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Tome troisieme. K - P.
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zi 6 MARCIONITES.

raporter le détail. Au reste, si l’on en veut juger charitablement, Marcion mourut dans de

bonnes

<*) Scor-

sac. cap. I.

(îí) Ter-rant! , Re'-por.fe àl’Apologiepour la Ré-formation,pag. riz &suiv.

(t) Uvr. Vcap. is.

182. c. £>.p. 183. u.edit. Gr. La:,saris, 165S.

pour la conscience d’exercer des charges de magistrature. Ilsri auraient pas voulu condamner à la mort des scélérats , orils auraient envoyé au supplice des Hérétiques ? Mais fur toutU faut observer que les Marcionites ejloient une branche desGnostiques , or que l'erreur generale de ces Gnostiques efloit,que Dieu n’estoit point altéré du sang des Chreltiens, Scque Jesus-Christ n’attendoit point le salut de nostre mort.C’ejl pourquoy ils tournoient en ridicule les martyrs , or semoquoient de la prétendue sottise qu’ìls avoient de s'aller ex-poser pour leur Religion. Et mesme Tertullien nous dit queles Gnostiques, les Valentiniens , & ^ es autres Hérétiques dansle temps de la persécution , se meloient des plus avant entreles persécuteurs , afin de riefire point persécutés. (*) Quumigitur fides refluât, 8c Ecclefia exuritur de figura rubi,tune Gnostici erumpunt, tune Valentiniani proserpunt,tune omnes martyriorum refragatores ebulliunt calentes,& ipfi offendere, figere, occidere. Et fur ces paroles, om-nes martyriorum refragatores, Rigault fait cette Observation :II déíìgne les Gnostiques 6e les autres Hérétiques, qui tra-vailloient à empescher que personne ne souífrist le marty-re, & qui le combatoient. Voyla les Hérétiques qui, selon lesavant Pere Maimbourg ■, couraient au supplice avec une ar-deur incroyable de mourir pour leur jetée. Mais afin que cedeclamateur ne nous eschape pas, nous le prions , s'il veutquitter le fiecle des Marcionites , de nous indiquer quels Hé-rétiques font morts en foule pour souftenìr l’Herefie, or quandcela efi arrivé. Car pour nous , qui ne savons rien de l’His-toire que ce que les Livres nous enseignent , nous ne trouvonspoint ces fiecles, nous ne rencontrons pas cette foule d’Héréti-ques qui meurent pour l'erreur. Nous savons seulement quedans le IV fiecle quelques Evesques orthodoxes ont poursuivijusqu À la mort certains Hérétiques Espagnols. . . . C'eft ungrand malheur pour un homme quand il veut sortir de sasphere. Le Sieur Maimbourg s'efi occupe a copier depuis quelquesannées des Histoires modernes ; mais s'il estait sage il ne diroitjamais rien de V Histoire ancienne. Car il rien sauroit riendire qui ne fajfe voir son ignorance. Et il faut avouer quede semblables endroits nous font un grand plaisir ; car ilsnous aprennent que ce grand Autheur qui s’eft meflé d’escriredes Histoires antiennes , entre autres celles de i’Arrìanisme,riest qu un pauvre Copiste qui ne sait rien dans l’Anti-quité.

III. Nous allons voir ce qu’on répliqua pour Mr. Maim-bourg (2y). „ Quelque passion qu’on puisse avoir de dé-,, couvrir des fautes dans un Auteur qu’on critique, il me„ semble qu’on ne doit jamais luy faire un procès fur„ une chose qui est susceptible d’un bon sens aussi bien que„ d’un mauvais. Celle que Monsieur Maimbourg a avan-„ cée fur le sujet des Marcionites est de cette nature. Elle„ peut avoir un mauvais sens en disant, avec l’Apologiste,,, que les Marcionites n’avoient garde de courir en foule,, au Martyre: puis que les premiers Chrétiens n a voient„ ni pouvoir ni envie de les faire mourir pour leur secte,,, tant parce qu’ils étoient fous la Croix 8c fans Tribunaux„ de Justice, qu’à cause qu’ils avoient de l’aversion pour„ les Magistratures. Mais, d’un autre côté, les Marcionites,, pouvoient courir au suplice afin de mourir pour leur,, Secte si , pour montrer qu’elle étoit bonne , ils souf-„ frôlent le martyre pour la cause de Jesus-Christ, aussi„ bien que ceux des autres Chrétiens qui n’étoient pas de„ leur sentiment. Ce sens n’est pas moins naturel que„ l’autre, & il l’est même davantage; & je ne doute pas,, que Mr. Maimbourg ne l’ait eu en veue quand il a parlé,, des Marcionites. Ce qui me le persuade, c’est qu’il s’est„ contenté de dire que les Marcionites couraient au supli-,, ce; 8c qu’il n’a pas dit que c’étoient les Chrétiens qui„ les y envoyoient. C’est l'Apologiste qui ajoûte cette,, circonstance de son chef; mais on peut luy dire que son„ commentaire n’est pas conforme à la pensée de l’Auteur„ qu’il interprète. Si cela est comme je le crois, Monfr.„ Maimbourg n’aura pas fait voir une prodigieuse ignoran-., ce, supposé qu’on puisse prouver qu’il y a eu de preten-„ dus Martyrs parmi les Marcionites. ^'Apologiste soû-,, tient que, bien loin que ces Hérétiques s’exposassent au,, martyre, ils étoient du nombre de ceux qui le comba-,, toient, 8c qui se moquoient de ceux qui le souffroient.,, Si je ne faisois profession de bannir de cette dispute les„ termes offensans, je pourrois dire à l’Apologiste qu’il„ est tombé dans l’ignorance qu’il reproche à son Adver-„ faire. Mais je rétracté le mot d’ignorance: Sc je veux„ non seulement en employer un plus doux; mais je vou-,, drois même pouvoir trouver une autre expression que„ celle dont je luis obligé de me servir, en luy disant qu’il,, s’est trompé. En voici la preuve, (j) Eusebe dit qu’un„ de ceux, que Dieu suscita pour écrire contre les Phrygis-„ tes, avoir combatu, dans son troisième livre, ceux qui,, se vantoient d’avoir eu plusieurs Martyrs parmi eux.>, Aprés qu ils ont été convaincus (disoit cet Anonyme ) dans-> tous les poihéls dont j'ay parlé , & qu ils ri ont plus rien„ a répondre, ils tâchent de se retrancher sur les Martyrs:,, assurant qu’ils en ont plusieurs ; ct* que cela prouve évidem-„ ment lq puistance de l’esprit Prophétique qu ils disent avoir,, dans leur parti. Mais ils se trompent à mon avis; car les]} Sdstateurs des autres Herefies Je vantent aujfî d’avoir plu-

» fieurs Martyrs: & cependant nous ri entrons pas dans leur„ sentiment ; or nous riavouerons jamais que la vérité est de,, leur côté. Les Marcionites disent qu ils ont plufieurs Mar-,, tyrs de Jesus-Christ ; mais cela riempesche pas quils ne,, soient d'une Religion contraire à celle de Jesus-Christ. Je„ pourrois remarquer encore contre l’Apologiste, que les,, Marcionites ne regnerent pas tellement dans le second„ 8c dans le troisième fiecle, qu’il n’y en eût encore dans„ le quatrième: puis que saint (j) Epiphane nous parle„ d’une dispute qu’il eut avec un Marcionite ( 26 ). Mais„ je passe cette minucie, pour venir à quelque chose de„ plus considérable. ... (27) Si l’on peut (comme on„ le peut certainement) appeller mourir pour l'Herefie , lors„ qu’on s’expose au Martyre en veue de la relever, nous„ ne serons pas en peine d’indiquer d’autres Martyrs que„ ceux des Marcionites : en alléguant les Phrygistes, dont„ l’Anonyme d’Eusebe a fait mention. Plusieurs de ces„ Hérétiques s’expofoient au Martyre; 6c ils le souffroient„ dans l’esprit que j’ay marqué, comme il paroît par l’A-„ nonyme qui combat leur Heresie. Saint (j) Augustin„ raconte que, dans le temps qu’on adoroit encore publi-„ quement les idoles, on voyoitauxsolemnitez des Payens,„ de grandes troupes de Donatiftes se jetter teste baissée„ au travers de ces Idolâtres pour se faire tuer par leurs„ adorateurs. Voilà des Hérétiques qui courent en foule„ à la mort.

IV. II est juste d’entendre ce que Mr. Maimbourg répli-qua lui-même (28). ,, Monsieur serran d.s’est

-, contenté de lui faire conoître, le plus honnêtement du„ monde, qu’il s’est trompé dans tous ces chefs. Car pre-„ mierement il lui montre, que je n’ay jamais dit, ni pre-„ tendu, que les Marcionites ayent été envoyez au supplice„ par les Chrétiens, mais bien par les persécuteurs Payens.,, Secondement, que les Marcionites n’ont pas été scule-„ ment dans le second 6c le troisième siécle souslesEmpe-„ reurs Payens, mats aussi dans le quatrième; comme il„ le prouve par Saint Epiphane (ft) : 8c moi je dis,,, comme on a déjà veu en cette Histoire, qu’il y en avoir„ encore dans le sixième sous les Empereurs Chrétiens,,, lors que, selon les Loix (Jj.) 8c Constitutions Imperia-„ les, on punissoit de mort les Hérétiques. En troisième„ lieu, il lui fait voir que les Marcionites, 8c plusieurs au-„ tres Hérétiques couraient au supplice pour soûtènir, 8c„ pour honorer leur Secte par un prétendu Martyre ainsi„ que je l’ay dit. C'est ce qu’il lui apprend par des te-„ moignages très-convaincans, 8c fur tout par celui d’Eu-„ sebe, afin qu’il sçacsie que ce qu il nous dit hardiment„ qui ne paroît point dans l’Hiltoire, y est évident.

Car voicy comme parle Eusebe en son Histoire , en,, rapportant ce que dit un ancien Auteur que Dieu sus-» cita pour écrire contre les Phrygites ou Cataphry-u ges, Hérétiques qui se vantoient d’avoir eu parmy„ eux plusieurs Martyrs. (JJ) Aprés quils ont été con-,, vaincus dans tous les points'dont j ay parlé, ce sont les„ paroles de cet Auteur Anonyme comme elles sont rap-,, portées par Eusebe en Grec, 8c par Monsieur Ferrand,, en François, or quils ri ont plus rien à répondre, ils tâ-,, chent de se retrancher sur les Martyrs Ote. . . . (29) Que„ dira maintenant ^Apologiste ? Voicy des Cataphryges,„ 8c plusieurs autres anciens Hérétiques, qui se sont ex-„ posez au supplice en souffrant un prétendu Martyre,,, 8c voici même des Marcionites qui le souffrent, 8c le„ souffrent par des Payens, 8c nullement par l’ordre des„ Chrétiens, puis qu’ainsi qu’il le dit lui-même, ils n’a-„ voient point encore de Tribunaux en ce temps-là. Voilà„ donc un témoignage très-authentique de l’Histoire qui„ me justifie pleinement, 8c le désolé, 8c le détruit entie-„ rement en tout ce qu’il dit contre moi fur ce sujet (**).„ Et fi la confusion qu’il en doit avoir lui pouvoit per-„ mettre de faire encore un pas plus avant, il trouverait,, dans ce qu’on lui raporte de Saint Augustin (j) , de„ grandes troupes de Donatiftes, qui couraient en foule» à la mort, 8c qui pretendoient être Martyrs, quand ils» se jettoient tête baissée au travers des Payens , pour» soûtènir leur Secte en recevant la mort de la main de„ ces Idolâtres. Mais est-il possible que cet Apologiste,„ qui se croit si habile homme, ignore ce qu’il n’y a pres-„ que personne qui ne sçache, içavoir que c’est à cette„ occasion des prétendus Martyrs des Donatiftes, que-S.„ Augustin a dit en plus d’un endroit de ses Ouvrages,„ cette Sentence si belle 8c fi commune, (j.) §ue ce riest,, point' le supplice or la peine qui sait le Martyr , mais la„ cause pour laquelle il souffre. C’est ce qu’il avoit appris„ de Saint Cyprien qui a dit long-temps avant luy, au„ sujet des Schismatiques, 8c des Hérétiques qui se van-„ toient de leurs Martyrs, (j:) Celuy qui riest point dans,, ïunité ne peut être Martyr; il peut bien être mis k mort,,, mais non pas être couronné. Et nôtre Saint Grégoire ne„ produit-il pas à ce propos ce beau sentiment de Saint,, Cyprien, en se servant néanmoins des paroles de Saint

Augustin, pour réprimer la présomption 8c l’orgueil de„ ces Evêques Schismatiques, qui se glorifioient de ce,, qu’ils souffroient' persécution comme les Martyj s -,, (*) Vous devex, savoir, leur dit-il, que selon Saint c y-

(0 Bars

48. rmm, *•?. 4 ° 5 >

(26)

qrez. à Mt-Ferrand «qui a été d'jérvé toHchetiLambertDaneau,ci-dtjsus Ci-tation (2l)«

(27) Fer- 'r and. Ré-ponse à

l’Apologiepour la R £ 'formation,pag.ì 17. ■

Q) Epist. í°-

Mit C 7 ìUâ .

(28) Mai m-bourg, Híft*du Pontifi-cat de Sain*Grégoire,Livr . iVy

M* 4 2 7Edition dffHollande •

(tt) Hans

48. n . 2.

(H) Coi. ,lìb. 1, leg. i*XI» 12»

(tt) Eafirilil>, s. c* 16*

(29) Maim-bourg, Hfit»du Pontifide Sc. Greg<42b,

(**)

218 .

(t) Mag- ■Rp. 50. L‘ 1*cont. Ep.Farm, &alibi. Opfir.L 3 .

(t) Christ*Martyre®non faqj,poena, ^,causa. L.contr. Crst cor ‘*c - 4-

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