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Tome troisieme. K - P.
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MARULE. MARULLE.

f ! ) Mattî-jus Delrio,*Wquisit.* Ia gicar.

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del’Ouvrage de Marule a corrigé cette mauvaise doctrine.II supose que Marule enseigne tout le contraire, & il luiprête la réfutation du sentiment de Bodin. Fuit in senten-tiâ Bodini M, Mandas lib. 4. de lnstit. benè Vivendi cap. 4.Sed errore ammadverso ejus interpres Gallicus plane contra-riant Marulo [entendant tribuit; e/ multas paginas , qus nonsunt Maruli , Marulo insérait, diBorum ipsorum Maruli consu-tationem pro Maruli dìBis continentes-, quant bono exemplo c?prudenter ipfe vident (1). Les Traducteurs ont excédé flsouvent leurs Privilèges, qu’un Lecteur est malheureux lorsqu’il ne peut pas aprendre les choses dans les Originaux.C’est courir continuellement le risque d’être trompé. Voi-ci de quelle maniéré Gesner raporte le Titre de cet Ou-vrage de Marule : De relìgiofe Vivendi institutione lib. 6. perexempla ex veteri novoque Teflamento colleâla , ex authoribusquoque D. Hieronymo Presbytère, Gregorio Pont. Max. Eufe-bio Cssarìenfi, Jo. Caffiano nonnullisque aliis qui vitas con-

[cripfere sanóîorum digefta fer capita Jìve locos communes70 (2). Le Mire a trop abrégé cela; il s’est contenté dedire: Scripfit libros [ex exemplorum, hoc est diBorum faBo-runtque memorabiltum (3); & néanmoins Moreri a trouvélà trop de longueur, il n’a retenu que lib. VI exemplorum.Ses Imprimeurs aiant transposé les chiffres nous donnentune Edition des Ouvrages de Marule 1610 qui selon leMire est de Pan 1601. Au reste, Gabriel Naudéy qui afait une Dissertation pour prouver qu’il est permis aux Mé-decins de dire bien des mensonges à un malade, n’a pasmanqué de citer notre Marule, qui a soutenu qu’un hom-me qui ment en faveur de la République, ou pour la plusgrande gloire de Dieu, fait un a été de prudence insigne,& de piété íìnguliere. Marullus Spalatensts lib. 4. mentor,c. 4. ob Reipublics bonum vel majorent F>ei gloriam memi-ri fore fumms pietads ingendfque prudenda (entendit (4).O la mauvaise morale !

(2) Gesner, .in Bibìioch,fiHe 4 9S

(3 ) Aub. 'Mítstus , deScriptoc.Síuculi XVI,P a g- S.

(4) Nau-dícii.s, inl’entadeQuxstjon.latrophiloî.

pag. 1,0

Edit. Genev .1647.

(--) Ex Cal-limacho

Attila:.

MARULLE, Poëte de Calabre au V Siecle, vint trouver Attila à Padoue, après que ceRoi des Huns se fut ouvert le chemin d’Italie par la prise d’Aquilée, 6c eut ruiné ou subjuguetout ce qui se présenta sur sa route. Ce Poëte s’attendoit à une ample récompense des flatte-ries dont il avoir rempli le Panégyrique d’Attila; mais lors que ce Prince eut í’u par des Inter-prètes, que le Poëme que Marulle venoit de réciter le faisoit descendre des Dieux, & le quali-fioit Dieu, il ordonna que ces Vers, 6c celui qui les avoir composez fussent brûlez. II adoucit Expenénte,la peine, quand il eut fait réflexion que cette sévérité pourroit porter d’autres Auteurs à ne pas ia vita ?écrire ses louanges (a).

MARULLE (Michel Tarchaniote (A) ) se retira en Italie après que lesTurcs eurent pris Constantinople, où il étoit né. Ce ne fut point par zèle pour le Christianis-me qu’il abandonna son p aïs j car ses sentimens en matière de Religion croient fort éloignez del’Orthodoxie (B). Ce fut fans doute la crainte de l’esclavage, ou l’envie de s’épargner lecruel chagrin de voir 8c d’ouïr les insultes d’un insolent vainqueur, qui l’éloignérent de la Grece.

II s’attacha au métier des armes en Italie ( C) -, 6c servit dans la Cavalerie fous Nicolas Ralla (aj ,qui étoit de Lacedemone. II joignit les Lettres avec les Armes, 6c ne voulut pas être moinsPoëte que Soldat; 6c comme il craignit qu’on ne trouvât pas assez extraordinaire qu’il fut fairedes Vers Grecs, il s’apliqua soigneusement à l’étude de la Poësiè Latine, 6c s’aquít par cet en-droit-là beaucoup de réputation (b). Ses Vers Latins consistent en quatre Livres d’Epigrammes,

& en quatre Livres d’Hymnes. II avoit commencé un Poëme de l’Education des Princes, qu’il% e ?n*G Ca ' n ’acheva pas. Ce qui en fut trouvé parmi ses papiers fut imprimé avec les Epigrammes 6c avecj ul1 - E Pìgi' les Hymnes. II s’est fait plusieurs Editions de tout cela. Les goûts font partagez fur ces Poë-' fies. II y a des Critiques qui en disent beaucoup de mal. Tels font les deux ScaJigers (c).tì 'honest as ’ D’autres Ecrivains ont donné beaucoup de louanges à Marulle {d). II sc fit beaucoup d’enne-

a mis, pour avoir censuré trop librement les anciens Poëtes Latins (e). Floridus Sabinus entreprit dicmtijsmisleur défense, & le traita durement. Politien eut une grosse querelle avec lui pour le même su- __^Undûs, jet (/). Nous parlons ailleurs {g) du mariage de Marulle avec la savante Alexandra Scala. Mais JovTûi.$?us™ m " c ’est ici qu’il faut dire que c’étoit un esprit inquiet, 6c qu’il ne trouva jamais une aflïéte fixe, ni x^viTi.ìlo sioium, pour son corps, ni pour ses études (D). Les autres Savans alloient alors à la gloire par le che- (?)

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cap.xxrrn.Pontanus,apnd J o~vium , ibid..PieriusValerîanus,de Literaro-tmn Infe-licitate.

(e) Voiêx,Crinitus,de honestaDisciplina,Ubr . XX UlCap. VIL

(f) Pdutoanie Graro-mm nominifavens , cumPûlitìanoejus gémis

epistolis litesextenderat»ius,

{A) T ARCHANion.] Je croi que c’étoitlenomde famille de fa mere; car on voìt dans le premier Livrede ses Epigrammes l’Epitaphe de Michel Tarchaniote sonaieul maternel, & celle d’Euphrosyne Tarchaniote sa me-re; & l’on voit au troisième Livre celle de Paul Tarcha-niote son oncle maternel. Quant à son aieul paternel,dont 1 Epitaphe se trouve peu de pages après, il se nom-moit Philippe Marulle. Un des quatre .savans Grecs quicherchèrent un asyle en France sous le Régné de Char-les V 11 , & qui furent recommandez par Philelphe à Guil-. laume des Ursins Chancelier de France, se nommoit Ni-

Vìç 9 «>Uet, colas Tarchaniotes (i).

W* Wa- (B) Ses sentimens en matière de Religion êtoient fort éloi-gnez. de l’Orthodoxie] C’est ce que nous aprenons de Lean-dre Alberti (2), qui fait cette observation en passant, lors-qu’il parle de la riviere où Marulle se noia : Flumen Cae-cina Marullï Sizantini viri doéîi , sed de Chrìstiana pietatehaud fane sentientis intenta illustratutn. Celui qui a pu-blié quelques Notes bien curie-ïsses fur Sannazar, se sert dedeux preuves contre ceux qui ont prétendu que Jean Fran-çois Pic aida Marulle à faire ses Hymnes: la prémiere,que Pic s’étoit tellement attaché à l’étude de la ThéologieChrétienne, qu’il n’est nullement probable 'qu’il se soit sou-cié d’aucune politesse de style ; la seconde, qu’il ne paroîta ucune trace de Christianisme dans les Hymnes de Marulle.

qu’il tâcha de l’imiter (y), & qu’il disoit qu’il faloit feu- ( j5 Gyialá,lement lire les autres Poëtes, mais aprendre par cœur Vir- .Dialog. igile & Lucrèce (6). Cette Edition est foudroiée dans les â- PoëtisNotes de Joseph Scaliger fur Catulle. Voici une preuve sul tem P*de l’auda.ce impie, avec laquelle Marulle blasphémoit con-tre le ciel:

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V t>c-4 ‘ “H.

A'tpia pro pat ria, pro diis, arifque tuendis ,Indueras Latium dax caput arma tibi.

Ultoresque deos jurata in bella trahebas ,

Si ntodo sunt cura jusque piumque deis,

Sed neque fas, neque jura deos mortalìa tangunt,

Et rapit arbitrio fors fera cunffa fuo.

Nam quid prifea fides juvit , pietafque PelafgosêNempe jacent nullo damna levante deo.

Afpice Byzand quondam gradffma divisMœnia , Romans, nobile gentis opus.

H sc quoque jampridem hostili data prsda furori est,Solaque de tanta gloria gente manet ( 7 ).

( 6 ) Criní-tus, de ho*«esta Disci-plin. Ubr, ■XXIII,C*p. VII ,

f-) M ami2lus, Epigi.Ubr. 1,

In hymnis adjutum fuisse à Joann, Trancisco Pico erant qui ^ _ ..

a Jsererent Lilii Gyraldi State, quod tamen mìhi neudquam tus, Nicolao Ralla Spartano duce in Italia ntilitavit.x 'frìfimile fit, citm constet Pico tanto studio incubuijfe Chris- croi pas qu ’alarius eques doive être traduit cuirassier.

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(C) Il s’attacha au métier des armes en Italie.] L’Au-teur des Anecdotes de Florence ( 8 ) dit que Marulle passade Grece en Italie dans une compagnie de cuirassiers. Cela fz) Pa ^pourroit être; mais Paul Jove, que cet Auteur a le plus Us impri-suivi, pour ce qui regarde les Savans de ce tems-là, ne le mmrs ,p ?»dit point. Voici ses paroles: Inter alarios («) équités descrip-

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dans Theologis, ut omnet» prorsus styli atque elocudonis or- § [aj S’il étoit sûr que Paul Jove eût écrit alarios, sans ct ’ 0 uvr uc,

V:^ 0t . ad natHm neglexijfe merìto videri pojstt. Marullutn vero fi legas, aucun trait d’abreviation dans la Copie, alarii équités se-

0a ’ V1> lam , nec vestigium hominis Chriftia.ni ìnvenias (3). roient, selon moi, des Chevaux-legers , &c non^ pas des cui- d £ Marulle

^ E bien raisonner ce me semble. Pierius Valerianus ra- rajfiers, la Cavalerie légere aiant, pour ainsi dire, des ailes ,A u page

Porte que ce Poëte blasphéma terriblement lors qu’il mou- en’comparaison de l’autre. Mais peut-être au lieu à’alarios 161 > - 7 - ontrut - Ferunt ïllumprimo fiatim casu vehementer excanduijfe, équités, la bonne leçon est-elle Alabastarios équités, des A1- m ! s Tra '

'-.^ J balétriers, comme étoit alors la Cavalerie Albanoise, dç-

puis connue en France fous le nom d Estradiots. Re m . Tarcha-Crit. ... . niote -

(D) C' étoit un esprit inquiet , qui ne trouva jamais uneaffiete fixe, ni pour son corps, nt pour ses études.] J e citeraideux Auteurs. Inquteto mgemo nullibt seâem stabilem nac-

ut que erat irs impatiens convida malediBa in superos de-^sijse (4), Erasme auroit trouvé suportables les Poésiesoe Marulle, si elles eussent contenu moins de Paganisme:

arulli pauca legi, dit-il dans son Ciceronianus, tolerabiliaA minus haberent paganitatis. Ce Paganisme n’est pas lef Us S rar >d mal de Marulle : ses impiétez font beaucoupas condamnables ; c’est par là fans doute que Lucrèce luia ta at plu, qu’il en donna une nouvelle Edition, Sr

tus

, in curfumstudiorum ac- itinemmsemper fuit , o). jj u l- (s) lȈ ,

lius uiiquam Ptinçipis liberalitate tta adjutus , ut.in liter arum x x fr 1 ' 1.

etium