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très-mortifians, que l’on renouvelle tous les jours, qui ne finiront jamais, que les Historienscopieront passionnément les uns des autres, 6c qui parodient d’autant plus plausibles, qu’il futimprimé avec de bonnes Aprobati ms (/). On publia que Ravaillac y aVoit puisé Pabominabledessein qssil exécuta contre la vie d’Henri IV, & qu’il l’avoit avoué dans son Interrogatoire.Ce fait fut contredit publiquement (K). Un autre Traité du même Jésuite a fait bien du bruit :
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proche aux Jésuites, toutes les fois qu’on leur eût repré-senté les Maximes séditieuses de Mafiana, depuis l’impres-lion de ces autres Livres. Or je ne pense pas qu’on Faitjamais fait. On a tòûjours mis une grande différence en-tre Ravaillac & Jaques Clement. Celui-ci a eu des Apro-bateurs publics, & même des Panégyristes; l’autre n’ena jamais eu que je sache. La raison de cela est sen-sible : Henri III étoit excommunié quand il fut tué;mais Henri IV étoit réconcilié depuis long-tems avec lePape.
Remarquons par occasion que Mr. de Seckendorf poUr-roit être critiqué. II prétend que la doctrine de Marianaconsiste en ceci, c’est qu’un simple particulier animé, oupar son zèle, ou par les ordres du Pape, peut attenter àla vie des Rois Hérétiques. Dudum quoque mâle audiit,dit-il (64), Jesuitarum Societas propter doclrinam Joh. Ma-riante, itidem Jésuite Hispani, aliorumque, qui statuerunt,heitum, immo laudabile esse, fi quis , privatus licet aut fub-dìtus , Regem aut Principem h&reticum , mandata Pontifiât,vel etiam ex zelo religionis quovis modo L medio tollat. Maisil est sûr que Mariana se tient à la These générale, & qu’ilne dit rien en particulier, ni des Princes hérétiques, ni despermiíïìons, ou des dispenses de la Cour de Rome; sesMaximes regardent toutes les Nations 8c tous les Tyrans:il n’exclut point de ses réglés les Protestans qui se trouve-roient fous un Régné tyrannique; il n’en exclut point lesMahométans, ni les Païens: il traite cette question toutcomme auroit fait Aristote : & je ne voi point ce que Mil-ton & ses semblables, qui font en si grand nombre, pour-roient trouver à redire dans les Hypothèses de cet Espa-gnol, à moins qu’ils ne condamnassent le préambule dontil s’est servi en faveur de Jaques Clement; mais ce préam-bule n’est pas son dogme précis, il désigne seulement parle moien des conséquences l’aplication que F Auteur veutfaire de ses Maximes (6$ ).
(/).... ll fut imprimé avec de bonnet Aprobations .JPierre de Onna Provincial des Religieux de la Rédemp-tion des Captifs l’aiant lu 8c examiné par ordre du Roid’Espagne le loua, Lc le jugea digne d’être imprimé. L’Au-teur obtint un Privilège de sa Majesté Catholique pour dixans. Etienne Hojeda Jésuite Visiteur de la Province deTolede, & autorisé par le Général de la Compagnie, per-mit l’imprefîion de l’Ouvrage, après avoir fuie bon té-moignage qu’en rendirent quelques Jésuites doctes & gra-ves. L’Auteur de l’Anti-Coton fit valoir cela , afin d’im-P 1 er a tout le corps la doctrine de cet Auteur. Et à finqu on J gâche, ait-il (66), que ce ri est point l'opinion de peude jésuites , au front du Livre de Mariana , il y a une apro-
ou par celle des Evêques, Sîc. S’ils apfouvent une Héré-sie, en faut-il conclure que le Prince, ou que le Prélat,dont ils ont reçu leur commission, aprouve cette Hérésie?Nullement, à moins qu’on ne sache ou qu’ils ont com-muniqué à leur Maître le Manuscrit, avant que de l’a-prouver, ou que leur Aprobation a été ratifiée. II est bienétrange, que ni le Pere Coton,ni le Pere Richeome (68),n’aient pu se servir de cette raison. Leur Confrère Eude-monjoannes n’eut point la berlue comme eux à cet égard.Voici ce qu’il répondit à F Auteur de l’Anti-Coton : Pag.l$. Affirmât Mariana librum à Générait Societatit atque àProvincial! Toletano approbatum fuijfe : pag. a z Apologiammeam pro Henrico Garneto editam este cutn approbatione Pra-pofiti Generalit. XJtrumque mendacium est. Nam moderato-ret nostri librot non recognofcunt ipfi: fed alits tradunt recog-nofeendot ; qui fi eot probaverint , tum demum poteftatem
edendi faciunt . Neque difficilis efi forma diplomatie,
quod legitur in libro Mariana , cujut edendi poteftatem Gene-ralit non fecit, fed Vifitator , non , ut tu feribit Provincialit,cui partet. in ea re suât Generalit delegarat , ut st liber it de-fignatìt eam ad rem Théologie probaretur , imprimendt ejutfacultatem dare poffiet (69). Le véritable moien de rendrecomplice Aquaviva des dogmes affreux de Mariana íeroitde prouver qu’après avoir su ce que son Subdélégué, ouson Commissaire, avoir permis d’imprimer, il en fut con-tent , 8c qu’il consentit que Mariana laissât dans son Livretout ce qui s’y rencontrojt. Mais les Jésuites donnerentbon ordre qu’on ne pût les prendre par cet endroit-là. Usfirent savoir au public (70) que leur Pere Général étantaverti par Richeome Pan 1599, b par leurs Peres de Fran-ce ;, commanda que le Livre de Mariana fut corrigé , e? n eneut on veu , dirent-ils (71), aucun exemplaire fans correc-tion , fi les Hérétiques qui en pensaient faire leur profit , neÌeussent auffitost r imprimé. Us publièrent un fragment deLettre d’Aquaviva fur ce sujet (72.), Lc même le Mande-ment général qií’il envola à tous les Colleges.des Jésuites,par lequel il-leur défendoit de publier, 8c d’enseigner au-cune doctrine qui tendît en quelque maniéré à la ruinedes Souverains (73). Prapofitus Generalit cum de Marianalibro à Patribus Provincu Trancii accepijfet ,refpondit; Primumcollaudaré se studium , judiciumque Provinciae ; deindeasgerrimè tulisse, quod libri ii ante emiíîì essent, quàmejus rei quicquam ad se deferretur. Caeterum, & ubi prsemum rem accepiffet, mandasse utì corrigeretur, 8c scdulòdaturum operam, ne quid ejusinodi in posterum accideret.Neque eo contentus (cogit enim me itnportunitas tua efferrein vulgus ea , qm Societatit legibus vulgari non oporteret •) de-cretum etiam addidit véhément & grave; ne quit e nostrit
(58) Ei-cheome,.ExamenCatégori-que duLibelleAnti-Coton,'
Chap. XIX,pag. 16S,
ISS.
atton z? permission d imprimer ,du General de l Ordre Aqua- hominibut aut publtce quicquam scriberet , docéretve ; autviva , cr de Stephanut Hoyeda , Vìfitateur de la Société de privatim çonfilii cuiquam daret , quod in principum perniciemJejut en la Province de Tolede. Qui plut efi , en la mefime ulla ratione vergeret. Quod , quia vulgandi ejus Praposituspermission d'imprimer, il y a (J) qu avant ladite permission Generalit mihipotestatem fecit,ipsit ejut verbis adjeribam (74).concédée, ces Livres de Mariana ont esté approuvés par Voler les réflexions qu’a faites fur tout ceci George Hor-
(69) Etida:-
mon Joan-
H6S j in Con*
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Anticototû,
St.
(70) r.;.
cheome,ExamenCatég. de1 Ami-Coton,isz.
(71) Lk-
(72) Votez,cì~deffhs ci-tation ( s 3 ) ,ét la colonneprécédente ,Citât. f|).
(73) Eudte-mon Joan-nes, in Con-futationeAnticoton. ;
c “p. I , pag,
3 9 .
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des hommes doctes & graves, de F Ordre des Jésuites.
ont s enfuit que quand mefme le General -Aquaviva auroitej e jurprts , ( comme le pere Cotton nous veut faire accroire,forgeant des lettres de cefi Aquaviva à fa poste) fi est ce quele Vifitateur er les Dofteurs Jésuites , qui ont examiné le Li-vre avant l’impreffion , ne peuvent avoir esté surpris. Re-portons la Réponse du Pere Coton: on y trouve une choseassez surprenante. „ Le Calomniateur révoqué en doutela réponse du R. Pere General Claude Aquaviva; maisla teneur (Ficelle, inférée en marge (J), tera voir quel’on n’impose pas pomme luy. Et quand aux Docteursdont il fait tant de bruit, lesquels ont aprouvé Mariana,iís ne font que trois, nombre qui est beaucoup plus pe-tit que celuy des trente ou quarante qui ont approuvéles treize ou quatorze Livres de notre Compagnie, quiont enseigné & foustenu le contraire de Mariana, con-formément au Concile de Constance. Et fi l’autoritédu Reverend Pere General doit estre alléguée à ce pro-pos , n’est-elle pas plqs considérable en la permissionssifil a donnée au grand nombre d’Autheurs, d’imprimerce que dessus; qu’en celle qu’on luy reproche d’un seul» Mariana (67) ?
Ce qu’il y a de surprenant dans ces paroles, est que le"ere Coton avoue que le Général Aquaviva aprouva leLi-Vr Ç de Mariana, & en permit l’imp'reísion. -Or c’est cesise ne paroît point à la tête de cet Ouvrage : on n’y trou-'tfi si ce n’est que le Pere Visiteur, chargé d’une commis-jon spéciale du Général, permet que le Livre de Marianaon imprimé. Cela prouve seulement que le Général Aqua-1Va av óit commis ce Visiteur à la charge particulière dePermettre ou de défendre l’impreffion des Livres cosnpo-co des Jésuites: en conséquence de quoi ce Visiteurà ENtit que Mariana publiât son Livre. Mais ce n’est pasdepfí-^ le Gér >éral ait su, ni que Mariana avoit écritcistitutione Principis, ni que ce Livre contenoit une doc-tnne pernicieuse. “ ‘ - *
. . U y a des Genseurs de, Livres dans tout
E _ > qm exercent cette Charge par l’autorité du Prince,M. iu. & 1
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nius Professeur à Leide (75).
(JC) On publia que Ravaillac y avoit puisé . ... c? qu ilP avoit avoué dans son Interrogatoire. Ce fait fut-contreditpubliquement .J Les Passages du Pere Coton raportez dansla Remarque {H) seroient une preuve sufisante de ce 1 ex-te; néanmoins j'y ajoûterai quelque chose. On trouvedans le Mercure François (7 6) FInterrogatoire de Ravail-lac; mais pas un mot de Mariana. On trouve-que pen-dant les deux jours qu’il fut gardé à ïhoftel de Raiz., il ré-pondait à ceux qui lui demandaient qui l'avoit meu à cefiattentat: „ Les Sermons que j’ay ouys, auí'quels j’ay ap-„ pris les causes pour lesquelles il estait nécessaire de tuer,, le Roy. Aussi, sur la question, S’il estoit loisible de tuer,, un Tyran, il en spavoit toutes les dessaisies or diftinílions ,„ C? estoit aysé à recognotstre qutl avoit esté soigneusement„ instruit en ceste matière : car en tout autre poindt de Theo-„ logie il estoit ignorant , cr meschant , tantost disant une„ chose, cr puis la niant”. Ce n’est nullement une preuvequ’il eût lu le Livre de Mariana; car il avoit pu aprendrede vive voix, ou par la lecture de plusieurs autres Ouvra-ges, soit imprimez, soit Manuscrits, tousses principes dece Jésuite Espagnol. 11 est très-possible que cette Proposi-tion soit véritable : Un tel fait parfaitement les maximes deMariana , zsr néanmoins il ne fait pas qu il y ait eu un Au-teur nommé Mariana. Afin donc de taire voir que Ravail-lac avoit lu le Livre de ce Jésuite, il faut des raisons plusfortes que celle-ci, il savoit la doéîrine de cet Ecrivain; ilfaut d’autres Argumens que ce Passage du Mercure Fran-çois (77). „ pe mefme jour de ceste exécution (78),
,, pour ce que Ravaillac en toutes les tefponses aux dc-„ mandes que l’Archevefque d’Aix,le Prc-dicateurCoëffe-„ teau, & plusieurs autres luy avoient faictes durant fa,, prison sur le parricide qu il avoit commis, s’aydoìt sub-,, tilement des maximes de Mariana, & autres qui ont„ escrit, Qu’il estoit permis de tuer les T yrans : Avant que„ proceder de nouveau à la deffence de tels Livres, la Cour„ voulut avoir la délibération de la Faculté de Théologie,Ttz
(74) O» voltà U suite dececi 9 dans ULivre íjí’Eu-dœmonJoannes, UDícret duGénéral des
Jésuites.
P s) In Disefertationib. 'Histor. ScPolitic. pas■'« 6&fiq.
( 75 ) rTome , feuilt,440 é salie,
(77) MercureFrançois,
Tome J y
folio 457 .
( 78 ) C’e/l-k-dire celle de%avaiUac >
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