M A R S U S. MARTELLIUS.
Z 56
(e) Votez,dans la
marque (c)les paroles de
Leandre
Alberti.
(f) Votez,ìe Passaged’Erasmc, àla %trnarque(C) vers lafin.
vrai que se souvenant de sa vocation, 6c afin d’en observer les bienséances, il entreprit de com-menter Pun des plus beaux Livres de Morale que les Paiens nous aient laissez* je parle de.s Of-fices de Cicéron {.B). 11 jouïssoit alors d’un loisir honnête par la faveur 6c par la libéralité du
Cardinal François de Gonzague. Ce bonheur avoit été précédé de plusieurs agitassions fâcheuses6c incommodes. II dédia ce Commentaire à ce Cardinal* mais lors qu’il en donna une secondeEdition augmentée 6c corrigée, il le dédia au Cardinal Raphaël Riario, qui Phonoroit de sesbienfaits. Je ne silurois dire ni où ni quand il mourut (e) * mais je lai qu’il atteignit la grandevieillesse, 6c qu’il y fut assez vigoureux pour continuer à faire des Livres (f). 11 y a des gens
qui ont parlé de ses Ouvrages avec beaucoup de mépris* mais d’autres les ont fort lofiez (C).Le tempérament que Barthius a suivi me paroit fort raisonnable (D).
(1) Gesner.in Biblioth.sol. 538
(3) Servu-lum Sx
(4) Lesca-caloper.Pras. Com-ment. inCiceronisLibros deNaturaDcoium.
(5) PetmsMarfus,Epist. adï. Gonza-gam Car-din alemMantua-num.
tions in 8, qui font celle de Paris 1531, & celle de Bále1543. Ses Notes fur Terence furent imprimées avec cellesde Malleolus, à Strasbourg Fan 1506 «24, & à Lion Fan( 1 )- Elles avoíent déjà été imprimées à Venise.L’Edition de son Commentaire sur les Livres de Cicéronde Natura Beorum , qui a été marquée dans la Bibliothèquede Gesner (2), 8t qui est de Bále apud Jo. Qporinum 1544,(r) Fol. 550 n’est pas la prémiere. Cet Ouvrage fut imprimé prémié-^ rement à Paris, 8c dédié à Louis XII par F Auteur, qui
se qualifie Pretre (3) dans fa Préface, 8c se reconoit déjàvieux. Le Pere Lescalopier n’avoit vu que dans la Biblio-Presbyterum theque des Jésuites de Reims un Exemplaire de ce petitChtisti. .Livre-là (4). Je m'en vais parler du Commentaire de no-tre Marfus fur les Offices de Cicéron.
(B) Se souvenant de sa vocation, . ... il entreprit cse
commenter . les Offices de Cicéron.] Voici ce qu’il
dit dans son Epitre Dédicatoire au Cardinal François deGonzague. Ne igitur ocio : quod pojl varios labores c? mo-leftias fub fe tandem naílus sum : c? melius mihi ipfi jam pol-liceri audeo clamentia tua z? generofi animo fratus abuti vide-rer : diu multumque cogttavi quid pot'tffimum mihi cum decoroagenium effet qui ab ineunte atate sacris institufis O* cerimoniisinitiatus ejfem ZV addiélus. Tandem id elegi quod mea profes-fioni congrueret: ZV in se plurimum honestatis haberet zsr utili-tatis. Ciceronis officia, f. ad ufum eruditionem cultumque viucommunie infiituta ïnterpratari (*). II revit ce Commentairequelque te ms après, & y corrigea beaucoup de fautes quefa jeunesse & la précipitation d'imprimer y avoíent intro-duites. Liions ce qu’il avoue dans FEpitre Dédicatoirede la seconde Edition : §ui/alfa docet atque défendit : igno-rantiam fuam jatetur : zv ducem ad omne scelus impudentiam.Horum facratis infiftens vestigús : licet hallucinanti fimilis:mea commentariola recognovi. Cum in illis multa juvemliterac minus quam decuijjet confiderate ditsta cognoscerem : cele-ritas namque partus efficit : ut manca quodammodo z? habe-renttir zv ejferit : cum Horatiana maturitatis opportunitatemexfpeStare non fufiìnuerint : quod imprudentia afcrtbendum est :prafirtim hac atate qua per omnem Italìam perfpicaciffimis de-coratur ingénus (6). Tous les Auteurs devroient profiterde la conduite de celui-ci. On ne devroit fe pi-éíenter àl’Imprimeur pour le plutôt qu’au sortir de la jeunesse, 8cil faudroit composer à pas comptez. On ne COIlOÍt quetrop tard l’inconvénient de la conduite contraire ( 7 ).(7) volez. ìa jv4 a j s revenons à Pierre Marfus. II retrancha plusieursfiìsdM’xr- âoses, & il en ajouta plusieurs autres; & il reconoit quetick zue- le Cardinal Raphaël Riario son Mecene lui avoit servi deconseil dans la révision. Ne igitur ocio quod benìgnitas tuamihi concejjìt abuterer .- id tentavi quod eminentiffimum celfitu-dinìs tua ingenium zv supra atatem in rébus omnibus judiciumefflagitabant. Utilitatem : fi qua erit in bis Pétri Marfi clientistui commentariolis : ampìitudmi tua debebunt adolescentes :quorum institutioni : te hortante : te duce : pro viribus conjul'en-dum duxi : quod ut aliquando confequerer multa delevi : mùltaaddidì : qua ex uberrimo Platonis ZV Arifiotelis fonte deduíla :Ciceronis . majeftas expofeere videbatur (8). Notez qu’il ditqu’il alioit faire une semblable, révision de son travail surSilius Italiens; mais qu’il attendroit un tems commodepour donner ce qu’il méditoit fur Horace, & fur les Ques-tions Tusculanes, & fur les Livres de Finibus de Cicéron.Notez aussi qu’il commenta les Traitez qui accompagnentordinairement celui des Offices ; ce font les Dialogues deAmicitia, 8c de SeneSlute, 8r les Paradoxes. L’Edition dontje me fers est de Venise per Bartholameum de Zanis de Por-te fio , 1498,2» folio. C’est pour le moins la seconde/Gesnerne parle que de celle de Lion 1514 (9).
(C) ll y a des gens qui ont parlé de fes Ouvrages avecbeaucoup de mépris ; mais d autres les ont fort louez.] Ges-ner (10) cite ces paroles de Louis. Vives; Petrus Marfus inOfficia Ciceronis loquacitate pene intolerabilis. Volons le ju-
(n) Dans*qneius Pr 4 ‘in Silium
(6) PetrusMarfus,Epist. adRaphaelemRiarìum.
iUlíS.
(s) MarfusEpist. adRaphaelemRiaiium.
(9) Gesner.Biblioth.folio ss°
(r o) Gesner,Mi.
gement qu’a fait Dausqueius des Notes de Pierre Marfusfut Silius Italiens. Silium immerentem , ac de falo Juomœrentem conspicati tres vin, licet-humant habìti, juppetiasferre connixi funt Marfus , Modius , z? Autlor Crcpundio-rum ; fed aut novis faviere plagis , aut hiantia vulnera di-duxere. Ignofcibiiis quidem Marfi ignoralio , z? feculo condo-nanda-, fimplicitate no cuit, nec valde (n).
Voici des gens qui en jugent d’une maniéré plus avan-tageuse: Petrus Marfus non ad po'étas folum expheandos, fed italicum >ad oratores, quoque z? philosophas fiudium adjecit. Extant folio e verfi-ejus in Silium Italicum commentant, multa eruditione refer-ti: fed longe utìliora, qua in Ciceronis opéra conjcripfit : ’ elo -quens, ut Pomponn auditorem agnofeas, zsr, quod plus est,propemodum philosophas : fed quantufeunque in philosophiaest , eum Argyropuli contubernium effiecit. Epitaphium ejustaie mihi fefe obtulìt :
Quae sola eloquii superabat gloria & illamPerdidimus, tecum vixit & interiit (12).
Joignez à cela ces paroles de Leandre Albert! : Cefa piccioloCaflello , patria gia di Pietro Marfi huomo molto litíerato.
Il quale colle sue fingolari virtuti ha illnftrato questo luogo ,corne chiáramente conofiere fi puo dall’ opéré da lui lafiiate, es*maffimamente delliCommentart fattisopraSillio Italico. Abatt-donb li mortali pochi ami fa (13). Volez à la marge laVersion Latine que Kyriander a donnée de ce Passage Ita-lien (14), & notez en passant que Pierre Marfus n’étoitmort que depuis peu quand Leandre Albert! écrivoit cela ;mais nous n’en pouvons rien conclure de précis touchantl’année de fa mort, puis que cet Ouvrage d’Alberti étoitachevé depuis long-tems lorfqu’il fut donné au public. Onl’imprima l’an 1550, 8 g Fiaminius l’avoit lu en Manuscritdès Fan 1537 (1;). II y avoit peut-être long-tems que lapage où Pierre Marfus est loiié étoit composée , quandl'Auteur communiqua son Manuscrit à Flaminius. On nedevoir jamais se servir de 1 expression depuis peu Zïfc, sansmarquer l’année où l’on parle de la forte. Erasme, quiavoit vu Marfus à Rome vers le commencement du X VISiecle, dit qu’il étoit fort vieux, & qu’il continuoit à écri-re. Roma vidi Petrum Marsum longavum potius quàm cele-brem. Non multum aberat ab amis oâloginta, zy fiorebat ani-mus in corpore non infelici. Mihi vifus est vir probus & integer,neque potui non mirari industriam. In tant a atate feribebatcommentartos in librum de Senectute , aliosque nonnullosCiceronis libellos. Licebat m eo perfpicere vestigia veteris fi-culi (1 6).
{B) Le tempérament que Barthius a suivi me paroit fortraisonnable.] 11 ne prétend pas qu’absolument les Notesde Pierre Marfus soient 1 bonnes; mais seulement qu’ellesméritent d’être louées eu égard au tems où elles furentécrites. C’est une ingratitude & une injustice criante,que de mépriser 8c que de blâmer des Auteurs, qui onteu de si grans obstacles à vaincre dans un tems où les bel-les Lettres ne faisoient que commencer de revivre. Laraison veut que l’on venere leurs premiers restaurateurs,quoi que leur travail ait été fort imparfait. Tels Com-mentateurs qui surpassent aujourd’hui Pierre Marfus neF eussent pas égalé, s’il eussent vécu de son tems. Us ontdonc mauvaise grâce de F insulter, ou de le juger indigned’être nommé. Raportons les termes honnêtes de Bar-thius : Vide qua notarunt froavorum nostrorum avo doHihommes, qualmm memoriam lubenter facimus ut nostris lit-teris redintegremus ; fuerunt enim optíme animati, zs? pro co-pia tum fiudierum , non maie de optimis Auéìoribus meriti:
Petrus Marfus Comm. ad Terentium, pag. CXCI 1 I. Edi-tionis Veneta , f. Sulpitius ad Lucanum pag. MCCXXX.
Tenuibus ambo notis ; fed c/ talia ingénia per nos posteritatidenuo commendentur (17).
(rz) Aut°?Dialogi deRéparation 5Ling. .Latins: «f* 4Gifaniumpag. 411,citante .KO'.nigio in B 1 'blioth, p*Sr5 iz.
(13) LeaissAlberti, ,Defcritt. d*tinta FI**'
lia, fol.
125 vgrfi»
(1 4 ) oprdulum Or*PétriPatria ,per vita dsfmiïi, vifcum priîflt*litteratiprout eja s .scriptameque colsmentari iftSilium ttstantur*
ris) f'V
paroit p* *Lettre fFlaniiWjdatée d* Lde Mai y: ■Elle ejlffi
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Livre fiLeand [eAlbert 1 '
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Epist-U bri ,
xxssi*
pag. f-
§s;,.
U-"
(a) Votez,la Ttimarque(«).
MARTELLIUS, ou plutôt MARTELLUS (Hugolin) Evêque de Glande-ves, étoit de Florence, 6c fut un de ces Italiens qui firent fortune au deçà des monts par lemoien de Catherine de Medicis. On n’a guere de particularitez touchant fa vie (<?), 6c je n’aipu consulter le Gallia Chrifiicina de Mrs. de Sainte Marthe. II publia quelques Livres de Lité-rature {A) , 6c quelques Traitez concernant la réformation du Calendrier (A). Le Sieur
Naudé,
{A) Il publia quelques Livres de Litérature.] Je voisdans la Bibliothèque de Mr. Konig.un Hugolinus Martelli-n us, qui publia un Commentaire fur la II Ode du IV Li-vre d’Horace, 8c je fuis persuadé qu’il faloit dire Martel-lus ou Martellius, 8c non Martellinus. Le Catalogue dela Bibliothèque de Mr. de Tliou marque à la page 324 de
la II Partie: Hugolim Martellii .Epifiepì Gland. Epiflola &qua Calpurnii zv Nemefiani loci aliquot illustrantur. CetOuvrage fut imprimé à Florence chez les Juntes Fan r *9?'Naudé observe qu’un certain Hugolin Martellius a f a ssun Traité entier lur une Epigramme d’Aufone,8c Fa telle-ment embrouillée par fes Explications, qu’il est imposiibj^
d y