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Tome troisieme. K - P.
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M A RI ANA. MARIE.

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Je doute qu’il ait fait le Livre de Republìca Christiam , qu’un Ecrivain Allemand loue beau-coup (P).

(H) Chez.BihhazirLìppuu isoj.Celle dûnt jefirs est de

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tie que son Livre de V Institution du Prince fut condamné àParis.] Cela est manifeste par la teneur de l’Arrêt : Vu parla Cour ... le Livre de Jean Martana, intitulé de Rege8c Régis Institutions, imprimé tant » Mayence (94) qtiauxautres lieux , contenant plufìeurs blasphémés contre le feu Roi,Henri III de tres-keureuse mémoire ; les personnes b Estaisdes Rois z? Princes souverains, zy autres propofitions contrai-res audit Decret. . . . Ladite Cour a ordonné zy ordonne. . . .que ledit Livre de Martana fera brusté par l’Exécuteur de la

haute Justice, devant l’Eglise de Paris . Eait en

Parlement le 8 jour de Juin 1610. Si Mariana s’étoit con-tenté de dire qu’Henri III ternit dans un âge plus avancétoute la gloire qu’il avoit aquise dans fa jeunesse, on nepourroit pas le blâmer; car il est sûr que jamais Prince nese rendit plus dissemblable à foi-même que celui-là. Félixsuturas, fi cumprimis ultima contexuìffet , talemquese Prìn-cípem pr&ftitijfet, qualis sub Carolo fratre Rege suisse crede-batur adversus perduellìones coptarum bellique dux : qui illigradus ad regnum Polonia fuit procerum ejus gentis stffragio.Sed cefferunt prima pofiremis , bonaque juventa major sttasstagitio obliteravit. Defunblo fratre revocatus in patriam,Rexque Gallia renunciatus, omnia in ludibrium vertit (93).II n’y avoit pas plus de différence entre Hector victorieuxdePatrocle, 8c son cadavre traîné par un chariot (96);qu’entre le Duc d’Anjou victorieux à Moncontour, &Henri III obsédé de Moines & de Mignons, & contraintde quitter Paris au Duc de Guise. Les débauches com-mencèrent à énerver son courage; la bigoterie acheva del’efféminer. Ses Confrairies de Pénitens, 8c leur sac me

js n ‘ihi, qualis crdt 1 quantum mutât us ab illo Hcilore ; qui redit exuvias inàittus ..Achil-’ Ptl Danaúm Thrygìos jacultttus puppibus ignés ? Virgil. & n. Libr. II, Vers. zjo.

Jfci

fait souvenir de cet endroit de Mr. Desprcaux:

Dans ce sac ridicule ou Scapin s'envelope ,

Je ne reconoìs plus f Auteur du Misantrope.

Je ne reconois plus fous ce sac , sous cet équipage de fauxpénitent, ce brave guerrier qui triompha des Protestans àJarnac 8e à Moncontour, 8c qui mérita les suffrages desPolonois pour un grand Roiaume. Ultima prìmìs Obstant ,dijstmiles hic vir zy ille puer. Mais Mariana ne s’est pointborné à la Remarque de ce changement.

Notez néanmoins qu’on à tort de dire dans la der-niere Edition de Moreri (97), qu’il publia le Livre de Rege8c Régis Institutione pour justifier ïassassinat duRoy de FranceHenri III. Ce ne fut point son but. II traita la matièreselon Fétendue du Titre de son Ouvrage. Ce qui concernel’Autorité qu’il donne aux Sujets fur les Rois tyrans n’estqu’une très-petite portion de son Livre, 8c il ne fait en-trer là Henri troisième que par occasion, 8c en peu demots.

(P) Je doute qu il ait fait le Livre de Republica Chris-tiana qu un Ecrivain Allemand loue beaucoup. ] II à quec’est un Ouvrage excellent publié par Jean Mariana en Es-pagnol l’an 1615 , 8c dédié à Philippe trois Roi d’Espa-gne, & qu’après plusieurs autres choses ingénieusement in-ventées, 8c sagement proposées (98), on y trouve la des-cription de la tête d’un ho» Prince avec les usages légitimesdes cinq sens externes. Si 1e Jésuite Mariana eût publiéun tel Ouvrage, les Bibliothécaires de la Compagnie, 8çDon Nicolas Antoine l’eussent-ils passé fous silence?

MARIE,.sœur d’Aaron 6c de Moïse, paroit d’une façon assez notable dans l’Ecrituredeux ou trois fois pour le moins. Elle fut cause qUe sa mere fut choisie par la fille de Pharaopour nourrir Moïse {A). Elle se mit à la tête de toutes les femmes d’Israël après le passage dëla Mer rouge, asin de chanter le même Cantique que les hommes avoient chanté ( B ). Elle se

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si) Là-mê-

% Vers, 7.

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( A ) Elle fut cause que sa mere fut chaise pour nourrirMoise.] L’Ecriture raconte qu’après qu’il eut été exposé,sa soeur se tint de loin pour savoir (1) ce qu’il deviendroit,& qu’elle dit à la fille de Pharao qui s’étoit fait porter cetenfant , irai-je t’apeller me femme dlentre les Hebreuës quiallaitte, zy elle t’allaitera cet enfant (2) ! 8c qu’ensuite desa réponse , elle fit venir sa mere qui reçut ordre de lenourrir. Josephe, ne trouvant point que ce récit fût as-scz circonstancìé , fupose que la fille de Pharao emploiau abord des nourrices Egyptiennes, mais que Pensant n’envoulut tetter aucune, & que Marie faisant semblant den etre la que par curiosité, représenta à la Princesse qu’iletoit inutile de faire venir des nourrices qui ne fussent pasHebreuës, 8c qu’il seroit bon d’effaier s’il deviendroit plustraitable auprès d’une femme de cette Nation. La jeunefille reçut ordre d’en chercher quelqu’une, 8c ce fut famere qu’elle fit venir ; 8c comme Pensant tetta de boncœur celle-ci, on le lui donna pour nourrisson (3). Ce su-plement de circonstances n’est point mal imaginé, quoi qu’ilmultiplie un peu les miracles. Notez qu’il y a des Com-mentateurs qui trouvent que même selon le récit de l’E-criture il y eut quelque menterie dans les paroles de lasœur de cet enfant; car elle feignit d’aller chercher uneautre femme que sa mere. Là-dessus ils nous raportenttous les exemples des fraudes officieuses, ou pieuses, quise lisent dans les Ecrivains sacrez, celui de Rebecca, celuide Rachel, celui de Michol, 8cc., 8c concluent qu’il y ades ruses louables, 8c que la tromperie est d’une utiliténécessaire, non seulement dans la profeíîìon des armes, 8cdans l’administration de la Politique, mais aussi dans lesaffaires domestiques (4). C’est ce que vous trouverez dansle Commentaire dû Cordelier Jean Nodin fur le deuxièmeChapitre de l’Exode, 8c il se fonde sur P autorité de SaintBasile, 8c de Saint Jean Damascene. Que cela est hors dePropos! Notre Marie ne faisoit rien contre la sincérité,elle ne nioit point que la femme quelle vouloit faire ve-nir ne fût sa mere ; elle se contentoit de ne le pointavouer, n’étant point questionnée là-dessus, ni obligée paraucune raison à dire ce qu’elle savoir. Les protecteurs deséquivoques ne peuvent trouver ici quoi que ce soit quiles favorise.

(L) Elle se mit « la tête det femmes d’Israël .... asmde chanter le mime Cantique que les hommes avoient chan-Quand je parle ainsi je m’arrête à l’ordre de la nar-ration de l’Ecriture. Vous voler dans le XV Chapitre de1 Exode tout le Cantique que Moïse 8c les enfans d’ísraëlchantèrent après la ruine de l’armée de Pharao, 8c puisVous lisez ceci, Et Marie la prophetésse sœur d'Aaron prit** tambour en sa main, zy toutes les femmes sortirent aprésa "oec tambours zy fieutes. Et Marie leur respondoit,c hantez, à ï Eternel zyc. (5). Le mot pr&cinebat de la Vul-Sate me paroit meilleur que le respondoit de la Version de. neve ; car st y a beaucoup d’aparence qu» ce fut Mariestni entonna le Cantique, 8c qui conduisit le chant, 8cc n *i a âaá des femmes. Consultez Philon qui fuposeque Moïse aiant composé deux'Chœurs, l’un d’hommes

joignit

Sc l’autre de femmes, prit la direction de la Musique danscelui-là, & la donna à fa sœur dans celui-ci, 8c que cesdeux Chœurs se répondoient l’un à l’autre. II y en aqui croient que Moïse ou seul ou avec les hommeschantoit le Cantique , Sc que les autres en chantoìentseulement l’exorde qu’ils répetoient de tems en temscomme un vers intercalaire. Oleaster hac scribit .- Cre-diderim equidem , Mosen Sc viros Hebrseos Canticumhoc incœpisse, fœminas verò respondisse: ita quòd Mosesaut solus, aut siinul cum viris Canticum prosequebatur,fœminse verò respondebant feu repetebant illud exordiumCantici : Cantemus Domino , ut constat ex fine hujus Can-tici, ubi talia verba repetuntur à Maria. Hoc enim fole-bat in aliis etiam Canticis fieri, ut patet in Psal. izy, ubiunus aut duo dicebant : Confitemini Domino , quonìam bo-nus , quonìam in sternum misericordìa ejus. Et deincepsprosequebantur alios versus : Cœtus autem aliorum repete-bat semper illud : Gjuoniam in aternum misericordìa ejus.Idem quoque observare lìcet in primo libro Samuelis ca-pite decimo octavo. Solebant enim Prophétie choros ca-nentium ducere, dum laudes Del celebrarent. sic oleaster.Philo tamen in libro tertio de vita Mosis , ait, Mosendistribuifle omnem populum in duos choros, nnnin viro-rurn, in quo ipse viris prœibat Carmen : alterum, in quosoror ejus Maria prœcinebat fœminis. Ergò Môles priorquemlibet verfiim hujus Cantici canebat, 8c deìnde popu-lus eundem verfum cantabat. Sed enim idem Philo in li-bro de Agricultura, scribit, factos esse duos choros; unummulierum : alterum virorum, è diverfò fiantes, 8c alterniscarminibus fi bi invicem respondentes (6). Un Poète mo-derne (7) s’imagine que ce grand Prophète se mit au mi-lieu des deux Chœurs, 8c distribua les parties du chant,8c bâtit la mesure avec sa verge. Vous verrez la descrip-tion qu’il a faite des habits 8c des gestes de Marie; vousla verrez dis-je, dans ce Passage du Pere Menetrier (8).„ Aprés le passage de la Mer Rouge, Moyse Sc Marie fa„ sœur, pour remercier Dieu de la conservation de son„ peuple, Sc de la défaite des Egiptiens qui se noyèrent,, en le poursuivant, firent denx grands Chœurs de Muli-„ que séparés , l’un d’Hommes, Sc l’autre de Femmes,

„ & dansèrent, sur l’air d’un Cantique qui fait le Chapitre„ quinzième de l’Exode, un Ballet d’A-ction de grâces.„ UnPoëte moderne a décrit élégamment cette Dance au,, Livre sixième de son Poème du Voyage qe Moyíe.

„ N une (*) igitur memores animas ad Carmina metum,, Adjicite-, alternis subsultent castra choreis;

,, Littora divinas référant ad sidéra laudes.

„ sic fatus jubet in partes difeedere iurmas„ Adversisque choris médius, gestumque , modofqueDividit, éy virga moàulans prút Enthea verba„ H&c postquam faltata Viris , modulataque Vate”, Chironomo, paribus stimulis agit impetus idem„ Hebuas cdntare nurus, Diamque Pronaam„ Tìnnula concufsts ad tympana pfallere sisiris.

„ Profiluit sanSio Mofis soror excita Phœbo,

„ Pr&texta lambmté ptdes, cinéluqut modeste

T t 3 p, Casti-

(S> 7) CelleParis 1699,

<S8) Postr/iutta alfain lentos è ex~cogitât a cor-dateque pro -»lata, An-dréas Ca-lolus,bas S ange or-gianns inDucat n V¥ir*îembergicoMemorab.Ecclef S&-culì XVII,Zàbr-, II ,

cap.xxrr^

3? 8.

11 cite Sele-ruan,

f ■ V. u.e“s- ì 9 ì ,

secs. 449 p!.Notez, que ULivre qu’ilcite est le mi-me que f aicité ci-deffìtsVernir q. (/))de P ^Article

Durer.Citât. (12J,

(5) Perenu*in Cap. X VExodi, Ois-

f m. I, P4,.m. 484. .

(7) C’est unJ-faitc Lion-nots 3 nommeAntonitisAUlliams.Es-ìezu Alcgam-be, pag. 40.

(s) Mene-trier , desBallets an-ciens Scmodernes,

pag. 9 gj.

/w/xz.

(*) <Anton«Ldiìlìausl. 6 . MojtsviatQris %