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Tome troisieme. K - P.
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(6) VtieZt àla fin desMémoiresde Montre-for Us Avisdr les Inf-truffions quele Cardinalde TZfckelìcudonnoit tou mchant ceProcès , dr laconduite quetinrent les

(?) Voter, lesmêmes Mé-moires deMontresoi.

s S ) Notez.qu 9 on nedonne pasceci pour%e-gle : on faittien qWil efisirrivé à plu-sieurs Jugesde fie laijfercorrompre .*en ?arrête iciattíx circons-tances de ceProcès par -9iculier.

(9) DuChastelet,Observa-tions fur lavie & lacondamna-tion duMarefchalde Marillac,f“í- »oL,

*07, du Re-cueil dediversesïieces pourservir al’Histoire,Edition de1643 in 4.

(10) L’Es-prir bien-heureux duMarefchalde Marillac,pag. m. 6a.

su) Volet, laRelationdu Procès8c Con-demnationdu Maré-chal deMarillac,T a £- 7 .

( li) Votez,i’Histoirede l’Acadé-ìr.ie Franc.

34,0

MARILLAC.

qu’on ne trouvera pas mauvais que je mette ici une partie des choses que Mr. du Chastelet publiaau désavantagé de ce Maréchal. Ón en croira ce qu’on voudra - f ôc comme il étoit son ennemi,

J e

ne à prononcer que le Maréchal étoit innocent. Nousavons des exemples fous ce Regne-là qui prouvent quedes Commissaires choisis par le Cardinal de Richelieu firenttout ce qu’on eût pu attendre du Tribunal le plus intégrédu monde. Ceux qui jugèrent M. de Cinqmars suivirentdans la derniere ponctualité la pratique criminelle (6). Mr.de Laubardemont, qui passe pour avoir été entièrementdéyoûé aux passions du Cardinal, fut le Raporteur du Pro-cès. Son Raport a été imprimé ( 7 ) : on P eut tien voir,ni de plus net, ni de plus exact, ni “ e plus conforme auxrégies.'Le fait fut conduit à la derniere évidence; 8c aprèscela, il n’y avoir point de bons Juges dans le Roiaume, quieussent pu opiner autrement que firent les Commissairesqui condamnèrent Cinqmars. On a vu dans le Régné sui-vant une Chambre extraordinairement créée pour jugerMr. de Fouquet, 6c l’on n’a point eu raison de dire qu'el-le ait oprimé l'innocence. Encore moins le peut-on direde celle qui instruisit le Procès de Mr. de Luxembourg, 6cqui le jugea. Si l'on s’arrêtoit aux préjugez, on en trou-verait de favorables au Cardinal de Richelieu, à l’égarddes Commissaires du Maréchal de Marillac. Le premierhomme de Robe, le Garde des Sceaux, fut mis à leur tê-te. Us étoient, ou Maîtres des Requêtes, ou Présidens,ou Conseillers au Parlement de Bourgogne, 6cc. Us ren-voioient au Conseil d’Etat la plupart desincidens, 8c nepassoient outre qu’en vertu des Arrêts de ce Conseil; de-íòrte que pour fupofer que le Maréchal de Marillac a étéune victime innocente , il faut fupofer que ses Juges aunombre de vingt-trois, 8c la plupart des Conseillers d’Etat,avoient conspiré la ruine d’un innocent. Cela est dur àfupofer : le sens commun nous porte plutôt à croire qu’unguerrier a commis des malversations, qu’à croire qu un sigrand nombre de tels Magistrats s’accorde à condamner uninnocent (8). Notez je vous prie, qu encore que dix desJuges n’opinassent pas à la mort, tous le trouvèrent cou-pable. Je m’en raporte à ce narré de Mr. du Chastelet:Après que chacun des Juges, dit-il, avec une égale ajfeélìonde faire Justice eut appuyé son opinion par toutes les meilleuresraisons que le sujet pouvoit fournir, & que par l’espace de deuxjours les Loix Z? les preuves eurent esté bien disputées , toutesles voix se réduisirent à ces deux advis. Treize le jugèrentdigne de mort, zv dix luy faisant perdre ïhonneur, les char-ges , N les biens , luy laijferent la vie pour supplice dans unbannissement perpétuel, ou bien dans une prison, au choix duRoy , c? en tel lieu qu il plairoit à sa Majesté le faire gar-der , ainst qu il a souvent esté pratiqué pour telles personnes (9).L’un des Apologistes du Maréchal de Marillac confesse quele Cardinal méfia parmi les nouveaux Commissaires trois ouquatre personnes d'une grande intégrité-, ce qu’il fit, ajoûte-t-on, pour mieux couvrir son jeu , lors qu il crut que fa par-tie estait fi bien faiâle que les voix dé la condamnation empor-teroient celles de l’absolution (10). N’est-ce pas reconoîtreque trois ou quatre personnes dune grande intégrité le ju-gèrent digne du bannissement perpétuel ou dune prisonperpétuelle ? Est-ce ainsi qu’un homme de bien opine con-tre celui qu’il croît innocent? Enfin j’obferve que de tantde gens que le Cardinal de Richelieu persécuta, qu’il- fitbanir, ou emprilonner, il y en eut peu qu’il mit en jus-tice. C’est une marque qu’il ne fe fentoit pas assez fortpour trouver des témoins 8c des Commissaires à fa poste :il ne faisoit donc créer des commissions, que lors qu’il sa-voir que la conduite d’un ennemi, celle de saint Preuil parexemple, fournirait des preuves aux Commissaires.

V. Quant à la cinquième raison , volez ci-dessous laRemarque (K).

II fe présente deux Objections qui méritent d’être discu-tées. On peut m’alléguer, 1,Qu’il ne faut point considérercomme en équilibre l’Ecrit de Mr. du Chastelet, 8c lesdeux Pieces anonymes que j’ai citées s z. Que l’iniquitédu Cardinal est du moins visible en ce qu’il fit condamnerà la mort un Maréchal de France, pour des fautes qui neméritoient pas une fi rude punition, 6c qu’il laissoit im-punies quand les gens ne lui avoient pas déplu.

Sur la 1 de ces deux Dificultez il faut que j observe,que ce n’efl pas fans raison que je prétens que l’Ecrit deMr. du Chastelet égale les deux Écrits anonymes. Je fatbien que devant être l’un des Juges, il fut récusé commel’Auteur d’une Satire très-piquante contré Mrs. de Maril-lac , 8c que le Maréchal fur la sellette lui fit des reprochestrès-capables de l’írriter (n). J e de plus qu’il fe re-conut pour bien récusé , 6c qu’il n’affista point au Juge-ment , 8c qu’il fit dans la prison les Remarques que j’aicitées; qu’il les fit, dis-je, afin de fe réconcilier avec laCour, 8c qu’elles servirent à le remettre en liberté (tz).C’étoit donc un homme, me dira-t-on, qui écrivoit d’uncôté pour satisfaire fa haine, 8c de l’autre pour gagner lesbonnes grâces du Cardinal de Richelieu. Mais, je vousprie, par quels motifs prenoit-onla plume en travaillantaux deux Pieces que je balance avec celle de Mr. du Chas-telet? N’avoit-on pas une extrême haine contre ce Cardi-nal , Lc une passion ardente de favoriser le Maréchal deMarillac ? Doit-on moins fe défier d’un Ecrivain d’invec-tives, que d’un Ecrivain flateur? Pcnfez-vous que ces fu-

gitifs qui écrivoient à Bruxelles pour la Reine mere (13),assurez de faire leur cour aux Espagnols en déchirant leCardinal, 8c animez d’une colere excessive de voir queles avantages qu’ils avoient attendus en s’attachant aux in-térêts de cette Reine, s’en étoient allez en fumée par lasupériorité qu’avoit eue le parti du Cardinal ; pensez-vous,dis-je,que ces Ecrivains soient plus croiables que ceux quiétoient aux gages de ce prémier Ministre, 8c qui l’encen-foient ? Ce n’est point être partial que de les tenir pouraussi suspects les uns que les autres.

La Satire 8c la Flaterie font les deux pestes de l’His-toire, ce font deux sources qui empoisonnent les relationsdes événemens humains; mais on peut dire que la con-tagion d’une plume médisante, 8c dirigée par la haine 8cpar le ressentiment, est plus pernicieuse à l’Histoire quela contagion des Panégyristes. Un des plus célèbres His-toriens de l’Antiquité remarque, que les Histoires quel’on avoir de Tibère, de Caligula, de Claude, 8c de Né-ron , siéraient point fidelles, parce qu’elles avoient étéécrites, ou de leur vivant, ou un peu après leur mort,celles-là par des personnes que la crainte faisoit mentir,celles-ci par des personnes dont la haine toute fraîche pro-duifoít la même infidélité (14). II remarque en un autrelieu, que la vérité avoir été corrompue d’un côté par lesFlateurs des Princes, 8c de l’autre par les mécontens duGouvernement, 8c que les uns 8c les autres s’étoient fortpeu mis en peine d’instruire la postérité; car il faloit queles Lecteurs fe déterminassent à choisir, ou un Historienofficieux , ou un Historien ennemi : mais on fe garantitplus aisément de l’imposture d’un Flateur, que de celled’un Critique; on se dégoûte promtement des plumes vé-nales, 8c l’on fe repait avidement de la médisance 8c del’envie. On regarde la flaterie comme une lâche servitu-de ; 8c la malignité d’un Ecrivain comme un généreuxamour de la liberté. II est impossible dc penser plus juste,c’est pourquoi je donne ici l’orìgìnal d’une Observationsi sensée (15) : Postquam bellatum apud Aflium, atque om-nem potestatem ad unum conserri pacis interfuit ; magna illaingénia ceffere. Simul Veritas pluribus modis infraéla. primuminfritia Reip. ut aliéna , mox libidine affentandi, aut rursusodio adverses dominantes. Ita neutris cura posteritatis, interinfenfis vel obnoxios. Sed ambitìenem feriptoris facile adver-seris ; obtreilatio o* livor pronis auribus accipiuntur. quippeadulationi foedum crimen servitutis, malìgnitati falsa specieslibertatis ìnest. II est certain ordinairement parlant , q UCles éloges flateurs tombent avec ceux pour qui on les avoitfaits, Sc que la postérité n’y est pas trompée; mais qsiu-ne Histoire critique des Grans, composée avec une mali-gnité bien conduite ne se perd pas. Cette espece de men-songe impose bien plus que l’autre aux siécles suivans:son activité est éternelle. Les Flateurs mêmes recueillentcela comme de la manne plusieurs siécles après, Sc s’enfervent pour relever le mérite de leurs Héros. Ils les louentfans mesure ; mais pour faire acroire qu ils n aiment pas àflater, ils déchirent fans miséricorde ceux qui ne sont plusen vie. Ils preneur le contrepied des vieillards (16). Mr.le Laboureur a découvert ce tour de souplesse dans quel-ques Auteurs de son teins. Si je cherche, dit-il (17), cha-que bon ou mauvais Héros jusques dans son berceau , je le sui-vray cr je l'espieray encore dans ses aSlions particulières, aujjibien que dans celles qui ont paru grandes aux yeux de son sié-cle : parce que c est le seul moyen de destruire tout ce que laflaterie a érigé d'injustes monumens , zsr de rompre ou de dés-honorer le malheureux commerce d’un grand nombre de plumesdédiées » un interest servile deshonnestt , qui ont l’impru-dence d'adresser à la postérité ce qu'ils n ont fait que pour unesaison. Nous en avons toute forte d’exemples , mais je rientrouve point de plus condamnable que celuy de quelques Escri-vatns ajfez modernes, qui pour feindre, d'avoir esté violentezpar la vérité , quand ils ont parlé à ïavantage de quelquespersonnes odieuses ou d’un mérité fort douteux , qui n'avoientrien de plus louable que d’estre vivans z? en pouvoir de leurbien faire, ajfeâlent de deschirer ailleurs les sujets les plus ac-complis , dont ils n’ont rien à craindre ny à esperer ; les trait-tent d'un style de Satyre plustost que d’Histoire, <& répandentgratuitement fur leur mémoire tout le venin dont une lâche

avare médisance peut efire capable.

Disons quelque chose sur la z Dificulté, Sc tombonsd’accord qu’il y a beaucoup d’aparence que si le Maréchalde Marillac n’eût point tâché de ruiner le Cardinal, iln'aurait eu rien à craindre d’une Chambre de Justice, Scque s’íl se fût attaché aux intérêts du Cardinal, son pécu-lat 8c ses concussions n’eussent point nui aux progrès defa fortune. 11 étoit peut-être moins coupable que tel 8 ctel dont non seulement les fautes demeurèrent impunies,mais aussi dont les services furent amplement récompensezà la récommandation de son ennemi. II représenta à sesJuges, que tout ce dont on l'accusoit conststoit en faiêls fi peuconsidérables , qu’on les pourroit objecter à quiconque auroìt eule moindre commandement dans les armées (18); 8c il dit lejour de son exécution, que c'estoit chose estrange de l’avoirpoursuìvy comme on avoit fait , ne s’agijfant dans tout leprocez que de seing, de paille, de pierres, de bois, e? de

ehanx »

( 13 ) Ntìft*

qtte Its díPhdSP iects Ames dont jtparte fint tWprimées danste Recueildes Piecespour laDéfense d®la PeineMere.

SI IESFlateurs

corrompent

plus que le*satiriques i*vérité del’Hiûoúe.

(14) Ti écrit ,

Cajique, &Clatidii , acNeronis TCS »fiorentibusipfis , obtnm falficipojícjuamocciderant 9recentibusodììs compo*fit a smt.Tarit. A o*,nal. Libr.hCap. I.

(r$) lion SHiftor.Ubr. /,Cap. /,

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ce, de Ad*Poëtica» ,

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