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Tome troisieme. K - P.
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M A R I L L A C.

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MARILLAC (Louis de) Maréchal de France, fils de Guillaume de Ma-rillac qui étoit frere de ? Archevêque de Vienne, naquit posthume l’an ip/z (a), ou se-lon d’autres au mois de Juillet i fjz (b). Vous trouverez dans le Dictionaire de Moreri (c) lesemplois qu'il eut successivement jusqu’à ce qu’il fut arrêté en Italie par ordre du Roi l’an 1630.On lui fit faire son Procès, & il fut condamné à perdre la tête : ce qui fut exécuté à Paris le

10 de Mai i 6 zz. La curiosité des Parisiens fut si grande, que cent mille personnes furent té-

moins de l’execution, & que telle feneftre fut loiiée huit pistoles {d). L’opinion la plus commu-ne est qu’il fut une victime innocente immolée à la passion du Cardinal de Richelieu -, maison

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( A ) L’ opinion . . . commune est qu’il fut une •viSlime in-nocente .... ; metts on perfuaderoìt cela dificilement à despersonnes qui ... ne se rendent qu à la certitude .j La Re-marque (F) de l’Article de Louïs XIII pourroit íufireà commenter ce Texte-ci. Néanmoins j’y ajouterai beau-coup de choses; & d’abord, je remarquerai que présente-ment (x) il est beaucoup moins facile de découvrir la vé-rité, qu’au tems où l’on instruisoit le Procès de Mr. deMarillac. On pouvoit alors s’informer des choses à uneinfinité de personnes qui avoient conu ce Maréchal. Onpouvoit prendre langue dans les lieux mêmes où il avoitcommandé, & savoir les noms, 8c les qualitez, les inté-rêts, la réputation des témoins, & les pratiques avec les-quelles ils étoient pouffez de part & d’autre ou à dépo-ser, ou à se dédire. Tout cela 8c cent autres choses facilesau tems du Procès font impossibles aujourd’hui; la géné-ration d’alors est toute passée. Nous ne pouvons nousservir que des préjugez, ou des Livres qui nous restentde ce tems-là. Voions un peu ce que les fauteurs de ceMaréchal pourroient dire à ceux qu’ils voudraient persua-der de son innocence, & qu’ils trouveroient fort résolus àne rien admettre que fur de bonnes preuves.

Ils diroient en r lieu, que le public fut alors persuadé,

& l’est encore, que le Maréchal de Marillac n’étoit cou-pable que d’avoir déplu au Cardinal. 2. Qu’il est de no-toriété publique que ce Cardinal étoit si vindicatif qu’iln’épargnoit rien pour satisfaire son ressentiment. 3. Que soncrédit étoit tel qu’il pouvoit venir à bout de tous ses des-seins ou par promesses ou par menaces. 4. Que la pro-cédure fut accompagnée de tant d’irrégularitez toutes in-justes, 8e propres à oprimer les plus innocens, que celasufit pour montrer que le Maréchal n’étoit point coupa-ble. 5. Que sa mémoire fut rétablie par Arrêt du Parle-ment de Paris après la mort du Cardinal de Richelieu. Laplupart des gens disputent si peu le terrain à ceux qui leurveulent persuader certaines choses, qu’ils aquiesceroient£ms dificulté aux cinq raisons que l’on vient de voir.

Mais il y a certains esprits de petite foi, 8c fort durs à lacetente en fait de persuasion, qui ne' trouveroient point« de justes motifs de croire.

I. Ils répondraient à la prémiere raison, que le senti-ment public ne sauroit être plus suspect en nulle rencon-tre que dans celle-ci. Le Cardinal de Richelieu s’étoitrendu si odieux par toute la France, qu’on croioit fansaucune peine 8c fans aucun examen tout le mal qu’on en-tendent dire de fa conduite. II étoit dans un poste où ilest très-rare de n’être point exposé à la médisance, 8c àla haine des peuples , 8c il s’y comportoit d’une maniéréa s attirer une infinité d’ennemis; car il augmentoit de jouren jour l’Autorité souveraine,il faisoit punir les Grans qui«soient fe soulever, 8c cabaler. C’étoit les tirer d’unejTìâUVâifc coutume leur étoit tort agréable, & qui leur jœ mort ; & l*autre eft intitulé, L'Esprit biefp-beureuxAfA nfíl f* oflTp'7. •fhnvpnt*. T 1 fnillnit npimlpc k/»* n- j* -_ > r rp/z.~:+ À,t n**

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[ues observations là-destus (e), &je m’imagine

qu’on

n a été coupable que d’avoir déplu au Cardinal, donc il ríaété coupable que de cela.

II. La seconde raison n’a rien qui soit convaincant,puis que l’expérience de toutes les Tyrannies nous fait co-noître que les malhonnêtes gens tombent quelquefois dansla disgrâce d’un mauvais Prince, ou d’un Favori assez in-juste, pourssacrifier à fa vengeance tout ce qui a le mal-heur de lui déplaire. Lisez bien Tacite 8c les autres Rela-tions du même-tems, vous trouverez des criminels parmiceux qui furent punis sons Tibere, 8c fous Néron. LesDélateurs s’attaquérent quelquefois à des personnes demauvaise vie, 8c qu’il fut aisé de convaincre des crimesdont on les accusoir. Vouloir donc conclure, de ce qu’untel a perdu la tête sur l’échafaut sous un mauvais Régné,qu’il étoit innocent, c’est admettre des conséquences trom-peuses, 8c jouer à êtré la proie d’un grand Sophisme. Aplus forte raison se faut-il garder de cette espece de raison-nement , lors qu’il s’agit de Louis XIII, qui étoit un très-bon Roi, 8c dont le premier Ministre, quelque violent 8cvindicatif qu’il fût, étoit obligé à garder plus de mesuresqu’on n’en garde dans un état tyrannique.

III. On peut répondre à la troisième raison la mêmechose qu’à la précédente. Ceux dont le pouvoir a été sigrand, qu’ils ont trouvé assez de témoins 8c assez de Jugespour faire perdre la vie à des gens de bien, ont eu quel-quefois des ennemis qui étoient des scélérats, 8c qu’ils en-voioìent au suplice fans rien faire qui ne fût conforme audroit 8c à la raison. Ainsi, quand le Cardinal de Riche-lieu auroit été cent fois plus injuste 8c plus puissant qu’ilne l’étoit, on n’en pourroit point conclure l'innocenced’aucun de ceux qu’il fit condamner; car peut-être tire-roit-on cette conclusion en faveur d’une personne qui se-roit du nombre de ces coupables qui périssent quelquefoisau Tribunal des Tyrans. II faut donc renoncer à la voiedes préjugez, 8c examiner chaque Procès en particulier.C’est le seul expédient de conoître si un tel 8c un tel sontdes victimes innocentes sacrifiées à la colere du Cardinalde Richelieu.

IV. Nous voici à ce grand 8c unique expédient. Lespersonnes dont je parle , qui examinent à la rigueur cequ’on leur propose à croire , demanderoient qu’on leurprouvât les irrégularitez criantes de la procédure des Com-missaires qui condamnèrent notre Maréchal; 8c dès qu’onleur auroit répondu que tous ceux qui en pouvoient ren-dre témoignage font morts, comment savez-vous donc cefait-là ? repliqueroient-ils. On les renverroit fans doute àdeux Imprimez, dont l’un a pour Titre, Relation véritablede ce qui s'est passé au jugement du procez. du Marefchal deMarillac , prononciation C exécution de l'airrest contre lutdonné par les CommiJJdires de la Chambre establie à Ruel, crde ses dernieres paroles ejf allions devant es 1 fur le poinâl de

(~ST . Q-W _n_ _* _ , 1 d. -r* r Utisne-.UoatfOifV (faf, A^/2**

avoit été utile assez souvent. II fouloit les peuples beau- refchal de Marillac à l’Esprit maí-heureux du Cardinal decoup plus qu’on n avoit fait fous les autres Regnes. En Richelieu. II est juste, répondroient-ils , d’examìner cesun mot, le joug de l’Autorité Roìale, toûjours trop pe- deux Pieces; mais il faut aussi examiner un Imprimé quisant au gré des Peuples, l’étoit devenu plus que jamais fous parut au même tems fous le Titre de Observations fur la

vie L ?fur la condamnation du Maréchal de Marillac, ç?fur le Libelle intitulé, Relation de ce qui s’est passé au ju-gement de son procès, prononciation 8c exécution de l’Ar-reít donné contre lui, 8cc. On ne conoit point l’Auteurde ces deux prémices Imprimez, 8c l’on fait que le troi-sième est l’Ouvrage de Mr. du Chastelet, homme distinguépar fa naissance, 8c par ses Charges (4); car il a été Avo-cat Général au Parlement de Rennes, Maître des Requê-tes, Conseiller d’Etat ordinaire, 8c Intendant de Justicedans I’Armée Roiale. Son Ecrit donc doit être censé deplus de poids que des Pieces Anonymes que l’on volt dansle Recueil de ce qui fut publié pour la défense de la Reinemere. Or nous voions que Mr. du Chastelet nie 8c réfutetout ce qu’on avoit allégué de procédures injustes 8c irré-gulieres, 8c qu’il soutient que les plus exactes formalisezfurent observées dans le Jugement du Maréchal de Marillac.A moins donc que l’on ne nous prouve qu il avance desfaits faux,8c qu’il nie des faits véritables,nous ne pouvonspas aquiescer aux deux Pieces Anonymes. Une chose qu’ilne nie pas, 8c que nous savons très-certainement, c est queMonsieur de Marillac ne fut point jugé au Parlement deParis, mais par une Chambre de Commissaires. C’est unfòrt grand préjugé au désavantagé du Cardinal : on sait

son Ministère. On avoit donc toutes les dispositions ima-ginables à juger très-mal de fa personne, 8c l’on avaloitavec joie, 8c comme une espece de restaurant, toutes lessatires, toutes les plaintes, tous les murmures, qui cou-doient contre fa réputation. La France étoit alors toutepleine de mécontens, ce que l’on avoit apellé autrefois lec atholicon, 8c qui avoit fait tant de ravages, avoit laissédes. racines qui fubsistoient encore. La plupart des dévêts,^ tous les bigots enrageoient de ce que le Cardinal sou-tenoit les Protestans de Hollande, 8c d’Allemagne, 8c em-pêchoit la Maison d’Autriche de les subjuguer. Faisoit-ildu bien à certaines gens ? on les en trouvoit indignes :les -persécutoit-il, on les plaignait, 8c l’on déplorait l’in-dignité de leur sort (2) ? Quelles Relations ne fit-on pasdes dernieres heures de ceux qu’il fit condamner? Quelmt le foin de recueillir tous leurs discours de piété, tousleurs actes d’amour de Dieu? II sembloit qu’on eût dessein., e . grossir le Martyrologe , ou d’imiter ce Fannius dontJ ct parlé en un autre endroit (3). On ne parsoit de l’exe-c ution de Lion qu’en style de plainte. Cela étoit fort lé-gitime à l’égard de Mr. de Thon; mais pour ce qui re-garde Mr. de Cinqmars, il ne faloit pas se contenter de lePlaindre, il faloit aussi détester sa vanité, son ingratitude,

verset occa-sions le RoiHenri I ! I.11 faloit direHenri l K

(d) Gazettede Paris du17 Mai 1632.

f e ) Votez,la Remarque

H).

(4) 1

s’Hist,de 1\mie Içoiíe.24S, 'Edit. t1 Í 72 ,

_ .— ' — •- ,r-j."nables les Juges créez extraordìnaire-

& fa rébellions 11 Or,* puis que les dispositions du public « en dequract P^ parties adverses des Accusez (5).

«oient de cette nature^envers le Cardinal de Richelieu, ment, 8c P nous àerchons des preuves incontes-«ux qui ne veulent croire que ce qui est soutenu de bon- Cepen ^, P pour le moins que de grandes prê-tes preuves, ne se laisseront jamais gagner par cer Argu- tables, n 'prétendons pas que cela nous détermi-

nent : L’opinion générale est W U Maréchal de Martlkc feintions, nT O As. m.

( S ) Vtiix.ci-dtjsus laRtmartj. (F)de ï 1 .ArtitleG RAN-BIER,

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