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Tome troisieme. K - P.
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MARCIONITES.

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bonnes dispositions (J), il ne fut pas auffi opiniâtre dans son Hérésie que le furent ses Disciples (e).

Nous

(d) Votez, U Remarque (B) Citation (14). (t) Voiez, les paroles qtteje cite de Baronius, ci-dejpms Citation (z6). 1

,, f rien ce n est sas la seine, mats la cause, qui fait le Mar-io tyr. Cela étant, c'est une chose trop injuste, cy trop deraì-„ sonnable que vous osiez, encore vous glorifier de cette perfe-

I, cution que vous souffrez. N’y avoit-il donc pas du„ temps de ces Saints Peres des Schismatiques 8t des He-„ retiques qui pretendoient avoir des Martyrs dans leur„ parti, puis qu’on leur montre qu’ils se trompent, 8c que„ ce n’est ni la persécution , ni le supplice, ni la mort„ même que l’on souffre, qui fait le Martyr, mais la bon-„ ne cause, 8c la vérité pour laquelle on souffre? Quelle„ creance après tout ce que je viens de dire peut-on don-,, ner à des gens qui écriventsi hardiment, & même avec„ insulte, des choses dont on decouvre íì manifestement„ la fausseté?

V. II me reste encore une Piece à faire voir : c’est laRépliqué du Censeur de Mr. Maimbourg ; la Répliqué,dis-je, qu’il fit à Monsr. Ferrand. II m accuse d'ignorance,parce que j'ay ignoré un passage d'Eusebe dans lequel il est ditque les Marciorútes disent qu’ils ont plusieurs Martyrs de

J. C h R1 s x. Je ne me fer ois point une honte d'apprendre deMr. Ferrand en matière de citations. Mais je puis bien l’affu-rer que j'avois lû cy remarqué ce passage d'Eusebe avant qu'ilnìen eût averti. Et que cela ne ma pas fait comprendre qu ily eût la moindre chose du monde â retraiter fur ce que j’avoisdit contre le S. Maimbourg. I. ll ne s’agit pas de ce que lesMarcionites disoient, il s’agit de ce qui est. Je ne doute pasqu’aprìs que le péril étoit passé , & qujt la paix étoit rendue àiEglise, les Marcionites ne se vantaffent comme les autres d’a-voir eû des Martyrs. C’est un honneur qu ils sefaisoient sansqu il leur en coutast rien. Mais il étoit faux qu ils eussent au-cuns Martyrs. Terfullien, o 1 tous Us autres Anciens, fontplus croyables là-deffus que les Marcionites eux mesmes. Ils femefloient des plus avant dans la foule des persécuteurs, bien loinde souffrir eux mesmes persécution. II. De plus je voudraisbien stavoir, st un petit mot dit faiblement c? en passant com- •me celuy-cy : Les Marcionites disent qu’ils ont plusieursMartyrs de J. C h r i s t , suffit pour assurer d'un ton ferme,*jue les Marcionites couroyent au supplice avec une ardeurincroyable de mourir pour leur Secte ? Vous diriez à enten-dre cela, que Mr. Maimbourg auroit vû quelque MartyrologeMarcionite, oh il auroit lû l’Histoire cy toutes les circonstancesde la mort de ces Martyrs, cy oh entr autres il auroit remar-qué leur constance, & leur zèle incroyable. Assurément, jele redis encore une fois, s’il avoit lû Tertullien, il n auroit pasavancé une fausseté telle que celle-cy avec tant d'assurance.Ainsi, n en déplaise à Mr. Ferrand, nous dirons que le S.■Maimbourg rìefi ni solidement ni universellement savant.

ans le reste Mr. Ferrand fait une longue Digrejston, pour ct-er une infinité de passages des Anciens fur les supplices des hé-rétiques : les uns voulant qu’on les abandonne à leur conscience,les autres voulant bien qu’on les réprimé, mais non par les der-niers supplices ; cy quelques autres enfin, trouvant bon qu on lesconduise jusqu à la mort. Il acheve son chapitre en nous citantde longs Extraits d’Optât, & de St. Augustin, qui prouvent la.maxime, causa non pœna facit Martyrem. ll semble queMr. Ferrand soit de ferment de ne rien dire d’dpropos : ,A quoyon tout cela, ? qui est-ce qui nie que ce n est pas la mort, maisla cause de la mort qui fait le Martyres qui est-ce qui nie qu’Un y ait tu des Hérétiques qui soient morts pour leur Heresie? Ils agiffott de ff avoir s il est pojfîble que des Hérétiques meurentpour l'Hereste-, 1, en grand nombre-, 2, des personnes de touty°ì Juiîéu, sexe cy c (30).

uí? de y pE- Mes Lecteurs ont là le Procès auffi instruit qu’il le peutsUse, fqg. être; car les parties ont produit tout ce qu’elles pouvoient*'•'*> «45. dire: ils n’ont donc qu’à prononcer fur le tort 8c fur ledroit, Sc ils trouveront bon fans doute que je donne icimon petit avis.

En I lieu, il me semble que Mr. Maimbourg n’a pasassez bien pesé ses termes : ses expressions font outrées ; iln’est pas certain, ni que les Marcionites aient eu beaucoupde Martyrs, ni que ces Martyrs aient enduré la mort en-tant que Marcionites. II y eût eu donc plus de prudenceà raporter tout simplement, que cette Secte fe vantoitd’avoir produit des Martyrs. II. Mais si les expressionsde Mr. Maimbourg ont été hyperboliques, celles de sonCenseur l’ont été beaucoup davantage; car, sous prétextessue l’on emploie des termes trop forts, on ne doit pas êtreaccusé, ni dune prodigieuse ignorance ,ni d’une grande hardiesse.Hl. Le Censeur s’est tellement emporté, que si l’on nevoioit pas un grand air de modération dans tout l’Ouvragede Mr. Ferrand, l’honnêteté excessive dont il s’est servie ft cet endroit pourroit passer pour une ruse maligne des-tinée à faire paroitre' plus hideuse la laideur de la Critiqueil réfutoit. Quand on lit cette page de son Livre, oncr °it voir de belles perles au cou d’une Ethiopienne, quiC„\ _ televent leur éclat par la noirceur qui les environne, pen-

le S* st"'elles dcuinent de nouveaux dégrez d’obscurité à

noirceur (3 1 )- IV. Selon toutes les aparences, le

c onf eí ** ^,, 5 - ur ne ê a voit rien de ce Passage d’Eusebe, lors qu’il'‘Ws' 1 * ia ‘ lason Apologie des Réformateurs, 8c il ignoroit que■ vi J;'j des Marcionites eût subsisté au IV Siecle. D oitHcc fcai«. r donc, demandera-t-on, qu’il assure qu’il avoit lu cyarque ce Passage avant que Mr. Ferrand ím eût avertit

Ne renverse-t-il pas lui-même toute fa Réfutation , enavouant qu’il n’ignoroit pas cet endroit d’Eusebe ? Puisdonc que cet aveu lui étoit préjudiciable, il faut conclurequ’il est fincere. Je réponds que de deux maux on choisittoujours le moindre : or en comparant le mal qui lui pou-voit arriver de son aveu, avec le mal qui lui pouvoit ar-river d’une conduite toute oposée, il a trouvé moins dedommage dans le prémier parti que dans le second. IIs’est donc vanté d’avoir conu ce qu’Eusebe nous aprendfur le Martyre des Marcionites. S’il eût avoué qu’il n’ensavoir rien, tous les Lecteurs auroient fait un jugementdésavantageux de ses lumières: les plus stupides auroienteu assez d’esprit, pour conclure fans aucune peine qu’ilétoit un vrai novice dans l’Histoire Ecclésiastique , Lc qu’ilavoit très-mauvaise grâce de reprocher ce délaut à sonAdversaire avec une telle hauteur. Le mal étoit grand,le danger inévitable, le préjudice très-mal ailé à réparer.Mais qu’avoit-il à craindre en fe vantant de savoir bienson Eusebe? Je m’en vais vous le dire ici en deux mots,& je le dirai ci-dessous plus en détail. II pouvoit crain-dre que les Lecteurs qui raisonnent, 8c qui prenent la pei-ne de comparer exactement les Objections avec les Répon-ses , & de voir si une preuve qui seroit bonne en elle-mê-me, perd sa force dès qu’on supose ceci ou cela, ne s’a-perçussent de la foiblesse de fa Critique. Ce mal n’est passi grand : de mille Lecteurs à peine s’en trouve-t-il deuxqui entrent dans ces discussions, ou qui soient capables d’yréussir; c’est pourquoi on hazarde infiniment plus, quandon s’expose à être pris pour un ignorant par tous ceux quisavent lire, que quand on s’expose à être pris pour unmauvais Dialecticien par un petit nombre de Lecteurs.A-t-on besoin d’un plus grand motif pour fe conduirecomme l’on a fait? Cela vaut bien la peine de fe vanter' qu’on n’ignoroit pas les prétentions des Marcionites rapor-tées par Eusebe; de s’en vanter, dis-je, dans des circons-tances où l’on s’exposoit aux fâcheux inconyéniens que jem’en vais exposer. V. Les preuves qui ont été emploiéescontre Maimbourg, fe réduisent à ceci. Les Marcionitesn’ont subsisté qu’au second & au troisième siecle : donc ilsn’ont point eu de Martyrs ; car en ce tems-là l'EgliseChrétienne n’avoit point de Tribunaux: & d’ailleurs ilsenseignoient avec les Gnostiques, qu’il faloit être bien sotpour s’exposer au Martyre. Ce raisonnement supose queles Sectateurs de Marcion n’ont été persécutez, ni par lesChrétiens, ni par les Paiens. Oseroit-on dire cela, sil’on favoit,i,qu’un Auteur, cité par Eusebe (zz), avouequ’ils fe vantoient de la multitude de leurs Martyrs?2, qu’Eusebe ne nie point le fait, 8c qu’il se contente de*ier que ce grand nombre de Martyrs Marcionites fût unepreuve de la bonté de leur Secte? VI. Ce Passage d’Eu-sebe ruine entièrement la prétention du Critique, savoirque les Sectateurs de Marcion enseignoient avec les Gnos-tiques, qu’il n’y avoit que des sots qui se laissassent ôterla vie pour leur Religion, 8c qu’ils se mêlaient dés plusavant entr» les persécuteurs , afin de n être point persécutez.Comment auroient-ils enseigné cela , puis. qu’ils préten-doient prouver par leurs Martyrs qu’ils étoient la vraieEglise? VII. C’est mal-à-propos que l’on cite Tertullien,puis qu’il ne parle pas nommément de cette Secte; & i]est ridicule de prétendre que ceux qui joindront la Notede Mr. Rigaut, avec les paroles de Tertullien, n’oserontfaire mention des Martyrs Marcionites. V 11 I. II estbien vrai que Marcion convenoit avec les Gnostiques encertaines choses; mais cela n’empêchoit point que là Sectene fût différente de la leur : 8c ainsi, fans un témoignageexprès, 8c fans des preuves particulières, on n’a nul droitde lui imputer les fentimens des Gnostiques touchant leMartyre. Autrement, il seroit permis de dire les Armi-niens font une branche des Protestans, donc ils croient la Pré-sence réelle comme ceux de la Confession d’Ausbourg , cy laPrédestination absolue comme ceux de la Confefston de Geneve.IX. II est étonnant qu’un homme, qui ose insulter Mr.Maimbourg sur. l’ignorance de l’Antiquité, n’ait point ssique la Secte des Marcionites florissoit beaucoup vers la findu quatrième Siecle , comme nous l’aprend St. Epipha-ne (33). Elle florissoit encore au teins de Theodoret,qui nous aprend qu’il convertit, & qu’il batisa, plus dedix mille Marcionites (34). Au reste, Lambert Daneaun’a pas ignoré que ces Sectaires se glorifioient de leursMartyrs ; mais avec St. Cyprien il prptend que ceux d’en-tr’eux , qui avoient souffert la mort pour la Religion,n’étoient point Martyrs. Martyres etiam fe habere jafíant,ut feribit Eusebius Ubr. 5. cap. 16. inter quos recenser Metho-dorum Smyrna crematum libr. 4- ca f- *6. sed falfo , namcausa facit martyres, quemadmodum Cyprianus ait, non au-tem pœna (35). II parle d’un Prêtre Marcionite, qui futbrûlé à Smyrne au même tems que St. Polycarpe. EV

CeilTìst <>£ TEpi ttVTOV > UCCl dXZU fZOtpTVpiCt OVVyTTTO UUTCi TÍjV

atiTijy Sfíópmr uenpayizhu vstòryjp tebrsty trepíoSou tov yrpóvov tïjçroô noÁUKápXOV ptxprvpíceç- /2£Ô’_ Sv xcù M) iTpóbupot; Tíjt; uurtu M ap-uímu srzávvi; > apee-stvTepoç Sìj ëvai Sokûv , srvpì ttupuMéic àvyperai.Sed <y aha martyria fié idem tempus quo Polycarpui'pasjusest, aptid Smyrnam faâla, ïn eadem Epistola conjunùìim legun-tur. In quibus cy Metrodorus quidam qui Marcionis fecU pres-Rr 3 byttr

(32) K«)irpuroí y*.

0! Síito tîjítAupicímoiaípémaçMapiuavi-ÇCiì xuXoí~lievot > srAet-

çovç íìffOVÇ'í%eiv XfiçíSItúprvpaexéyovzio-iJXAì râfye XpiçòvaîlTÒV XCÍTÌtHMÔeice v

oòpC <5/20X0-yoítîi.

Primi certequi Marcienìsh Are Jim si-quuntur,oulgo Mer-cìomtœ cog-

nominatt ?

quamplìitînjQ,habere fedicunt marty-res Christi .

Et t amen

Chriftum

Ipsum révéra

minime

fitentur.

Euseb,

Libr. V,

Cap. XVI,p. m, iSz,D,

( 33 ) Volez, laTffm. {D),Citât. (20),

(34) Theo-dor. Epist.CXLVI,upud Baron.ai ann. 424 ,num. 19 .

( 35 ) Eara-

bertu* Di-nxus > Com-ment. inAuguft. deHirefibus ,ft lie S9-.