de quelques Cor-rections & Observations de Mr. de Valois le jeune. Mr.Gronovius a fait réimprimer à Leide cette Edition l’an1693 (16), 8c y a joint de bonnes Notes.

(1 s) Fagr,170.

(16) In filhi& in 4.

(a) Olivierde la Mar-che, Mé-moires ,

Çhap. I ,pd%. m. 76.

(b) Là-mime,Chap. IV,

pAg. IOZ.

(c) Là-méme,à U Préfacedu> 1 Livre,pag. 74-

(d) Là-mê -me , Chap.XXXV ,pag. Z 14 .

(#) Fils dePhilippe UBon.

MARCHE (Olivier de la) fils d’un Gentilhomme de la Franche Comté (a), futmis page chez le Duc de Bourgogne Philippe le Bon l’an 1439, à l’âge d’environ treizeans (b) (A). II servit ce Prince & le Duc Charles son Successeur avec un grand zèle, & il futMaître d’Hôtel & Capitaine de la Garde de ce dernier ( c ). II encourut l’indignation de Louisonze, lors qu’on arrêta prisonnier dans la Hollande le bâtard de Rubcmpré l’an 1463 {B). IIfut l’un des Chevaliers {d), qui furent créez par le Comte de Charolois ( e ) à lâ journée deMontleheri l’an 146s. II tomba entre les mains des ennemis à la malheureuse journée de Hanci (/),où son Maître perdit la vie au commencement de Janvier 1477. Aiant paié fa rançon il fut misen liberté, & on lui donna la Charge de grand & prémier Maître d’Hôtel de Maximilien d’Au-triche qui épousa l’héritière de Bourgogne (g). II eut la même Charge sous l’Archiduc Philippefils de Maximilien (h). Il fut envoie Ambassadeur à la Cour de France pour complimenter lenouveau Roi après la mort de Louis onze (/). II composa des Mémoires qui furent publiez àLion l’an isóz (C), in folio, par les soins de Denys Sauvage Historiographe de France. II mou-rut à Bruxelles le 1 de Février 1701 (k).

(f) Mém-d’Oliv. dela Marche,

Chas. VI Ihpag. 40S.

(g) La-nâmhChap. IX,pag. 409.

(h) Là-mêmhà la Préface »pag. 1, &Chap. XlU’du II Livret

fag. 423 .

(i) Là-mitM’L-.v. II. Ch*l‘X, pag. 41 f-(k_) Valer»Andr. BibI-

(1) Pag. 76.

(2) Pag. --

(3) Valet.Andréas >îiblioth.Belg, p. 7 ° 7 -

(4) Olivierde la Mar-che, Livr. I,Chap.

XXXV,

pag. 312.

(5) Là-me-tne.

(( 5 ) Mczer.AbrégéChr’onol.Tome III,pag. 1 92, al’ann. 1463.

f7j La-mc-Tìic.

( A ) Il fut mis page ... à l’âge d’environ treize ans.]Cela s’accorde avec ce qu’il dit dans le Chapitre I du pré-mier Livre (1) qu’il avoit Page de huit à neuf ans, lorsqu’en 1434. son pere le mit à l’école à Pontarli; mais nonpas avec ce qu’il dit dans fa prémiere Préface (2), qu’ilavoit soixante-fix ans, lors que P Archiduc Philippe n’enavoit pas dix. Cet Archiduc naquit Pan 1478. Olivier dela Marche avoit alors cinquante-deux ans : ainsi fa soixan-tième année concourt avec la 14 de V Archiduc. Ce n estpas la prémiere fois que j’ai observé que les Auteurs par-lent de leur âge avec mille brouilleries. Notez une lourdefaute de Valere André : il donne Pan 1380 pour celui dela naissance de notre Olivier; & il met fa mort à l’année1501 (3), fans nous faire prendre garde à une vieillesse siextraordinaire. Un Auteur comme celui-là , qui auroitvécu 121 ans, devoir être mis au rang des choses notables.La vérité est, comme je Par déjà dit, que Pan 1426 estson année natale.

(B) ll encourut ïindignation de Louis onze , lors qu’onarrêta . ... le bâtard de Rubempré l’an 1463.] On l’ar-réta parce qu’on le soupçonnoit d’avoir dessein d’enlever leComte de Charolois (4). Notre Olivier de la Marche portala nouvelle de cette détention au Duc Philippe qui étoitalors à Hedin , où il conféroit quelquefois avec Louisonze (5). Le Duc aiant su cela partit brusquement, 8cà l’insu de ce Monarque. II courut un bruit que Louisonze avoit comploté de s’affûrer tout à la fois du pere 8cdu fils (6). II envola des Ambassadeurs au Duc pour s’enplaindre, 8c il demanda qu'Olivier lui fût livré (7) : car il

le regardoit comme l’auteur de ces médisances, 8c de toutce que ces soupçons avoient fait faire ; 8c il le vouloir châ-tier sévèrement. Le Duc répondit qu’Olivier estait son su-jet & son serviteur, & que fi le Roi ou autre lui vouloit riendemander , il en feroit la raison (8). Lisez le Chapitre pré- olivirimier de Philippe de Comines. «te la Eíef .

(C) Ses Mémoires . . . furent publiez à Lion l’an 1562s] che -Le Manuscrit fut tiré de la Bibliothèque de la Maison de Ffïfv'H Chaux en Franche-Comté (9). On en fit une seconde pag. 313.’ :Edition à Gand Pan 1567 in 4,avec des Notes 8c des Cor-rections à la marge, 8c une Préface qui aprend que l’Au- (9) Voú*teur de ces Mémoires a été plutôt Calomniateur qu’His- ('àhtorien, à P égard des Guerres civiles de Flandres (10). LectcuIS 'Quant aux autres Livres composez par cet Ecrivain, im- . . v le( íprimez 8c non imprimez, qu’on voie la Bibliothèque de Andréas»Du Verdier Vau-Privas (n). On vient de publier en BibUoth. ■Flamand l’Etat de la Maison du Duc Charles de Bour- Belg .pAfgogne (12). C’est la Traduction d’un Traité que cet Au-teur avoit écrit en François, 8c qui fut publié à la fin de f.ses Mémoires dans l’Edition de Louvain 1645 (13). Gollut ^ 9en inséra quelque chose dans ses Mémoires de Bourgo- (ir) vf^ ^gne (14). Du Chêne vous aprendra que cet Etat de la VeterisMaison du Duc Charles fut composé Pan 1474, 8c qu’il Analesfut imprimé à Bruxelles Pan 1616 in 4, 8c que les Mémoi- .

res du même Auteur furent imprimez à Lion m folio Pan fxfa L “'1612, 8c à Bruxelles in 4 Pan 1616 (1 j). de ' en rff*’

( 13 ) Votez la Préface de cet Ouvrage de Monsieur Mattlixus. ( 14 ) A» ^’f'LctCIX du x Livre. ( ij j Du Cheíne, Bibliothèque des Historiens de ^

f 4». m. 1 99.

(L Epi"yhan. adv.Htcreses,pag. m, 302.

MARCIONITE S. C’est ainsi qu’on nomme les Disciples de ^Hérésiarque M a r c i o n,qui vivoit au deuxieme Siecle {A). II etoit né à Sinope, ville de Paphlagonie fur le Pont, Euxin,

(A) Marcion vtvoit au deuxieme Siecle. j Voilà ce qu’on ’ ’ " ......

en peut dire de certain : ^ car pour l’année où il vint à Ro-me, 8c pour le tems où il commença de s’ériger en fauxDocteur, on ne sauroit les démêler à travers les brouille-ries que l’on trouve fur ce sujet dans les anciens Peres.

Selon St. Epiphane (1) il vint à Rome après la mort duPape Hygin, c’est-à-dire, suivant le compte de Baronius,après Pan de grâce 157. Tertullien. prétend qu’il vint à

(2) zA qttoPio fufeepit^Anicetns or -

dine forte?») L w . » A ' j- a - - - - --- - - - -

àtib cjuo Rome fous le Pape Anicet (2.); c eu-a-dire, íi nous en fous le Pape Eleuthere: Constat illos (Marcionem ac Va-

.í>IeXX Cl On hlC ---..L,-. - X/s. VX7 -..fini m /V»,m 1 ’T? m tsi Pd /•P A nfom n Pmc . 7? /»_ 1 n«4.* N J J • y * rC n .. , A... . • ■.

rez la mort de cet Empereur fous Pan 163 ; 8c celle duPape Pie, 8c l’exaltation d’Anicet, fous Pan 167 : desorteque s’il est vrai que Marcion soit venu à Rome sous lePontificat d’Anicet, il est faux qu’il y soit venu sous An-tonin Pius ; 8c par conséquent Tertullietí n’a pu dire lavérité dans ses vers, fans dire un mensonge dans fa prose,cr vice versa. II a dit en un autre endroit que cet Héré-tique fut chassé 8c rechassé de la Communion des fideles

veniens novaPûntiae peftis.Tertull.Carm. uhr.II 1 ad versusMarcion.

Q) Joh

Rodolphus

Wetíìcains,

croions Mr. Wetstein, fous l’Empire d’Antonin Pius, Ro-manis tune imperante Antonino Pio , unde Tertull. 1 .1. c. 19.adv. Marc. eum Antoninianum haereticum, sub Pio impiumvocat , id est circa annum Christi 154 (3). Mais commeles deux Passages de Tertullien, l’un en vers l’autre enprose, s’entre-détruisent , il ne saloir pas les confirmer l’unpar l’autre, ni les raporter tous deux à l’Empire d’AntoninPius. Consultez les Annales de Baronius, vous y trouve-Not. in Origenis p«j, contra Marcionitas, pag. , Edit, 1674,

lentinum ) neque adeo olim fuijfe , Antonìnt fere princìpatu(v in Catholicam primo doêlrinam credidijfe apud EcclefiamRomanensem , donec sub Episcopatu Eleutheriì benediSH ob in-quietam femper eorum curìofitatem qua fratres quoque vitia-bant, semel eir iterum ejeâli , Marcion quidem cum ducentissestertiis fuis qua Ecclefia intulerat , noviffìme in perpétuant (4) "t eí ^difeidium relegati venena dotirmarum fuarum disseminane 1 - si^Sptyrunt <4). C’est nous mener bien loin de l’Empire d’An- stí*'toninPius; car Eleuthere fut créé Pape Pan 179. Outre

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