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Tome troisieme. K - P.
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M A R I L L A C.

(-) DUChastelet,Observât,sur la vie& la con-demnation

• 773.

fées donner ent à cettuy-cy le nom de Gendarme. II efloìt tousjours des plus assidus dans les barrières &les lices .... La Reyne interejjee par son alliance à le tirer hors de la necejjitê luy donna charge dansla Compagnie de Monseigneur le Duc d?Orléans, augmenta ses appoìntemens, b désira que le Marquis

d'Ancre s'en fervift. Le Marquis devenu Mareschal de France . se fit instruire en secret par Ma-

rillac de V Ordre (st de,la police de la guerre-, & lui fit espérer une belle récompense (C). Sa mortêc l’éloignement de la Reine mere laissèrent Marillac (i) chargé d'une femme, (st de leur pauvretécommune. ... Il se voulut accommoder avec ceux qui prirent lors le timon des affaires, ne se pouvant dé-partir des pretenfions de la Cour son principal heritage. Mais ils lui firent conoître qu'il n 1 estait pasagréable auprès du Roy. ■ Il revint donc à fa Maiftreffe, paré d'une fausse marque de banny pourde Mariiiac, s es interefts-y &, après quelques rebuts, il se rétablit auprès d’elle, & fut fait Maréchal de Camp

M- 772. au pont de Sé (D). II s’aquita mal de cette Charge, & néanmoins elle lui fut confirmée par

(A) Lk-mi- le Roi à la priere de la Reine mere. II conçut de très-grandes espérances l’an 1624 (k)} par-ce que Michel de Marillac son frere fut pourvu de la Charge de Surintendant desFinances, & que le Cardinal de Richelieu fut établi dans les afaires d’Etat. Le prémier com-mandement qu’il reçut fut d'aller en Champagne auprès du Duc d'Angoulefine , avec un ordre de pour-voir entìerement aux vivres (E). . . . Comme ce fut fa premiere commis on, ce fut aujji le commen-cement de ses volleries (F). Elles devinrent plus énormes pendant qu’il fit travailler à la fortifica-tion (st au baftiment de la Citadelle de Verdun, où le Roy le mit Gouverneur, (st luy donna fa Lìeu-tenance generale es trois Eveschez, avec pouvoir d'ordonner de tous lespayemens (/). II fut emploieà la Guerre de la Rochelle Pan 1627 ( m ). II se trouva à la défaite des Anglois dans l’Ile de

Ré (G), Lt ,, servit de Mareschal de Camp au,quartier du Duc d’Angoulesme, avec tant de

„ mal-heur,qu’en toutes les sorties qui furent faites, & aux entreprises d’emporterlefortdeTha-„ don, Lc de petarder les grilles du costé des marais, il eut toufíours besoin de venir aux excu-,, ses, & de se justifier de ne s’estre pas trouvé où il devoir. II fut incessamment accusé par les„ gens de guerre de quelque foiblesse, & d’estre la cause que les choses n’avoient pas bien retiífi;„ tant estoit forte leur opinion, qu’il n’estoit pas si vaillant qu’il pensoit (n)". Ce fut pendant lesiégé de la Rochelle que l’on commença de cabaler contre le Cardinal de Richelieu. L’un desprincipaux moiens que l’on emploia étoit de le rendre odieux à Marie de Medicis. ( 0) Marillac ,demeuré à la Rochelle, contrïbuoit de loing à tout le monopole , ce qui luy estoit possible : (st, comme il aconfessé dans son procès, escrivoit souvent à la Reine mere, avec une instruéiion à ceux de son chiffre,que Monsieur Bouthillier , alors Secretaire de ses commandement , ne vift point ses dêpesches: qu'elles

fussent

(C) Le Marquis d’Ancre devenu Maréchal de France .1

(I) Lk-raê-me 3 P a £* 774*

(?») LÀ-znê-77 8.

(») La-mz-one ystctg, 780.

( 0 ) Là-mè-pag* 78Z.

srz) VuChastelet,Observât,fur la vie& la con-<Jemn. deMarillac,77 U

( 34 ) Lk-mê-,we, }>a£, 772..

(35) Notez,que le Pontde §e , f lacefur la Loire ,fut attaquédx f/ris parle 'ksi le 8d*<s 4 oíít 16 losur les troupesde la %einemere qui

s* etoit déclaréepour lesmécontent.

< 36 )VuChastelet,Observât,sur la vieSc la con-<lemn. deMarillac,/-T- 773.

(37) Là rnì-

lui fit espérer une belle récompense.'] Mr. du Chastelet para-phrase cela malignement. Le nouveau Maréchal de Fran-ce, dit-il (33 ), frit le commandement des armées fans y al-ler : pour faire croire qu il estoit Maistre en un mestier qu iln’avoit jamais appris , se fit instruire en secret par Marillacde l’Ordre v? de la police de la guerre. Apres un mois de con-férence, ils demeurèrent tous deux fi contens l’un de l’autre,e/ fi fort satisfaits de leur courage est de leur capacité , qu’ilsfurent bien - to(i persuadez, de pouvoir tout entreprendre seure-ment. Ce Maistre d’école militaire, qui ne fretendoit que sefaire riche, & qui spavoit les moyens de profiter dans la dé-pense de la guerre, demanda pour premiere faveur à son dis-ciple d’estre Commissaire général, avec un pouvoir qui }uyrendoit tributaires ceux qui commandaient , ou qui payoientlès troupes, en leur estant tous les moyens de butiner fans luy .Cette belle charge, qu il vouloìt rendre de st bon revenu, luyestoit ajfeurée, st la mort du Maréchal d’Ancre n’euft arreftéce dessein, avec beaucoup d’autres.

(D) lise rétablit auprès de la Reine Mere, & fut faitMareschal de Camp aú Pont de Sé. ] La paraphrase quisuit n’est pas moins maligne que la précédente : Le „ des-„ tin de la disgrâce, qui fait admettre Sc employer toutes„ sortes de gens, les larmes de fa femme, les advis 8c pe-„ tits services que le Party recevoit de l’autre Marillac son„ frere, aydé par le ministère de quelque religieuse corres-„ pondance , firent oublier toutes les choses passées. II,, avoir le ton & la morgue d’homme de commandement:,, il sçavoit parler de retranchemens, demy-lunés, 8c re-„ doutes, & se trouva là parmy tant de jeunes gens, qui„ les eussent mieux défendues que tracées, que faute d’au-„ tre & d’estre bien cognû, il fut fait Mareschal de Camp,, au Pont de Sé. L’experience découvrit bien-tost par„ l’entreprise, l’execution, 8c la garde des travaux,toutes,, également'mauvaises, qu’il estoit beaucoup moins Soldat„ 8c Capitaine fur le terrain, que fur le papier. .......

„ La mauvaise opinion, que les gens de guerre avoient eu„ de fa valeur en fa jeunesse, ne devint pas meilleure après,, la perte du combat au Pont de Sé, qu ils attribuèrent à„ son eítonnement, Sc à son peu d experien.ee (34)”. Voiezla marge (35).

( E j Avec un ordre de pourvoir . . . aux vivres. ] „ II„ l’executa fi mal, que l’appuy qu’il avoit de la Reine„ mere, 8c le crédit de son frere, qui devenoit plus puis-„ sant de jour en jour,n’empescherent pas qu’il ne fut ac-„ cusé dessers auprès du Roy, de malversations 8c de lar-„ cin. II ent recours par lettres en cette premiere attaque„ au Cardinal, & depuis en a fait voir dans son Procès,, la response du 7 Avril, mil six cens vingt-cinq, pleine„ de marques de son amitié. Elle contenoit une asseu-„ rance d’avoir levé de l’esprit du Roy cette mauvaise„ impression, Lc luy donnoit advis de fc conduire si bien,, à l’advenir, que ces aydes-là ne- luy fussent plus né->» cessasses (36).

(-F) Ce fut aujfi le commencement de ses volleries.] Com-mencement qui eut des suites continuelles, si l’on en crossnotre Auteur: Et se trouvera, dit-il (37) , quelque publi-cation de son innocence que l’on ait voulu faire , que desor-

( 38 ) Là-rrFme,pag. 79 ì 4

mais jusques a fa prison, il ria disposé , ordonné, ny trait-té d’aucune affaire d’argent pour sa Majesté , qu il ny aitpratiqué tous les moyens possibles d'y profiter. Le détail qu’ildonne fur cela est effroiable: on y volt des malversationssi outrées, Lc si sordides, que Mr. du Chastelet s’est cruobligé de satisfaire à une Objection qui se présentoir natu-rellement , vu que d’ailleurs il représentoit ce Maréchalcomme un Seigneur avide de gloire. „ II sembleroit ” , dit-il (38), „ à ne prendre que l’escorce de ce discours qu’il„ ne peut estre fait pour un mesme homme : on y void„ la bassesse de toutes sortes de visiennies, & les hautes„ pensées de l’honneur Lc des charges; on y trouve auffi„ qne Marillac a mis la main aux choses grandes, Lc l’a„ portée en mesme temps à la gorge des pauvres Paisans„ pour en arracher le bien. Neantmoins, il est aisé à com-» prendre que ce furent les fruits d’une mesme racine,

„ Lc qu’il pût estre capable de ces deux extrêmes, à qui„ se voudra souvenir,que le fonds de son esprit estoit ma-„ licieux Lc superbe, Lc qu’il falloit pour soustenir le faix„ de son ambitieuse pauvreté, qu’il eust recours aux ordu-,, res qui déshonorent fa vie. Auffi qu’estant mené plus„ visse que ses propres espérances ne marchoient, il fut„ emporté parle courant impétueux de fa faction, où les„ femmes Lc beaucoup de gens incapables de la guerre eu-„ rent tant d’authorité, que luy qui prévaloir de mine, de„ parole, Lc de bruit, acquist facilement l’opinion d’une„ grande valeur auprès d’eux,qui n’avoient aucune expe-„ rience de son mestier.

(G) ll se trouva à. la défaite des Anglais dans l’ile deRé. ] Nous allons aprendre qui fut l’Auteur d’une Rela-tion anonyme qui parut en ce tems-là. „ II est remar- , .p.„ quable que le Garde des Sceaux (39) se fit Historien de (í9 )£$él„ ce qui se passa dans l’isie à la deffaite des Anglois, pour îe Mit' 11 **„ en faire avoir toute la gloire à son frere. II ne voulut Frire if 1 #„ pas y mettre son nom , afin de rendre cette Relation dont H ‘ ‘‘L.

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,, moins suspecte, Lc luy donner plus de creance contre la„ voix publique de tous ceux qui repassèrent après le„ combat. II manqua bien de jugement, en luy faisant,, cette grande Lc seule harangue de son Livre : Car outre„ que parmy les gens de guerre il ne passoit desia que„ pour un homme de langue,, Lc de peu d’effet, il justi-„ fioit le nom que les Soldats luy donnerent, de Marillac„ Pont-d’or, tant 11 avoit de bonnes raisons pour ne coin-„ battre jamais. II le fait se presenter aux ennemis pour„ les recognoistre en ces termes: Qu’il en approcha mal-gré les salves des pelotons advancez, qu’il luy convint„ boire, surquoy l’on disoit à la premiere lecture de ce,, Panégyrique, qu’il les avoit trouvez de mauvais goust,

„ & qu’il n’y avoit jamais tasté que cette fois-là.

„ En un mot, il veut qu’il soit l’autheur de toutes les ac-„ rions de courage Lc de jugement, Lc ne laisse au Mareschal„ de Schomberg que l’approbation de ses conseils, Lc (4°)A,-k,

,, à Thoiras les ouvertures téméraires Lc pleines de van- Sft rVÍ - t '

„ geances de la mort de ses deux frétés. Neantmoins tout ^ \» W«_

„ le monde sçait qu’apres cette action que le Roman de & U c st a ie„ son frere luy attribue toute, il fut plus décrié qu’aupa- àffystètt, ,„ ravant, Lee (40)”. Je suprime le reste ; c’est un trait fMpFtrop satirique. ^