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que Mr. Maimbourg ait faite touchant la prémiere fuite de Clement Marot est très-Icgere ( jf).Quant aux autres fautes qu’il a pu faire en parlant de ce personnage, voiez-en la Réfutation dansles Auteurs qui écrivirent contre son Histoire du Calvinisme. V o us trouverez dans Sleidan (/) }& dans Pafquier (§), un bel Eloge de Clément Marot. On peut dire fans le flater, non feule-ment que la Poésie Françoise n’avoit jamais paru avec les charmes & avec les beautez naturellesdont il l’orna, mais aussi que dans toute la fuite duXVI Siécle il ne parut rien qui aprochât del'heureux génie, & des agrémens naïfs, & du sel de ses Ouvrages. Les Poètes de la Pleïadefont de fer en comparaison de celui-là; & si au Siecle suivant, un Voiture, un Sarrazin, unBenferade, & quelques autres l’ont surpassé, ce n’est qu’à cause qu’ils ont trouvé tout fait réta-blissement d’un meilleur goût, St d’une plus grande délicatesse de leur Langue (h). L’incom-parable la Fontaine, qui s’est reconu son Disciple (Z), a contribué beaucoup à remettre envogue les Vers de cet ancien Poète. Une infinité de curieux cherehoient ses Oeuvres avec ar-deur, Sc avoient bien de la peine à les trouver. C’est ce qui a obligé un Libraire de la Haie (ì)
solam illius agri oppidum regius exercitus Anguiano duce in-Jignem de Cœsariams vibloriam reportavit (40). II y a par-mi les Vers de Marot (41) un Dizain au Roi, envoie deSavoie ï an r 543 , & (41) une Salutation du Camp de Mon-sieur d’Anguien à Sirizole. Cela nous montre qu’il quittaGeneve la même année qu’il y publia ses cinquante Pseau-mes (43). On a un Eglogue fur la victoire de ce Ducd’Anguien'(44). A l’égard de ses soixante ans de vie, jedois recourir à d’autres témoins (45) ) car Ste. Marthe nes’abaisse point jusques-là.
Notez qu’on rectifiera ci-deffous, dans la Remarque (R),ce qui concerne ces soixante ans. Les Vers citez ci-dessusCitation (5) semblent prouver qu'en 13x6 il n’avoit quetrente ans. Notez que dans son'Eglogue sous le nom dePan 8e Robin il se considère comme au voisinage de lavieillesse.
{K) La faute de Chronologie qu il semble que Mr. Maim-bourg ait faite . est tres-légere. ] II veut que Clé-
ment Marot n’ait pris la fuite qu’en 1535. Comme ....il vit que le Roy son Maistre, âpres ce qu il avoit hautementdéclaré dans la salle de l’Evefché , n épargnerait personne furcela : il eust peur qu'on ne l'arrestat , zir s'enfuit bien vise enRearn, zv puis encore plus loin au-delà des Alpes à Ferrare,auprès de la Duchejfe. Renée qui protégeait les Proteftans (46).Ce que le Roi déclara dans la sale de PEvêché concernePan 153 j (47). Monsr. Maimbourg le raconte (48) souscette année-là avec bien des circonstances. Or nous avonsvu ci-dessus que Marot revint de Ferrare en France Pan1536, & nous trouvons dans ses Poésies (49) une Lettrede Lyon Jamet à Marot, de laquelle les derniers Vers fontceux-ci:
C est à Ferrare au huittìeme anDe la sienne proscription,
Mais à la tienne intentionQue ce soit le dernier. Amen.
C’est Jine preuve, dira-t-on, que la fuite de Marot nepeut être mise pour le plus tard qu’en l’année irz8. Maisceux qui parleroient de la forte, seroient très-blamables ;car Lyon Jamet a marqué fa propre proscription, & nonpas celle de Marot. On dira que ce dernier dans une Let-tre qu’il écrivit à Ferrare fur le départ de Madame deSou-bise, dit (50) que cette Dame quittoit une Cour où elleavoit demeuré sept ans. II est probable qu’elle suivit Re-née de France mariée Pan 1577 au Duc de Ferrare: d’oùl’on pourroit conclure qu’elle retourna enFrancel’an 1534;ce qui prouveroit que Marot étoit au delà des monts cetteannée-là. Mais j’avoue que cette preuve me paroît foi-ble, quand je considère que Rabelais écrivit comme unenouvelle Pan 1536 le renvoi de cette Dame (;i). Commeje ne vol rien dans les Oeuvres de Marot, qui puisse fairejuger qu’il demeura fort long-tems à la Cour du Duc deFerrare, je ne vois point que Mr. Maimbourg s’éloignebeaucoup de la vérité ; car Marot nous dit lui-même qu’ildemeura peu à la Cour du Roi de Navarre.
Si m en allay, évitant ce danger,-Non en pais, non à Prince estranger,
Non point usant de fugitif desiour,
Mais pour servir Vautre Roy à mon tour,
Mon second Maistre, & ta soeur son espoufe,
A qui je fusdes ans a quatre z? douze,
De ta main noble heureusement donné.
Puis t ost âpres , Rayai chef couronné ,
Sçachant plusieurs de vie trop meilleure,
§1 ue je ne fuis, estre brufiez à l’heure,
Si durement, que mainte nationà est tombée en admiration,yabandonnay , fans avoir commis crime,
Eingrate France, ingrate, ingratifsimeA son Poète (51).
En comparant ce Passage avec celui que l’on a vu cì-des-,ÏS 3 ), l’on reconoît aisément la vraie époque de la re-y aite de Clément Marot, & l’on sait de quelle mariierep en faut ranger les circonstances. Les ennemis de cepOete le décrièrent auprès du Roi au tems des placards,&len S 4 Ute ie rendirent suspect d’êtré complice de Pinso-solm a c ? ux les affichèrent. II en fut averti, & ré-de s aller justifier. Mais parce qu’on lui fit craindre
a
de n’en venir pas à bout, il fe retira auprès de la Reine deNavarre; & aprenant là que François I faisoìt brûler quel-ques Luthériens, il s’éloigna encore plus de Paris, & fesauva en Italie. Ainsi Mr. Maimbourg ne s’est trompé quede peu de mois : il a cru que Marot ne fe retira eu Bearnqu’après la Harangue du Roi. On devoir dire qu’il s’yretira quelques semaines auparavant (54).
(L) La Fontaine s’est reconu son Disciple. ] V oici ce qu’ilécrivit à Mr. de Saint-Evremond ;
Vos beaux Ouvrages font cause,
Que j’ay feeu flaire aux neuf Soeurs,
Cause en partie, ZV non toute :
Car vous voulez bien fans doute,
Que j’y joigne les EcritsD'aucuns de nos beaux Esprits,y ay profité dans Voiture,
Et Marot par fa leílureM’a fort aidé, j’en conviens,
Je ne fçay qui fut son MaistreQue ce soit qui ce peut estre,
Vous estes tous trois les miens (jj).
J'oubliais Maistre François, dont je me dis encore le Disciple,auffi-bien que celui de Maître Vincent , ZV celui de MaîtreClement. A propos de ce qu’il dit qu’il ignore de qui Ma-rot fut Disciple, je reporterai un Passage de Louis Came-rarius, qui nous aprendra que Jean le Maire de Belges futle Maître de Marot. Audivi ego ex viris dignis fide, Eumillum Belgam , hominem doóìum z? in lingua Latins, anti-quiorib. feriptis multum versatum ,primum fuisse, qui rationemzv modum demonstraret elegantìoris sermonis Gallici loquen-do, stribendi autem quasi artìs viam indicajfe, quam cumìpfe sequeretur usurpando , tum aliis prscipiendo trader et;Eumque Poètam quem Gallia habuit celeberrimum, z? cujusornatam copiam vemstatemque imprimìs admirata est, Ch-mentem Marottum, eundem percoluijfe, zzr componendi versusftientiam edocuijfe (56). N’en déplaise à P Auteur de cesparoles Latines, elles font très-mal rangées; & il n’auroitpas dû fe prévaloir de la liberté que donne l’ancienne Lan-gue des Romains, de fe servir d’expreílions que l’on peutentendre en divers sens. II faut consulter la Chronologie,pour bien savoir s’il veut dire que Clement Marot enseignaà Jean le Maire à faire des Vers, ou s’il entend que Jeanle Maire eisseigna cela à Clement Marot. Ce dernier sensest le véritable; mais on ne le trouve que par une forteattention au but de l’Auteur, fortifiée des lumières de laChronologie. Pourquoi fatigue-t-on ainsi sans nécessitéP esprit des Lecteurs? Je remarquerai par occasion une au-tre chose contre le même Ecrivain, au sujet du Livre dontj’ai tiré le Passage que l’on a vu; c’est la Traduction Latinedu Traité des Schismes, composé en François par Jean leMaire de Belges. Elle fut imprimée à Leipfìc l’an 1371avec des Notes. Louis Camerarius ignore que Jean Schar-dius eût déjà fait imprimer (57) une Traduction Lati-ne du même Ouvrage l’an 1566. Voisins ne conoissoitpas la Traduction de Louïs Camerarius ; car il ne faitmention que de P autre (38). Notez que Marot dans faLettre à Madame de Soubize , parle de Jean le Mairefans observer qu’il en eût été instruit.
Or adieu donc, noble Dame , qui usesD'honnefteté tousjours envers les Muses. .
Adieu par qui les Muses désoléesSouventesfois ont été consolées,
Adieu qui voir ne les peult en souffrance.
Adieu la main qui de Flandres en FranceTira jadis Jean le Maire Relgcois , .
Qui l'ame avoit d’Homere le Gregeots (39).
Mais voici ce que je trouve dans les Recherches d’Estienne
Pafquier : Nosire gentil Clement Marot en la seconde impres-sion de ses Oeuvres recognoisfoit que ce fut Jean le Maire deBelges qui luy enseigna de ne saillir en la coupe féminine (st)au milieu d’un vers (60).
§. (st, Marot fait cet aveu dans fa Lettre à ses Confrèresen Apollon. Elle est datée de Paris, du iz d’Août 1531,& se trouve en tête de P Adolescence Clémentine de cette an-née-là. Rem. C r x x.
Xx 3
(t) xAÍdriathMoeîjens.Son Edition
eft de ? an1700 , en zVolumes in
(í+) VA-
faire' desPlacards re-garde le Moisde NovembreI5 34 : l* ‘Procession <&•la Haranguede Franfots I' apanìent auMois de Jan-vier ISJS.
( ss ) EaFontaine,Oeuvrespostumes,?*&• t 07 ,Edit .
( 56 ) Ludo-vicus Joach»F. Caméra*rius , inProœmio Ver-ftonis Latin aTractatusde Differen»tiís Schif*matunv*
(s 7 )ABSt e ;
avec les XVLivres deTheodorï-zus à NiemHistotiacurttfui tempo-lis.
(sS) Vos-sius, deHìstor, Lat,fag. 6s o.
(îs) Marot,Epistre àMadamede Soubiae,'
pag. 109 .
( 60 ) Pas-quier, Re-cherches ,Livr. VII ,Chap. V,pag, jn. 61.2+Foûz. Uspamles deMarot dansla. %emarqm
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