M A R I A N A.
f;i) Rous-sel , ai* Cha-pitre x y 11de son Anti-
Maiiana.
(52.) Coton,lettre dé-claratoirede la Doc-trine desJésuites,
fxg. 8 dr 9.
($}) Vota,la %cmarcpaesuivante ,
(j-t) Coton,Lettre Dé-claratoìre,pag. 13 .
(5$) Répon-se Apolo-gétique àl’Anti-Co-ton, pag. 34.
1
33 °
II exposa les Jésuites, 8c fus tout en France, à mille sariglans reproches (i 7 ), 8c à des iníultes
très»,
telles autres choses qui agissent cìu dehors en dedans. Je se trompe : le Livre de Mariana étoit fort propre à inspi-dis donc que l’Article huit de ce Jésuite est très-indigne rer l’entreprise d’assaffiner Henri quatre; car on y pouvoitd’un homme qui sait raisonner ; 6c je fuis surpris qu’un trouver que faction de Jaques Clement étoit bonne , 8cAuteur, qui avoit tant de bon sens 8c tant de Logique, que íì la voix du Peuple 8c le conseil de quelques person-adopte une telle puérilité. A cela près, bien des gens se nés savantes concourent à déclarer qué le Prince oprimeperluadent que son Système est d’une belle ordonnance, la Religion, un particulier le peut tuer. Joignant ces deuxque les Pieces y font bien liées, qu’on y va naturellement choses ensemble, l'on en inféroit la justice de Iassassinatd’une conséquence à l’autre. Posez une fois, disent-ils, d’Henri quatre; car si Henri trois Catholique au souverainque le Monarque releve de P Autorité du Peuple comme point étoit l’opresseur du Catholicisme, parce qu’il travasi-de son Tribunal suprême, 8c qu’il y est justiciable de sa loit pour les droits d’un Prince Hérétique, qui devoir êtreconduite, tout le reste coule de source. Aussi voions-nous son Successeur, on peut juger en général que tout Prince,que lAuteur, qui réfuta Mariana, établit un fondement qui est favorable aux Hérétiques veut. oprimer la Religion,tout op osé, sçavoir que les Princes souverains ne dépendent Or s’il est permis de tuer un opresseur de la Religion, ilque de Dieu auquel seul U apartient d'en satre justice ( 51 ). est permis lans doute de se défaire de celui qui veut l’o-Je n’entre point dans la diicussion de ce dogme; il me primer dès qu’il le.pourra; car la prudence ne permet passuffit d’observer que comme les doctrines de Mariana font que l’on laisse croître le mal, jusques au point qu’il soittrès-pernicieuses au bien public, il vaudroit mieux qu’il eût difficile d’y apporter du remede : il faut le prévenir 8c 1 at-raisonné inconíéquemment, que de suivre en bon Dialec- taquer pendant qu’il est foible. D ailleurs, par la.voix dixticien les conséquences de son principe. Volez ci-dessus la Peuple on n’entend pas le jugement de tous les particu-Remarque (s) de i’Article de Loyol a. liers: il suffit que dans chaque ville il y ait plusieurs per-
(H) . ... Il exposa ks Jésuites . . . . à mille sanglans sonnes qui joignent leurs voix pour certaines choses. Orreproches.'] Les Catholiques 8c les Protestans fondirent fur si est induDnable que le Roiaume étoit plein de gens quieux à qui mieux mieux , à l’occaíion de ces dogmes de soupçonnoient Henri IV de vouloir faire triompher la Re-Mariana, 8c principalement après 1 ’atientat horrible de Ra- ligion Réformée dès qu’il le pourroit, 8c de n’entrepren-vaillac ; car on dil'oit que la lecture de Mariana avoit inspi- dre la guerre contre la Maison d’Autriche que dans cette,ré a ce cruel assassin l’infame dessein de poignarder Henri vue. Ainsi Ravaillac, en raisonnant fur les principes dequatre. Voila pourquoi le Pere Coton fit publier une Let- Mariana, 8c en y joignant selon la coutume un sens d'ac-tre qu’il avoit écrite à Marie de Medicis veuve de cePrin- commodation , pouvoit fort bien croire qu’il n’avoit pasce, où il cita quelques Jésuites célébrés qui enseignoient le moins de droit que Jaques Clement. II ne se trouvoit quecontraire de ce que Mariana avoit soutenu. II fit plus, trop de personnes doctes, 8c à son sens très-prudentes,quicar il soutint que le Livre de ce Jésuite Espagnol fut con- le confirmoient dans son pernicieux dessein, 8c cela pourdamné Pan 1606 dans l’une de leurs Congrégations. Je le bien de la Religion. Voiez dans la Remarque ( K ) faraporterai ses propres paroles ( 52. ) : Tel doneques estant le Réponse a ceux qui lui demandèrent pourquoi il avoitJens ex telles les sentences de ces Doâïeurs, graves ex signalez commis cet assassinat; 8c souvenez vous qu’il déclara de-de nostre Compagnie , quel préjudice peut apporter ïopinion par- vant les Juges, que la volonté de tuer le Roi lui vint pourcetìculiere de Mariana à la réputation de tout un Ordre, lequel y rie ce Prince n avoit voulu \comme il en avoit le pouvoir) re-estant selon son Institut , extrêmement jaloux de la manutention duire ceux de la Religion prétendue Reformée à ï Eglise Catholi- f( ,
des samùtes ordonnances de ï Eglise, ex respettant la puissance Apostolique, ex Romaine (56), & parce quil avoit en- ài,co//>
er amheriú des Roy s, qui pour le temporel relevent de Dieu tendu que le Roi vouloit faire la guerre au Pape «jr transférer Tomes,seul, a dés long tems désavoué la legereté d'une plume essorée, ie St. Siégé à Paris (57); car faisant la guerre contre le Pape, folio 44°-cr nommément en la Congrégation Provinciale, de France tenue disoit-il (58), cestoit la faire contre Dieu; d'autant que le EoUzen cette ville de Paris, l'an 1606, ou d’abondant le Reverend Pape estait Dieu, ex Dieu estait le Pape. vìrpt^
Pere Claude Aquaviva Général de nostre Compagnie fut requis, Un Ecrivain Catholique, qui réfuta la Lettre déclaratoi-que ceux qui avoient eferit au préjudice de la Couronne de te du Pere Coton par un Livre intitulé ï Antï-Coton (59), ( S7 ) iJ-ro'"
France, fusent réprimez, cv leurs Livressuprtmez.: Ce que ledit m’aprend des choses qui doivent trouver ici une place. Ce me, folio 44*Reverend Peie a faiêt depuis fort ferieufement ex exaélement Livre de Mariana, dit-il(óo), ayant esté premierement impri- ver st.tres marry que par mefgarde, en [on absence , ex fans avoir mé à Tolède fut apporté en France tl y a huiíl ans , ex présenté . ■
veu l'oeuvre on se fuftstrvy de son adveu: Les paroles dont il Roy, ex les clauses séditieuses de ce Livre represtntées â fa [ifusa en fa response sont telles (5 3) .• Nous avons approuvé le ju~ Majesté, laquelle ayant appelle le Pere Cotton luy demanda 44/.gement c?* le foin de vofrt Congrégation, esr wons esté grande - s il approuvoiî cejje do5fnne. M.tûs le dit jésuite, qui plie auxment attristez., que l’on ne se soit apperçeu de cela quapres l’im- Occasions, ex stait s’accommoder au temps, dit qu il ne l’ap- (f 9 ) 1
pression de^ tels Livres : lesquels toutes-fois nous avons soudain prouvoit pas. iuyvant laquelle response Ja Majesté , par le con- fatu'
commande d ésire corrigez., ex aurons foin tres exaftedéformais Jeil de Monsieur Bervin, Jon Avocat General, commanda it Ouvysstatque telles choses n adviennent. De fait à grand.’’ peine trouve- Cotton d’ejcrire à l’encontre .- mais il s en excusa, fauchant Ministreroit on maintenant un seul exemplaire de Mariana, n’eu(l esté bien qu il ne pouvoit escrire a, l encontre , sans s’opposer au Ge- Pierre dula pernicieuse libéralité des Heritiers de Wechel, que l’on jçaìt neral de l Ordre ex au Provincial de Tolède, ex à un corps de Moulin»estre de la Religion prétendue Reformée , qui l'ont saisi imprimer Jésuites qui avoit approuve ce Livre. Ft maintenant qu il void --
à leurs propres cousts, non tant pouffez,, tomme il est aisé à pré- que par la mort du Roy les Jésuites font chargés d'une haine ^ ffumer, du destr de servir le public , que de nuire au particulier universelle, L? qu il se void preste par la Cour de Parlement, imprimé Wde nostre Compagnie. Pour ce qui concerne la lecture de & s ar l* Sorbonne, il a eferit une Epistre Declaratoire, oh il i«i°, p4-Mariana par Ravaillac, on soutint dans la même Lettre condamne voìrement Mariana: mais en termes fi doux, ex fi «dru»que Messieurs du Parlement sa voient par la reiterée depost- douteux, qu on void bien qu’il a peur de l’offenser, disant sta-tion du malheureux, que Mariana ri avoit en rien contribué lement que c’est une legereté d’une plume essorée, au lieuà l'execrable parricide, ex ne i avoit peu faire, attendu que d’accuser la personne d'Hereste, ex de trahison perfide , ex b ar-ec mesthant n avoit suffijante intelligence de la langue en la- bare, ex la dofîrine d'impiété, ex inimitié contre Dieu ex lesquelle stn Livre eftoft eferit. En quoi Jedecouvre, poursuit hommes. Et quand mefme il reprendsoit Mariana, comme tlle Pere Coton, la peu charitable intention de ceux qui vont faut, st est ce que c’est {comme dit ï Abbé du Bois) âpres la - -1
disant qu’il le f avoit tout par cœur (54). Dans un autre mort le médecin, ex fuioit avoir eferit lors que le Roy le luy (6r)
Livre le Pere Coton revint à la charge. Les Hérétiques. . . commanda, ex ne laifferpoint enraciner cefte opinion dans l’efi *1- v f tt ‘de France, dit-il ( 55 ), ,, veulent que Mariana ait induit pxit du peuple, laquelle luy a cousté la vie peu d’années âpres. jtéíou pe „„ Ravaillac à faire son coup malheureux 8c execrabJe, Le Pere Coton articula huit mensonges dans ce narré. d’Eud**.
„ comme le sçachant tout par cceut: , A quoy on repli- Voiez sa Réponse Apologétique à PAnti-Coton (61). Au J oWt é e5 C o-„ quêta cent 8c cent fois au péril de l’honneur, 8c de la reste, les Jésuites de France ne furent pas les seuls harcelez ;4<
„ vie, que Ravaillac ne vid, ne leut, 8e n’entendit ja- ^ sujet de leur Confrère Mariana: ceux d’Allemagne eu- t0U ' 1„ mais le nom mefme de Mariana, fi ce n’est quand on rent part à la tempête, comme il paroît par P Apologie (sz)
„ luy demanda s’il l’avoit leu, 8c u respondit, que non, hue Jaques Gretserus fut obligé de publier (6z). Ajoutons /»«. re*
„ & ne sçavoit que c’estoit; tesmoing le Reverend Pere ce Passage de Conringius: Prodiit ex alius ejus (Mariante) t í Ii0 yolíó'
„ Monsieur Coeffeteau ,, tesmoing aussi l e procès verbal libellas, De Institutione Régis, multa pr&clara continens, in 'ss.D p -„ qui en a esté dressé: D’où 1 on doit inférer ce que peut quo liberrime judicat , quomodo Reges instituendistnt: N»n du- c° t0íl ‘" s st„ la calomnie éshontement foustenue: car n’y ayant rien bttavit autem ex apert'e quoque docere, si Rex vel anathemate r* rlt fpé-„ plus faux que de dire que ce malheureux ait seulement taflus vel excommunicatus , ac nonnihil receffit d Romauâ L ,fcí toice '
„ veu la couverture du Livre de Mariana, quelques-uns Ecclesiâ , licere m illum gladio, ignéstìlhet animadvertere.
„ du vulgaire neantmoins croyent, à force de P oui r dire, Eâ tamen pietate videri volait , m dixerit , Regem veneno st
a, qu’il le sçavoit d’un bout à l’autre, comme il a esté dit. tolli non licere , quasi vero. Combustus vero hic est liber ob
,, J’adjousteray que quand bien Ravaillac Pauroit leu , talem doSlrmam horrendam Parisiis, ex coadlt fuere JesuitA„ toutesfois il est très-faux, que Mariana enseigne le meut- disstnsum profiteri. Non dubitavit ex Mariana Sicarium Hen- , 6i ) R S£ ',
-, tre 8c le parricide, que ce malheureux a commis; ce rici IV Régis Gallise inter Sanctos rnemorare ( 63 ). je croi , n an- c °^
-, que neantmoins en cet endroit 8c par tout son Libelle que Conringius se trompe deux fois: Mariana n’assûrepoint rioZ^'
» le Calomniateur tasche de persuader: Ains il seroit en qu’il soir pçrmis de tuer un Prince qui s’écarte tant soit S^Ln.
-- Ce riaìne maniéré à désirer que Ravaillac eust leu Ma- peu de la Communion Romaine, ou qui est simplement st,J ?°P e” £ ana ’ en ^ as i'^ust peu entendre: car diíèrtement, excommunié: 8c comme son Livre a précédé-de plus de„ 8c expressément Mariana enseigne (comme le mdnstre dix ans la mort d’Henri IV, si n’a pu y faire mention de ce ^ aí n>
,, Cietierus) qu’un Prince légitimé ne peut estre tué par Ravaillac. Si dans d’autres Livres il avoit parlé de ce mons- ^4.
,, un particulier de fou autorité privée Le Pere Coton tre comme d’uu saint, on n’eût pas manqué d’en faire re- ‘ “
proche