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de Genève, qui s* étoit servie la prémiere de cette Version des Pseatirrtes, a été îa pre-mière L l’abandonner (P ), pour se servir d’une Version plus accommodée à l’état présent du styléFrançois. On ne fait si les autres Eglises se conformeront à ce changemeht. Je ne me sou-viens
» ìl vous pleut bien & doit souvenir, Madame, cestuy,
„ 'Bienheureux efl quiconques„ Sert k Dieu volontiers , zVc (ioi).
,, Feit luy-mesme le chant à ce Psalme , lequel chant„ estoit Fort bon Sc plaisant, & bien propre aux paroles.», Le chantoit 8c faisoit chanter si souvent, qu’il monstroit», évidemment qu’il estoit poinct Sc stimulé d’estre benict,», ainsi que David le deferit audict Psalme , Sc de vous», voir la vérité de la figure de la vigne. Cela fut au for-„ tir sa maladie à Angoulesme. La Rqine ma maistresse„ (qui pour lors estoit avec le Roy François son fre-», re) le priant d’embrasser en pitié Sc clemence les Ci-», tadins de la Rochelle, en lieu de les massacrer, m’en-», voya vers vous pour sçavoir de sa maladie : laquelle„ trouvay ja tant diminuée, qu’il se mettoit à chanter» lesdicts Psalmes, avec lues, violes, espinettes, fleustes,», les voix de ses chantres parmi, Sc y prenoit grande de-», lectation, me commandoit approcher; parce qu’il co-», gnoissoit que j’aymois la musique , Sc jouois un peus, du luc & de la guiterne : & me fit donner le chant Sc„ les parties que je portay à la Roine ma maistresse, avec», la reconvalescence de vostre bonne santé. Je n’oublie-„ ray auffi le vostre que demandiez estre souvent chanté :„ c’estoit,
„ Vers /’ Eternel des oppressez le pere», Je m en iray , luy monstremt l’improperc„ Que l'on me failli, luy serai ma prière,, A haulte voix , qu il ne jette en arriéré„ Mes piteux cris, car en lui feulj’efpere (loz).
„ Quand madicte Roine de Navarre vit ces deux Pfal-„ mes, Sc entendit comment ils essorent frequentement», chantez, mesures de Monseigneur le Daulphin, elle de--, moura toute admirative, puis me dit, Je ne sçay où», Madame la Daulphine a pris ce Psalme, Vers l’Eternel ,», il n’est des traduicts de Marot. Mais il n’est possible
nés superstitions, soubs la corde de la vieille, que pre-,, mierement pour mieux jouer son roole il avoit aveu-„ glee. ,,
(P) L’Eglise de Geneve, qui s’étoit servie la prémiere decette Version a été la prémiere k l’abandonner .] II
y a long-tems qu’on s’apercevoit en France que certainsendroits de cette Version étoient devenus barbares, & ce-la fit naître a Mr. Conrart la pensée de la revoir. II com-mença ce travail, & Monsr. de la Bastide l’acheva. Maisleur nouvelle Version ne fut jamais introduite dans le ser-vice public des Réformez. S’il s’en fit des propositions,elles furent seulement examinées ; la décision fut toûjoursque l’on s’en tiendroit où l’on en étoit ( 107 ). Les EglisesFrançoises, établies dans les Pais étrangers depuis la Ré-vocation de l’Edit de Nantes, ont continué à chanterla Traduction de Clement Marot & de Théodore de Be-ze. Enfin, on résolut tout de bon dans l’Eglife de Genevede ne s’en plus servir, Sc d’introduire à la place îa Versionde Mrs. Coftrart Sc de la Bastide, après savoir retouchée,Sc y avoir fait quelques changemens. Les Pasteurs & lesProfesseurs de Geneve firent savoir au public leur inten-tion (108), par un Avis qui fut imprimé au devant de l’E-dition qu’ils donnèrent de cette nouvelle Version Pan1695 ; Sc quelques années après ils abolirent Tissage de l’an-cienne Traduction, Sc prièrent les autres Eglises par desLettres circulaires d’en faire autant. Les Eglises de Heffe-Cassel, Sc de Neufchatel ont établi l’innovation sur le mê-me pié que l’ Eglise de Geneve ( 109). On ne fait pas encore(110) ce que feront les Eglises d’Angleterre & de Bran-debourg; mais on fait que le Synode Wallon assemblé àRotterdam au mois d’Août 1700 a résolu de retenir l’an-cien usage, Sc de changer seulement quelques expressionsou quelques mots dans le vieux Psautier.
II a paru une Lettre d’un Gentilhomme de Montpel-lier datée du 5 de Juin 1700,sur laquelle je ferai deux Ob-servations. Ce Gentilhomme débite qu 'âpres que Mr. Go-dea.u eut fait imprimer fa Paraphrase sur les Fseaumes, le Jé-suite Vavasseur mit en question s’il étoit Poète, dans une Dis-
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», qu’elle en eust fçeu trouver un autre où son affliction firtation Latine qui parut avec ce titre , An Godellus fit», soit mieux despeincte, Sc par lequel elle puisse plus clai- Poëta. II se trompe: la Dissertation de ce Jésuite, Anto-„ renient monstrer ce qu’elle sent, Sc demander a Dieu nius Godellus, Epifiopus Grajsenfis, utrum Poéta , ne con-„ en estre allégée, comme vrayement elle sera. Car puis tient rien qui se raporte aux Pseaumes de Mr. Godeau. II„ q U ’ii a pieu à Dieu mettre ce don en leurs cœurs, voici dit qu on peut appliquer aux Poésies de Marot & de Beze , ce», le temps, voici les jours font prochains, que les yeux Quintilien difoit d'Ennius: Révérons les vers d'Ennius,
~ ’ comme nom révérons les bois que leur vieillesse nom rend vé-
nérables, (V dont les chênes antiques <& ébranchez ont moinsde beauté qu'ils n'ìmpnment de Religion. Ennium sicut sa-cres vetustate lucos adoremus in quibus grandia, Sc anti-qua robora jam non tantam habent speciem, quantam Re-ligionem. Quintil. lib. 10. cap. r. II eût pu trouver dansQuintilien un autre Passage plus propre à son but: c’estcelui où il est marqué que les Prêtres mêmes Saliens n’en-tendoìent guere le Cantique qu’ils chantoient; mais que laReligion ne permettoit pas qu’on le changeât, Sc qu’il estjuste de retenir les usages consacrez. Saliorum carmina vix
_jours
», du Roy seront contens, les désirs de Monsieur le Daul-», phin saoulez Sc rassasiez , les pensées des ennemis de»* Madame la Daulphine renversées, mon esperance auffi», Sc la foy de mes prières prendront fin. II ne passera», gueres plus d’un an que la visitation miséricordieuse du„ Seigneur n’apparaisse, Sc gaigeray qu’elle aura un fils
„ pour plus grande joye Sc satisfaction.(104) De
,, treize à quatorze mois en là , vous enfantasses nostre
„ Roy François, qui vit aujourd’huy.. (ioç) Mais
-, ainsi que ce bon Dieu vous rendoit plus seconde, ainsi,, alloit le feu Roy négligeant Sc oubliant tel bienfaict:
,, dont advint que Dieu irrité permit que ce povre Prin- Jacerdotibus fuis satis intellefta ; fed illa mutari vetat religio», ce » euyvré de la menstrue de cesse vieille paillarde Dia- confieratis utendum est ( 111 ). Quand on allègue qu’il
„ ne, donna par elle entrée en fa maison a un jeune fer- fufit d’ôter de la vieille Traduction tantôt un mot, tantôt„ pent (106) , qui secrettement leichoit le sein d’elle, un autre, à mesure qu’ils deviennent bas, obscènes,& in-„ dont il se feit oracle, Sc elle organe de luy, qui com- intelligibles, on ne manque pas de raisons très-spécieuses;„ mença à blasmer les susdicts Psalmes de David, lesquels car il semble que pour éviter d’assez grans désordres, il faut„ enseignent à laisser tous pechez, fortifient la chasteté, que les changemens de cette nature se fassent impercepti-& corroborent la vertu : Sc va faire fesse des vers lascifs blement. Si l’on emploie plusieurs siécles de fuite cette
„ d’Horace qui eschauffent les pensées Sc la chair à toutes», fortes de lubricitez Sc paillardises, Sc met en avant tou-», tes chansons folles : Sc en faisoyent forger de leurs infa-», mes amours par ces beaux Poètes du Diable, pour non», seulement entretenir leur vie impure Sc impudique,ains», pour les engouffrer Sc absorber en l’abysme de toute ini-», quité Sc désordre , voire de toute impiété. Car luy3, voyant que ladicte grande Seneschalle avoit à limitation» de vous une Bible en François : avec un grand signe de-- la croix, un coup de fa main fur fa poictrine, Sc parole
méthode, il arrivera à la Verfion de Marot Sc de Théodorede Beze ce qui arriva au fameux navire de Thésée (m).On le confervoit comme une chose précieuse, Sc l’on n’yfaisoit des réparations qu’autant qu’il étoit fort nécessaire,c’est-à-dire qu’à proportion que quelque morceau s’enpourrissoit. Ce fut enfin un exemple dont les Philosophesíe servirent dans la dispute sur la question si les corps dontla matière a été changée, font les mêmes corps, ou non.
Je ne ferai qu’une Note fur la Lettre que Mr. Jurieu afait imprimer, où il condamne l’innovation. II dit que
( I07 ) Èrtstyle Latin ilfaudrait direp tic ces Pro-positions fu-irent anti-data: ; carie résultat futantiquamaneanr.Notez. (jue UtEglises deEranee sau-raient pu riendécider furcela 3 car de-puis cjue cetteVersion futfaite ellesr?eurent pointla permissionde tenir unSynode .National »
(los) Votezla Lettre cjuia pour Titre 9Réponse î«ne Lettreimpriméeque Mon-sieur Jurieua écrite àun MinistreFrançois dcLondrescontre lechange-ment desFseaumesproposé pa£l’Eglife deGeneve.
Cette \éjtonf&contient izpages in 4 ,
& est datéedu 24 deJuillet 1700,
(109) L*-même , pag mxi.
(no) Onécrit ceci enOftobrt 1700*
(m) Quin-
til. Libr. I,Cap. VI,fag. m. z 9.
(112) VolezPlutarque ,in Thesco,pag. IQ, C,
3, souspirante d’un hypocrite, la luy va despriser Sc dam- les Eglises de France reçurent de l'Eglise de Geneve une li -3, ner, luy remonstrant qu’il n’y falloit pas lire, pour les turgie cv une versification qui même avoit été faite cv chan-» Périls Sc dangers qu’il y a, mesmes qu’il n’appartenoit tée à Paris avant qtle de l'être k Geneve. Cela n’est point», aux femmes telle lecture: mais qu’en lieu d’une messe, exact, puis que la versification faite à Paris ne comprenoit», elle en ouist deux , Sc se contentast de ses patenostres Sc que trente Pseaumes, Sc que ceux qui h chantèrent étoient»> de ses heures, où il y avoit tant de belles dévotions Sc ìndiféremment ou amis ou ennemis de la Religion Réfor-»» belles images. Et par ainsi ceste povre vieille pecheresse mée. Ce fut à la Cour de François I qu on la chanta prin-" Persuada tout son dire au feu Roy, Sc vous y contrai- cipalement; Sc l'on fait combien ce Prince persécutoit la», gnoyent, Madame, jusques à vous oster vostre confef- nouvelle Religion. Et si dans la fuite les François chanté-’> seur Bouteiller, qui pour lors vous preschoit Sc admì- rent les autres vingt Pseaumes de Marot, Sc ceux de son»> nistroit purement la vérité Evangélique, Sc au lieu du- Successeur, ce fut avant que les Reformez se distinguas-” âict Bouteiller, vous bailla par force son docteur He- sent par cette espece de chant, Sc en fissent une partie de», nuyer Sorboniste, pour suborner vostre conscience: & leurs exercices de dévotion: or ils ne firent cela qu’après" J e P u is l e bailla au feu Roy pour gouverner fa sienne, que tout le Psautier eut été mis en musique à Geneve, Sc» Ravoir qu’elle difoit, Sc y imprimer ce qu’il vouloir, réuni au Catéchisme; Sc dès ce tcms-là les Catholiques” , il vous destroussa tous deux de ces faincts meu- renoncèrent au chant de ces Pseaumes, comme on l’a vu" es fini ne périssent point, mais entretiennent en ci-dessus dans un Passage de Florimond de Remond (113)." 1 1 “ c ° rr uption celuy qui les possede, Sc toute fa maison : On ne peut donc point prétendre que cette versification ait“ t Cac ^ a > Lc vous rendit tous deux captifs de vai- été chantée à Paris avant que de l’être à Geneve: on neÏQM.Uf ' Y y peut
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