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Tome troisieme. K - P.
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M A R O T.

(d) La Du-chesse d'^A-lencon étoitdevenue'Tseincde Navarrepar son ma?iiage avecJean cCuíl-hret ,

(14} Lk~mbne.

(25) C\ft-à-

dire cherché .

(26} Marot,Epistre auRoi, dutems de ionexil à Fer-rare > gag,178.

(27) Pag. m,

W.

(2S) Il Pa-pille ReineMagdelai-

31 e ; cela neprouve pasque les tìoccsfufflnt faites.

Jì fitffisoitque le Ma-rÌAge sutarrêté.

(zg) CePrince enpartit aprèsque 1 * Empe-reur Chartes-Quint se futretiré de Pro-vence pendantt '-Autommedel an 1.5 36.

f30) c'tjl-à-

dire en Vers .

{31) Marotdans.son

Prime auCardinal deTournon,pag. it».

.348

avoir su cette nouvelle, & se retira chez la Reine de Navarre son ancienne Maîtresse (i), &ne se cròiant point là assez en sûreté, il passa en Italie & s’arrêta à la Cour de la Princesse Renéede France Duchesse de Ferrare (e) bonne amie de ceux de la Religion. II obtint de François Ila permission de revenir l’an lp;6 (G )3 mais il fut tellement conu pour Sectateur de ce qu’onnommoit les nouvelles opinions qu’il se sauva quelques années après à Geneve. On prétend qu’ily débaucha son hôtesse, & que la peine de mort qu’il avoit à craindre fut commuée en celle dufouet par la recommandation de Calvin (H). II sortit de Geneve & s’en alla en Piémont, oùil mourut l’an 15-44, à l’âge d’environ soixante ans (/). La faute de Chronologie qu’il semble

que

Autant comme eux, sans cause qui soit bonneMe veult de mal l’ignorante Sorbonne :

Bien ignorante elle efi d’efire ennemieDe la trilingue d noble Académie,

Qu as érigée. Il efi tout manifeste,

Que lâ dedans contre ton veuil celefieEst deffendu qu on ne voife allegantHebrieu, ny Grec , ny Latin élégantDisant , que c efi langage d'Hérétiques.

O povres gens de sçavoir tous éthiques !

Bien faites vray ce proverbe courant,

Science n'ha hayneux que ïignorant.

Certes, ô Roy, st le profond des cueursOn veult sonder de ces Sorboniqueurs,

Trouvé fera que de toy Us se deulent.

Comment douloir? Mais que grand mal te veulent,Dont tu as fait les lettres, cr les artsPlus reluisans, que du temps des Césars ;

Car leurs abus void on en façon telle.

C'est toy, qui as allumé la chandelle ,

Par qui maint oeil void mainte vérité,

Qui fous épejfe & noire obscuritéA fait tant d'ans icy bas demeurance.

Et quest-il rien plus obscur qu ignorante ?

Eux, leur court, en absence, er en face,

Par plusieurs fois m ont usé de menace,

Dont la plus douce estait en criminelM’executer (2.4).

a leurs abus.

zèle auffi loio qu’il le disoit; mais je ne doute point de cequ’il dit que ces Docteurs vouloient maintenir la barbarie.Cette partie du XVI Siecle fera une tache éternelle à laSorbonne, vu comme elle se conduisit. Passons aux pro-testations que ce Poète fit d’être orthodoxe:

Or à ce coup il est bien évident,

Que dessus moy ont une vieille dent ,

Quand ne pouvans crime fur moy prouver ,

Ont tresbien quïssxf ), tresbien sceu trouver,

Pour me fâcher, briesve expédition,

En te donnant mauvaise impressionDe moy ton sers, pour âpres à leur aiseMieux mettre à fin. leur vouions ê mauvaise tEt pour ce faire ilz n ont certes eu honteTaire courir de moy vers toy maint compte,

Aveques bruit plein de propos menteurs,

Desquelz. ilz sont les premiers inventeurs.

De Lutheriste ilz, mont donné le nom ;

Qu à droit ce soit, je leur responds que non,

Luther pour moy des cieux n est descendu :

Luther e» Croix ri ha point esté penduPour mes pechez ; e? tout bien advifé ,

Au nom de luy ne fuis point baptizé .-Baptizé fuis au nom qui tant bien sonne,

Qu au son de luy le Pere éternel donneCe que l’on quiert : le seul nom fous les cieuxEn , N par qui , ce monde vicieuxPeut estre sauf. Le nom tant fort puissant ,

Qu’il ha rendu tout gendùil fléchissant,

Soit infernal » soit celefte, ou humain :

Le nom , par qui du Seigneur Dieu la main■Mha préservé de ces grands loups rabìs ,

Qui m’efpioient dessous peaux de Brebis (26).

(G) ll obtint .. .la permission de revenir l’an 1536.] Cet-

parle de la mort du Dauphin, & du mariage de la Prin-cesse Magdelaine (28), & il remarque quelle partiroitbientôt. Or le Dauphin fut empoisonné au mois d’Août1336, & la Princesse Magdelaine épousa le Roi d’Ecossele 1 de l’an 1537. Joignez à cela que Marot témoigne qu’ilarriva à Lion un peu après que François I en fut parti (29).

Si qu à Dieu rends grâces un million ,

Dont f ai atteint le gracieux Lyon,

Ou j'esperoys à ïarriver transmettre

Au Roy François humble salut en mettre (30) .-

C onclud eftoit. Mais puis qu’il en est hors,

A qui U puis je, e/ doy je addrejser, sorsA toy qui t - lens p ar p r udence loyale,

Icy le lieu de. fa hauteur Royale (31).

Mï. Maimbourg dit que la Duchesse de Ferrare obtint du

de ses adultérés. Les mauvaises mœurs d’un Poète ne doi-vent pas empêcher, que s’il traduit bien les Pseaumes deDavid, on ne chante fa Version dans les Eglises;, tout demême que les mauvaises mœurs d’un Peintre, ou d’un Sta-tuaire, ne doivent pas empêcher ceux qui vénèrent les ima-ges , de consacrer un tableau, ou une statue.

(I) Il mourut en Piémont l’an 1344 , à l’âge d’environsoixante ans.] Le premier de ces deux faits m’est fournipar Sainte Marthe, & le fécond par Théodore de Beze.Mais ne croiez pas que Ste. Marthe se soit abaissé jusquesà dire que Marot mourut l’an 1544. Cela eût été tropsimple, St n’eût point permis que l’on débitât des Phrases:il a donc falu,pour donner lieu aux mots pompeux, mar-quer la mort de ce Poète à l’année de la bataille de Ceri-zolles. Cum extorris e? rerum egenus Taurini apud Insubresprocul â tuorum aspefíu decejseris, eo ipso anno quo ad Ceri-

se) Veiet,i’Epitre qtttMarot écri-vit anpendant s ertexil.

Roi le retour de notre Poète , sur l'assurance qu'elle donnaqu il seroit désormais plus sage (32). D'autres disent queFrançois I n’accorda à cette Duchesse fa demande, qutècondition que Marot rentrerait dans la Religion Romaine qu’ilavoit quittée, çr seroit plus discret à V avenir (33). Je n'aipoint vu dans les Oeuvres de Marot que cette Princesse sesoit mêlée de cela; & je doute que son zele pour la Reli-gion Protestante lui ait permis de négocier à de telles con-ditions le rapel d’un homme. Ce qu’il y a de certain,c’est que Marot, priant le Dauphin de lui obtenir un passe-port pour six mois, déclara qu’il avoit apris en Italié à êtrefort circonspect dans ses discours, & à ne parler jamaisde Dieu.

Il le seroit (34), s’il savoit bien commentDepuis un peu je parle sobrement :

Car ces Lombards, avec qui je chemine,

M’ont fort apris à faire bonne mine,

A un mot seul de Dieu ne deviser,

A parler peu , íy à poltronniser.

Dessus un mot une heure je marreste :

S’on parle à moy, je respons de la teste.

Mais je vous pry mon saufeonduit ayons,

Et de cela plus ne nous efmayons (35).

(32) Maim-bourg, Hist-du Calvin.Mur.pag. 91 .

(«V vk ,t

Marot, dao‘U Recueildes plusexcelles*Pieces de*PoètesFrançois»

(H) L'#'

à-dire le%oi mt rr

(H) On prétend qu il débaucha son hôtesse à. Geneve , &que la peine de mort . . . fut commuée .... par la recom-mandation de Calvin.] Tous ceux qui disent cela se fon-dent sur le témoignage de Cayet : c’est lui qu’il faut pren-dre pour le prémier & pour le seul déposant. FlorimondJeme raporte pas le vœu héroïque qu’il ajoûte. II fou- de Remond , que l’on cite auísi, n’est que son Copiste,haite d’être immolé à leur rage, pourvu que l’Eglise ne Comme pour avoir bien leu er médité les Pseaumes, en lessoit plus assujétie à leurs abus. Je doute qu’il poussât le traduisant fi mal, ce sont les paroles de Mr. Maimbourg,

il rien estoìt pas devenu ( J ) plus homme de bien, e? qu en^fuite menant à fan ordinaire une vie tres licentieuse, il eûtdébauché la femme de son hoste ; ce qu’on punissait de mortà Geneve : Calvin par son crédit fit (J) changer cette ri-goureuse peine en une autre plus douce, qui fut celle du fouetqu il eût par tous les carrefours (36). Voici les paroles d’unautre Ecrivain : Ayant commis à Geneve un adultéré avéré,ìl n’eût pas manqué d’estre pendu, fi le crédit de Calvin n’eustfait commuer cette peine en celle d'estre fouetté par les Carre-fours de Geneve, selon Cdier. Mais Beze, par la confidera-tion qu’il avoit pour un homme qui a. suivi les mesmes er-reurs que luy , o 1 dont il a rachevé les Pseaumes, n a pasexpliqué ce fait st nettement (Z7)- II est vrai que Théo-dore de Beze se contente d’observer en général, que Clé-ment Marot ne put jamais corriger l’habitude des mauvai-ses mœurs qu’il avoit gagnée à la Cour de France. Quam-vis (ut qu't in aula, pejstma pietatis er honestatìs magistra,vitam fere omnem consumpfijset ) mores parum Christianos nein extrema quidem atate emendarit (38). Cette expressiongénérale signifie beaucoup, & insinue en particulier queMarot n’édifia point les Genevois par fa chasteté. Quoiqu’il en soit, je ne trouve pas vraisemblable ce que Cayetconte ; car si un Poète auffi fameux que Marot, 8t auffihaï dans la Communion Romaine, eût été fouetté par lescarrefours dune grande ville, toute l’Europe l’eût bientôtsu : on l’eût insulté sur cette infamie dans plusieurs Livres;il n’eût pas osé fe présenter devant ceux qui commandoienten Piémont pour le Roi de France ; nous ne ferions pasréduits au seul témoignage de Victor Cayet, postérieur detant d’années à cette Avanture. Quelqu’un pourroit direque les Protestans eussent publié eux-mêmes cette puni-tion, pour faire voir jusqu’où la sévérité de la Disciplineétoit portée dans Geneve : mais convenons de bonne foique cette instance n’est point forte; car fans être consom-mé dans les finesses de la Politique, on juge qu’il faut mé-. . , . . „ nager la réputation d’un frété persécuté (39). Au reste,

te date se vérifie par son Poème intitule le Dieugard à la il est ridicule de reprocher aux Protestans l’usage public deCourt (27 ). 11 le composa peu âpres son arrivée , il y la Version de Marot, sous prétexte qu’il auroit été puni

inrf dil Fl-annliírt &T niï tTvariao/a At* Prin- ^ _ t —__ : r. j> r» _ . , *

Ï35) MíM* 1Epistre àMonsei-gneur l*Dauphist*iSJ.

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