MAUSOLE. MAUSOLE'E. MECQUE. z6z
'ciale (D), 8c qui commença dans la ioy Olympiade, entre les Athéniens d’une part, 6c ceux•de Rhodes, de Chios, de Cos, 8t de Byzance, de l’autre. Ce fut lui qui trama cette Liguecontre les Athéniens (d). Entre autres exploits il changea durant cette guerre la Démocratie deRhodes en Aristocratie. Mais ni ses conquêtes, ni fa bonne mine, m fa bravoure, ni aucune•de ses actions, ne l’ont immortalisé comme a fait fa femme (e) , parle Tombeau magnifiquequ’elle lui fit construire, & par la tendre amitié qu’elle conserva pour fa mémoire. Nous enavons parlé dans l’Article d’A r t e m i s e. Mausole mourut la derniere année de la 106 Olym-piade, comme nous Pavons montré dans les Remarques du même Article. II avoit cu des Pré-décesseurs dont nous connoissons le nom (A), & il eut des Successeurs dont le nom est auíïïparvenu jusques à nous. Le Médecin qui guérit Mausole demanda une grande récompense, maisen honnête homme (F).
La maison de Mausole dans Halicarnasse étoit bâtie de brique, 8c incrustée de marbre. Plinene connoissoit point de plus ancien bâtiment que celui-là que l’on eût orné de cette efpece d'in-crustation; 6c cela le porte à conjecturer que P Art de scier le marbre fut une invention des da-tions. II ne l’afirme pourtant pas. Cette maison subfistoit encore du teins de Pline. Voiez lespreuves de tout ceci dans la Remarque ( G).
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d’Histoire, font responsables solidairement & par indivisde tout ce qui fort de leur plume, quand ils ne fout qu’unmême Ecrivain. Au reste, quoi que Vitruve parle plu-tôt à l’avantage qu’au désavantagé de Mausole , on nelaisse pas d’entrevoir dans ses paroles les extorsions de cePrince (7). 11 loue la magnificence & le bon goût deses bâtimens, Sc les grandes commoditez qu'on y pra-tiqua.
(X>) Il fut fort mêlé dans la guerre qu on apella Sociale. ]Mrs. Moreri 8c Hofrnan se sont faussement imaginez qu’iïy a eu deux Mausoles, 8c que celui qui eut part à la guerreSociale n’étoit point le même, que le mari d’Artemiseenterré dans le Mausolée. 8'ils avoient pris la peine deconsulter les Originaux, ils n’eussent fait qu’un Article quieût été pour ce mari, 8c qui auroit pu être assez plein in-dépendamment de fa femme.
(£) Il avoit eu des Prédécejfeurs dont nous connoijfons lenom. ] Nous lisons dans Suidas (8), que Lygdamis, con-temporain d’Herodote, étoit le troisième Tyran d’Hali-carnasse depuis Artemise. Or quoi qu’Herodote ne disepas que Lygdamis pere d’Artemise avoit été Roi d’Hali-carnasse, il y a pourtant beaucoup d’aparence qu’elle étoitfille de Roi, & veuve de Roi. On peut donc remonterjusques à son pere, qui pour le moins, selon le témoi-gnage d’Herodote (9), demeurait dans Halicarnasse. Elleeut un fils nommé Pisindele, duquel le fils fut un autreLygdamis qui chassa d’Halicarnaffe Hérodote. Celui-ci yretourna, 8c en chassa le Tyran (10). 11 est fort vraisem-blable que Lygdamis second du nom fut suivi immédiate-ment par Hecatomne, duquel les trois fils, Mausole, Idriée,& Pexodare, ont régné successivement dans la Carie,(voiez VArticle d’A d a) ; mais il n*est pas certain qu’He-catomne ait été fils de Lygdamis. Que sait-on si Lygdamischassé par Hérodote recouvra son poste? Que sait-on fiHecatomne ne s’étâblit point par voie d’usurpation, sansêtre parent de Lygdamis ? Une chose sait-on bien, c’est
qu’il étoit de Mylasse (11), 8c qu'il y établit le siégé de laRoiauté. Ce fut aussi là que naquit Mausole. Vitruvequi nous l’aprend nous dit de plus que Mausole fit bâtir samaison dans Halicarnasse , parce qu’il trouva cette villeparfaitement bien située (r z). Aristote (13) nous aprendune autre particularité. Mausole, voulant lever de l’ar-gent sur la ville de Mylasse, représenta aux habitans qu’uneville comme la leur, fa patrie, 8c la capitale du Roiaume,ne devait point être fans murailles, veu principalementque les Perses la menaçaient. Chacun contribua selon seSforces; mais quand Mausole eut l’argent entre les mains,il leur dit que ce n’étoit point encore la volonté de Dieuque la ville eût des murailles.
(F) Le Médecin qui guérit Mausole demanda une granderécompense j mais en honnête homme.] C’étoit Dexippus,natif de l’Ile de Cos, 8c Disciple d’Hippocrate. 11 futmandé par Hecatomne Roi de Carie pour guérir Mausole8c P ex 0 dare malades à l’extrémité, 8c abandonnez des Mé-decins. Illes guérit: mais ce fut à condition qu9 le Roileur pere cesserait de faire la guerre à File de Cos. EV<vttorxéo-ei ìúo-xto roO iraStrcu vpòç Kwoi/ç {il faut lire ains, cP*non pas K2p«ç ) rore uvríS hsçiïra TréMjzav. Eos ea conditionefanavit ut hélium quod tune adversus Coos gerebat depone-ret (r4). Cela n’est-il pas bien généreux ? P eut-on voirun meilleur sujet? N’est-ce pas être bien pénétré del’amourde fa patrie ?
(G) Voiez,' les preuves de tout ceci dans la Remarque.'] Ellesfont renfermées dans ce court Passage de Pline (zy): Se-candi marmor in crustas nefeio an Caria fuerit inventum. An-tiquijfma , quod equidem inveniam , Halicarnajsì Mausoli do-mus ( 16 ) Proconnejio marmor e exculta est lateritiis parietibus.Vitruve explique cela plus exactement. Halicarnajsì, dìt-il ( 17 ), potentijsmi régis Mausoli domus cum Proconnejio mar~more ornnia haberet ornata, parietes habet latere ftruilos , quiad hoc tempus egregiam prastant firmitatem , ita feâìoriis operi-bus expoliti ut vitri perluciditatem videantur habere.
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M A US O L E'E. C’est ainsi qu’on nomma prémiérement le magnifique Tombeau qu’Arte-mise fit bâtir à Mausole son mari, 6s qui a été compté entre les sept merveilles du monde. Voiez-en k Description dans Pline (s), 6c dans le Suplément de Moreri {A'). Ensuite, on a donnéle meme nom a tous les Tombeaux somptueux {B). C’est ainsi que l’on nomma le superbe Mo-nument qu’Auguste fit faire pendant son íïxieme Consulat, entre le chemin de Flaminius & leTibre, pour y être enterré avec les siens {b). Strabon nous en a laissé la Description au Livrecinquième. C’est aussi le nom que Florus donne (c) au Tombeau des Rois d’Egypte dans lequelCleopatre s’enferma, & se fit mourir. Les Dictionaires Latins de Mrs. Lloyd 6c Hofman four-nissent plusieurs autoritez, qui montrent que le mot de Mausolée a été donné parles Romainsaux Sépulcres dont la structure étoit magnifique; mais il y a deux Vers de Martial (C), qu’onne doit pas joindre avec ces autoritez. La Langue Françoise a adopté ce mot-làau même sens queles Romains. Nous apellons Mausolées les Tombeaux des Rois de France. On a même étenduce mot fur ces Représentations de Tombeau qui font partie d’une Pompe funebre, 8c qui ne du-pent qu’autant que les funérailles. Mr. Furetiere dit avec raison qu’on les nomme Mausolées ;niais il ajoute une chose bien incertaine (D ).
(A) Hans le Suplément de Moreri .] On y a copié hChevreau, fans le confronter avec Pline. Si on l’aviconfronté avec son Original, on auroit vu que les Fadu Mausolée ri ètoient pas un peu plus larges que son étéhue du Midi au Septentrion (r), mais au contraire un pUioins larges. Patet ab aufiro , dit Pline , ex septentrìcspxagenos ternos pedes , brevius àfrontibus (1). Le Pere H:°°uïn ( 3 ) a dit que Dalechamp & Léon Allazzi n’ont ■goûte fur ce chapitre. .
(B) On a donné le même nom à tous les Tombeaux son.*ueux.] MéyeSoç U cura Sj n ’éçi físsaç v -cù èexarouruev^v m
pZs 7TT0Ç Ty/J orxaav , K«ì t VO}(lOSÌOl tíSydAalÇ C'é Ti CIVTÒV ôavpt
tà; rrapos atpioh èvitpxcìi fanptttTU HíxonuKsía òvofjucljovofuit operis magnitudo <x ornamentorum magnijuenttaRomani vald'e illud mirantes magnìficentijsma quaque apudm onimenta Àlaujolea appellarint ( 4 )-
( C) Deux Vers de Martial.] On se trompe visiblement,lors qu’on veut que ces paroles,
Aere nec vaeuo petidentia Maufoha,
Laudibus immodicis Cares in astra ferant (y),
prouvent que par Mausolée les Auteurs Latins entendaienten général un magnifique Tombeau ; car il ne s’agit là quedu Mausolée primitif.
(D) Furetiere . . . ajoute une chose bien incertaines 11dit qu’tf» a apellé auffi Mausolée la chajfe d un Saint. J’endoute; car encore que Moisis, du Cange lui ait apris quedans les Auteurs de la baffe Latinité, Maufoleum signifieferetrum SanSti alicujus , 8e que maufoleare se dit de 1 enter-rement, il ne s’ensuit pas que Mausolée ait eu cet usage enFrançois ; Se en tout cas il faudrait en donner des preuves.
La MECQUE, Ville d’Arabie, est non seulement fameuse pour avoir donné la nais-■ ce à Mahomet, 8c à eause que les Sectateurs de çe faux Prophète y vont en pélérinage avecT. O M. ii Zz-z beau-
(4) Liba-
nius, -in Aragum. Orar.Oemofth.pro libert.ïUiodior.
(e) Voiez.Lucien,Diai, Mort.L>iog. &Mans.
(ii) Strab.■Lib. X IV ff*g-4S3.
(tz) Vitruv.de Archir.Libr. 11 ,Cnp. VIII.
( t-jÌ Arislet,Oeconoœ,Libr. II.
( 14 ) Suidas,in ùd%i7rxo;.
(1 s) Plin.Libr.
XXXVI,Cap. VI, pag,287.
( 16) Qua:criam aune
au Livre
x x x r,
Chap. XIV,pag. 24p.
(17) Vitru-vius, Lib. II,Cap. VIII,
png. 2.9.
(a) Plin. Lib.XXX VI,Cap. V.
(h) Sueton.in Augusto,Cap. CL
(r) Libr. IV,Cap. XI.
(s) MartvSpect. initi,