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Tome troisieme. K - P.
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MARILLAC. MARINELLA.

(jo) AuberiHist. duCardinalMazarin,Livr. Il,

f *«*.

( S T) Rï-cheome,ïlainteApologéti-que, rmm.io,fjtg. 14Í ,ISJ.

(->)// su timprimé àVenise C anIfiOI ,!»4.

(t) .A ta page3 n de l'E-divion de Vernise 1655,

( Z ) Voiez,s ^ArticleFonte.

(3) AnnaMaria àSchurman,Opusculis,

fag. 8S.

( 4 ) Voiez.■Journal desSavans duIS MarsJ676.

S 44

Cela mérite une réfléxion.

qui lui faisoient son Procès. Cela fourniffoit au Parlementde Paris une raison spécieuse de prononcer que ce Maré-chal avoit été mal jugé; mais ce n’est point une preuvequ’on le déclarât innocent des crimes fur quoi la condam-nation étoit fondée. Voici un exemple convaincant de ceque je dis. Après la bataille de Rocroi, & la prise deThionville,la Cour,voulant marquer sa reconnoissance auDuc d’Enguien, rendit à Mr. le Prince de Condé la belleMaison de Chantilli , ct" d'autres dépouillés de la successiondu Duc de Montmorency , ‘duquel Madame la PrinceJJe deCondé étoit heritiere. L'Arreft du Parlement de Paris, in-tervenu sur les Lettres de Don, porte expressément que le Ducde Montmorenci n avoit pas esté bien jugé. Ce qui est fondéfur Pune des plus constantes maximes du Royaume ; que lesDucs & Pairs ne peuvent être jugez, que par le Roy en per-sonne , e? dans fa Cour de Parlement, garnie suffisamment, dé Pairs, Clercs cr Lays ( 5 °)- Selon ces Maximes, le Ma-réchal de Biron n’auroit pas été bien jugé ; car Henri IVn’affista point en personne au jugement. Mais, laissanttoute chicane, contentons nous d’obí'erver que ce qui futinséré en faveur de Mr. de Montmorenci, dans l'Arrêt duParlement de Paris, n’empêche pas que fa rébellion nedoive passer pour très-certaine, 8c ne peut donner aucuneatteinte à la probité de ses Juges. Ils étoient incompé-tens, si l’on veut; mais ils prononcèrent selon les Loix, 8ccontre un accusé effectivement Sc réellement coupable. IIarrive assez souvent que les Juges subalternes font des pro-cédures irrégulieres qui font cassées par les Tribunaux su-périeurs fans que l’accusé y gagne rien, si ce n’est peut-être un peu de te m s : on refait les procédures avec les for-malité! requises, 8c il se trouve duement convaincu, 8cla prémiere Sentence est confirmée quant au fond.

Notez que j'e ne veux pas nier que la mémoire de quel-ques personnes punies du dernier suplice n’ait été quelque-fois réhabilitée de telle forte, que cela portoit une Décla-ration juridique de leur innocence : mais pour l’ordinairece font des suites d'une révision du Procès fortifiée denouvelles pieces justificatives, & de preuves convaincan-tes de la corruption ou de la précipitation des Juges.Sans cela le rétablissement de la mémoire des supliciezn’est autre chose qu’une grâce accordée aux bons servicesque l’on a reçus ou que l’on attend d’une Famille considé-rable. C’est une consolation qu’on lui procure , 8c uneespece de barrière qu’elle pourra oposer aux reproches in-sultans de ses ennemis. Je ne faurois dire bien précisé-ment quelle fut l’espece de la réhabilitation que voici:„ L’an 15:49 un peu aptes la mort du Roy François pre-,, mier, Messire Jacques de Coucy, Seigneur de Ver vin,,, Lieutenant du Roy à Boloìgne, 8c Messire Odoart de„ Biez, Maréchal de France son beau pere, furent con-„ damnés; celuy-là à mort, comme ayant mal défendu,, Montreuil contre l’Anglois; l’autre désappointé de son„ estât de Maréchal , comme ayant trahi 8c rendu Bo-„ loigne au Roy Henri d’Angleterre. Ces deux Seigneurs„ furent déclarez innocens l’an 1577, du régné d’Henry„ troisiesme, à la poursuite de Messire Jacques de Coucy,, fils dudict Seigneur de Vervin, 8c petit fils dudict Sei-,, gneur Mareschal de Biez; 8c la vérification8cpublication,, de leur innocence en fut faicte en jugement à la ville„ de Boloigne le quatorzième de Juin (51).

Avouons les choses comme elles font, les Lettres pa-tentes, les Edits, les Arrêts des Princes, contiennent sou-vent des lionnêtetez, qui à proprement parler ne sont quedes complimens, 8c qu’il ne faut interpréter qu’à la ma-niéré des complimens. Croiez-vous qu’Henri III parlât ^. fselon sa pensée, lors qu’il déclaroit (52.) que le Duc d’A- s*j> mlençon son frere, le Roi de Navarre son beau-frere, le ^ rf . xliX,Prince de Condé , 8c tous les autres Seigneurs, Cheva- liilliers, Gentilshommes, Officiers,8c habitans de son Roiau-me, qui avoient eu part aux derniers troubles, a voientété en cela ses bons esr loyaux sujets z? serviteurs 8c qu’iltémoignoit d'estre bien e/ deuement satisfait cr informé dela bonne intention dudit Duc d'Alenpon, zz n’avoir esté parluy , ni par ceux qui y font intervenus , ou qui s'en font enquelque forte que ce soit meflez , tant vivans que morts,rien fait que pour son service ì Croiez-vous que Louis XIII ^

parlât plus sincèrement, lors qu’il déclara (53) qu’il croioit jsfjfyuitcy estimoit que ce qui avoit esté fait par le Prince de Condé, â-1616,

8c par ceux qui l’avoient suivi , avoit esté a bonne inten- Mrt. XVtt-tion z? pour son serviceì Pareilles clauses se mettoient ré-gulièrement dans tous les Edits de Paix depuis la prémiereGuerre civile de Religion fous Charles IX (54); 8c font (54) Voh st itdevenues un formulaire dont on se servira toutes les fois fque les besoins de l’Etat le demanderont. Les Chefs de > Adam ScParti dans une Guerre civile embarrassante capitulent pour à cottiby»l’ordinaire si heureusement pour leurs intérêts, qu’ils em- 11 Firt ' v] rjportent, ou un bâton de Maréchal, ou le Cordon bleu, ouun Gouvernement de place, outre, je ne dirai pas desLettres d’abolition, mais des Lettres où l’on déclare quel’on est persuadé que ce qu’ils ont fait a été pour le servi- (j;) Balz af ’ce du Roi. Ni le Prince qui parle, ni le Sécrétasse d’Etat dons uX líqui dresse PEcrit, ni le Chancelier qui le scelle, n’en ^

croient rien : cependant la nécessité des terris les force à Mr ’con-s’exprimer de cette façon. Mais personne ne prend cela au la it, doté*pied de la lettre, on continue de dire ou de penser que cçs 30gens-là ont porté les armes contre le service du Roi, 8cont été de francs rebelles. Le reste passe pour des compli-mens fous le grand sceau, 8c pour des mensonges de Chan- ' avaitCellerie. écrite à

Ce que font les Rois dans leurs Edits, 8c dans leurs Dé- Gen f l ' hí ^c,datations, se fait aussi quelquefois dans un Parlement, ou |qud'par leur ordre, ou à leur recommandation, ou fans qu’ils i e , dit-H,s’en mêlent. Te veux dire qu’on y rétablit la mémoire des j'aipersonnes, tantôt fous un prétexte, tantôt fous un autre, f? ReviAdans la vue que cela serve aux parens à telle fin que de M°n-raison; mais les Juges qui ont condamné ne fe tiennent f íem jepoint pour flétris, 8c ne font pas considérez comme pu- Maréchalnissables , à moins que l’Arrêt de rétablissement ne soit de Map 1 'fondé sur la révision des pieces, 8c n’ordonne que le Pro- lac ’ bl t“cès soit fait 8c parfait incessamment à ces Juges-là, ou aux sonne Vf,témoins. Je ne pense pas qu’il y ait personne qui ose dire soit notn tlil ‘que le Parlement de Paris ait rien ordonné de semblable 7 ^contre Mr. de Chateauneuf, ni contre ses Assesseurs, nicontre cette multitude de témoins qu’ils examinerent 8c par s"qu’ils recolérent. Si Mr. Moreri avoit cité quelques Au- -pivìfion-^.teurs, il m’auroit bien soulagé, 8c m’auroit peut-être mis 11en état d’aprendre que tout ce que je viens d’observer est in ^Ì‘ìtinutile. Voiez la marge (55). II faut avouer que dans lesmatières historiques ceux qui citent bien, 8c beaucoup, dmtabrègent extrêmement le chemin de l’instruction. besoin.

MARINELLA, ou MARINELLI (Lucrèce) Dame Vénitienne qui avoit beau-

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coup d’esprit, & qui publia entre autres Livres {A) un Ouvrage intitulé La Nobilta eVEc-cellenza delle Donne , con Diffetti e Mancamenti de gti Huomini (a). Elle portoit les prétentions b ". cC f^„-de son sexe, non seulement à Légalité, comme quelques Auteurs ont fait (A), mais auffi à la 0supériorité. Mademoiselle de Schurman n’aprouvoit point le dessein de cet Ouvrage (6) ; elle eût Y dumdonc blâmé la Demoiselle Jaquette Guillaume (C). Z!p'“‘ rl J

ï • n . arbitrer^

perlegere Psgeat traíUtam calera msignem LucretU Marinelhe. Anna Maria à Schurman, in Opusculis, pag. «'

(A) Entre autres Livres.] Elle a fait un Ouvrage quia pour Titre, La Colomba sacra, la Vie de la Vierge Ma-rie, 8c celle de saint François. J’aprens ceci dans Le Cofinotabili V maravigliose délia Città dì Venetia (1).

{R) Comme quelques Auteurs ont fait y z).] Je n’ennommerai que deux: 1 un est Mademoiselle de Gommai,qui a fait un petit Livre De l'Egalité des Hommes & desFemmes. Sa prétension fut desaprouvée par Mademoisellede Schurman : Nobiliffimct Gornacenfis DiJfertatiunculam . . .uti ab elegantia ac lepore improbare minime poffum: ita eamper omnia comprobare nec aufim quidem nec velim ; licet adsapientum testìmonia qu& illa nobis exhibait, brevitatis causaprovocarim (3). L’autre Auteur est celui qui publia à Parisen 1673 un Ouvrage qui a pour Titre, De l'Egalité desdeux Sexes , Discours phifique £? moral où l'on volt l’itnpor-tance de fe defaire des préjugez. II crut que l’on écriroitcontre lui, 8c il en fut menacé (4) : mais, ne voiant pointparoître de Réfutation, il écrivit lui-même contre son Li-vre ; car il publia en 1675 un Traité De P Excellence desHommes contre l'Egalité des Sexes. Quand on examine bientout ce qu’il dit on découvre qu’il n’a pas dessein de réfu-ter son premier Ouvrage , 8c qu’il a plutôt envie de leconfirmer indirectement. Quoi qu’il en soit, ces deuxOuvrages furent réimprimez à Paris l’an 1679. On a été

long-tems fans en connoître l’Auteur: on débita dans les , \ jrt‘‘ leNouvelles de la République des Lettres, au mois d’Octo- v/i, Hj"bre i68ç (5), qu’il s’apelloit Frelin; mais quelque teins 1145,^après on déclara dans ces Nouvelles (6), qu’il eût mieux 2valu le nommer Poulain. C’est en effet son vrai nom, . ja rv

quoi qu’il ait pris celui de la Barre, à la tête de la troi- ^,,sieme Edition l’an 1691 (7), 8c à la tête de la troisièmePartie de son Ouvrage publiée l’an 169Z. Disons en passantque c’étoit un Ecclésiastique Lorrain, qui a embrassé dansGeneve la Communion Protestante. ffou' ,elleS

(C) Mademoiselle de Schurman eut blâmé la Demoiselle di l6S5 ‘Jaquette Guillaume.] Qui publia à Paris en 1665 unLivre intitulé Les Dames illustres, où par bonnes ç? fortes (st ;poh eraisons il fe prouve que le Sexe féminin surpasse en toute sorte l ^ eSde genres le Sexe masculin. On publia à Paris un Livre in 8, ge sl’an 1643 lous ce Titre-ci, La Femme genereuse qui monstre v:lfl f s Ljque son Sexe est plus noble, meilleur politique, plus vaillant, pdgfplus sçavant, plus vertueux, e? 1 plus ceconome que celui d es irí ml 'hommes, par L. S. D. L. L. J’ajoûte que Mr. 8dresser (8)nt’aprend qu’on imprima à Upsaie en 1650 un Traité qui (s) aa pour Titre, La Donna migliore delï Huomo , Paradojst, scA^ %composé par Jacobus del Pozzo (i. e. de Puteo.) Û Y scrip t0l ‘avoit déjà long-tems que cette These avoit été soutenue sacC otAfi>par de beaux Esprits. Jerôme Ruscelli publia en 15S 1 . un iûU