Band 
Tome troisieme. K - P.
Seite
335
JPEG-Download
 

marie:

a if

W îaul£ oyer,Lfiuier ,

S >‘w de

íetit-p U y ,

ûiftionaìic

Q) ,?tttus

^•«wnjs

« H Vpe : -

^/piste

Sí v 'tsiis

&***

H

*• 4§.

«5 c °nf«-

‘*°n Ca-*nohq ue

1 %

y. n,

m . 32J>.

0) C\!í

ì'ÎV a!t

4“^ né

rs, "'.Éfrr Ie

lâr ,à «

>lf e -

ftieres années: L’Auteur (a), qui me fournit cet Article, ne parle point du paiement qu’ellevoulut faire aux bateliers qui l’avoient passée (A). La Confeffion de Sanci a trop abrégé l’His-toire de cette femme ( B ). C’eíl dans le Chapitre où il y a une fraude concernant Saint Domi-nique, Sc une Nonne nommée M^rie (C). Ce nom fera que ma Remarque ne fera pas tout-à-

íait

Evêque de Hierufalem. Nicephore Calixte liv. 8. ch. j de son Histoire. S. Jean Damascene en sa z. Oraison des Images )

{A) Du paiement quelle voulut faire aux bateliers quil’avoient passée .] N’aiant point d’argent à leur donner pourle prix de son passage, elle s’offrit à leur laisser faire de soncorps tout ce qu’ils voudraient. C’est ce-qui fait dire aucélèbre Pierre du Moulin, que les Auteurs des Légendesn’ont eu aucun jugement, & qu’ils ont tenu la même con-duite , que s’ils avoient eu pour but de tourner en ridicu-

Nonnain, l'appellant V huile £ amour ($). II est certain qued’Aubìgné falsifie la Légende («) ,afin de donner au Conteun air plus divertissant: or je ne croi point que les Loixde la Raillerie, ni même celles de la Satire, permettentcela. La Légende -de St. Dominique (6) porte qu’uneReligieuse, étant ravie en extase, crut le voir entrer dansfa chambre accompagné de deux frétés, & tirer de des-

ìes les Saints dont ils parlent. Vitas SanSlorum fie defcripfe- fous fa robe un onguent de très-bonne odeur, dont il luirttnt Pontificii, quafipropofitum eis fuijfet eos differre populo, frota la jambe, & qu’il apella le signe de charité. MariaC7 exfibilandos proponere. Marìam JEgyptìam perhibent cum fanblimonialis in Eâlafi rapt a vidit Dominicum cum duobus

non haberet unde naulum fiolveret , voluisfe facere nautïs cor-poris fui copiant , ut quod non habebat in are lueret in corpo-re (i). On me croira facilement, quand j’assûreraí que jene veux point prendre le parti des Légendaires; mais jene laisse pas de dire qu’un Ecrivain judicieux auroit pu nar-rer ce que Mr. du Moulin allégué comme une preuve d’unmauvais discernement: car s’il étoit véritable que Mariel’Egyptienne eût voulu fe prostituer aux bateliers en paie-ment de ce qu’elle leur devoir, 8 c qu’elle ne trouvoit pasdans fa bourse, je ne voì point par quelle raison un His-torien auroit dû le fuprimer. Cela n’est-il! point fort pro-pre à relever la miséricorde deD' eu > &1 efficace de sonesprit? Plus les déréglemciis d'une débauchée ont été énor-mes , plus devons-nous admirer fa conversion, & les lon-gues austéritex de fa pénitence. Ainsi le discernement exactn’engage point un Auteur, à ne rien dire sur les circons-tances singulières des impuretez d’une convertie. D’ail-leurs , on ne peut pas reprocher aux Légendaires d’avoirchoqué la vraisemblance ; car ces créatures victimes del’impureté publique, comme les apelle Tertullien , fontréduites quelquefois au dernier denier, ou bien elles ai-ment mieux faire plaisir de leur corps à un créancier, quede s’aquiter cse leurs dettes en mettant la main à la bourse.

(B) La Confession de Sanci a trop abrégé VHistoire de cettefemme .] Voici les paroles de d’Aubìgné (2): „ La Lé-„ gende des Saints est le jardin de l’ame. . . . Dans ce

fratribus ante letïum ejus intrantem , qtú de fub cappa un-guentum mira fragrantia proferens , tibiam ejus inunxtt , quantunSiìonem dileélionis esse fignum dixit ( 7 ). En comparantces paroles avec celles de la Confession de Sancy > quellesfalsifications île trouve-t-on pas ? La Légende ne dit pointque Dominique ait aplìqué un onguent à 1a jambe de laReligieuse; elle dit que la Religieuse extasiée crut voir ceSaint qui lui mettoit de cet onguent sur la jambe. Ainsice ne fut qu’un songe, & qu’une vision. Au pis aller,ne faloit-il pas en demeurer à la jambe ? Faloit-il corrom-pre le 1 exte, par la fausse Glose de semer de l’huile légereentre les cuisses ? S’il s’agiffoit d’un tronc d’arbre, ce fe-rait une méprise de rien : un peu plus près 011 un peu plusloin de la terre ne ferait point de diférence; mais dans unsujet comme celui-ci la diférence est capitale. Monsr, duMoulin, répondant à Petra Sancta, promet de parler ail-leurs de cette onction de St. Dominique (8). Je ne sais’il s’aquita de fa promesse : mais son beau-frere André Ri-vet, répondant au même Jésuite, s’arrêta litéralement &de bonne foi au Texte de la Légende: il reconut que cet-tt onction de la jambe n’étoit qu’un songe, & déclaranéanmoins que ces visions extatiques étoient ridicules 8 csuspectes (9). C’est de cela qu’il prétend que Du Moulins étoit moqué, 8 c non simplement de l’ufage des onctionspour la guérison des malades ; chose pratiquée ,par les

(r) D’Au-bigne',

Confessionde Sancy ,Liv r. I,

Chas. II,pag.}zS.

(6) D AnsJaques deVoragine.

(7) Jacob,de Voragi-ne, in All-ie?. Eegen-da, apudRivetnin Aï

Castìgat.Notaœsnin Epistol.Molinsi adBalzacúm,

CAp. VI,nam. 7 , Oper.Tomo III ,pAg.su.

(8) De Do-mìmcQ con -frìcante fé-mur ptíelicGunsutnto 'amorn fu&loco d^etbsr*Molinsus yin Hyperaf-piste, adv*Petra-ían&ani,pag. 47.

(9) EcrasestHa monial

-- - Apôtres, (10) -Accusât Molìnmm 9 quod riferìt Dominicum

„ jardin se trouvent des herbes, qui pour le moins endor- Janantem mulierem oleo,zr Franáscum aviculis conchnantem.

„ ment si elles ne guérissent pas. Un galand homme, qui Primum tllud non potuit simpliciter irridere Molinaus , qui Uum i* 1 *

.. s’accommode en ce temps, sçait ce queles païfans ap- ' novèrat initié Christianisme Apostolos unxiffe agros oleo , N ^

„ pestent voler. S’il fe trouve que son ame defolee ne jànasje, Marc. 7.^ Sed risit or merttb, quod in Legenda Do- ingredimtes« puisse changer de vie, il y a dans la Legende,au Chap. mmïci legitur, quod Maria Sanctìmonialis 8 c c (11). Re-» de l’annonciation, l’exemple d’un Chevalier, qui vo- marquez que Petrasancta,aiant su que dans la Bibliothèque« ìoh fans pitié pauvres & riches , 8 c estoit quitte pour de Sedan on avoir raillé de cette action de Dominique ,

,, dire tous les jours une fois, Ave Maria ; & pour les fol- ne se servit point de la Réponse que la Légende lui pou-„ dats de ce temps c’est ce qu’ils pratiquent. Si une Dame voit fournir, savoir que c’étoit un songe: il ignorait„ de la Cour sent en son ame desolée, qu’elle ne se puisse„ passer d’une grande, catholique, & universelle luxure,

„ n’a-t-elle pas pour se consoler Ste. Marie Egyptienne,

,, qui depuis douze ans jusques à l’âge du mespris ne re-„ fusa homme ? Et n’avons-nous pas l’exemple de Sainte„ Madelene, tant célébré par les Chroniques anciennes ?

„ Les Poètes de la Legende nous ont depuis enseigné3 , comme elle fit par allechements, que force gens de„ bonne maison vendirent leur bien pour elle; plusieurs„ courageux se coupèrent la gorge pour les jalousies de„ son amour, & puis este ne fut pas fí-tost lasse, que la” -voilà canonisée”. L’omiffîon de cet Auteur à l’égardde Ste. Marie Egyptienne, 8t de Ste. Madeleine, est inexcu-sable ;' car il supose que ces deux prostituées montèrent

& eamm unr Agentes tibiasunguentoddcffionìsde fub cap-pa j ér ridi -,cul ct funt <&•ftífps áa rRiver, oper*Tomo 11lyMS-5IÏ.

(10) Rivet,]OpepumTow. nr,pag- S II*

00 nustrouverez, lasff ci-dejfctCitât , (7j w

- n_ , lhiter, nì les Satires, ni les Ouvrages buiíesques: ce'ferait p «ra-

tout droit des lieux infâmes au rang des Saintes canonisées s’asseoir au banc des moqueurs ; action condamnée dans le LSc par cette suposition il prétend prouver, que la Légende premier Pseaume. Ces gens-là, quand il s’agìt de fe di- -Moii na ;i a<j,est très-capable de lâcher la bride aux Dames, qui ont vertir, n’épargnent pas leurs meilleurs Amis (13), mais Bal zacu ni>une envie démesurée de passer le tems avec des hommes, ils épargnent la vérité (14). Voiez ci-dessous la Remar- Cap ‘ 1 ll 'íouragir de bonne foi, il falodt parler de la longue péni- que (D). Ainsi, quand le Poète que je cite fait cettefence de ces deux Saintes; mais comme cela auroit éner- demande, r a-t-il quelque chose qui empêche qu un railleurvé la plaisanterie de l’Objection que l’on vouloir faire aux ne dise la vérité (15)? On pourrait lui dire, Vous trouve-Légendáires, on a cru qu’il valoir mieux n’en rien dire, rez. la repense h cette question dans votre IV Satire, où vous°u passer même dans la négatiòn (3). Aprenons de là que dites fi sensément qu un rieur ne sait pas même quartier a sesies Auteurs satiriques font les gens du monde, contre les- bons Amis. A plus forte raison n sn fait-il pas aux circons-quels st faut qu’un Lecteur soit le plus en garde. Ce font tances d'une Histoire. La demande d’Horace ne laisse pasceux qui raisonnent le plus mal, 8c qui communiquent le d’être raisonnable; car elle ne signifie autre chose si cePlus un certain plaisir, qui empêche de rechercher en quoi n’est qu’il est possible de dire la vérité en raillant 8c en

que c'étoit un songe: 11 ignorait cettecirconstance; il répondit fort sérieusement qu’on pou voitfaire cette raillerie de Jesus-Clirist, qui oiguìt de fa saliveun homme muet. Sedani, dum Bibliotheca , his qui me-cum advenerant, ostendetetur, nihil ferme auditum est, pra-ter Santhrum irrifiones. Rifit aliquis fanélutn Dominicum,perfianantem oleo mulierem &gram. Rideat perinde ChristumDominum aut saliva mentern , aut luto, dum os muti ape-riret , c? dum oculis unius c&cì naît explicaret lucem a?dïem (12). C’est une mauvaise Réponse; car c’est conve-nir du fait. Après tout les railleries de d’Aubigné ne peu-vent estre que fausses, puis qu’elles ne font fondées quefur un mensonge. Cela doit apre-ndre aux Lecteurs, quepour bien s’instruire dans la Controverse, il ne faut con-

Hi- sa.sn) Benum

b*bet in »...

c ano„T V °ìri c °nsistent leurs Sophismes. Souvènons-nous cependant que plaisantant. Cela est incontestable.

S’ilc -- <v J__J„; st., t _i.__1

y?

édnicu

-r:

Mi

°.ÍO-

%

£*s

lr 3*e

s ils peuvent se dispenser de plusieurs réglés, ils ne doi-vent pas être moins soumis que les Auteurs graves auxloix du raisonnement (4).

.( C ). où il y a une fraude concernant Saint Do-

nynique, ©< une Religieuse nommée Marie.] Je ne fais cetteRemarque, que pour mettre dans un plus grand jour ceS u °n vient de lire: ainsi on ne la doit pas condamner,°ns prétexte qu’este semble trop étrangère dans cet en-t>a°| lt ~ C ** Qífttnd j’étois Huguenot, c’est Sancy que l’on faitf r > je ne trouvois rien qui me fifi tant rire que la Lé-ss-, f de Frere Jacopon. ll y a encore un Livre chez.

Au reste,l’on conoîtra mieux le tort qu'a eu d’Aubìgné,fi l’on songe que selon toutes les aparences l’Apologied’Herodote a été son Original. Oï voici ce que l’on trou-ve dans cet Ouvrage f 1 ó ) : Jo n oublier ay pas un autreaile du mefme sainâl Dominique, récité vêts la fin de fa Le-gende , aSle vrayement d’un bon compagnon , pour le moinsrécité en telle forte qu il efi pour faire rire les bons compa-gnons, ep* leur donner matière de gojfer : C efi qu’une non-nain diíîe Marie, estant malade en la cuijfe, endura grand,mal l'espace de cinq mois, Jans espérer qu elle en deust efchap-per. Alors elle dit en foymefme quelle ne fe fentoh digne de

conf’rr belles Annotations : comme fur ce qu il faifoit prier Dieu , ni d estre ouye de luy , z? pourtant pria sainâî

~Pìl[ er a un fien frere ses péchés par signes’. Madame de Dominique d’eftre médiateur entre Dieu cr elle, pour luy im-s enquérant comment il confessait fa paillardise: de petrer le benefice de sa Jante. Et âpres ceste oraison s'estanthufel CUrt0 ^ lt é e ^ e s’enqueroit comment s’apellsit en Grec cette endormie , elle vid auprès de foy S. Dominique , qui tira de

2** Saint Dominique sema entre les cuisses d’une

dessous fa chappe un onguent de grand odeur , duquel il luy

oignit

/«?-> dlim-

™°do nf um

Dxcutiat sibi

7 ‘on hic ckì-y nant panaawìco.Ho rat* *Sat. 1 yLibrî 4

f- 34, 35.

Ç4) Confirez,

I ^irtìcle

bkossier,

\emarq. (B).

ss)T\tdcntcmdicerc vcrurn51 f d vetat ?Horat. Sat.I.U bri I,

Vers. 14.

(16) HenriEtienne,Apologied’Herodore,

ChAf.

XXXIV,pAg.m. }íj,

ZSS.