{£) VoíeZ,
en le Titre >& celai deflujîwrs an-tres de sesPieces , dansP Histoirede 1 * Acadé-mie Fran-çoise, pOg.7n. 343*
(c) IntituléClovis,
(z) Lk-me-we , pagi loj,
zro M A R E S T S.
point de les pousser vers l’Athéisme (B). II fut de l’Académie Françoise dès le commencementde fa fondation, & il en a été l’un des principaux ornemens. II composa plusieurs Pieces deThéâtre ( b ), qui furent fort aplaudies, & fur tout celle qui a pour Titre Les Fijiomires. IIentreprit un Poëme épique ( c ), qui lui coûta le travail de plusieurs années ; 6c il a cru qu’ilauroit été beaucoup plus long-tems à l’achever, si la Providence n’eût eu dessein de se servir desa plume pour des Ouvrages de dévotion (C). II fit auísi des Romans, où il s’eloigna de cesidees de vertu qu’on représentoit alors dans cette forte d’Ecrits (Z)). II mourut Pan 1 6 j 6 . IIse déclara l’ennemi des Jansénistes, 6c il eût fans doute mieux fait de ne prendre point de part àcette querelle; car ses visions; si bien décrites par ces Messieurs (E) ,seroient fans cela demeurées
(3) Là-ml-mc, pag. 3.
(4) Délicesde I’Eípiit :
m- 73-
Votez, lesNouvellesLettres del’Auteur dela Critiquede Maim-bourg, pag.74« - 747.
(j) Mrs. deTorr-Roial,dans leursVisionnai-les, LettreVIII,pag. 436Edition deCologne ,
IS8Z, in 8.
(«) Les Vi-sionnaires ,Lettre I,fo&'l S «.
(7) Préfacedes Délicesde l’Estnt,
(8) Visio-naires,
Lettre I,pag. 256.
(S) Michelde Matolles,Dénombre-ment desAuteurs quilui ontdonne' deleurs Livres.
viffans par l’estime qu il fit de moy , par les caresses zy pu-bliques C7 particulières dont il ni honora , par les applaudiffe-mtns que je recevois de toutes ports , C" par les vióîoires que
je remportois souvent sur mes envieux . (2) Tu me
forces à te dire quelqu'un de ces goûts délicats , qui te ferajuger des autres, zy qui servira à te faire connotstre l’infa-tigable force du genie de ce grand homme , qui ne pouvoit sedélasser d'un travail d'esprit que dans un autre. Aujsitoft qu ilavoit employé quelques heures à resoudre toutes les affairesd’Efiat, il se rensermoit souvent avec un sfavant Théologien,pour traiter avec luy les plus hautes questions de la Religion,zy son esprit prenoit de nouvelles forces dans ces changemensdé entretien. Aprés cela dé ordinaire il me faisoit entrer seul,pour se divertir sur des matières plus gayes zy plus délicates ,où il prenoit des plaisirs merveilleux. Car, ayant reconu enmoy quelque peu de fertilité a. produire fur le champ des pen-sées , il m’avouait que son plus grand plaisir eftoit , lorsquedans nôtre conversation il rencherijsoit de pensées par dessusles miennes. <Spue fi je produisais une autre pensée par dejjusla sienne , alors son esprit faisoit un nouvel effort avec un
contentement extrême . Or jugez, fi je ne goûtois
pas aufit par sots ce même plaisir qui luy semblait fi grand,puisqu il m'arrivoit souvent de rencherìr de pensées par deffusles siennes. >
(B) ll avoue que pour seduire les femmes ... il ne sei-gnoit point de les pouffer vers l'Athéisme.] II ne se contentepas de dire (z) qu’il s’estoit arresté quelque temps dans la ca-bane des plaisirs charnels zy greffiers , qui navoit qu une en-seigne grossièrement peinte , où efioit representê un Bacchus zyune Venus , zy qu’ayant senti que ces plaisirs ruinoient soncorps zy fa fortune, il en voulut chercher de plus relevez.. IIajoute (4) qu il devroit pleurer des larmes de sang, pensantau mauvais usage qu il a fait de Véloquence auprès des fem-mes. Car je n y employois que des mensonges deguisex., desmalices subtiles, zy des trahisons infâmes. Je tâchais â, rui-ner l'esprit de celles que je feignois dé aimer. Je cherchais desparoles artificieuses pour le troubler, pour ïaveugler , zy pourle seduire, afin de luy faire croire que le vice estait vertu, oupour le moins chose naturelle zy indifférente. Je trahiffoisDieu même en interprétant malicieusement ses Loix , & en fai-sant valoir les faux zy damnables raisonnemens des d volup-tueux zy des impies comme toy , z? mon éloquence faisoit toutesorte d efforts pour éteindre la vertu dans une ame. On luiprouva (.5), qu’il s est designé par des caractères individuels& personnels, desorte que ce qu’il fait dire par son Eusebeest sa propre Histoire.
(C) ll a cru qu’il auroit été .. . plus long tems à acheverson Clovis; fi la Providence rìeût eu deffein de se servir desa plume pour des Ouvrages de dévotion .] C’est encore luiqui a révélé ce pétit mystère; car il a commencé les Déli-ces de l’Esprit (6) par une ejpece de prodige , qu il prétendluy estre arrivé-, qui efi, dìt-tl (7), que Dieu l’a si sensi-blement affisté, pour „ lui faire finir le grand ouvrage de„ son Clovis, pour le rappeller plus promtement à des„ choses bien plus utiles, plus délicates 8c plus relevées,,, qu’il u’ose dire en combien de temps il a achevé les,, neuf Livres de ce Poëme qui festoient à faire, 8c re-„ poli les autres”. Voici la réfléxion que Mrs. de Port-Roial ont faite fur ce Passage: Ainsi, selon le Sieur Des-marests, c'est l'esprit de Dieu qui lui a fait composer ces neufLivres, qui luy a fait repolir les autres , zy qui l’a porté àpublier cet ouvrage. C’est l’Esprit de vérité , qui l'a assistépour luy faire débiter zy répandre parmy les Chrestiens tantde fables impertinentes zy ridicules. C'est l’Esprit de Dieuqui l a porte a les tenter par tant d images dangereuses, zy parla représentation de tant de passions criminelles. C’est l’esprit deDieu, qui luy a fait faire un Roman qui n’efi diffèrent des au-tres, que par ce qu’il est plus extravagant (8). Au reste, Mr.l’Abbé de Marolles nous aprend une particularité, d’oùl’on peut conclure que notre Jean Des-Marests faisoit ungrand cas de son Clovis. II me donna ses Delices de l’Es-prit , c’est l’Abbé qui parle (9), 8c quelques autres Ouvragesen prose zy en vers, du tems que je n’étois pas brouillé avec luicomme je k fus depuis, à cause qù il prit contre mon sens ce quefavois écrit de son Poème de Clovis, que je n’avois pas mis audeffus de ì Enéide, bien que je l’euffe estimé, zy que je l’eitffe eneffet trouvé digne de lui.
(D) ll fit ... des Romans où il s’éloigna de ces idées devertu qu’on représentoit alors dans cette forte d’Ecrìts.~\ C’estde quoi on le raille agréablement dans le Parnasse Réfor-mé; car on y a mis cette Plainte dans la bouche d’Arianeson Héroïne : ,, On ne trouve chez moi que des lieux in-” / an fj s: chaque Livre en fournit un pour le moins,,8c„ les Héros du Roman font fi bien accoutumez à fréquen-ta ter ces endroits, qu’on les prendroit pour des Soldats
dans
„ aux Gardes, ou des Mousquetaires. Me rendre visite,8c„ aller au (vous m’entendez bien) n’est plus qu’une mê-„ me chose: on confond maintenant l’un avec l’autre; 8c„ je suis devenue le répertoire de tous les bons lieux. Je„ ne m’estonne point aprés cela si l’on me fait paroitre„ nue: il y auroit eu de l’irregularité d’en avoir usé d’au-„ tre sorte; 8c puis qu’Astrée.qui n’avoit pas l’avantagedu„ lieu comme moy, fe montre à Céladon en cette pos-„ ture, il eftoit d’une neceflìté indispensable que j’en fisse„ autant (10) Ce n’est donc point pour le Roman (1°) ?ar-d’Ariane que Des-Marests peut avoir part à la derniere par-
148, 14».
(n) Visio"naires, 1A“
tie de la censure que je m’en vais raporter, 8c qu’on luiadresse principalement. Un Faiseur de Romans zy un Poètede Theatre est un empoisonneur public, non des corps , maisdes âmes des fidelles , qui se doit regarder comme coupabledé une infinité d'homicides spirituels, ou qu’il a causez, en ef-fet , ou qu’il a pu causer par ses écrits pernicieux. Plus il aeu foin de couvrir d’un voile déhonnefteté les passions crimi-nelles qu il y décrit, plus il les a rendues dangereuses, zy ca-pables de surprendre zy de corrompre les âmes simples zy inno-centes. Ces sortes de pechez. font d'autant plus effroyables,qu ils font toujours subjistans , parce que ces Livres ne péris-sent pas , zy qu ils répandent toujours le même venin dansceux qui les lisent (11). U auroit tort de se défendre con-tre le Parnasse Réformé , en disant qu’il a suivi le pré-cepte des anciens Maîtres, que les Romans doivent êtrevraisemblables (iz): car il y a un milieu entre une Hé-roïne qui n’est pas assez vertueuse, 8c une Héroïne qui (ï 2 ) p;ffsl’est trop ; 8c ce milieu n’excede pas le vraisemblable, veiuptatísVolez ce qui a été remarqué ailleurs concernant les an-ciens Romans (13). , Hom. de
(L) Ses visions st bien décrites par Messieurs de Port- Arte Poe-Roial.] La prémiere fois que je lus leurs Lettres, je fus «ca, f. u*"saisi d’une surprise extraordinaire: je ne pouvois assez ad-mirer qu’un bel esprit, Auteur de Pieces galantes, 8c de (rssiff’'""Pieces de Ihéatre, se vantât fort sérieusement, que Dieu 'si/yj/sili ,far fa bonté infinis luy a envoye la clef du, threfor de Vjí- hypsipY^»pocalypfe , qui n a été conue que de peu de personnes avant ir'Xpr’ iU "l l *‘lui (14) ... ; & que par l’ordre de Dieu il leve une ar- f ífis.mée de 144 mille combatans, dont il y en a dejà une par- As.tie enrollée , pour faire la guerre aux impies zy aux J anse-tiisies (1$). Ma surprise augmentoit quand je faisois ré- (14) Délie**stéxion fur le tems, 8c fur le lieu, où ces chimères étoient de éEstât’débitées: elle se redoubloit encore quand je prenois gar- A P ' lT “sintde, que non seulement on laissoit à ce prétendu Prophète tu‘\ìdon»'l’administration de son bien, mais auffi qu’on lui conférait ies Lettn I’la charge d’Inquilìteur , 8c que personne ne s’intriguoit {“g. 241.plus que lui, 8c ne fe donnoit plus de mouvemens pourl’extirpation du Jansénisme. Sij’avois su alors ce que j’ai G;)vu faire vingt ans après, je n’aurois pas eu cette surprise;mais assurément j’étois excusable de trouver étrange en ce Roi, k' 0 *-tems-là, qu’un homme qui publioit dans Paris tant de chi-meres , aquit plus d’autorité qu’il n’en avoit auparavant.
Quel désordre ! „ M. de Paris le prend pour son Apolo-„ giste, le reçoit à sa table, luy donne retraite chez luy.
„ M. l’Archevéque d’Auch approuve le dessein de son ar-„ mée. On luy permet de se faire Fondateur d’un Ordre,, nouveau; de s’établir (tout laïque qu’il est) en Directeur„ d’un grand nombre de femmes 8c de filles; de leur faire„ rendre compte de leurs pensées les plus secrettes;deleur„ écrire des Lettres de conscience, pleines d’une infinité,, de choses très dangereuses 8c très imprudentes, pour ne,, rien dire davantage; de se glisser en plusieurs Couvents„ de filles pour y debiter ses reveries 8c ses nouvelles ípi—
„ ritualitez. Et enfin c’est fur luy que Monsieur de Paris„ a jette les yeux pour l’ayder à reformer le Monastère„ de Port-Royal de Paris. On y reçoit avidement ses„ instructions : on y conféré avec luy de l’oraison menta-» le : on luy rend compte de l’estât où l’on s’y trouve : fi» on y est consolé, ou fi on y est misérable (16).
Le Livre qu’il publia, intitulé Avis du St. Esprit au Roi,porte tous les caractères du Fanatisme. II y explique troisProphéties de l’Ecriture, qu il prétend s’entendre des Jansénis-tes-, comme devant être exterminez par le Roi de Franceavec l’apareil d’une grande armée. Voici un caraêlere quiest comme la marque populaire des fanatiques. Car fi vousy prenez, garde , quelque spirituels que ces gens-là tafehent deparoìfire , néanmoins leur spiritualité aboutit d’ordinaire àquelque effet extérieur zy sensible ; zy Us ne font jamais sa-tisfaits qu’ils n’aytnt pouffé leurs imaginations zy leurs allé-gories jusqu À quelque grand évenement exposé aux sens , dontils se figurent devoir estre non seulement les speêlateurs, maisaussi les ministres (17 ). L'Auteur dont j’emprunte ces pa-roles prouve cela par plusieurs exemples; 8c puis il conti- ^nue de cette façon (18): „I1 faloit donc auffi que les ima- ^ lì
„ ginations
(16)
niít eSLe!tr e287 '
Visio*,
’tU
Visio*
(17)nahes’.Lettre.27»-