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úe de Vienne, & Conseiller au Conseil privé, lors que T Assemblée des Notables fut convo-quée à Fontainebleau au mois d’Août ifóo. II y prononça une Harangue où l’Erudition 8cl’Eloquence n’éclatérent pas moins q'ue son zèle pour la ré formation des désordres de PEglise &de l’Etat (A). II y conseilla entre autres choses la convocation d’un Concile national, & celledes Etats Généraux {B)-.- Les Guises s’ossensérent de sa Harangue, & détournèrent tous les
bons
(-2Í) II . . . prononça une Harangue où l'Erudition cy l'Elo- ,, mandement, & permiffion du Prince', qui en est seul
quence ri éclatèrent pas moins que son zèle pour la réforma - ' ' rr T ’ ’’ — - 1 -
tion deS'desordres de l'Eglìse cy de f Etat .] . Vous la trouve-rez toute entìere dans le Président de là Place, au LivreIII de l’Estat de la Religion & République; 8c dans l’His-loire de François 11 , composée par Louis Régnier. Cesdeux Ecrivains s’accordent à dire que FArchevêque deVienne, qui opina après les autres Conseillers du Conseilprivé, emporta le prix & l’honneur. Car comme il eftoitpersonnage doué de dons cy grâces Jingulieres , employé de longtemps es Ambassades d’importance prés cy loin avec grandelouange , aujfi fut-il non seulement estimé d’avoir tresdoèle-tnent opiné , mais aujst contenta la plus part de la compa-gnie ( i ). Ces paroles de Louis Régnier précédent la Ha-rangue de Marillac; & voici celles qui la suivent: „ Telle» fat la docte , sage , 8c Chrestienne Harangue de ce„ grand personnage, qui ne vescut gueres depuis, estant,
-, comme Ion dit, intimidé par ceux ausquels il avoit des-„ pieu: les autres disent que voyant comme tout alloit„ de mal en pis, il en mourut de regret (z) Mr. Va-sistas donne le précis de cette Harangue, mais non pasfans quelques falsifications. En voici un exemple : il su-pose que Marillac représenta „ que l’ancienne affection des,, François pour leur Roy eftoit notablement diminuée,&
„ qu’il n’y avoit point d’autre voye pour la rétablir que„ F Assemblée des Etats : Que c'eftoit là le seul Tribunal-, institué pour écouter les plaintes de toute la Nation, &
-, pour y satisfaire, comme les autres Tribunaux Festoient„ pour vuider les procez survenus entre les particuliers :
dispensateur. Je le di pour les piteux\ exemples nague-„ res advenus, & dont de jour à autre en avons nouveaux„ advertissemens. D’une part s’estveu le tumulte d’Am-,, boyse sous couleur de prefenter une Confession, au lieu,, que Ion devoir venir en toute humilité: d’autre part, y,, a eu des preseheurs, lesquels pour extirper les Protestans„ vouloient faire eflever le peuple , fous couleur d’une„ saincte sédition; comme s’il y avoit Religion qui per-,, mist, que pour la planter ou retenir il fust permis d’user„ de sédition. Ainsi des deux costez y a eu de la faute,„ comme cy devant ont esté tuez des hommes fous cou-,, leur qu’ils estoyent Protestans: au contraire on a forcé„ les juges, 8e violé la justice ordinaire, pour faire deli-,, vrer des prisonniers Protestans; 8c ainsi fous- ce masque„ de Religion, plusieurs ont usurpé l’authorité du tnagis-„ trat, de prendre les armes: ce qui ne leur est aucune-„ ment licite, ains défendu à tous. Car la fisi de la Loy-, est vivre selon Dieu, 8c n’offenser personne: 8c la fin,, des armes, est de faire que la Loy soit obeye. Le Roy„ donques estant conservateur de la Loy, ainsi ordonnée„ de Dieu, par conséquent est seul dispensateur des ar--, mes, qui luy sont baillées pour punir les contrevenaris„ à la Loy. Parquoy pour conclusion, celuy se fait Roy,„ qui les prend de son authorité, Lc n’estant ordonné de„ Dieu pour un tel. II s’ensuit que tout le monde luy doit„ courir sus, comme celuy qui contrevient à l’ordonnance„ de Dieu, qui est l’establisièment du Roy.
Quelque sages que fussent les Avis de cet Archevêque,
-, Que les anciens Fondateurs de la Monarchie Françoise touchant la convocation des Etats, ils furent fort Critiquez
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-, ne s’estoient réservez que ce lieu, où ils partageassent-, avec le Roy Fauthorité absolue qu’ils luy avoient don--, née; où ils entrassent dans une efpece d’égalité neces--, faire pour réparer ce que le Prince avoit usurpé sur ses-, Sujets, ou ce que les Sujets avoient usurpé fur le Prince;„ où enfin, le pouvoir suprême & fans bornes, dont ils-, l’avoient revestu, ne les empêchast pas de négocier, &-, de conclure avec luy des Traitez obligatoires de part 8c-, d’autre: Que cette liberté modérée avoit maintenu de-„ puis onze cens ans la Couronne par le merveilleux con--, trepoids dont elle avoit balancé le pouvoir & la soumis-
. . -- sion ( 3 ) II est certain que FArchevêque de Vienne
hançoisii, ne dit. rien qui enfermât ces Maximes-là, ni formellement,'■or. u, ni même virtuellement , s’il m’est permis d’emploier cel ' f 10 Comment se peut-on fier aux Extraits que cet His-
torien donne dune Piece manuscrite, puis qu’il corromptles Harangues imprimées? Vous verrez dans la Remarquesuivante jusqu’où il portoit la liberté de les altérer 8c deles falsifier.
(B) ll conseilla ... la convocation . ... des Etats Gé-néraux .'] II se servit des plus solides raisons qui pussentêtre alléguées, & il répondit très-bien aux Objections, 8cnommément à celle qui étoit prise de ce que ÌAutorité duRoy serott diminuée. Ceux qui disent cela , repondit-il (4)me semble ne conoiftre point le cœur des François, qui atou-fiours fait pour son Roy ce qu il a peu : cy d'en requérir plusce seroit injustice, cy de l'exiger, impojstbilitè. C'est donqueseftablir iauthorité du Roy , cy non pas la diminuer, de leurproposer choses justes , puis que Jans violer le nom du Roy , Ionne peut faire autrement : cy par là d'attendre l'ottroy de toutce que le Roy veut, puis qu il a fi bon peuple, qui ne luy refuserien. Et fi Ion répliqué , que le Roy se bride de n avoir riensans le consentement du peuple, se respon, que puis que fansassembler les Estais , cy fans entendre les raisons qui meuventle Prince à croiftre les charges anciennes, le peuple a cy devantobey , (j? f ans contradiblion : que devra-il faire quand il ferapersuadé que la cause de la demande faite aux Estais fera trou-v fe juste ? Si Ion persiste à dire que par là le peuple seroit jugeS fl y auroit justice à ce que le Roy demanderoit, Ion peut ad-Jouster qu entre tant de gens assemblez, la pluspart tend au biencommun, cy que le peuple est capable d'entendre ce qui est à sonprofit, çy p ar tant y consentir-, puis que la voix du peuple estc pmmunément celle qui est approuvée de Dieu. Peut-on voirchoses plus dissemblables, que ce discours de l’Arche-^ e< lue de Vienne, 8c les paroles de Varillas raportées ci-dessus? Mais, pour mieux faire conoître que cet Histo-ti,en ne savoit point prendre F esprit de ce qu’il se mêloitd abréger, il faut mettre ici un autre Passage de la Haran-Sj'e de Marillac. Nous y verrons quelles étoient ses pen-j? es > tant à F égard de la Politique, qu’à F égard de la Re-lg ‘? n ; & nous conoîtrons que fur le dernier Article ilcilembloit à Erasme : il eút voulu qu’on réformât less Us > mais non pas qu’on se servît de la prise d’armes,bl four apuieç la Réfonnation de l’Eglise, soit pour ac-ler l es Réformateurs. Le quatrième préparatif, dit-il" Q >> est qu’en attendant le Concile, les séditieux íbyent” o°hìbéz 8c retenus, en forte qu’ils ne puissent altérer la” 1 A n< l u illité 8c repos des bons, 8c prendre cesse maxime" daubitable, Qu’il n’est permis de prendre les armes" pour stuelque chose que ce soit, sans lc vouloir, com-2 o M. III, - -
S I I Atenue desEtats Ge-ne'raux estutile en
par un célèbre Jurisconsulte. Car voici ce qu’Estienne Pas-quier écrivit sur ce fait-là (6) : „ Celui qui premier mit en„ advant cest advis de tenir les Estais, fut Messire Charles ïtancc.
„ de Marilhac.Cestuy en l’Aflèmblée de Fontaine-
„ bleau (fust ou pour ce que les affaires de France ne se Lettrs„ gouvernoyent à son désir, ou pour quelque autre Oc- /XT'/r„ cafìon ) par une belle boutée de nature fit une for- p a& . \ 9Ï . j’ 93í,, te Remonstrance , par laquelle après avoir promené du 1 Time,
,, toutes sortes d’advis en son esprit, il dict qu’il ne trou-„ voit remede plus prompt au mal qui se présentoir que„ de convoquer les Estais. C’est une vieille solfie qui„ court en F esprit des plus sages François, qu’il n’y a rien„ qui puisse tant soulager le peuple que telles Assemblées.
’’ Au contraire, il n’y a rien qui luy procure plus de tort,
' pour une infinité de raisons, que fi je vous deduifois,l je passerois les termes 8c bornes d’une missive. Celte„ opinion du commencement arresta un peu Monsieur le„ Cardinal de Lorraine, qui craignoit que par ce moyen.
„ on ne voulust bailler une bride au Roy, 8c ester Fau-„ thorité que Monsieur de Guise 8c luy avoient lors fur,, le gouvernement pendant la minorité du jeune Roy leur„ nepveu. Et de fait depuis ce temps-là il ne vit jamais„ de bon œil cest Archevesque, lequel se bannit volon-,, tassement de la Cour. Toutesfois après avoir examiné„ avec ses serviteurs de quelle conséquence pouvoir estre„ celte convocation des Estais, & qu’elle ne pou voit ap-„ porter aucun préjudice au Roy, que luy 8c son frere,, avoyent rendus le plus fort, non seulement il ne re-,, jetta.ains tresestroitement embrassa ceste opinion, voire„ estima que ce luy eftoit une planche pour exterminer„ avec plus d’asseurance 8c solennité tous les Protestans„ de la France ”. Pasquier remarque que la mort deFrançois 11 dissipa en un instant les desseins de ce Car-dinal ; 8c après avoir raporté une partie des choses quifurent réglées dans les Etats d’Orléans, il ajoute (7):
„ Mais pour général refrain on a accordé pour cinq ans„ au Roi un subside de cinq sols pour chaque muis de vin fag . 1,5„ entrant dedans les villes closes. Cest presque le but & 1 Tome.
„ conclusion de telles Assemblées, de tirer argent du peu-,, pie par une bonnette stipulation du Roy avec ses trois,. Estais”. Notez, je vous prie, que Pasquier se vante m ; soa /‘d’avoir une infinité de raisons qui montrent que rien n est chartes deplus pernicieux à la France, que la tenue des Etats Gé- Marillac eutnéraux. Je ne doute point qu’il n’eût pu produire la-des- f '■ combatte-,fus beaucoup de raisonnemens; 8c je croi auísi que notre L "mTefiit.Charles de Marillac eût pu répliquer à tout, 8c que c’est Aucuns oûtune matière fur quoi l’on peut soutenir a perte de vue le voulu ,, dit-pour 8c le contre. Mais si l’on en apelloit a 1 expenence, dc
il est aparent que l’opinion de Pasquier 1 emporteroit; car f ec ‘ on ' d pil seroit bien difìcile de marquer les avantages que la Fran- Jiffl
( 7 ) Pasquier,Lettres,Livr. IV,
ce a tirez de ces Assemblées, Sc bien facile oc prouver en avant e°qu elles ont servi à fomenter les désordres ^8). Les Anglois *J U1 advintont raison de dire que la tenue fréquente des Parlemens ^ «mp,est nécessaire au bien du pais; mais la France ne peut pas Jea ^° 0 \ lesdire la même chose de les Etats Généraux. On les con- Estats ré-voqua souvent sous le Régné des fils de Henri II, 8c ja- duirent 1 -'mais la France ne fut plus brouillée, m plus désolée,qu’en- Dau P hin àce tems-là; & au lieu de trouver du remede dans ces Con- Sentsvocations, elle y empiroit. Perlonne ne doit reconoître partis i»dc-,cette vérité plus franchement que ceux de la Religion; car cens ->
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