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Tome troisieme. K - P.
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( 79 ) Là-

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4 P 3 .

0°) -Da?» /íí(L).

(8ï) Et nom*mément entreles mains deNicolasT^icardìusdominicain -surnommé leMonfire , àcause de songrand espritdr de sagrande doc-trine. Ber-íiardinGiraldns,ttbi infrà .

^82) Tiré deBernardinGiraldus,Apologiajíko SenatuVeneto,pag. m t 104& se J.

(83) Ale-gambe, pag.3jS, col. z.

(84) 11 fau-drait peut-être lire mo-rdras, qumorbis.

(85) Con-ringius,tic RegnoHifpan.apud Popeïlount,CensuraAutorunr ,t a g- 614.

§ C«) Lisezdonc meniisdans Con-lingius, &non pas nimaribtts nitnorbìs.

B.EH.

C R I T. ,

(86) Ordon-nance deCharlesMaurice leTellier,f“g. S S Edit.ík DelftiLpS.

(87) Là-

7 nbnt , pttg,

S 7 ,

zzr M A R I A N A.

c’est celui ou il remarqua les défauts du Gouvernement de fa Compagnie (A), mais ses Confrè-res ne demeurent pas d’accord qu’il soit F Auteur d’un pareil Ecrit (M). Ses Scholies fur l’E-criture ont mérité l’aprobation du Pere Simon (iV). J’ai oublié de marquer que le mal qu’il ditdu Roi Henri 111 fut cause en partie que son Ouvrage de l’Institutíon du Prince fut condamnéà Paris (O).

8c enjoignit aux Doyen & Syndic, 8cc”. Notez qu’en-core qu’on eût été très-certain que í’aíTaffin n’avoit pointlu Mariana, ôn n’eút pas laissé de pouvoir faire raisonna-blement aux Jésuites la Remontrance que leur fit en chairel’Abbé du Bois. Ils s’en plaignirent à la Reine, & accu-sèrent cet Abbé: „ Que durant les Octaves du 8. Sacre-„ ment qu’il preschoit à S. Eustache, en traictant la ques-,, tion, s il estait loisible de tuer les Tyrans , 8t réfutant le,, Livre de Mariana & autres, il avoìt fait une Exhorta-,, tion aux Peres Jésuites, à ce qu!ils eussent far cy-afrés„ tres-grand foin que jamais aucun Autheur, qui feust offencer„ la France, ne sortist en lumière , avec le nom de leur Com-,,pagnìe , est approbation de leurs supérieurs , s’ils ne vou-„ loient de gayété de coeur s exposer à des dangers, que toute„ leur prudence fortifiée de l autorité de leurs confidents ne,, sf auroit eviter. Voylà les principaux points de l’accu-,, fation fur lesquels on dit à la Royne que telles paroles,, avoient pensé efmouvoir une sédition contre les Jesui-„ tes. L’Evesque de Paris eut charge d’oíiyr le dit Ab-,, bé, lequel en fa deffence luy dit, Que ce n’estoit ny„ passion ny inimitié, ny rancune contre les Jésuites, ou,, autres, qui l’avoient porté à prelcher ce qu’il avoit pres-„ ché: mais l’effroiable horreur, & l’indicible douleur de„ l’eslrange mort de son très-bon Maistre: & le doute pro-„ bable du péril du Rojr 8c de la Royne, tandis que les„ maudits Livres de Mariana 8c autres auroient cours par-,, rny les hommes : ce qu’entendu par l’Evesque il le ren-,, voya, après l’avoir doucement admonesté de vivre en„ amitié avec tous les autres serviteurs de Dieu, & fur„ tout avec les Jésuites; 8c de continuer à prelcher l’o-„ beyssance deuë au Roy 8c à la Royne, 8c à louer les„ hauts mérités du feu Roy,.fans offencer personne (79).

( l ) Le Livre ob il remarque les défauts du Gouverne-ment de fa Compagnie. ] Pendant que le Duc de Lerme ledétenoit en prison pour les causes dont j’ai parlé «-des-sus (80),tous ses papiers furent épluchez par François SofaEvêque d’Osma, 8c Conseiller d’Etat, qui eut ordre d’a-bolir tous les Manuscrits qu’il y trouveroit, où la négli-gence du Roi, Sc les ruses du Duc de Lerme scroient cri-tiquées. Cet Evêque trouva un Livre écrit de la propre-main de Mariana, del Govierno de la Companìa de Jésus,où l’Auteur représentoit les malheurs funestes dont la Com-pagnie étoit menacée, si elle ne corrigeoit les désordres deson Gouvernement : sur quoi il suggéroit de fort bons con-seils. L’Evêque d’Osma ne fit point difficulté de donnerà lire ce Manuscrit à ses Amis, 8c de leur en laisser tirerdes Copies. De là vint que cet Ouvrage tomba entre lésmains de quelques personnes (81) qui 1 envoierent cilFrance, en Allemagne, 6c en Itàlie. Un Libraire Fran-çois le fit imprimer, non seulement en Espagnol, qui étoitla Langue de l’Original, mais aufiî en Latin, en François,& en Italien. Dès qu’il eut été porté à Rome, le JésuiteFloravanti Confesseur d’Urbain VIII le lut, & s’écria,heu! heu ! abium est de nobis Jefuìtis , quando nïmìs ver aJunt qu/t liber hic cantat. Le Général des Jésuites n’épar-gna rien pour obtenir la condamnation de ce Livre, &cela lui fut enfin accordé l’an 1631 (82). L’Auteur que jecite allégué quelques endroits de cet Ouvrage de Mariana.Vous le trouverez tout entier en Espagnol & en Françoisdans le II Tome du Mercure Jésuitique imprimé à Gene-ve l’an 1630, 8c vous en verrez tout le VI Chapitre dansles ArcanaSocietatis Jefa imprimez au même lieu l’an 1637.Le Pere Alegambe n’a pu se taire sur ce Livre de Maria-na. Voions de quelle façon il en parle: Circumfertur pra-tereà Hifpanice , Gallice , Italice , Latine excusus Discursusde erroribus, qui in forma gubernationis Societatis Jesuoccurrunt, constans 20 Capitibus. Burdigals fer Joannemde Bordeos mdcxxv in 8. e? alibi. Sed is clam illì fub-dublus, à malevolo quopiam ad conciliandam Socìetati ìnvì-dtam extrufus in lucem est: adjebíis etiam for tasse non paucis ,ut pronum est existimare, ab ipsius observationibus atque ani-ma alienis (83). Conringius s’est fort trompé, quand il adit que Mariana avoit publié lui-même ce Livre. Tantamlibersatem fibi ajsutnpfit,utC 3 -libellum ediderit de membrissèf)Societatis , quern licet supprimèrent Jesuita .tamen in médiaRoma editum esse constat : rariffimus hodìe est inventu (8;).J’ai de la peine à croire qu on 1 ait imprimé à Rome, quoiqu’en dise Conringius.

( M) Les Jésuites ne demeurent pas d'accord que Marianasoit l’Auteur d'un pareil Ecrit.] Cela parut dans une affairequ’ils eurent l’an 1697, 8c qui fit beaucoup de bruit. Mr.l’Archevêque de Reims publia une Ordonnance fort doctele 17 de Juillet de cette année-là, contre deux Thèses quiavoient été soutenues par les Jésuites de Reims , 6c se ser-vit du Traité de Jean Mariana des choses qui font dignesà’amendement (u) en la compagnie des Jésuites (86). II dit (87)que cet Auteur Espagnol, qui vivoit du tems des Congré-gations de Auxilïis , nous aprend les fâcheuses suites de lalicence que Molina 8c tant d’autres se sont donnéé d’en-seigner leurs visions,,. . „ Mariana dit donc au chapi-

Je

„ tl'e 4. . §[ue de la liberté d'avoir ses propres opinions font,, procedées plusieurs e? ordinaires broúillcries avec les Peres,, Dominicains, qu’il déclaré, que les Jésuites auroient mieux,, fait de reconnoiftre pour maiftres. II adjoûte, qu à l’occa-„ fion d’un livre, qu écrivit le Pere Molina fur le sujet de„ la grâce & du franc arbitre, ces Peres s’altererent bien fort ,„ recoururent à ï’Inquisition, là à Rome, là où il dit,

„ qu encore au temps qu’il écrìvoit, le procès continuait, e?„ se menoit avec beaucoup d'opiniâtreté e?* de passion, cr que„ quand bien les Jésuites en sortiroient vìblorieux , ce qui,, estait encore fort douteux, ìl leur auroit toujours coufté plu-„ fienrs milliers, zsr l'inquiétude de plufieurs années”. Jelaisse les autres Extraits du même Livre qui se trouventdans l’Ordonnance de ce Prélat. Mais voions ce que lesJésuites lui répondirent. Ils alléguèrent d’abord deux outrois Raisonnemens, 8c puis ils parlèrent de cette manié-ré (88) „ Mais, Monseigneur, fans tant raisonner,„ je dois vous le dire, ce Livre ne meritoit pas l’hon-,, neur d’estre cité dans la Pastorale d’un grand Archeves-„ que. En voicy l’histoire en deux mots, telle que la ra-„ content nos ennemis, dont cependant je ne prétends„ pas me faire la caution. Ce Manuscrit fut enlevé à Ma-„ riana, disent-ils, lorsqu’il fut mis en prison à Madrit,„ pour un autre Livre qu’il avoit fait contre le change-„ ment des monnoyes, 8c dont les Ministres d’Espagne,,, sur tout le Duc de Lerme, se tinrent fort offensez. Lar„ chose arriva en 1609 ou 1610. II paroist par-là que les„ ennemis des Jésuites gardèrent le manuscrit durant quinze„ ou seize ans: c’est-à-dire pendant tout le reste de la vie„ de Mariana, qui auroit pu s’inscrire en faux, ou à -rai-„ son de la supofítion d’un tel Ouvrage , ou contre les„ falsifications qu’on y avoit faites. II ne fut imprimé„ qu’en 1627, incontinent aprés la mort de ce Pere, qui,, mourut en 1624, âgé de prés de 90 ans. Cette feule„ circonstance rend ce Livre très-suspect, 8c on traite de„ supposez des Livres pour des raisons moins fortes. Ceux„ qui le firent imprimer, ne le firent que pour décrier nos-„ tre Compagnie: peut-on douter qu’ils n’y ayent du moins„ changé 8c ajousté beaucoup de choses ì Mais ce qui ne,, laisse nul lieu de douter de la fourberie, c’est qu’on n’en„ a jamais produit l’original, ni marqué le lieu où il estoit,„ quoyque les Jésuites de ce temps-là se fussent d’abord„ inscrits en faux. Défait, l’endroit mesme, qui est ci-,, té dans la Pastorale , est tellement contraire aux idées„ de Mariana fur la matière de Auxil'ùs, qu’il faudroit le„ croire fou pour s’imaginer que cela soit de luy. Oh luy„ fait dire en cet endroit, que les Jésuites auroient mieux„ fait dans les Controverses fur la grâce , (J) de reconnoistre„ les Dominìquains pour maìstres, que de se brouiller avec„ eux : (*) Et Mariana dans son Ouvrage intitulé , De„ morte & immortalitate, qu’il écrivoit dans la plus grande„ chaleur de ces Disputes, ainsi que luy-mesme le marque,

„ prend fl sortie contrepieddela doctrine des Thomistes que

„ Molina ne le feroit pas davantage Voiez la marge (89).

(ifí) Ses Scholies fur l Ecriture ont mérité l’aprobation duPere Simon.] „ Les Scholies ou Notes de Mariana fur le„ Vieux Testament peuvent aussi être très-utiles pour„ intelligence du sens literai de l’Ecriture, parce qu’il„ s’est appliqué principalement à trouver la signification„ propre des mots Hébreux. C’est ainsi qu’au commence-„ ment dé la Genesc, il a remarqué judicieusement, que„ le verbe Hebreu bara, qu’on traduit ordinairement créer,„ ne signifie point selon sa propre signification, faire de„ rien, comme on le croît ordinairement: 8c que même„ les Auteurs Grecs 8c Latins qui ont inventé le mot créer„ en leurs langues, n’ont pu lui attacher ce sens, d’au-„ tant que ce qu’on apelle maintenant création, ou pro-„ duction de rien , leur a été tout-à-fait inconu. Bien„ que ses Notes soient assez abrégées, st auroit pu éviter„ quelques Remarques qui font purement d’érudition, 8c„ qui ne servent point à l’éclaircissement de son texte.„ Ces sortes de Digressions lui arrivent néanmoins rare-„ ment, 8c l'on peut dire que Mariana est un des plus„ habiles, 8c des plus judicieux Scoliastes que nous ayons„ fur la Bible. II est vrai que la connoissance, qu’il avoit„ des langues Greque 8c Hébraïque, n’étoit que medio-„ cre : mais la pénétration de son esprit 8c sa grande ap-„ plication suppléent en quelque façon à ce manquement.„ II choisit d’ordinaire le meilleur sens, 8c il n’est pas mê-„ me ennuyeux dans les differentes interprétations qu’il,, raporte (90)”. Dans un autre Ouvrage le Pere Simona parlé ainsi (91) : „ A l’égard de Mariana, ses Notes fur,, le N. Testament font de véritables Scellés, où st ne p a "„ roît pas moins de jugement que d’érudition. . . . (9 1 )-,, II feroit à deflrer que les Observations de ce savanthom-„ me n’eussent pas été st abrégées. Néanmoins st dit,, beaucoup de choses en peu de mots”. Volez auffi cequ’a dit le même Auteur (93) touchant le Livre de M a ~riana pour l’Edition vulgate.

(O) Lt mal qu il dit du Roi Henri m fut cause t# t ar s

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