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Tome troisieme. K - P.
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M A R I L L A C.

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chaux, & qu il ti'y avoit pas en tout cela dequoy faire fouet-ter un laquais (19). Mr. du Cbastelet réfute cela d’unemaniéré très-forte ( 10 ) ; mais il est sûr que pour l’ordi-naire ceux qui commandoient les troupes en ce tems-làse servoient de mille moiens injustes de s’enrichir. II faitune Remarque qui tend à ceci, c’est que les fautes de ceMaréchal seroient demeurées impunies * s'il n’eût encouru

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vie & par d'autres endroits l’indignation de la Cour. Pesez bien

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je consens qu’il passe pour un témoin très-suspeót. Je ne donnerai ces choses que comme des mé-disances qu’il a débitées, non pas dans cette Satire latine en fr ose rimée (/), où le jeu de l’imagi-nation pouvoit avoir trop de part ; mais dans un Ecrit sérieux & grave, où il réfute les Apolo-gistes de son ennemi. II dit donc (g), que le pere du Maréchal de Marillac ,, passa de la charge5, de Maistre des Comptes à celle de Controlleur général des Finances, & laissa fort peu de bien„ à ses enfans. Cettuy-cy vint dans le monde avec le corps & l’esprit assez adroit, 6c s’occupa„ principalement aux exercices, qu’il aprit en perseétion. N’estant pas assez riche pour fubsister„ de luy-mesme, il estoit ordinairement auprès du Marquis de Cœuvre, qui en la plus haute fa-„ veur de la Duchesse de Beaufort eut bien de la peine à lui sauver la vie, 6c à obtenir son abo-„ lition, âpres le meurtre de Caboche, qu’il avoit tué pour un foible suject 8c hors d’estat de te„ défendre. Ces grandes obligations l’attacherent encore plus estroittement auprès de son bien-„ faicteur, qui luy confia le secret de ses amours, 6c pour ne s’y estre pas fidellement comporté„ rompit tout commerce avec luy. II vescut depuis dans la Cour fur fa bonne mine, & sous le„ nom du beau Marillac, cherchant toutes occasions de faire paroistre son adresse 6cfa belle tail-3, le en public,6c de se rendre agréable au feu Roy,qui pourtant le traita tousiours d’homme de3, peu, 6c chez Zamet le fit sortir un jour de sa table, où il s’estoit mis avec beaucoup d’autres.,, Toutes ces mauvaises advantures ne l’empefcherent pas de donner dans les yeux d’une fille de„ la Reine (B) ”. II l’épóufa, 6c il crut après la mort d’Henri IV (ù), que sous le gouverne-ment des femmes les choses extérieur es (st les apparances des vertus coniointes aux petits foins , caioleries ,affiduitez , (st complaisances , luy donneroient tout ce qu'il n avoit pu obtenir auparavant . ... La diffe-rence de la profession deson frere Maistre des Requeftes ì (st les courses de bagues plutost que les coups d'es-

pées

rillac (26), on ne trouvera pas mal convenables à un Dic-tionaire Critique les discussions que je viens de proposerdans toute cette Remarque; car il est plus utile qu’on nese figure d’accoutumer ses Lecteurs à ne se pas laisser en-traîner aux jugemens populaires fur la conduite des Souve-rains. II est fur tout dangereux de s’y tromper lors qu’onaprend que les opinions communes se fortifient, par je nesai quels Apophthegmes débitez fous un grand nom. Nousvoici dans le cas: lisez ce qu’un habile homme vient depublier. „ Ce fut sous prétexte de Péculat, que le Cardi-„ nal de Richelieu fit couper la tête au Maréchal de Ma-„ rillac. On alléguois contre ce Seigneur, qu’il avoit em-„ ploié les deniers du Roy en de superbes bâtimensdanssa„ belle Terre de Tournebu. Cette belle Terre, d’environ,, deux mille livres de rente, est située en Normandie fur„ le bord de la Seine, entre Vernon 8c Andely.M.deMa-„ rillac,qui la tenoit de ses Peres, avoit entrepris d’y bâtir„ une maison d’environ dix ou douze mille écus, qu’il a„ laissée imparfaite. Un jour le Prince de Condé, aïeul de„ M. le Prince d’aujourd’hui, passant devant cette magni-„ fique maison à moitié bâtie, 8c qui n’a ni portes ni fe-„ nêtres, s’arrêta tout court, Sc l’aiant considérée,dit auxGentils-hommes de fa fuite : On allègue ce bâtiment pour„ faire couper le cou à Marillac ; mais il n'y a pas dequoi„ faire donner le fouet a un Page (z7) ”. Volez commenton promene ce bon mot. Quelques-uns l’attribuent auCardinal de Richelieu (18),d’autres à Mr. de Marillac mê-me (29), 8c d’autres au Prince de Condé. Si ce Prince parlade la forte, il ne fe piqua guere d’exactitude; car il suposaque ce bâtiment fut la base des Accusations qui firent per-dre la vie au Maréchal de Marillac, 8c peut-être que danstout le cours du Procès, il ne fut rien dit de particuliertouchant la maison de Tournebu. Les Juges ont bien àfaire de s’informer d'une dépense à venir, Sc ce seroit unebelle chose que de condamner un homme pour un bâti-ment qui n’est pas encore fait. Mais qu’est-il besoin dedilpute ? On n’a qu’à lire l’Arrêt rendu par les Commissai-res, on verra qu’ils se fondèrent sur toute autre chose, quesur un dessein de bâtiment.

(B) ll donna dans les yeux d'une fille de la Reine.] Voicila suite des paroles de Mr. du Chastelet (30): „ Sortie„ d’une branche de la Maison de Medicìs, auparavant que„ la Couronne de Florence y eust entré. Elle estoit pau-„ vre, médiocrement belle, 8c défia divers desseins de„ trouver une alliance plus advantageuse avoient mal réiis-,, fi. Les apparences de ne rencontrer pas mieux, Sc la„ peur, encore plus légitimé pour une estrangere que pour„ une autre, de vivre à la fuite avec cette fascheuse qua-„ lité de vieille fille, la résolurent à l’espouser. II est vray„ que ce contract ne fut pas bien difficile , puis qu’elle„ n’avoit pour bien que le nom, Sc que son amoureux ne,, pouvoit payer que de mine Sc de gallanterie. Mais ils„ firent ensemble un fonds de grandes espérances, 8c joi-„ guirent aux adresses naturelles d’une Italienne eflevée,, dans la Cour, les fourbes 8c les détours d un homme,,, qui depuis quinze ans y avoit appris tous les arts de„ tromper, 8t de paroistre ce qu’il n’estoit point”. Cet-te Dame mourut pendant le Procès de son mari. J’en voisla preuve dans le Discours que le Maréchal fit à ses Juges.II leur représenta les devoirs oh feue la Dame Marefchalle fafemme s’estoit mise pour avoir accez. auprès du Roy par lemoyen CX la permission de Monsieur le Cardinal de Riche-lieu ; Sc il ajoûta , qu’elle avoit esté inhumainement rebu-tee ,’ exilee ex pirement traiBee qu en pleine Barbarie , puisqu’elle avoit eJU contrainBe de fe retirer en un Village, dansune maison empruntée , oh elle estoit morte de defplaisir &presque fans secours (z i). Le contiact de ce mariage estdu 20 de Décembre 1607. Us «'eurent point d’en-

sanssor).

ces paroles (21 ) : „ Tous les Estats les plus rigoureux ont„ souffert que les crimes communs fussent dissimulez és», personnes principales : l’esclat 8c le relief qu’elles ont,

»» 8c les bonnes grâces du Maistre qui s’y joignent le plus», souvent, couvrent les delicts ordinaires: mais s’il arri-», ve que la malice 8c la méconnoissance esteignent les fa-», veurs qu’elles ont, elles se rendent semblables aux moin-», dres du Royaume ; leurs fautes paroissent égales, 8c de-,, viennent capables des peines ordonnées contre les autres,, subjects. Tous les hommes employez aux grandes char-„ ges n’y viennent que par la grâce du Souverain, en la„ main de qui toutes les Loix sont des feux éclatans, pour„ remplir de lumière ceux qu’il luy plaist, 8c consommer,» les autres, quand bon luy semble. Les rencontres des« larcins, 8c des mauvaises intrigues, ont accablé cettuy-»» cy ”. Cela veut dire que l’on eût fermé les yeux furde semblables concussions commises par un autre Maréchal5 e ,f c rance > dont le reste de la conduite eût tendu au biende 1 Etat ; mais que les factions de celui-ci ne tendant qu’àsemer la divifion dans la Famille Roiale au profit des Es-pagnols (22), on fe crut en droit de l’abandonner aux ri-gueurs de la justice. Parlons franchement. Ceux qui for-mèrent des factions auprès de Marie de Medicis, étoientindignes d’excuse ; car au lieu d'entretenir cette Princessedans la passion de dominer, on devoir lui conseiller de setenir en repos. Elle avoit assez goûté de la Roiauté pen-dant la vie de son mari, 8c jusques à la majorité de sonfils. Le voiant majeur & marié, elle ne devoir plus son-ger qu’à la condition tranquille d’une Reine douairière,fans vouloir prescrire à Louis XIII le choix de tels ou detels Ministres, 8c se quereller avec eux. Je croi qu’on eûtpu lui apliquer ce que Tibère dit un jour à la veuve deGermanicus; Vous comptez pour une injure tout ce quivous empêche de régner: Nurum Agrippinam, post mortemmariti, liberius quiddam quefiam, manu apprehendit : Gra-toque verfu, Si non dominaris, inqúit , filiola, injuriantte accipere existimas ( 23). La Gazette de Paris contientune chose finguliere touchant les raisons qui engagèrent leRoi à n’accorder point de Lettres de grâce en cette ren-contre. La mort du Marefchal de Marillac (c’est ainsi queleGazetier s’exprima dans l’Article de Bruxelles daté du 1 j, fie Mai 1632) fait icy parler diversement. Toutesfois la plusconstante opinion est que ceux qui ont estent , fauz. les noms der la Reyne Mere CX de Monsieur, les Lettres pleines de menaces

,, V| u « 0tl . addrejfantes à ses Juges pour les intimider, au lieu de luy fer—Cif. - fir, ont esté causes de fa ruine. D'autant quelles ont empefa

ebé le Roy de luy donner fa grâce , CX comme contraint fa Ma-de l'abandonner À fa Justice, au lieu des effeBs de fa Cle-«fo j 6 Nrj s rn ence qu'il eust efprouvé fi fa Majesté n'eust appréhendé avecM»S r ande raison qu'on imputas à faiblesse CX * crainte, ce quiN?. -■ Sl ’ n eu fl esté deu qu à sa miséricorde (24).

. Quant à la Question, si le Péculat peut être puni du der-nie r suplìce, je vous renvoie à Monír. du Chastelet (25),Tú a soutenu que le Jugement du Maréchal de Marillacu excéda point la rigueur des Loix. C’est un article qu’on

de la peine à lui passer ; 8c l’on aprouveroit beaucoupleu» w___ ... t _—» u r, „„

(f) Votez,/'Histoirede l’Acad..Françoise,pag. w. 247.

(§) DuChastelet,Observât,sur la vie 6cla condem-nation duMarefchalde Marillac,p/tg. 770du Recueilde diversesFieces pourservir a^Histoire,Edition deI64Z in 4.

(h ) Là'me~77 *«

(26) Voù%ct~ dessus ,Citation (35}de C ^Articlede LOUÏSXIII ; ce quiy ai cité desMémoiresd’Artagnan,& joignez, yces paroles dela page 50 dumime LivrezLe Maré-chal deMa-rillac, quoiqu'il aitpéri mal-heureuse-ment , n*eaest pasmoins re-comman-dable pacmille hon-nêtes (lisex,parmi leshonnêtes)gens quilavent dsquelle ma-niéré arrivaíon mal-heur.

(27) VlgneulMarville,Mélangesd’Hist. &de Littérat*

Tome II »pag. 15 Edit*de HoÚ. 17 op.

(28) Votez,ci-dijsus,Citât. Ï42)de t'Article

LOUÏS XIII.(19) Votez,

ci-dejfui,Citât. (i»J.

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sssovat.’ ■ e la Peine à lui pafler ; Sc l’on aprouveroit beaucoupv ‘è & ? IeUx stu’on ne l’aprouve ce Jugement-là, fi on le trou-Q 01t conforme à celui qui fut rendu à Monír. fie bouquet.soi 1 ? c > „ n P u blia au tems dû Procès de celui-ci un savant Ouvra-K 7 * Se J ur le Péculat.

Aut 1 ° n infidèle qu’en core aujourd’hui il se trouve deseurs qui décident pour l’innocence de Monír. de Ma-

(p) Rela-tion vérita-ble de cequi s’estpassé au

Procès duMarefchalde Marillac,pag. 8 & 9.

(32) Le PersAnselme,Hist. desgrans Oífic»gag. 2J2,