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Tome troisieme. K - P.
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MARULLE. MASCARDI.

Z6o

(h) jovius , inin de la Traduction: il méprisa ce travail (h) (£), ou comme au dessous de lui, ou commexTviTi. tro P hazardeuxj & il songeoit à quelque chose d’une plus grande importance, lors qu’il se noiadans une riviere de Toscane (T), cn pestant contre le Ciel. Ce fut l’an ifoo (G). J’ailudans un Livre assez nouveau, que cette infortune lui avoit été prédite long-tems auparavant jmais le témoin qu’on en allègue ne dit rien moins que cela (II).

(ia) Pier.Valcr. deInfel. Cil-ler. JJbr.IÍ.

(ri) Crini-tus , Libr. 11

Foëmat.pag. m. 828.

(12) Anecd.de Floren-ce, pag. 17p.

f 13) DamSt dam quiçlim CtiìfiAdìctbattirlFier. Vaíer.de Licier.Infelic.

Libr. 11,

(14) Anecd.kî 179 .

(15) Cecinaamnìs folìtoìnfiatior fcd-lente equumcaco vc.doviolenterabripuit.Jovius ,Elog. Cap.XX VU L

(16) Fier.Val. de Lit-ter. Infel.Libr. IL

(17) Vnétrop grandeconfiance mces gens-lkdonne quel-qutfoii autantdc hardiesseque la folietu l 9 ivresse.

■otium se conserre poffet (10). Je ne sai s’il faut oposer à leurtémoignage celui de Crinitus. On en fera ce qu’on vou-dra ; le voici en Vers :

Et graium

Placuit ad urbem fleVlere ,noster Medices Pieridum parensManille hospitium dulce tìbi exhibes.

Ac te perpetuis muneribus fovensPhxbum non patitur tela resumereLaurent Camxnarum decus (n).

Manille avoit donc un bonMccene en la personne de Lau-rent de Medicis. Crinitus a bien loué Manille. Voler nom-mément fa N&nia de obitu PoeU MaruUt.

(£) il méprisa le travail de la Traduction.] Mr. Varil-las ( 12) débite que Laurent de Medicis conjura Manille,par de t Lettres qui subsistent encore, de traduire les OeuvresMorales de Plutarque; mais que Manille avoit tant d’aver-sion pour cette sorte de travail, ou ilfaloit ( disoit-il)se rendreesclave det sentiment d’autrui, qu'il lui fut impossible d’en ache-ver la prtmiere page.

(F) Il se noia dant une riviere de Toscane.’) C’ est Cellequi passe à Volterre,& que les anciens nommoient Cecina.Elle retient encore ce nom, à ce que disent Cluvier &Mr. Baudrand: ainsi je ne comprens point pourquoi PieriusValerianus a dit quelle se nomme aujourd’hui Sicla (13);ni pourquoi Mr. Varillas la nomme la riviere de Volt er-re (14). Paul Jove dit qu’elle étoit plus grosse qu’à l’or-dinaire le jour que Marulle s’y noia (15) : mais Valerianusdit tout le contraire ; & comme il entre plus que l'autredans le détail, il est plus digne de foi, on sent qu’il avoitexaminé les circonstances. Marulle, dít-il, s’étant aperçuque son cheval s’enfonçoit de telle forte par les pieds dedevant,qu’il ne pouvoir plus se dégager, se mit en colere,& lui donna de l’éperon; mais il tomba avec le cheval,& aiant la jambe engagée fous le ventre de la bête, il nesalut que peu d’eau pour l’étouffer. Fluvium vel exiguatune aqua fluentem ingressut, five equum potaturus five aliade causa tantillum immoratus > senstt equum anterioribus pe-dìbus ita in arenas alvei semper infidi voraginosat absorberiut emergere inde non fosset .... modica aàmodum ejus pro-fluentis aqua suffocatus internt (16). La licence, que Mr.Varillas se donne de paraphraser ce qu’il emprunte d’au-trui, a été L contretems en cette rencontre. Pour mettre

(l8) DonSt-condo Lan-cillotti daTcrugia,,*4bbate OU-vetano , dansle Livre in-titulé ChiTindovinac Savio -Libr.

DifappannoIII pag. 64;U cite Paul.Cort. 1. 1.

(\ 9 ) Jo. Jo -vintûnttsPontanusdifUpulvmhabuit Idarul-ìum Constan-tinopolitanumhofpitemmeum , quieodem diequo k meVolaterr/Jdifcefiìt inamne Cecinasubmerfus efi ,1462. (20)

en François le folìto infiatior de Paul Jove, il dit que lespluyes avoient extraordlnaïrement enflé la riviere, & néanmoinsselon lui Marulle la traverfoit à gué. II étoit donc ÌVl'e OUfou, dira-t-on; l’adverbe extraoràïnainmmt est un Arrêtpour cela en cette rencontre. N’allons pas si vite; je melbuviens d’avoir lu dans un Ouvrage de Lancelot de Pe-rouse, que les habitans du pais avertirent notre Marullede ne passer point la riviere, patee que les pluies qui étoienttombées pendant la nuit l’avoient grossie. II leur réponditqu’il avoit à craindre Mars, & non pas Neptune. 11 sefondoit sur les Astrologues (17) qui firent son Horoscope,8c qui lui dirent que c’étoient les armes qu’il devoir crain-dre, & qu’il feroit bien de n’aller pas à la guerre (18).Volaterran remarque que Marulle,qui avoit logé chez lui,en étoit parti le même jour qu’il se noia: il en parle ho-norablement (19). Voffius, dans son Traité des PoètesLatins, veut que ce jour-là soit le 15 de Juin 1511 (20).Je croi que cette erreur vient originairement d’une lecturetrop précipitée du Passage de Paul Jove, où le jour auquelMarulle mourut est marqué en cette maniéré : Eo die quoLudovicus Sfortia captus ut jerrato in carcere miser expiraret ,in ulterìorem Gallìam est perduHut. Quelqu’un, n’y prenantpas garde d’affez près, aura confondu le jour de la capturede Louis Sforce avec celui de fa mort; & comme cette

„,v acris mm ingmii tum jtiiidì. Volât. Libr. XXXVIII, Pag. m.Id fa&uni XVII# ICal. Jul. an # cIdIpxi,

mort arriva eu 1511 , on aura conclu que notre Poètemourut aussi en rjir. La capture de Louis Sforce se fitl’onzieme d’Avril 1500 (21). Mr. Bailler (22) a suivi à un s *0 L j Vrjour près la Chronologie de Voffius. Françoise.

(G) ... Ce fut l'an 1500. ] La matière, dont PaulJove caractérise cette année , ne permet pas de douter („) Jugcm.qu’elle ne fût la .derniere du XV Siecle. Voiez la Re- fur lesPoët,marque précédente à la fin. Dom Pierre de St. Romuald nrnn.n 44^ne se mécompte que d’environ la moitié d’un Siecle. Voi-ci ce qu’il dit sous l’an 1545. „ Michel Marule natif de„ Constantinople, qui a eícrit fort élégamment en vers„ Latins , à l’imitation de Tibule & de Catule, & qui,, avoit servi l’Empereur Maximilian en qualité de Capi-„ raine, se noya dans la Toscane; ce que déplorant un„ Poète Italien en son Epitaphe, il dit à la fin, que s’il„ devoir perdre la vie en l’eau,

Mergier Aonio flamine debuerat ,

2 as.

(24) Tiré *Sandius »

„ Façon de parler qui n’a pas aggreé à feu Monsieur de„ Balsac (23). (23) se.

Sandius a réfuté Voffius par la raison que Pontanus R P muaíqui cessa de vivre l’an 1503 ou l’an 1505 , a fait des Vers ^hréForfur le décès de Marulle. II observe qu’il y a des gens qui chronol.ont mis au 16 de Mai 1466, la mort de Marulle, & il les Tom. m »convainc de fausseté par les Epigrammes de ce Poète con- P“g m - 3 °**tre le Pape Innocent VIII, & fur la mort de Théodorede Gaza, & fur celle de Jean Pic de la Mirandole. Ce chr'ét. pag.Pape siégea depuis Fan 1484 jusqu’en 1492. Théodore deGaza mourut Fan 1478, & Jean Pic de la Mirandole Fan1494. Ainsi les preuves de Sandius font très-bonnes. IIrejette avec raison le sentiment de ceux qui ont dit queMarulle florissoit Fan 1520 (24).

(H) . . . f ai lu dans un Livre nouveau que cette infortune NotTînlui avoit été prédite ; mais le témoin qu on cite ne dit rien moins Voffium d°que cela.) Pour vuider cette question de fait, il ne faut que Hîst.comparer le Passage de l’Auteur moderne, avec les paroles tu* w*de Pierius Valerianus, c’est son témoin. Suffocatus est Ma-rullus in Tufiia amne Cecina fallente equum veftigìo. Mise-rabile id leti genus multis annts ante ipfi pr&diHum fuisse ,indeque semper aquas timuiffe auttor est Pierius Valerianus inDialogis de liter a forum infelicitate , qui r et veritatem ignorarenon poterat, ïpfamque adeo carmine quodam fu », multb anteMarulli mortem poster»ati palam fecerat (25). Selon ce (i S ) NotJnarré nous n’aurions pas ici une de ces Prédictions d’après aci sanna-coup qui font si fréquentes, mais une Prédiction publiée xari E ^ e S*long-tems avant l’éyénement : este feroit donc de poids, file fait étoit certain. Or nous allons voir que Pierius Va- ,«3,.lerianus ne parle point de la Prédiction, & que ses Versfont postérieurs à l’infortune de Marulle. J’ai cité ci-des-sus (26) un long Passage de ses Savans malheureux, du- Qs)quel la conclusion étoit, aqua suffocatus internt. Voici les Cite».paroles immédiatement suivantes : Verum igitur fuit quodmeus Pierius sam tum puer de Marullo cecinit. C a t. Sjuid-nam ? ìllud mustci récita obfecro quonìam libenter ejus cantï-lenas ausculte. On raporte les Vers de Pierius qui roulentfur cette pensée, qu’il ne saloir pas que Marulle se fâchâtde périr dans Peau. La crainte qu’on lui attribue ne re-garde que le tems auquel son cheval s’abatit fous lui dansle Cecina. Mais, dira-t-on, Pierius étoit fort jeune lorsqu’il fit ces Vers, jam tum puer: il les fit donc avant Fari-née 1500; car selon Monsr. de Thon il mourut en 1550,âgé de quatre-vingt-trois ans. Je répons que Mr. de Thou . ,

s’est trompé. L’Imperialis (27 ) met la mort de Pierius àl’année 1558,8- ne lui donne alors que quatre-vingt & un s s n Jnúc^’ans. Ainsi il n’auroit eu que vingt-trois ans lors que Ma-tulle mourut. Or il n’est pas fans exemple dans la belleLatinité, qu’à cet áge-là on soit nommé puer ; & quoiqu’il en soit, les Vers de Pierius n’ont point précédé lamort de Marulle.

Historie 4111 '

fag, 4»'

(«j MichelGiustiniani,gli ScrittoriLiguri des-critti, pag.24. NiciusErythrzus,Finacoth.I,t“g. nz.

(6) Ville del y Etat dejûmes.

MASCARDI (Augustin) a été un savant homme, & l’un des meilleurs Orateurs du (-)XVII Siecle (a). H eto ^ ne à Sarzane (£), l'an ifpi, & il y mourut l’an 1640 (c). Vous scrst^Lptrouverez dans Moren qu il fut Camérier d’Urbain VIII, & que ce Pape fonda pur lui une Lig uri ? íf*chaire de Rhétorique dans le College de la Sapienza l'an 1628. II lui accorda pour toute fa vie .„

une pension de yoo écus (d). Si Mafcardi fut toûjours dans l’indigence, & toujours accablé de (f)dettes, ce ne fut pas tant à cause qu’il négligeoit ses affaires,qu’à cause qu’il fe divertissoit trop ; Tlfì*-car il s’en faut bien que ses mœurs n aient été auísi estimées que son esprit, & que son savoir (. d). , lit0 ,II fut pendant quelque tems Prince de l’Académie des Humoristes (e)-, & il eut à soutenir quel-

(A) Il s'en faut bien que ses moeurs riaient été auffì esti-mées que son esprit o 4 son savoir.) Je m’en vais citer unPassage où l’on aprendra que Mafcardi logea toûjours chezautrui, Lr cela par provision, & qu’il n’avoit aucun juge-ment dans ses dépenses. Utinam stcundiore prudentia acï a n c t 1 t a t 1 s fama fuisses , nec in hac farte vittt , utfatna efi , claudicasjet ; proseClo ad tgregias ejus virtuíes hue

ques

quoque prsstantisstma omnium laus accessìjjet. Sed homo in

re familiari négligent, profuj'us , nulla pétunia acceffione sup-

pedìtart suis sumptibus poterat ; in fuis nummis nunquar»,

in are alieno semper ; a 4 , quod mirent mugis , nunquam J,

certis ac conduélh adibus habitavit , sed incertis atque p’ e ~

cariis (j). t*í 4