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8c l’expoía à une peine qui îì été mal raportée par Mr. Varillas (F) : mais on âUroít eu plus deraison de l’inquiéter au sujet d’un autre Livre, que l’Espagne 8c l’Italie laissèrent passer, & quifut brûlé à Paris par Arrêt du Parlement, à cause de la pernicieuse doétrine qu’il contenoit. 11n’y a rien de plus séditieux, ni de plus capable d’exposer les thrônes à de fréquentes Révolu-tions, 8c la vie même des Princes au couteau des assassins, que ce Livre de Jean Mariana (G).
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Ûana fut mis en prison, & n’en sortit qu’au bout d’un an ;mais l’événement fit voir qu’il ne s’étoit pas trompé, enprédisant que les abus qu’il reprenoit plongeroient F Espa-gne dans un grand désordre. L’Ecrivain qui conte cecis’apelle Bernardin ’Giraldus. Je l’ai déjà cité une fois.Çjuarum (Dissertationum) una fuit , (dit-il (z;), de Mo-netse mutatione in Hispania, quâ quidem fraudes, ox im-posture Mmiftrorum Regiorum Monetas publicas adulterantiumdetegebantur , oscìtantìa , ex dormitatïo Philippi III RégisCatholici perstringebatttr, ingentia àenique damna in uritver-fam Hifpaniam ex improbistìmo Regiorum peculatu certo exori-tura pr&nuntìabantur : quem librum qui légat, ex bodiernumHispania statum non ignores, abejse haudquaquam pojstt, quinMarianam divinum hominem fuisse agnoscat ( qui ea, quehodie Hispania experitur mala, tant o ante ut osâtes occinerit )vel certe prudentiam genus divinationis este intelligat. Veròmvehementer ea res Lermmm Ducem , Régis. Htfpanica Seja-num , pupugit : quippe qui fundi Hispanici calamitas estes,steque à Mariana destgnari satis intelligeret. Hominem ergoin vtncula poscit , in iisque annum uertentem amplius con-tinet.
(F) ... O 1 1exposa à une peine qui a été mal raportéepar Mr. Varillas.] Cet Historien prétend que Ribadeneirariavoit osé écrire en Espagne sous le régné de Philippe /econd ceque Charles-tstuint avoit contribué pour obliger la Cour de Romeà se porter dans les dernieres extrêmitez contre Henri VIII.Il faut avoir austt peu de connaissance de l’Histoire d’Espagnequ en a M. Burnet , continue-t-il, pour ignorer que le mêmePhilippe Second relégua pour quinze ans en Sicile le Pere Maria-na, pour un sujet beaucoup moins important que riauroit étécelui décrire contre Charles-Syuint, puis que ce fut uniquementpour avoir composé le Traité des Monnoyes , qui ne regardaitpas st direêlement la Majesté des Rois Catholiques , que la con-
Clement; c’est-à-dire, selon lui, les raisons de ceux quiprêchent qu’il faut se soumettre patiemment au joug ty-rannique de son légitime Souverain.- & avant que d’y ré-pondre (40), il allégué les Argumens du Parti contraire,apuiez fur cette base fondamentale; c’est que l’Autorité duPeuple est supérieure à celle des Rois (41 ). C’est fa Thèsefavorite, il emploie deux Chapitres (41) tout entiers à laprouver. Aiant allégué les raisons de chaque Parti, il pro-nonce ; I. Que selon le sentiment des Théologiens 8c desPhilosophes, un Prince qui de vive force 8c sens le con-sentement public de la Nation s’est saisi delaSouveraineté,est un homme à qui chaque particulier est en droit d'ôterla vie : Perimi à quocunque, vita <& principatu spoliari posté(43). II. Que fi un Prince créé légitimement, ou Suc-cesseur légitime de ses ancêtres, renverse la Religion, Scles Loix publiques, fans déférer aux Remontrances de laNation , il faut s’en défaire par les voies les plus sûres.III. Que le moien le plus court 8c le plus sûr de s’en dé-faire est d’assembler les Etats, 8c de le déposer dans cetteAssemblée, Lc d’y ordonner qu’on prendra les armes contrelui, si cela est nécessaire pour ôter la tyrannie. IV. Qu’onpeut faire mourir un tel Prince, 8c que chaque parti-culier , qui aura assez de courage pour entreprendre dele tuer, a droit de le faire (44). V. Que si l’on ne peutpas tenir les Etats, 8c qu’il paroisse néanmoins que la vo-lonté du Peuple est qu’on sc défasse du Tyran, il n’y apoint de particulier qui ne puisse légitimement tuer cePrince, pour satisfaire aux désirs du Peuple, quivotispu-blicis favens eum perimere tentavit , haud quaquam iniqueeum feciste exiftimabo (45). VI. Que le jugement d’unparticulier ou de plusieurs ne suffit pas; mais qu’il faut seregler sur la voix du Peuple, 8e consulter même des hom-mes graves 8e doctes (46). VII. Qu’à la vérité il y a
duite de Charles-Squint à l’égard de Henri VIII (36). II y plus de courage à s’élever ouvertement contre le Tyran;2 trois faussetez dans ces paroles. I. Mariana n’a jamais mais qu’il n’y a pas moins de prudence à l’attaquer clan-
ete relégué en Sicile, tant s’en faut que ce prétendu exil
qu’il n’y" a pas moins de prudence à l’attaquerdestinement, & à le faire périr dans les pièges qu’on lui
ait dure quinze ans. 11. Philippe second etoit mort quand tendra. Est quidem majoris virtutis & animi Rmultatem
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co Jésuite écrivit sur les Monnoies. III. Ce Traité cho-quoit beaucoup plus le Roi d'Espagne qui régnoit alors (37),que le Lûvre de Ribadeneira n’eût choqué Philippe secondfi F on y eût vu la conduite de Charks-&uìnt à l’égard deHenri vin. Je ne réleve point ce qui se trouve d’absurdeé a ? S r ^ Remarque fur Ribadeneira: c’est une chose qui aq lla °38 j™ 6 * 11 Eutée par le savant homme qui lui repli-
?, rKn de Pjus séditieux ..... que ce Livre
aperte exercere , palam in hoftem reìpublictc irruere : sed nonminoris prudentia , fraudi O* infidìis locum capture , qttod finemotu contingat mtnori certe periculo publïco atque privato ( 47 ).11 veut donc,ou qu’on l’attaque dans son Palais à main ar-mée, ou que l’on conspire contre lui; il veut que la guerreouverte, les ruses, les fraudes, les trahisons, soient égale-ment permises: 8t st les conspirateurs, ajoûte-t-il, ne fontpas tuez dans l’entreprisc, ils doivent être admirez toute
, . - .— j«•*»*«:/.* ..... que ce suivre leur vie comme des Héros; s’ìls périssent, ce font des vic-
de M vtana.j 11 a pour Titre de Rege o- Régis Institmione, rimes agréables à Dieu & aux hommes, & leurs efforts& il fut imprimé à Tolède l’an 1598, avec Privilège du méritent des louanges immortelles. Aut in apertam vimRoi, ëc avec les Aprobations ordinaires. L’Auteur s’étant frorumpïtur sedìtìone publice sumptis . . . . .
propose d’éxaminer dans le VI Chapitre du I Livre s’il est aut majori cautione, fraude ex instdiis pereunt, mo autpermis de se défaire d’un Tyran, entre en matière par le paucis in ejus caput occulte conjuratis, fuoque periculo reipu-récit de la fin tragique de Henri trois. II admire le cou- biles, incolumitatem redimere fatagentibus. Gsttod st evaferint ,rage de Jaques Clement, & il dit que les opinions furent instar magnorum Heroum in omrit vita fuspiciuntur : st secusaiveries fur Faction de ce ieune TVsom». m- uns la Iodé- accidat, grata fuperis, grata hominibus hostia cadunt , nobili
( 40 ) Il tesréfute à lafin de ee Ch/L-fitre VI.
( 41 ) .A re-publica , nndeortum hdictrepli potefias,rébus exigen-tibiis %egemin jus vocariposte & flfanitaumrespuatprincipatuspoliari jneque zta inPrìncipemjura potefiatistranfiulh ,
ut non fibimajoremrejervaritpotejiatem.Mariana ,de Rege 5cRégis IiiíU*tutione,
Libr. /, Cap.î*g- S7-
( 42 ) Le VIII& le IX du,
I Livre .
( 43 ) Maria-na , de Rege5c RégisInlìitutione,
pag. 58 .
( 44 ) Printi -pem publì-cum hostemdeclaratumferra perimere^eademquefaculîas cfîacuicunqueprivato , (juifpe impuni-tatis abjefta,neglella saintein conatttmjitvandîrempublicamingredi volue•rit. Idem,par. 60 .
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[action de ce jeune Moine: les uus ra ìouc-rent,, & la crurent digne de l’ímmortalité ; les autres lablâmèrent, parce qu’ils étoient persuadez qu’il n’est jamaispermis à un simple particulier de tuer un Prince déclaréRoi par la Nation, 8t oint de l’huile sacrée selon la cou-tume, quoi que ce Prince soit devenu un scélérat 8c untyran. De fafto monachi non ma opinìo fuit , multis lau-dantìbus atque immortalitate dìgnum judicantibus ■ vitupé-rant alii prudentis <& eruditìonis laude pr&stantes, sas estenegantes cuïquam privata auéloritate Regem consensu populiremneiatum , sacroque oleo de more delibutum sanélumqmadeo perimere, fit ille quamvis perditis moribus, atque in ty-rannidem degenerarìt (39). On volt clairement que Marianaest de ceux qui aprouvérent Faction de Jaques Clement;car il rejette le principe en vertu duquel des personnes sa-ges Lc savantes la condamnèrent. D'ailleurs, il affecte derelever le courage & la fermeté intrépide de cet assassin,fans se laisser échaper un mot qui tende à le rendre odieuxau Lecteur. Cette Observation découvre admirablementtout le venin de la doctrine de ce Jésuite; car il est cer-îain qu’il ne 1 débute par l’éxemple de Henri trois, que pourdescendre de la Thèse à l’Hypothese, 8c que pour mon-trer aux peuples un cas insigne de tyrannie, afin que tou-tes les fois qu’ils se trouveront en semblable état, ils lecroient dans' les circonstances où il est permis de fairejouer le couteau contre leurs Monarques. Mais s’il estnue fois permis d’en venir là, lors qu’on se trouve fousUn Prince tel qu’Henri troisième, je nejai point où fontIcs Monarques qui ne doivent craindre dette assassinez,oudéthrônez : car on fait bientôt compensation entre le bien
conatu ad omnem posterìtatis memoriam illustrâti. Itaqueaperta -vi & armis posté occidi tyranmtm , stve impetu sn re-giam facio , fi^e commistd pugna in confesto est. Sed CSX doloatque instdiis exceptum (48). VIII. Qu’encore qu’il nesemble pas y avoir de la différence entre un assassin qui tued’un coup de couteau, & un homme qui empoisonne,néanmoins parce que le Christianisme a abrogé les Loixdes Athéniens qui ordonnoient aux coupables d’avaler unbruvage empoisonné, Mariana n’aprouve point que l’on sedéfasse d’un Tyran par le moien d’un poison mêlé dans lesalimens ; il veut qne si l’on recourt au poison, on l’apli-que ou aux habits ou à la selle du cheval. Ergo me auâîoreneque noxium medicamentum hofii detur neque lethale vene-num in cibo cv potu temperetur in ejus perniciem. Hoc tamentemperamento uti, in hac quidem dijputatione licebit, fi nonipfe qui perimitur venenum haurire cogitur, quo intimis mc-dullis concepto pereat : sed exterius ab alto adhibeatur nihiladjuvante eo qui perimendus est. Nimirum cum tanta visest venenì, ut sella eo aut veste delibuta vim interficiendi ha-beat ( 49 ).
Voilà le Système de ce Jésuite. La derniere Piece enest très-impertinente. C’est une distinction ridicule; carun homme qui avale du poison sans ls savoim8cen croiant
( 45 ) U<r*>ibidem*.
( 46 ) Nequetnim id in.cujufjuamprivati arbi -trio ponimus *non in mut-tomm , ni fipublica voxpopuli adfit ,viri eruàitì& graves inconfilìum
a dhìfantur.
Idem , ibíd,
(47) lítd.Cap. VII,pag. 6s.
(48) Idem,ibíd. pag. 64 -
( 4P ) Ibidem,pag. 67.
que c’est une bonne nourriture,
ne contracte en aucune
^„„. r ........-.......V- uicu vrai qncn wva.a... jyjjj en prenant une chemise
& le maiVdeux condirions. Si les défauts du Gouverne- de ° néanm oins Mariana ne fait nul scrupule
Dent ne Font pas les mêmes que fous Henri trois on se empoisonnée ^ ^ssisonne les habits, les selles, ou
contentera de dire que tout bien compte ils les égaient, & de consent «1 telles
I on conclura que l’on se trouve dans le cas que le Jésuitea marqué. Quoi qu’il en soit, continuons 1 exposition defim Système.
Mariana raporte les raisons dc ceux <sui Drainèrent JaquesT O M* 'u L ~ '
(S o) Cmdelecxiftimariint ,dtque a
Lhrijhanismoribus alie *-
num j quan-tumvis fiagi-tiis coopertumeo adigerehominem , utfibi ipfi ma-nus afferatpufione inviscère adaélaaut lethali
veneno tn ctbo aut potu- temperato, Pertnde tnim efi , neque minus humanitatis legibus , ju-tique nature contranum » quo in vìtam fuam favire vetatur omnibus. Ne^amus ergo hofitlTì^,qatm frWÀs Mìmttt perimi poste , venemt intersici jure. Mariana, ibíd. pag. 66 .
forte le crime de ceux qui se font mourir eux-mêmes; &c’est néanmoins pour épargner un si grand crime au Ty-ran , que Mariana ne veut point qu’on lui fasse boire ouqu’on lui fasse 1 manger du poison (50). De plus, s’il étoitvrai qu’en avalant du poison sans le savoir on fût homicide
A 1— rtnfli an ViViatvnnf 11V1 „ ^