MEY. MEYNIER. MELAMPUS. Z 67
MEY (Jean de) Docteur en Médecine, Professeur en Théologie, & Ministre à Middel-bourg au X VII Siecle, a composé plusieurs Ouvrages en Flamand (a). II a fait auísi un Livrefolio'’ 7 *’”*“* ^ at * n rutitulé Sacra Phyfiologia (A), où il explique les Passages de l’Ecriture qui concernent lesÀsTjT" Matières de Physique. 11 y a des gens qui ont parlé de ce Traité-là avec beaucoup de mépris (A).i6s°: UKS l ' a> ' ^ et Auteur mourut à l’âge de cinquante-neuf ans le 8 d’Avril 1678, comme le remarque le Sieur’’ Witte à la page 116 de la II Partie du Diarìum Biographicum.
{A) Il y a de: gens qui ont parlé de fa Sacra Phylìolo-gia avec beaucoup de mépris.'] Valentin Henri Voglerusl’accufe de compiler sans jugement les opinions des autresAuteurs, & de se laisser trop entraîner à la nouveauté. Unautre l’accuse d’être Plagiaire. Voici ma preuve : Indus-triam fuam non approbavit Valentino Henrico Voglero , qui infuo commentario postbumo de eodem argumenta cenfet Maiumnon tan?, fuam ícientiam déclarasse, quam aliénas fenten-
tias exscripíìsse, idque nullo fere delectu novitate prœci-pue opinionum pellectum. Quod judicium ináemenûus ali-quanto videri poterat , tum in ejufmodi fcriptoribus aliter fierivix oportebat, quibus non tam inâufiria gloria quam legentisutilitas fpeâîatur , nifi id reprehenfione dìgnum est quod Maiusex e 0 hominum genere ejfe videtur, qui fupprimendis autorumnominibus unde sua exfcripferunt , nescio quam ingenii laudemajfeïïant ( 1 ).
MEYNIER (Honorât de) Auteur d’un Livre intitulé, Les Demandes curieusesOîVi^r fer Réponses libres , qu’il publia à Paris l’an 163 f. II avoit porté les armes trente-six ans (a).nient' '"" Oet Ouvrage roule fur des matières de Politique, & de Guerre, & contient des raisons & desNot,i e j e la exemples, qui n’ont rien de rare, mais qui ne laissent pas d’être de bon sens. Je l’ai cité quel-£an $oise. quefois (b).
MELAMPUS , grand Devin parmi les anciens Paiens, étoit fils d’Amythaon & d’A-glaia ( A). II avoit un frere nommé Bias, auquel il témoigna en deux rencontres beaucoupd’affeétion, prémiérement pour lui procurer une femme, en second lieu pour lui procurer unecouronne. Nelée, qui régnoit à Pyle dans le Peloponnese, exigeoit de ceux qui vouloient semarier avec sa fille, qu’ils lui amenassent les bœufs d’Iphiclus, qui en nourrissoit de très-beauxdans la Thessalie. Melampus, pour mettre son frere en état de faire à Nelée ce présent, entre-prit d’enlever ces bœufs (a). II n’y réussit pas ; car ceux qui en avoient la conduite le firentprisonnier: mais comme il prophétisa dans la prison, 8c sur des choses dont Iphiclus lui demandal’éclaircissement, il obtint pour récompense les bœufs qu’il vouloit avoir (b). Voilà comment ilfut cause du mariage de son frere (A) ; 8c voici comment il lui aquit un Roiaume. Se voiant
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{A) Il étoit fils d'Amythaon & d’Aglaia.] Voiez dansla Remarque ( A ) de l’Article Amphiaraììs la Généa-logie d’Amythaon. II ieroit très-inutile de la répéter ici.Je dirai seulement que la mere de Melampus, nomméeAglaia par Diodore de Sicile ( 1 ), se nomme Eidomenedans Apollodore (z), qui ajoûte qu’elle étoit fille de Phe-res fils de Cretheus (3).
(B) Voilà comment il fut cause du mariage de son frere.]La Relation de Pausanìas que j’ai suivie n’est point con-forme à celle d’Apollodore que je m’en vais abréger. Biasdemanda en mariage Pero fille de Nelée. Plusieurs autresla demandoient en même tems. Nelée leur déclara qu’ilne la maricroit qu’à celui qui ameneroit les bœufs dePhylaque, gardez par un chien dont aucun homme ni au-cune bête n’osoit s’aprocher. Bias implora l’affistance deMelampus qui lui promit de lui amener ces bœufs, après-avoir demeuré un an en prison. II fut pris effectivementcomme il tâchoit de faire ce vol: on le chargea de chaî-nes, & on le garda étroitement. II avoit déjà passé prèsd’une année dans cette captivité, lors qu’il entendit lebruit que faisoient des vers qui rougeoient la poutre dutoit. II leur demanda combien ils en avoient rongé : ilsrépondirent qu’il ne leur ressort à faire que peu de chose.Là-dessus il demanda qu’on le transportât dans un autrelieu : on le fit » Lc peu après on vit tomber la maison..Phylaque admira cela, 8c aiant su que Melampus étoit-un très-bon Devin, il le mit en liberté, 8c lui demandade quelle maniéré son fils Iphide pourroit avoir des en-fans. Le Prophète promit ce qui dépendoit de fa scien-ce pourvu qu’on lui accordât les bœufs. II fit quelquescérémonies pour évoquer les oiseaux : un vautour se pré-senta, qui lui aprit que Phylaque châtrant des béliers avoitlaissé proche d’Iphicle le couteau encore sanglant, 8c qu’I-phicle saisi de peur prit la fuite, 8c ficha dans un arbrece couteau; qu’il l’en faloit retirer, 8c en ôter la rouillu-re 8c la faire boire dix jours de fuite à Iphide dans du vin.Melampus fit ce que le vautour lui indiqua ; Iphide de-vint pere de Podarces,8c le Devin amena à Pyle les bœufsqu’il faloit donner à Nelée; après quoi il fit célébrer lesnoces de Bias 8c de Pero, 8c s’arrêta à Messene (4).
Observons deux choses après Pausanias : l’une est qu’ences siecles-là le plus grand foin des gens riches étoit d’a-voir quantité de bœufs 8c quantité de chevaux (5). Q uec . e fut la paillon du tems, il le prouve, r, par les condi-Rons que Nelée stipuloit des soupirans de fa fille : z, parMordre qu’Eurysthée donna à Hercule de lui amener desbœufs d’Espagne : 3, par les conditions du combat entreLryx 8c Hercule. Celui-là s’il étoit vaincu devoit perdreloi j Roiaume, 8c s’il vainquoit il devoit gagner les bœufs^ Hercule avoit amenez d’Erythée: 4, par le présent deCe nt bœufs, qu’Iphidamas fils d’Antenor fit à son beau-ess^ 6n vuariant. La seconde Observation de Pausanias
« que ceux qui m'arioient leurs filles, exigeoient de leursç es un présent de noces ( 6 ). Cela me fait souvenirPh1 ^i obligea David à lui aporter cent prépuces dech'rf’ S disons aussi que Pausanias fait un pé-
Ce 5 ouiiffion, qui nous empêche de juger exactement dede uossA E' On juge par son récit que la seule enviek seder de beaux bœufs, marque d’opulence fastueuse
en ce tems-là, portoit Nelée à exiger des amans de Peroqu’ils lui amenassent les bœufs d’Iphicle. Mais la véritéest qu’une autre passion le faisoit agir de la sorte. Unepartie des biens de Tyro fa mere avoit été usurpée parIphide (8) : il vouloit se dédommager 8c se venger. Voilàpourquoi il voulut que celui qui épouseroit sa fille allâtfaire ce coup-là. II n’y a guere de péchez d’omission quine fassent devenir trompeuse une Histoire. Ce défaut ré-gné dans presque tous les récits de l’ancienne Mytholo-gie. Le seul moien d’en avoir de bons est de joindre en-semble les pieces que l’on trouve dispersées dans divers Au-: teurs. C’est ce que Muret a pratiqué à l’égard de cette ex-pédition de Melampus ; & par ce moien il en a donnéune. Relation complété. Tirons-en les circonstances quePausanias 8c Apollodore ont omises.
Melampus fut servi dans la prison par un fort bon hom-me marié à une mauvaise femme. II reçut mille honnê-tetez de celui-là, 8c plusieurs mauvais traitemens de celle-ci. Les vers qui rougeoient la poutre aiant fait conoitreque la maison tomberoit bientôt, il fit semblant de se por-ter mal, 8c demanda qu’on le transportât ailleurs avec sonlit. Le mari sc mit devant; la femme derriere. Dès quele lit fût dehors presque tout entier la maison tomba, &écrasa cette femme: le mari aiant apris de Melampus toutle secret de l'aifaire le fit savoir à Phylaque, qui en aver-tit Iphide. Celui-ci aiant conu l’habileté 8c le desseinde Melampus lui fit bien des a mitiez. Vous aurez mesbœufs, lui dit-il, pourvu que vous me fassiez avoir desenfans. Le Devin lui donna bonne espérance ; il sacrifia,il marqua les régions des Augures : toutes sortes d’oiseauxs’y rendirent, hormis le vautour; mais aucun ne lui setdire ce qu’il faloit faire pour mettre Iphiclus en état derendre enceinte sa femme. Enfin le vautour se présenta 8cfut plus habile que tous les autres. II indiqua la cause dela stérilité, 8c puis le remede. Phylaque, dit-il, se fâchaun jour contre son fils 8c le poursuivit l’épée à la main, 8cne l’aiant pu atteindre il ficha son épée dans un poirier.Elle y est demeurée depuis ce tems-là envçlopée fous l’é-corce. Vous la trouverez en un tel endroit, tirez l’en,8c faites boire la rouille dix jours de fuite à Iphide dansdu vin. La peur qu’il eut ce jour-là est la cause de sonimpuissance; vous l’en guérirez par la recepte que je pres-cris (9). , x
Cette narration sert de Commentaire a quelques Versde Properce , qui méritent un peu de censure. Muretn’a point aperçu la faute. Properce, aiant dit que l’amourest une passion qui contraint les jeunes gens à tout endu-rer, le prouve par la prison de Melampus.
Ac veluti primo taurus detraSlat aratra,
Mox venit abfueto mollis ad arva jugo tSic primo juvenes trépidant in amore feroces,
Dehinc domiti poft bac aqua , er iniqua ferunt ',
Turpia perpejfus vates est vincla MelampusCognitus Ipbicli fubripuijfe loves :
G}uem non lucra, m agis Peroformofa coëgit,
Mox Amythaonia nupta sutura domo (10).
Cet exemple est mal allégué; car ce ne fut point Pamour
d’une
(b) ïmprìmíMiddelb .l*kn 1661 ,
& non pas stVenise sein1602 > commsMr. Konigsa debiié.
(1) Godofr*Vockcrodt,
in Prafat .Disputât, deFœtura an*
tificiofa ja-cobi. Cet Oh~î/nfijf fut im-primé k Pênefan 168- r'» 4.
(b) d'dessusCitation (26)de f ^Article
François I,& Cit. (34)de l'xArtiUeLOUÏS XL
(a) Paufa-nías, Ltbr,iy,fub fin*
{b) Idem 9ibidem*
( 8 ) VoiezMuret inPropertium,Eleg. IIILibri //.
( 9 ) Tirs ilMuret inPropert.Eleg. IIILibri II.
Properce
critiqué,
( 10) Prœperdus,Eleg. IIILibri 11 ,