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Euxin, 8c il avoit pour pere un bon 8c pieux Evêque. II s’attacha d’abord à 1a vie monafti-que, mais il observa très-mal les Loix de la continence; car il débaucha une fille. Son pèreexerça fur lui toute la sévérité de la discipline: il l’excommuma, 8c ne se laissa jamais fléchir àses prières, ni à ses offres de pénitence. Alors Marcion, exposé aux railleries & au mépris detoute la ville, en sortit secrètement; 8c se retira à Rome. , II ne put jamais y être reçu à laCommunion (s), quoi qu’il se fût servi des artifices d’une femme, qui avoit pris les devans pourlui préparer les voies (sb). Ce refus l’obligea à s’ériger par dépit en Chef de Parti (L). II de^vint Disciple de Cerdon (c); 8t afin de mieux soutenir le dogme des deux principes qu’il avoitapris de cet Hérétique, il s’apliqua à l’étude de la Philosophie (C). II eut un grand nombrede Sectateurs, qui non seulement se maintinrent après fa mort, mais qui aussi se répandirent detoutes parts, 8c formèrent des Eglises à l’envi des Orthodoxes par tout où ils purent (D). IIsalut armer contre eux le bras séculier, lors que l’Empire fut dévolu aux Chrétiens; 8c il se passaquelques Siécles avant que ce bon remede vînt à bout de cette Secte. Elle se glorifioit dè sesprétendus Martyrs. Ce fait a donné lieu à une Dispute (£), dont il ne sera pas inutile de
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qu’il n’y a nulle aparence que l’on ait diféré jusques auPontificat d’Eleuthere à excommunier Marcion, qui s’étoitrendu fi abominable par ses Hérésies fous le Pontificat d’A-nicet,que St. Poly carpe l’apella le fils aîné de Satan. Con-sultez St. Irenée (5), qui raporte que St. Polycarpe étantallé à Rome au tems du Pape Anìcet, ramena-plusieursSectateurs de Marcion, 8c repoussa cet Hérétique par l’é-loge que j'ai raporté. Ce fut pour répondre à la demandeque Marcion lui avoit faite, ne me conoijfez-vous pas ( 6)sBaronius observe que Marcion commença de dogmatiser,sous l’Empire d’Hadríen (7) : cela se prouve par Origene,qui dit que le Philosophe Celsus, qui écrivit contre lesChrétiens fous cet Empereur, parle souvent des erreurs decet Hérétique. Philastrius semble confirmer cela, quandil dit que Marcion avant que d’aller à Rome fut convaincude ses faux dogmes dans l’Afie par St. Jean, 8c chassé d’E-pliese (8). On suposera tant qu’on voudra qu’il fut ex-communié diverses fois, 8c qu’il fit plusieurs volages à Ro-me, on n’excusera jamais Tertullien d’avoir parlé fans au-cune exactitude.
Volons un Passage de Lambert Ormeau, oti il y a quel-ques fautes. Venìt (Marcion) Romam quemaàmoium lib. r.Adverf. eum scribit Tertull. sub Antonmo Pio, circa annumà Christo pastb 115 , sub Higino, ut ait Platina : Tertullian.sub Eleuthero. Cœpit autem post Cerdonem innotescere illiush&refis sub M. Antonino Philofipho imferatore, CT" AnìcetoPontifice Romane , circa annum à pajfo Christo 133. quan-quam Clemens lib. 7. Stromat. vult adhuc eo ipfo temfore vi-xijfe Roms, Valentinum h&reticum, quem jam fenem Marcionjuvenis vïderit (9). En I lieu , c’est une bevue que den’avoir pas aperçu que Tertullien se seroit trompé, s ilavoit dit que le Papat d’Eleuthere, 8c l’Empire d’Antonin“ms, ont été en même tems. II. C’est une faute de Chro-nol°gie 3 que. de mettre le Pontificat d’Anicet fous Anto-mn Fius; car Anicet ne commença de siéger que cinq ansâpres la mort de cet Empereur (10). III. Clement d’A-lexandrie ne dit pas que Valentin vécut encore fous FEm-pereur Marc Aurele: il fe contente de dire que Basilides& Valentin aiant commencé de répandre leurs erreurs fousHadrien, ont vécu jusques au régné du prémier des An-tonins. I V. Bien loin de dire que Marcion dans fa jeu-nesse vit Valentin dans fa vieillesse, il assure que Marcionconversoit avec ces autres Hérétiques, comme un vieillardavec de fort jeunes gens (11). u
(-B) Il ne put jamais être repu à Rome à la Communion. . '.Ce refus l obligea a s'ériger ... en Chef de Parti] Je trom-petois mes Lecteurs, si je laissois ces paroles fans Com-mentaire; 8c j’aurois beau dire que saint Epiphane,les aianttrompez tout le, prémier, je ne m’en devois pas faire ungrand scrupule : on ne se paieroit pas d’une si mauvaiseApologie. Faisons donc voir en quoi consiste le défaut dela narration de St. Epiphane. II n’y a personne qui, aprèsavoir lu ce Pere, ne se persuade que jamais l’Eglise de Ro-me n’admit Marcion à fa Communion, 8c que les Con-ducteurs de cette Eglise lui aiant dit, nous ne pouvons vousadmettre fans la permission de votre pere qui vous a excom-munié , il les menaça d’un Schisme, 8c leur tint parole.T- l J -j ijôe?^<tctTÍ fí£ -JzoúfixDtu, toïj òè S.oyó'JToyj . Srt où Svvú-ftúet ’úvey rifç smrpon^g roû tiiAou oraTpóç crov tovto oroiïjtrcei. Miteyap Içh, H 5Tiçiç , nui 1iíu óitívoiu - xœï ou SvváiJctôu lv«VT<sii8îjra< ríéxaaa avMeiTOvpyiji , oturpì Sì e~p. Z>»AiÍKr«; Aomàv , xuì eìç (têyccvupôeìf SupLÒv xuì únepyipmíxv , rò csxíapcu èpyáÇeTas è rotovroç, êuu-vôi tjjv u'ipemv sspGyoeújj.£'Joç , xuì einúv. 0 'V< iyìi <r%ícrm rìjo Ex-uSitjoim vpiûv, xuì fiasco trxítfiu ev ubry sìç ròv ulmu. IÏçtù-tyû S fià» 0-%/iritu ’éfiusev ob (uv.pà's , ob rìjo Exxsyaíav o-pçfaaç, àsh‘suvtòv xuì rovç ubrip oretcrSévTuç. Cur me , inquit , recipere nc-luìstìs ? Responderunt illi. Nobis injuffu venerandi Patris tuifacere istud non licet. Ilna fiquidem fides est , ey animorumuna confensto : neque contra speBatijftmum Collegam patrem*uum moliri quippiam poffumus. At ille vehementins excan -defiens , ac superbia invidiaque percitus Schifma conflavit , ací r tvatam Hsrefin architeílatus est: (st Ecclejiam , ait, vestrame go dìstbciabo , m eam Schifma fempittrnum immittam. Spuoâ1 le révéra nec médiocre qutdem injecit : non ita t amen ut Ec-c *ftam , f e d ut fe potius ac fuos difcinderet (r z). Si Saint Epì-phane avoit consulté Tertullien, il auroit su que Marcionut ctraflé diverses fois de la Communion des Orthodo-fq h ma rque évidente qu’ils s’étoient paiez plus d’unese ls des Protestations qu’il leur avoit faites de renoncer à
s erreurs, 8c qu’ils l’a voient réuni à leur Eglise. Peut-êtreT 0 m. m.
raporter
même que si la mort ne Peut prévenu, il eût taché de sa-tisfaire à la condition que l’on exigea de lui la dernierefois qu’il fit paroître fa repentance: ou Vournt qu’il désa-busât ceux qu’il avoit débauchez de la vraie foi. PoftmodumMarcion pœnitentiam confeffus, cum conditioni data fibi occur-rit , ita pacem recepturus ; fi csteros quoque quos proditiom eru-dijfet Ecolefia reftìtueret morte pr&venlus est (14). II y a desgens (15) qui disent qu’après avoir été chassé dc l’Eglifeavec son argent, il s’aggrégea à la Secte des Cerdonites;ce qu’ils prouvent par les Passages où Tertullien 8c Philas-trius assurent qu’il fut Disciple de Cerdon. Je croi qu’ilsconfondent les tèms ; car l’expulíîon dont. ils parlent fut laderniere , 8c se fit sous Eleuthere(i6):or il n’y a nulle apa-rence que Cerdon fût encore en vie.
(C) H s’apliqua à l’étude de la Philosophie. ] J’ai suivila pensée d’un savant Commentateur (17). §uo fel'mush&refin propagaret , Philosophie se manúpavit , Stoica prafer-tim : Tertull. de praescr. hser. c. 30. Unde idem Tertullia-nus, c. 7. ejusd. libri Philofophiam (st Dialeêììcam exagitat,vel ut matrem h&refeon , (st Pruâentius iu Hamartigenia,DiaLedlicœ ofientationem ei exprobrat : p. 19Z.
Hícc tua Marcion gravis & dialectica vox est.
Nòrunt tnim omnes k Zcnone (18) Stoïco dialeflicam este in-ventam. Mais je ne blâme pas ceux qui croient qu’il étoitdéjà bon Stoïcien, lors que la Communion de l’Eglise luisut interdite pour la premiers fois.
(D) Ses SeSlateurs formèrent des Eglises à l’envi des Or-thodoxes par tout ou ils purent. ] Citons encore le mêmeCommentateur (19): Post ejus obitum Marcionits, Ecclesias,ïn umulationem Ecclefia Catholica , ubique locorum erexere :unie Tertull. 1 . 4. c. Marc. c. 5. Faciunt favos 8c vefpae,sacrant Ecclesias 8c_Marcionitse. St. Epiphane témoigneque l’Hérésie des Marcionites subsistoit encore, non seule-ment à Rome, 8c dans le reste de l’Italie, mais aussi dansl’Egypte, dans la Palestine, dans l’Arabie, dans la Syrie,dans Plie de Cypre, dans la Thebaïde, dans la Perse, 8cen d’autres lieux (20). N’est-il pas étrange que LambertDaneau, qui s’est servi de ce Passage de Saint Epiphane,pour prouver que cette Secte avoit fait de grans progrès,ne s’en serve point pour prouver qu'este étoit encore fortrépandue du tems de ce Pere? II ne cite Saint Epiphane,quant au tems présent, qu’afin de prouver qu’il y avoitencore à Rome quelques Marcionites (21). Si l’on fai-íoit des Recueils des Citations mal choisies, les Auteursles plus célèbres s’y trouveroient assez souvent. Cette par-tie de la Critique ne seroit pas la moins utile de toutes.Elle serviroit à faire conoitre comment on peut discer-ner les vrais Savans, d’avec ceux qui n’en ont' que l’a-parence.
(E) Cette SeSie fe glorifioit de ses .... , Martyrs. Cefait a donné lieu a, me Dispute.’] Produisons les Pieces dece Procès l’une après l’autre, selon Je rang qui leur est dû.
I. La prémiere sera fournie par Mr. Maimbourg: voicises paroles (22) : „ Ils (23) ne peuvent ignorer que le plus„ célébré de leurs Docteurs, qui a écrit qu’on doit punir„ les Hérétiques, fit brûler à Geneve Michel Servet Sabel-„ lien obstiné jusques à la mort, 8c que conformément a„ la doctrine des Saints Peres, qui disent que ce n est pas,, la peine, mais la cause, qui fait le Martyr, il ne luy„ donne cette illustre qualité, non plus qu’aux Marcioni-„ tes, 8c à tant d’autres anciens Hérétiques qui couraient„ au supplice avec une incroyable ardeur de mourir pour„ leur Secte.
II. Volons ce qui lui fut répondu (24) : f-e ne sai stl'on a jamais vu un exemple d'une aujst prodigieuse ignorancedans un homme qui fe meste d’efcrire, ou dune aujst grandehardieste dans un Autlieur qui fí a!t j ue í on .. filtre doit estreexaminé à la rigueur. Ees Marcionites , dit-il, couroient ausupplice afin de mourir pour leur sodé,. Il faut sfavoir pre-mierement qite les Marcionites ont eu leut rogne dans le se-cond (st dans le troijiefme fiecle, dans lesquels les Chrefhensestaient fous la croix : comment auroient-ils envoyé les Mar-oonites (t? les autres Hérétiques au supplice, eux qui navoicntpoint de juges , point de tribunaux , (st qu on envoyoit tous lesjours à la mort ? Jl faut remarquer de plus que dans le fiecledes Marcionites la morale de l’Eglife estait si fivere , que laplus part fies Chrestiens ne croyaient pas qu il fufi fort seurR r ì poup
(а) 'tirsci’EpiphanCjádverf.Hxïcles,
ra . 302 -
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cjud dedpien''dos jlbi Ani-mas pvœpA-raret .
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Tara./ 11 ,Epift. adCtesiphont*
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(c) Epiph.adv. Hxref,p-tz.
(14) Tér-tnllian. dePixscúpt.Cap.XXX 1.
sis) Joli.B-odolphusWeistenius,Notis inOrig. con-tia Marcio-*
nitas, j>. 4.
(ií) Votez.TertuKien,ci-dt/pu Ci-tation (4).
(17) W.et-stenius,Notis inOrig. con-tra Marcio»nitas, p. 4.
(xs) C’estZenon d’E-lee, nui [’ojjc
pour CInvcn-'îeur de laLogique.
Voieza
GaíFeiKÏi dsi
LogicíE
Origine,
Cap, 1 $
Tom. I Op tri37, Z8.
( 19 ) IdemWêtstenius 5 :Notis inOrig. con-tra Marcio-nitas, p. 5.
(20) Epiph.adv. HxreCMS- 302,
(21) De?liq#6Epiphaniusscribit saofecuío adhucqmsdapsMaraouitas
'Rama natot
JLambeitus
Dansus , itiCommen-tarìo a dLibrum D.Augustin, deHaxresibus,
folio 59 .
PIECESd’un Procèsde Contro-verse ras-semblées.
fia) Maïm-boutg, Hist.du Calvi-nisme , Lìvr 4A (*£■ 33 ,
(j- 3 ) C’ejl-A-dirc lesProteJianS’m
(24) Jurieu,Apologiepour les Ré» .formateurs,Chap. XII)
171 daI Tome ,Edition in