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Tome troisieme. K - P.
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350
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M A R O T.

(kj Bailles,

Í ugem. sures Poetes,

„Article 127s.

(/) Votez, lesObserva-tions de Mr,■Ménagé fur

f67^ Dansla %emar<jue( H ) , Citât.Í 38 J-

(61) Beze,HistoireEccles. desEglises,

t a l‘ 33 .

(63) Po'èti-quement par-lant , maisnon pas m&-raUrnintsériant.

(64) Catnl-lus, Epigr.XVI.

( 6 $) Veiezci-dejpst lafen.ari. ( D )de Û ArticleMARIEl’Egyptien-ae.

( 66 ) DesAccords,

Pr ince desBigarrures.

(67) LaXLIU d»XLL Uvre.

(sis) Ména-ge, Obser-vations furla LangueFrançoise,

Torn. [, pag.90 Edition deParis 167s.

(69) Fl or.de Remond,Hist. de laNaissance &ïrogrès del’Héiésie,Livr. vils,Chap. XVI ,pag. m. 1042dr fuiv.Volez, aujjiMr. Varil-las, finCopiste, aaLivr. XXIdes Révo-lutions,pag. 48 &fuiv, Editiond. Hollande,

Z 50

à 1« remettre fous 1 a presse. Cette Edition est très-belle. Vous verrez dans les Jugemens qu’ona recueTms sor Clemfnt Marot (k), que les Poetes François lui font redevable !r ^Rondeau &

qu’ils lui doivent en quelque façon la forme moderne ou le rétablissement du S .mnet fc? á» Madngal, & dequ us 1U1 aoivent en J st 0 f au >u f ut l’Inventeur du mélangé des rimes

masculìnTsTfóXines^ qu 1 est une ^oso sons laquelle notre Poësie feroit tre's-rude& choquan-t^ Il à a oue t^òp de KeLs obfeenes parmi ses Oeuvres (k), & cela fournit un juste sujet de leblâmer/Jelaporterai quelques faits curieux touchant ia Version de L Pseaumes de David (Nf

' „ œil les premiers traicts, & desirer la fuite du reste. C'est

„ pourquoy le Poète luy envoya cet Epigramme.

„ Puis que voulez que je poursuive, ô Sire,

„ L’œuvre Royal du Psautier commencé ,

„ Et que tout cœur aymant Dieu k désiré,

„ D’y besongner me tiens pour dispensé.:

,, S’en sente donc qui voudra offensé,

,, Car ceux à qui un tel bien ne peut plaire,

,, Doivent penser , si jà ne (ont pensé,

» ‘Slu’en vous plaisant , me plaisi de leur defplatre.

„ La publication pourtant, après plulìeurs Remonstrances„ faites au Roy, en fut deffendue. Mais,

,, Des hommes plus la chose est defìrée,

„ Sjuand plus elle est aux hommes prohibée.

„ On n’en pouvoit tant imprimer qu'il ne s’en debitast,, a avantage. Ils ne furent pas lors mis en musique, com-„ me on les voit au jourd’huy, pour estre chantez au pres-„ che : Mais cliacun y donnoit tel air que bon luy sem-„ bloít, & ordinairement des vau-de-ville. Chacun des„ Princes & Courtisans en prit un pour foy. Le Roy,, Henry second aymoit & prit pour le sien le Pseaume,,, Air.fi qu on oyt le cerf bruire , lequel il chantoit à la„ challc. Madame de Valentinoìs qu’íl aymoit prit pour, „ elle, Du fond de ma pensée , qu’elle chantoit en volte:„ La Roy ne avoit choisi, Ne vuúlkzpas ô Sire, avec un„ air fur le chant des bouffons. Le Roy de Navarre An-,, thoine prit, Revange nioy, prens la querelle, qu’il chan-„ toit en branfle de Poitou, ainsi les autres. Marot, cependant, pour la seconde fois, craignant d'estre mis en” cage, car il ne pouvoit contenir fa langue, fe réfugia à" Genefve, où il continua fa version jusques à cinquante„ Pseaumes ijo)”. Beze continua la version des cent au-tres (71), cy les Pseaumes, qu il rhyma à ïimitation de Ma-rot, furent receus cy accueillis de tout le monde, avec autantde faveur que Livre fut jamais ; non seulement de ceux quisentaient au Luthérien, mais aujfi des Catholiques, chacunpre-noit ylaisir de les chanter. Aujfi eftoìent-ils plaisant, facilesà apprendre, cy propres à jouer fur les violes, cy instruments.Calvin eut k foin de les mettre entre les mains des plus ex-cellens Musiciens qui fuffent lors en la Chrejtientë , entr au-tres de Godimel, cy d'un autre nommé Bourgeois, pour lescoucher en musique (72) ... . . Dix mille exemplaires furentfaits destors de ces Pseaumes rh'tmez, mis en musique, cy en-voyez par saut. A ce commencement chacun les portoit, leschantoit comme chansons spirituelles, mefines les Catholiques ,ne pensant pas faire mal. Car ce n esioit encores, cy ne futde quelques années âpres, 1 e formulaire de la Religion Calvi-niste-, Mais depuis ils furent ordonnez pour estre chantez enleurs ajjemblées , distribuez par petites ferlions ; Ce qui futl’an i;5Z,?o»r servir comme les reposoirs d’un escalier à, pren-dre haleine en une fi longue dévotion telle que la leur. Carle chant des Pseaumes qui se fait au presihe dure àemy-quartd’heure pour le plus. Apres qu ils les eurent accouplez auxCatéchismes Calviniens cy Genevois , (usage en fut du toutinterdit , cy les premieres deffences renouvelées, avec des pei-nes rigoureuses, de forte que chanter un Pseaume c estait estre\Lutherien (73). Le précis de ce narré de Florimond deRemond a été mis en très-beau Latin par Famien Stra-da (74;, qui observe en particulier que François I chan-toit souvent cette Traduction des Pseaumes (75).

Comme je m’arrête ici principalement aux faits, je n’aipoint voulu me charger des Observations critiques de Flo-rimond de Remond. II veut que Marot ait falsifié le TexteHébreu, quoi que Valable lui en donnât une très-bonneVersion. On a réfuté la Critique de cet Historien, nonseulement par des raisons^, mais auffi par des autoritez (76).On a produit ,, l’Approbation des Docteurs de Sorbonne , fur„ laquelle Charles IX, dans la plus grande ferveur des per-,, Jecutions, accorda un Privilège à Antoine Vincent Impri-,, meur de Lion, pour (impression de ces Pseaumes. La voici:

,, Nous soussignés, Docteurs en Théologie, certifions qu’en-, certaine translation de Pseaumes à nous présentée, com-,, mençeant au 48 Pseaume, où il y a, c'est en fa tr'es-„ sainte cité, poursuivant jusqu’à la fin,& dont le dernier„ vers est, chante k jamais son empire, n’avons rien trouvé„ contraire à nostre foy Catholique, ains conforme à icel-» le, & à la vérité Hébraïque; en tesmoin dequoy avons» signé la présenté certification le 16 d’Octobre , signé,, J.deSalignac.Viboult. Le Privilège qui sut accordé aPlan-„ tin pour (impression de ces Pseaumes dit auffi, que ces Pfeatt-„ mes avant (impression avoient esté examinés, visités, tC„ approuvés par M. Josse Schelling Portionnaire de St. Ni'

„ colas à Bruxelles à ce député par le Conseil de Brabant.

„ Et qu après que ces Pseaumes ont esté achevés d’imprí-„ mer, ils ont esté visités derechef & trouvés ne répugné„ point à la foy Catholique (77)". Asin qu’on voie les

! dates,

(As) Il n’y a que trop de Pìeces obfeenes parmi ses Oeu-vres .J II suivoit en cela, & l’esprit du teins, & celui desmeilleurs Poètes de l’Antiquité, & qui pis est, ses mœurs,& son train de vie; car il éroit non seulement un Poètede Cour, mais auísi un homme qui aimoit les femmes, &qui ne pouvoit renoncer aux plaisirs des sens. Nous avonsvu en Latin le témoignage que Théodore de Beze lui arendu [61): voions ici en François comment fl en parle:Clement Marot, depuis son retour d'Italie à la Cour , esioit fortmal voulu de la Sorbonne , pour avoir traduit tresheureusementen langue Rrançoise trente Pseaumes de David, dédiés au Roy,qui les trouva fe bons, qu ils furent imprimez. Mais fi fut-il contraint de fe saulver, cy fett sa retraitte à Geneve, oùil en traduit encores vingt. Mais, aiant esté toufiours nourryen une trefinauvaije ejcole, cy ne pouvant affubjeâlir fa vie àla Rcformation de (Evangile , il s’en alla pafftr k reste de sesjours en Piémont alors possédé par 1 e Roy, où il usa sa vie enquelque seureté fous la faveur des Gouverneurs (62). 11 faut

néanmoins avouer que les obseénitez de Clement Marotfont moins grossières, & mieux voilées, que celles des an-ciens Poètes Romains, & que celles de plusieurs PoètesFrançois camarades de Théophile. Ce qu’il y a d’étran-ge , c’est que les talens de son esprit , son sel, le touragréable, vif, aisé, ingénieux de sa Muse ne se font ja-mais sentir avec plus de distinction, que lors qu’il traite unsujet sale. N’est-ce pas une chose étrange, qUe la plupartdes Poètes aient 1 e malheureux don de réussir de ce côté-là mieux que fur d’auires sujets? Tel Poète dont les Versferaient insipides, s’il n’olbit s’émandper à la moindre li-berté, fait des Pièces excellentes ^'63 1 dès qu’il fe met audessus de la pudeur. Cela ne sautoir venir de la naturemême de la Poësie: il faut donc que cela vienne de lacorruption du cœur de l’homme. Quelle qu’en puisse êtrela cause, Peser a paru certain à ceux qui ont donné pourMaxime qu’un Poète doit être chaste quant à sa personne,mais non pas quant à ses Vers, vu qu’ìls ne sauroient êtregracieux & assaisonnez de sel, s’ils ne sont un peu impu-diques.

Nam castum este decet pùm Po'ètam

Ipsum. Verficulos nihil neceffe est:

§(qi tum denique habent Jakm, ac leporem ,

Si Junt molliculi, ac parum pudici,

Et quod prurìat meitare postant ,

Non- dico pueris , sed hls pilofis,

%uì duros neqtteunt movere lumbos (64).

Maxime fausse, ou pour le moins très-pernicieuse, & quine mériterait pas que des gens de bien au fond du cœurla considérassent comme une Réglé. Mais quoi! il en vade ceci comme de la démangeaison des bons mots: au-cune considération ne la peut brider (65) ; & lors qu’unPoète fe voit en état de faire merveilles dans une Epi-gramme , pourvu qu’il y fasse entrer quelques pensées obs-cènes, il quitte en faveur de son esprit les sentimens deson cœur. Des-Accords en usa de cette maniéré. J'eustëvolontiers , dit-il , retranché mes Fefcenmnes libertez de cejlaage là; mais , puis que la pierre est jettée , il n y a plus deremede: je mexcuseray par ce Distique, que s ay donné à undoâîe cy severe Sénateur de nostre Parlement de Dijon, avecle Livre,

Putidulum scriptoris opus ne despice, namqueSi lasciva legis, ingeniosa leges.

Et à la vérité, c'est chose vraye , que je ne me suis jamaispieu d’estre veu ingénieux, pour estre lascif , mais f ay été las-cif feulement, pour estre ingénieux (66). De tels Ecrivainspeuvent trouver leur leçon dans ce dernier Vers d’uneEpigramme de Martial (67), tantì non erat esté te diser-tum; leçon qu’il donnoit aux autres, & dont il avait be-soin lui-même autant que personne, & qu’il ne pratiquaitpas. Revenons à Marot, pour dire que selon toutes lesaparences son cœur s’accordoit avec son esprit;mais, quoiqu’il en soit,il ne tournois pas mal ces fortes de Vers. SonEpigramme d’une Espousèe Farouche a paru digne à Monsr.Ménagé d’fetre insérée presque toute entiere, dans fendraitde ses Observations où il veut prouver que l’on disoit au-trefois s ai mors, pour f ay mordu (68).

(N) Je raporteraì quelques faits curieux touchant fa Ver-sion de L Pseaumes de David. ] Florimond de Remond (69)assure que Marot, après son retour de Ferrare en France,fut exhorté par Vatable à mettre les Pseaumes de Daviden Vers François, & qu’aiant suivi ce conseil il publia laVersion de trente Pseaumes, & la dédia à François I. El-le rut censurée parla Faculté de Théologie de Paris, quide plus fit dés Remontrances & des Plaintes à ce Monar-que. „ Le Roy, qui aymoit Marot pour la beauté de,, son eíprit, usa de remises, monstrant avoir vèu de bon

les Toësiesde Malher-be, ?» 4°r-

Maìs Mtf-qM Marotfe dispestett

quelques' 1 *« rnèluoge.

(70Ì Le-ntcme FJor. dcRemond,Hist. de 1 * :Naissance ■& Vrogi'eSde l’Llít.cf.CtLivr. VI ibChap. X VI >pu j. m. 104 3 *

( 7 t) Lk-o>é'me, p. io 44 >

(72) Là-fú'

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( 73 ) L “".mime ,zo$Q,

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