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aient été atterrez par la prémiere Réponse qui leur étoit faite; & l’on diroit qu’à la vue des pri-vilèges inviolables de la liberté humaine qui leur étoient d’abord alléguez, ris se trouvoient toutinterdits & muets comme des poissons. II étoit néanmoins facile de répliqua- a cela (G).Je ferai peu d’observations contre Moreri ( H).
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croions pas que nos valets soient affectionnez à notre fer-vice, pendant que nous les tenons à la chaîne, mais feu-lement lors qu’ils obéissent de bon gré. Ú'n xxì o-ù roìç
ùué-rcir-, eù% 'ot oa> Setr/z/ove ’é%yç, sl'vovç votokaiipúveiç «aa' Hrxvïstouff/fflç 'lòyç àTrozÀypouVTXç aoi r a xxùixovrx - xxì ®£S1 roívuv oùtò tfvx'yxxvtiévov (ptAov, «aa« rò l| xperíís xxTOpôovpevov > âperijêè ìx irpocupétrtoìt; xxì ovx ì\ xoâyxxe yíverxt. Sjuoniam e? tuJervos, non quando vinólos m cujiodiâ tenes , benevolos ejse tìbt.exìfiimas-, sed cum sponte omnia, qtu erga te oportet, viderisagere. Sic item Deo eum puta fore amicum, non qui coaélus ,sed qui sponte suâ virtuteque illi obtempérât. Virtus vero exvoluntate perficitur, non ex necejjìtate (50). Pour convaincreSt. Basile que fa pensée est très-fausse, il ne faut que lefaire souvenir de f état du Paradis. Dieu y est aimé,Dieu y est servi parfaitement bien; Sc cependant les bien-heureux n’y jouissent pas .du franc arbitre; ils n’ont plusle funeste privilège de pouvoir pécher. Faut-il donc lescomparer à ces esclaves qui n obéissent que par force ? Aquoi songeait St. Basile ? Et puis qu il répond aux dificul-tez par le parallèle qu'on a vu, c'est un signe que les Sec-tateurs de Marcion, ni ceux de Manès, ne répliquaientrien, quand ils fe voioient accablez de cet Argument, &qu’ils ne s'avisaient pas de faire songer à la condition desaines glorifiées. S’il y avait aujourd’hui des Marcionitesaussi forts à la dispute, que le sont, ou les Jésuites contreles Jansénistes, ou ceux-ci contre les Jésuites, ils com-menceraient par où leurs ancêtres finissaient. Ils attaque-raient d’abord le dernier retranchement . d’Origene, savoirle franc arbitre, & ils n’auraient pas fait trois Syllogismes,qu’ils obligeraient le Soutenant à confesser qu’il ne com-prend pas ce qu’il avance (51), & que ce font des abîmesde Yimperfirutable souveraineté du Créateur, où notre Rai-son est toute engloutie, ne nous restant plus que la Foiqui nous soutienne. C’est dans le vrai notre ressource : laRévélation est Punique magazin des Argumens qu’il fautopofer à ces gens-là ; ce n’est que par cette voie que nouspouvons réfuter 1 éternité prétendue d’unmauvaisPrincipe.Mais quand nous voulons déterminer de quelle maniérés’est conduit le Créateur, à l’égard du premier péché dela créature, nous nous trouvons bien embarrassez. Tou-tes les Hypothèses, que les Chrétiens ont établies, parentmal les coups qu’on leur porte (52.) ; elles triomphent tou-tes quand elles agissent offensivement; mais elles perdenttout leur avantage quand il faut qu’elles soutiennent l’ata-Ms. Nos idées là-dessus ne font claires, qu’autant qu’il
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lé faut pour éterniser la guerre; semblables à ces Princesqui n ont pas la force d’empêcher que l’on ne ravage leursfrontières > & qui font assez puissans pour faire des cour-ses crans le pais. ennemi. 11 ne paraît pas que Marcion& ses Sectateurs aient bien conu le fort Sc le foible desOrthodoxes.
Prudence , qui a fait un Poëme de l'Origine du Pé-ché, n'a guere bien répondu à l’Objectìon de ces Héré-tiques ( S3 ).
( G ) Il étoit néanmoins facile de répliquer à cela. ] Ona vu dans la Remarque précédente, que pour réfuter in-vuiciblement la Réponse de saint Basile. il ne saloit quele prier de faire attention à l'état des bien-heureux. J’a-joúte ici qu’il n’étoit pas nécessaire de lui demander unesi haute contemplation; car il fufifoit de lui faire considé-rer l’état des'juites en cette vie. C’est par un effet de lagrâce du saint Esprit que les enfans de Dieu, dans l’étatde voiageurs, je veux dire dans ce monde, aiment leurpere céleste,& produisent de bonnes œuvres. Saint Basile,ni les autres Peres Grecs, ne le pouvoient pas nier, quoiqu’ils Renseignassent pas auffi fortement que saint Augus-tin la nécessité de la Grâce efficace par elle-même. LaGrâce de Dieu réduit-elle les fideles à la condition d’unesclave qui n’obéït que par force? Empêche-t-elle qu’ils-ffaiment Dieu volontairement, & qu’ils ne lui obéissentd’une franche ôc sincere volonté ? Si l’on eût fait cettequestion à saint Basile, & aux autres Peres qui réfutaientles Marcionites, n’eussent-ils pas été obligez de répondrenégativement? Mais quelle est la conséquence naturelle &immédiate d’une pareille Réponse? N’est-ce pas de direque fans ofenser la liberté de la créature , Dieu peut latourner infailliblement du côté du bien? Le péché n’estdonc point venu de ce que le Créateur n’auroit pu le pré-v enir fans ruiner le franc arbitre de la créature. II fautdonc chercher une autre cause. On ne peut comprendre,
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ni que les Peres de l’Eglise Raient pas vu la foiblesse de cequ’ils répondoient, ni que leurs Adversaires ne les en aientpas avertis. Je sai bien que ces matières n’avoient pasencore passé par toutes les discussions que l’on a vues auXVI & au XVII Siecle; mais il est sûr que la primitiveEglise a conu distinctement saccord de la liberté humaineavec la Grâce du St. Esprit (54). Les Sectes Chrétiennesles plus rigides recousissent aujourd’hui, que les Décretsde Dieu n’ont point imposé au premier homme la nécessité 7 ,'s»»de pécher, & que la Grâce la plus efficace n’ôte point laliberté à l’homme pécheur. On avoue donc que les Dé-crets de conserver le genre humain constamment, & inva-riablement dans l’innocence, quelque absolus qu’ils eussentété, eussent permis à tous les hommes de remplir très-Ii-brement tous leurs devoirs. Les Thomistes soutiennentque la prédetermination physique perfectionne la liberté denotre ame, bien loin de l’ôtër, ou de la blesser; & néan-moins ils enseignent que cette prédetermination est d’unetelle nature, que quand elle est donnée pour faire produireun acte d’amour , il n’est pas possible in sensu composta,que l’ame produise un acte de haine. Je croi franchementqu’ils ne comprenent pas trop , que la liberté de la créa- •ture soit perfectionnée par cette qualité physique prédéter-minante, que la cause prémiere, disent-ils, produit dansl’ame de l’homme avant que cette ame aît agi; mais qu’ilsle comprenent, ou qu’ils ne le comprenent pas, il est toû-jours sûr qu’ils fournissent dequoi renverser de fond encomble la solution que saint Basile a donnée aux Objec-tions des Manichéens ; & pour ce qui est des Molinistes,il ne pourroient point se servir d’une telle solution ; car ilsne rejettent point les grâces de Dieu qui assurent infailli-blement à-un homme fa prédestination, ils ne nient pointque fi Dieu vouloir, il ne pût faire qu’un homme agissanttoujours librement n’évitât toûjours le péché dans les ten-tations les plus périlleuses. , -
{H) Je serai peu d'Observations contre Moreri.] I. SaRemarque que Stnope ville de Paphlagonie avoit été autre-fois de Pont est très-mauvaife, puis que Sinope a été toutà la fois & uríe ville de Paphlagonie » & une ville du Pont.
11 . 11 n’est pas vrai que Marcion n’ait jamais été reçu à lá (ss) KAcCommunion' de l’Eglise de Rome (55).’ ÏII. Ni qu ’aprèsavoir long tems suivi les erreurs de Cerdon , il en ait inventéde nouvelles en 134. Nous avons Vu ci-dessus qu’il vint àRome fous Antonin Pius, qui ne commença de régnerqu’en 138. Baronius, fe fondant fur quelques Passages dëTertullien , croit que Marcion commença à dogmatiserdans Rome l’an 146 (56); & néanmoins il y a d’autïes r n (f
Passages de ce Pere q-ui témoignent que Marcion n’arrivaà Rome que fous le Papb Anìcet (57): ce qui fupose qu’il 1S7, selonn’y seroit arrivé que vingt ans après la naissance de fa Secte. Baroniu*.Tertullien avoit raison quand il disoit (58) qu’il s’étoit peuinformé du tems où cet Hérétique commença de dogma- At-tifer. IV. Puisque Cerdon alla à Rome sous le Pape Hy- cioJ *gin (59), qui ne fut créé qu’en l’an 153 , comment seroit- 1, c*p. xixfl'poffible que Marcion eût inventé de nouvelles Hérésies ■f/’**l’an 134 après avoir suivi long-tems celles que Cerdon lui ‘ ‘ *avoit aprifes dans Rome? V. II est faux que Marcion Ire _
Je nommât J e s u s-C h n i s t envoyé four abolir la, loi com-me mauvaise. Moreri le calomnie en lui'imputant cela.
Si l’on dit que ces paroles de Moreri, il se nommbìt J e-s u s-C h r 1 s t Lee, fe raportent, non pas à Marcion, maisà l’un des Dieux de cet Hérétique, à celui qu’il reconoìs-foit pour ïAuteur de l'Evangile Ct le Rédempteur de. ÏUni- y o . f .vers, on ne disculpera pas Moreri; il fera coupable, & dé Daoaus l’s’être mal exprimé, & d’avoir mal raporté l’opìnion de ces N °tis ->dHérétique. Marcion admettant deux Dieux , l’un bon & de
l’autre mauvais, disoit que l’un avoit fait le monde, Sc f a i;„ ì6que l’autre étoit le Pere de Jesus-Christ (60). La confu- S. Irénée lib,lion avec laquelle Baronius parle de cela est peut-être ce 2 ; «• *■ &qui a trompé Moreri. Duos posuit Deos (Marcion) fibìcontraries', quorum alter bonus, malus vero effet alter; alter p cres _ 'legis veteris aubîor , alter autem nova . ... ab iliaque malortmndum ejfe creatum , à bono autem restitutum atque redemp-tum , huneque fuìffe Jesum solventem legem atque Prophetasà Deo pâtre mijjum (61). C’est ainfi qu’on lit ce Passagedans mon Edition de Baronius (6z).
{b).
f( 6 ) Baron»’aà am. 14S,num. 1,
Baron,
nsus, Libr.I y Cap ,
xxviir ,
Baron.
ibid.
num, r.
primeurs ont oublié quelques mots, ou s’il faut attribuer àBaronius la contradiction qui se trouve là, & qui consisteà dire que Jesus-Christ soit le bon Principe ,
Pere Fait envoié dans ce monde.
(«0 Baro--
nius, adann. 146.
‘Je nésaiíìleslm-
( 61 ) C'est
Sc que son »//-!?
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MARESTS (Jean des») Parisien, Sieur de Saint Sorlin, a été un des beaux Esprits g , nt - TddeU
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à X VII Siecle; mais il devint ensin visionnaire & fanatique.Richelieu, & l’on peut dire qu’entre autres Charges (a) il eul
d’efr\-i.;»- r n - 1-1/rí 1.,; - - & C - - —
II fut fort aimé du Cardinal de j
eut chez cette Eminence un emploi ,
_: .-'-.U- ___ fr de l’Acade
d efpà {Á). II nous a laissé lui-même une peinture de ses mœurs qui n est pas fort avantageuse ; Mie B
mes qui lui oposoient l’interet de leui salut il ne feignoit I? !
■Marine-deLevant. Hifh!
*e píllces
point
Cav il avoue que pour séduire les femmes qui lui oposoient !
. .(fC ri eut chez. le Cardinal de Richelieu un emploi d'es- fur lesquels je m’appuyay pour arriver jusqu’au haut du Palaisfcb'J H fa ut entendre ce qu’il dit de lui sous le nom d’Eu- de la fortune, je parvins jusqu'à l’appartement de celuy qui• e àns F un de ses Livres (i). Aveç l’aide de quelques-um domnoit dans ce heu élevé, íù je goût ay mille plaisirs ra-visant
Fran-
r». 342,