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Tome troisieme. K - P.
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mariana.

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tb) voûz .- Livres (b ), & entre autres une Histoire d’Espagne, que plusieurs regardent comme un chef-d’œu-« r/ír ". vre(D). C’est lui qui fit imprimer un Ouvrage de Lucas Tudensis (c )fur la vie à venir, 6t contre<Un> moícii. ^8/ìllÈLoÌ8. Son Traité du changement des Monnoies lui fit des affaires à la Cour d’Espagne (T),

&

(c) C’est ainsi q»’il f m dire, H- non pas Tndentis avcc Alegambe ir Sotuel.

(14) Nico-laus Abra-mus, Com*mentar. inOrat, Cl-ceronis,Tomo II,Mt' S 99 ,col. I.

( r 5 ) Jarrige,jésuites furí’Echafaud,Chap. VI,

fAg. m. 6s .

(16) . Gíor-nale deLet-teinti du 31dc MarsI 6 n , pag.

3 S daml*Extrait delViaggio_ail’ IndieOrientalidel P. F.YincenzoMaria diS. Carerinada Siena.

(17) On ales XXXLivres avecV ^Appendixdam í* Editionde Maience1605 inquarto.

DQ a

Madrid PanI61 6 , & Pan1650, in folio 9du alibi. *NicolasAntonio,ttbi infrà.

(1 9) VotezNicolasAntonio,Bíblioth,Scriptor.Hifpanor,Tym. I,pag. 560.

(20) Votezla i^emarejue( D j deEeArticlcBonfa-

DIU S » &la \emarque( E ) de

l’Xrtlclû

HAIIIAN.

(21) Rapin ,Réflexionsfur l’Histoi-Ie > ««w. z!“&• W. 232.

(22) La-rnè-rne, p. 230.

(*) Deleétusverbommhabendus 8cpondéralingulorumexarainan-da. Fab. lib.10. cap. Z,

,, tatis Je su herbam quandam secum solitos circumferre,,, quse vim haberet interimendae libídinis: eaque velut an-„ tidoto tutò poffe inter fœminarum ver&ri greges,&con-,, fìtentibus puellis aurem salva integritate prœbere, zxc.„ Ea vox, zxc. sensim sparsa per curiam ad Principis per-,, venit aures. Qui reí auditte curiosus investigator Johan-„ nem de Zuniga (is erat ei velut morum magister ac,, custos) ad Pâtres misit sciscitatum quod herbte genus„ illud effet , &c. Non negavit Araofius hujus vìrtutis„ herbam fe habere : zx zhm Johannem aliquandiu suspen-,, sum responfi ambiguitate tenuisset , qtto majorem audiendi„ cupiditatem accenderet. Hœc , inquit, herba communi,, sermone Timor Dei nuncupatur, zxc. hoc igitur princi-„ pi, velìm, narres, hoc fideliter referas (14)”- Jarrigene raporte pas fidèlement les circonstances de ce fait. Phi-lippe second, dit-il (15), leur grand protecteur, ZX un Princede bel esprit, les gaussant un jour les interrogeoit , commentils pouvoient estre chafies, traitans privement zX avec fami-liarité avec toutes les belles Dames de fa superbe Cour. Nousavons , dirent-ils , au raport de leur Historien , une herbeque nous portons fur nous, par laquelle nous évitons les dan-gers de l’impureté,zx résistons d toutes ses attaques. Presséspar le Monarque de la nommer, ils respondirent, que c’es-toit la Crainte de Dieu ; mais je vous affeure que s’ils l’a-voient lors , je fuis bien certain, que maintenant ils en ontperdu la graine, zx qu elle ne croist plus dans leur jardin.

Cette herbe de Melchior Ganus me fait souvenir de cesSolitaires Indiens,qui pratiquent une rude pénitence touteleur vie, & qui renoncent même à la vue des personnes del’autre sexe. Ils arment leur main d’une canne , par lemoien de laquelle ils écartent toutes les pensées impures,&toutes les tentations, comme s il ne s agiffoit que de fairefuir un chien. I Ruxis 0 Hiobioli abitano ne deferti pafcendojidi foglie , e fruttì falvatici , occupati quasi sempre nelle ìne-ditatione de’ lor dû, profesjano perpétua vergmita , suggendola vista delle donne , portano una canna in mano con la qualedicono tener lontano i diletti, tentationì, e travaglù (16).

(D) Une Histoire d’Espagne, que plusieurs regardent com-me un chef-d’œuvre.'] Elle est divisée en XXX Livres sui-vis d’un Appendix. Les XX premiers furent imprimez àTolede m folio,Y an igçi. 11 y ajoûta les X autres quelquetems après (17). II la traduisit lui-même de Latin en Espa-gnol, & publia cette Version à Tolede l’an 1601. Ellea été réimprimée souvent (18). II s’écarta quelquefois deFOriginal, tout comme s’il eût composé, non pas une Tra-duction, mais un nouveau Livre (19). L’Appendix necontient qu’un petit Sommaire de quelques événemensdepuis l’an 1515 jusques au tems qu il fut fait; car 1 Au-teur , aiant fini son grand Ouvrage à la mort de Ferdinandd’Aragon en 1516, trouva mieux son compte à un simpleIndice Historique depuis ce tems-là, qu’à des Narrationsexactes, qu’il n’eût pu faire fans s’écarter de la bonne foiqu’il avoir suivie, ou sans offenser des personnes encorevivantes. C’est pourquoi il prit le parti le plus sûr & leplus honnête, 8c celui que les gens sages ont toujours leplus aprouvé (20) : il ne voulut point écrire fur les chosesqui s'ètoient passées de son tems, 011 un peu auparavant.Volons les éloges que le Pere Rapin a donnez à cette His-toire. „ Aucun des Historiens modernes n’a écrit plus„ sensément que Mariana dans son Histoire d’Espagne.„ C’est un chef-d’œuvre des derniers siécles par cette feule„ qualité-là. II régné dans tout cet Ouvrage une sagesse„ qui ne lui permet jamais de s’abandonner aux beaux en-,, droits, ni de fe négligés en ceux qui ne le font pas :

„ cette égalité si judicieuse, qui est toûjours la même dans

Finégalité des matières que touche cet Auteur, est peu„ connue aux Historiens des derniers tems (21)”. Pourcomprendre toute la force de cet Eloge, il y faut joindrecette Description. Ecrire sensément , selon le Pere Ra-pin (22), c! est aller à son but en quelque matière que ce soitqu on écrive , sans s’écarter , ou s amuser en chemin ; c est ex-poser les choses avec une efpece de sagesse de retenue, sanss’abandonner ny à la chaleur de son imagination , ny à lavivacité de son esprit : c est spavoir suprimer ce qu’il y a de su-perflu dans ïexpression, comme sont ces adverbes c? ces Epithetesqui diminuent Les choses en les exagérant-, ri y laisser rien d’oifif,de languissant, à’inutile-, retrancher genereusement ce qu il nefaut pas dire , quelque beau qu il soit ; donner toûjours moinsà (*) l'éclat qu au solide', ne point montrer de feu ny de cha-leur , oû il ne faut que du sang froid e? du serieux ; examinertoutes ses pensées, esr mesurer toutes ses paroles, avec cette jus-tesse de sens, zy ce jugement exquis, à qui rien n’èchape qued’exacl ex de judicieux ; c est avoir la force de résister à la ten-tation qu on a naturellement de faire paroìftre son esprit .

C’est laijjér la liberté à ceux qui lisent l’Histoire, d’imaginerce qu on ne doit pas toûjours dire. C est enfin bien fpavoir sau-ver les contradictions, <tx établir les vrayes-femblances , en toutce qu on dit. Et cet esprit sensé', ce caraóîere sage que demandel Histoire , est une maniéré d’attention sur soy-mesme , qui ne sepermet aucune exagération, ex qui prend d’éternelles précautionscontre ces imaginations hardies, oh l'on est sujet, quand on a

construftio*nem, foiuoilfiverba , [st í>trdorem, nos*retniique fi'blimítaterr- ?copiesum lu'

l’esprit trop brillant, ou trop fertile : afin de trancher en peu degrandes choses, comme fait Sallufte. Le Pere Rapin n’en estpas demeuré-là, il ajoûte que Mariana est un des plus ac-complis parmi les Historiens modernes, parce qu il est un des plus . .

simples (23). Que rien ne donne tant à l'Histoire de Mariana ^fléxloor'Vair de grandeur quelle a, que l’art de cet Auteur a, y faire ^ pHist.entrer par le moyen de la digression, tout ce qui se passé de con- „ Km . j,fiderable dans le monde, d’admirable dans le temps fabuleux, pag.zi 6 .de remarquable dans la Grece , dans la Sicile, dans l’EmpireRomain ; un détail assez, particulier de la République de Car-thage , qui n est point ailleurs mieux que là; les fieges de Sa-gunte zx de Numance, le passage d’Annibal en Italie; la suitedes Empereurs; la naissance du Christianisme; la Prédicationde VEvangile ; les conquefies des Arabes, zx plusieurs autrestraits qui ont du grand : c’est un gente qui ne fe fait que degrandes matières, . lesquelles tiennent toûjours par quelque choseà l’Histoire d’Espagne. En quoy jamais Historien n’a tant faitd’honneur à son pais par aucun ouvrage; car il donne à J'a na-tion tout ce qui s’est jamais fait de grand au monde (24).' Far- ( 2 f~) Ex- ,mi les modernes, continue le Pere Rapin (25), je trouve v s tme ’ m fs 0 ' íMariana, Davila, Rra-Paolo, d’admirables gentes pour l'His- ^ z 'toire. Mariana a le talent de penser, ZX de dire noblementce qu’il pense zx ce qu il dit, zx d’imprimer un caraSíere de me,nam.Atgrandeur à ce qui lui passe par Vesprit. . . (26) Mariana, dans p“g. 2-3.son Histoire d Espagne, n’a été surpassé d’aucun moderne, nipar la grandeur du dessein, ni par la noblesse du ftile : il est plus ( l6 ) sf'sexaél que les autres, ZX il juge sainement de tout. J oignons'TL’.à tant d’éloges, non pas ce qu’a dit un autre Jésuite en fa- *’veur de Mariana (27), mais ce qu’en a dit un Protestant. ( 17 ) gaidtInter Latïnos omnibus palmam praripit Johannes Mariana His- Mmanifanus, rerum Hispanicarum cognitìone nemini secunius. Valuit srxvem &vero Mariana injigni eloquentia, prudentia ,zx magna lìbertate ‘ teco s a ”I.dicendi .- hinc zx libertatis studiossfimus in Reges suos sape estmordax (28).

Quelque beau que soit ce Livre de Mariana, il ne laissepas de contenir plusieurs fautes qui ont été critiquées enpartie par un Secrétaire du Connétable de Castille. CeCenseur se nomme Pedro Mantuano. II publia sa Critique gmium ,à Milan in 4 Fan 1611 ( 29 ), & F intitula Advedtencias à la non in jV ltriHistoria de Juan de Mariana. II n’avoit alors que vingt-six «-

ans. Thomas Tamaius de Vargas, qui répondit pour Ma- ve rebitur?riana, raconte une chose qui tient du prodige? c’est que Clarus F07Mariana ne voulut jamais jetter les yeux, ni ìhr F Ouvrage narscius,de son Censeur, ni sur l’Ouvrage de son Apologiste, quoi Ara P hithe -j'que ce dernier lui eût offert son Manuscrit avant que dele donner à l’Imprimeur, & Feût prié de le corriger. No- àf'xiìú,luise Marìanam legere, nec Mantuani Censuram, nec Tamaji m - I9Z ‘amkijfimi capitis Apologiam, etiam ante edïtionem fibi ab au- , .thore ad pervidendum zx emendandum oblatam, quod credet (Avix posteritas (30). On a publié dans l’Histoire des Ouvra-ges des Savans,à la page 139 du Mois de Novembre 1693, Hispan.le Dessein d’une Traduction Françoise de Mariana, qui *pud Pop«sera accompagnée de belles Notes. Le public doit souhai- Hount,ter de jouir bientôt de ce travail. On imprima en Hollande A ensll ljmJFan 1694 un Abrégé Chronologique de l’Histoire d’Espa- sjf ^4.gne tiré principalement de Mariana. C’est un Livre que 'l’on attribue à nne Demoiselle de Rouen (31) réfugiée en (29) & f" íAngleterre pour la Religion, de

(E) Son Traité du changement des Monnoies (32) lui fitdes affaires à la Cour d’Efipagne.j Alegambe s’est contentéde nous dire que cet Ouvrage découvroit les fraudes dutems, & qu’à la Requête de F Ambassadeur d’Espagne ilfut suspendu par Paul V ; mais que la fuite fit voir que Ma-riana , persécuté pour ce Livre, avoit aimé la justice & lavérité. In traílatu de Monets, tìmtatiom cum acriìts corrup-telam suc temporis perstrinxisset, gravem in se concivit pro- (3o)R‘ c<Mcellam ; zx tradîatus ipfo postulante Catholici Régis Oratore,à Summo Pontifice Paulo V tantisper suspensus fuit, donec script 01 'inyidia zx cum ea (empestas conquievit ; docueruntque poste- Hisp aI1 'riora tempera vert répliqué amantem fuisse Marianam (33). Xw».Nicolas Antonio à certains égards s'est tenu dans une plus i6Ugrande généralité, quoi qu’il marque que les principaux , $0***Ministres d’Etat accusèrent Mariana (savoir censuré le Gou- MA^hexvernement. Nec tamen, dit-il (34), vir tot merìtis ad fa- deía R0<:ma immortaùtatem nitens ejfugere valuit hv& fama discri-mina, interpretantibus quadam ejus scripta principibus in Cu-ria i/iris tanquam iniqua exerteque injuriosa sibiipfis, ac pu-blica administrationi. Cujus rei nomme folemniter accufatus l ’“ 1 snon nist post agitatam diu causam agreque ftatui prïstino fuit 1 609>reflitutus. Mais voici un Auteur qui s’explique plus nette- f ,x Hment: il nous assûre que Mariana découvrit si bien la dé-prédation des finances, en montrant les voleries qui fecommettoient dans la fabrique des monnoies, que le Duc (33)de Derme, qui se reconut là visiblement, ne put retenir g’ ir ° be Ji.z.son indignation. II ne lui fut pas malaisé de pousser F Au- liS ’teur, parce que le Roi Philippe III étoit clairement cen- . )Rico>-suré dans cet Ouvrage comme un Prince fainéant, & qui ton.laissoit les affaires du Roiaume à la discrétion de ses M17 F ib h "A, I,nistres. Les Monarques les plus possédez par un Favori U-Tp- ^s’irritent fans peine contre ceux qui les’ exposent au mépris p*&-public par une censure libre & juste de cet esclavage. Ma-riana

merle

me Editx >».plus cotrdMNicolasAntonio»ubi infr*’Tom. K’pag. I 7 °-