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Tome troisieme. K - P.
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MELAMPUS. MELANCHTHON.

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égaîez-íur ce qui lui apartient, on Te seroit contenté de dise qu’il étoit un habile Médecin ((?);& si Stace avoit parlé historiquement, nous devrions croire que Melampus parvint à une grandevieillesse (H). II laissa des enfans (g). Hésiode l’avoit lotie dans un Ouvrage qui s’est perdu (L).

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tur& judicia confirmât (32). On pourroit inférer de là queles Oracles, aiant subsisté plusieurs Siécles, n’étoient pasune fiction. Mais réfutons Cicéron par Cicéron même.II reconoit au 11 Livre des Loix que l’Art des Augures nesubfîstoit plus (33). II avoit donc eu la destinée des opi-nions que l’esprit humain enfante: le tems, au lieu de leconfirmer, l'avoit détruit.

(G) Il étoit un habile Médecin .] Apollodore le faitInventeur des purgatifs, 8c les lui fait emploier à la gué-rison des filles de Prœtus. (34). mh&nvooe . . . i^mriç «vríu Siée (papfiúxoiv xxì xetiupixòv hpxtreicev orpSroç eôpxxép. . . .f 3 f) Taï; âè hom oût; Toxoóaatp xcdkipnoti a-acppovîjaxi ewéfht.Melampus . . . vatiúnandt cognitione infignis z? qui potionandiexpurgandique rationem primus invenit . . . reliqm veto re-purgata refipuerunt. Servius observe qu’on le surnommaxaSap-níç, c’est-à-dire le purgeur (36): mais n’apuions pasfur cela, puis que ce même Grammairien infinité que lespurifications inventées par Melampus, & emploiées pourles filles de Prœtus, apartenoient à la Religion. Prœtidastpse purgavit lustrationibus quas invenerat. hoc dicit , conva-lescente morbo, nec medìcinam prodeffe nec religionem ( 37 ).C’est-à-dire, que par ces paroles

Cessere magtstri

Phillyrides Chiron , Amythaoniufque Melampus (38).

il faut entendre que les maladies dans un certain état fontau dessus de la Médecine , & au dessus de la Religion.Chiron est donc là représenté comme un Médecin, pen-dant que Melampus y est représenté comme le distributeurdes remedes surnaturels. Servons-nous plutôt du Com-mentaire de Servius fur les Eglogues de Virgile. C’est làque nous trouverons Melampus fous un personnage mêlé,en partie Médecin, & en partie Prophète. II apaise Ju-non , 8c puis il fait prendre aux malades un certain médi-cament. Quas (Prœtidas) Melampus . . . . placata funo-ne, infeSîo fonte ubi folitœ erant bibere , purgavit ex in pris-tìnum sensum reduxit (39). Notez que xxûapftS; signifienon seulement une médecine purgative, mais auífi ce quenous appellerions un exorcisme, ou plutôt un formulairede paroles magiques.

II y a une espece d’ellebore qui à cause de lui fut apelléMelampodium (40). C’est une marque qu’il s’en servit, &l'on peut croire qu’il ne l’oublia pas dans la grande curequi lui devoit valoir un Roiaume. Néanmoins Pline |nenous dit rien qui insinue cela : il ne fait conoître Melam-pus que du côté prophétique ; il ne lui attribue point laguérison des filles de Prœtus, & il dit qu’on l’attribue à unerger. Melampodìs fama , divinationis artibus nota est. Abhoc appellatur unum ellebori genus Malampodìon. Aliquì pas-torem eodem nomine invenijfè tradunt , capras purgari pastoillo anìmadvertentem , datoque laâle .earumfanajfi Prœtidasfurentes (41). Si Voisins (42) s’est fondé fur ce Passage,pour dire que notre Melampus guérit la fureur des fillesde Prœtus en mêlant de l’ellebore noir avec du lait dechevre, il n’a pas été un fidelle raporteur. Ce seroit à luia nous montrer ses garans. II n’a rien à craindre fur ce

f,>J e í lsUre Pler I® Castellan > & Jean Neander, d’avoirtait Melampus postérieur à Empedocle. Ils ont commis

en cela une bévue; car Melampus a vécu avant la guerrede Troie. Quant aux Ecrits que nous avons fous ce nom-là, ils font fupofez. Nous avons Melampi ex palpitationibusDivinatio , imprimé en Grec à Rome l’an r 545. Ex n&viscorporis Divinatio , imprimé en Grec à Rome la même an-née, & en Latin à Venise l’an 1351 ; (Nicolas Petreius estl’Auteur de cette Version) 8c en Latin & en Grec,avec la-Métopofcopie de Cardan,à Paris l’an i6;8. Voiez Linde-nius rénovâtes à la page 804. L’Abrégé de la Bibliothc»que de Gefner m’aprend, que Melampus hierogrammateusscripfit de augurïts ex faltibus corporis qua Augustinus Niphusin lìbrum primum de augurïts transtulit.

(H) Nous devrions croire qu il parvint à une grande vieilles-se.] Stace fupofe qu’Amphiaraiis fut associé avec Melam-pus pour consulter les augures touchant la guerre de The-bes:

Solers tibi cura futuri

Amphiaraé , datur , juxtaque Amythaone cretitsJam senior sed mente virent Phœboqtte MelampusAssociât pajsus : dubium cui dexter ApolloOraque Cyrrhœa satiarit largitts unàa (43).

Melampus étoit le bifaieul d’Ampliiaraus : celui-ci avoitalors plusieurs enfans, & un entre autres qui fut Généra-lissime des Argiens dix ans après. Concluez de là que Me-lampus eût été bien vieux. Mais les Poètes ne le fontpoint un scrupule des Anachronismes. Stace fupofe dansun autre lieu que Thiodamas fils de Melampus fut choisipour succéder à Amphiaraus dans l’intendance des Augu-res. 11 le représente comme le second dans cet Art-là,mais néanmoins d’une modestie qui l’obligeoit à fe reco-noître indigne-de la succession, 'tout de même que le filsd’un grand Roi craint dans son enfance de ne pouvoir pasremplir les fonctions de feu son pere.

Concìlium r ex triste vocat: quaruntque gementes,

Quis tripodas succejfor agat ? quo prodita laurusTranfeat ì atque orbum vittœ decus. h and mora , cunfíiInfignem fama , fancloque Melampode cretumThiodamanta volunt. qui cum ipfa arcana deorumPartiri, & visas uni fociare folebatAmphiaraus aves , tantuque haud ìnvidus artisGaudebat dici fimilem , juxtaque fecundum:

Illum ingens confundit honos , inopinaque turbatGloria , & oblatas frondes fubmijfus adorat ,

Seque oneri negat ejfe parem , cogique meretur.

Sicut Ach&menius folium, gentesque paternasExcepit fi forte puer, cui vìvere patremTutius &c (44).

Feroit-on de telles comparaisons si l’on savoit que Thio-damas étoit frere de l’aieul d’Amphiaraus ? Ajoutez à celaque Stace est le seul, fi je ne me trompe, qui donne untel fils â Melampus. Les deux qu’Homere lui a donnezs’apellent Antiphates & Mantius (45). Pour dire ceci enpassant, c’est de ce dernier que le pere d’Amphiaraus étoitfils, si nous en croions Paufanias (46). Mais la communeopinion est qu’Antiphates fut pere d’Oides.

MELANCHTHON (Philippe) né à Bretten au Palatínât du Rhin le 16 de Fé-vrier 1497, a été l’un des plus sages, & des plus habiles hommes de son Siecle. 11 donna si tôtdes marques d’esprit, qu’on s’apliqua de très-bonne heure à son instruction : ce fut par le soin deson aieul maternel beaucoup plus que par celui de son pere { A). II fit ses prémieres études dansle lieu de fa naissance,d’abord à l’Ecole publique,& puis fous un Précepteur,quand on eut apris

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{A) On s’apliqua de tres-bonne heure à son instruêlion : cesut par le soin de son aieul maternel beaucoup plus que parcelui de fin pere.] Comme je ne prétens point louer l’unau préjudice de l’autre, je m’en vais dire pourquoi Geor-ge Schwartferdt(i), pere de notre Philippe, ne vaqua pointà l’éducation de son fils. II étoit occupé aux a faires del’Electeur Palatin son Maître, à qui il fervoit d’Ingénieur,ou de Commissaire d'Artillerie. Huic (avo materno) pâtreoccupato negotiis principum , prs.cìpue educatio zx institutioPhìlippi cura fuit (2). Camerarius m’autorise à user destermes que j’ai emploiez; car voici ce qu’il a dit: Orto

mirabìlì artificìo opéra armomm elalorare ficiret , quibus &defenderentur contra vim adverfarìorum in confúclu, ex in-struerentur ad hos percellendum fternendumque qui manumfive in acie cum hostibus , fiu in ludis equefiribus , cum fuis(qus exercitattones tum in aulis Principum studiosfrn'e fre-quentabantur) conferere vellent .- Harum igitur artium illeperitus , & Us virtutibus quas commemoravimus ornatus , innoticiam pervenit maximorum ex potentìjjìmorum Principum ,iifque carus fuit, in quibus nommasse satis sit & Regem opti-mum ex bellatorem InvìÉlìJpmum Dìvum Maximiliamm lm-peratoris Friderici filtum. &uem Georgius aïtquando cum glo-

Pernitìofi bello inter Palatines ex Bavaros cognatos Prinrìì,.. t; r i. . J T ,

Georgius patrù sua Prmûpi Philippe operam oficMmí, Italo, cm nomen Claudio Bataro, cena m i..

debebat , fidéliser prastaret, inprimismachinaruTT n *-congreffurum tta mftruxtt, ex fie arma ipsius- - - - " ■ - urum tor- mdchmando paravtt, ut fortissimo Vtro Maxtmtltano viítorìa

certa facilì etiam ex celeriter contingent. Claudius enim non

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rnentorumque ratione admimstranda (3). Je pense que cetIngénieur fut d’abord un simple Armurier, qui s’étant ren-éu très-habile dans son Art se fit conoître & aimer desPrinces. II inventa des armes avantageuses tant pour l’of-feniìve, que pour la défensive, soit dans les tournois, soitdans les batailles. On prétend que l’Empereur Maximi-hen. s e servit utilement de ces inventions dans un combatd’sionime à homme. C’est un fait si singulier que je leraporte Ri, a fin d’exciter mes Lecteurs à en déterrer lescirconstances. Lisez bien tout cet éloge du pere dejvle-ianchthon : iffi Georgius ex probitate, integritate, taciturni-tateque ex fide, etiam ìrudentiâ atque filertíá , (X quo d ad-? O M. Ui.

----- ~ U 'omnibus rébus effet inferior fin-dm répugnant , fi ^jeeijfet , ita in potestatem

uens ^ pedes M^md-am S J^ mh ^ a s - é .

ZÍrfSfit fe* m»"». >»« -»° à J-R...,

rus qui avoit été Maire du Heu quelques annees (5). IImourut onze jours après son beau-pere, le 29 de Septem-N-e ™ 8 sa veuve-ne fe remaria qu âpres avoir su queMelanchthon son fils s’étoit marié Elle en fut un peu fâ-chée 8c ce mécontentement 1 obligea a épouser un bour-geois’de Bretten environ l’an 1520 (6). Elle mourut le6 de Juin 152.9 (7). Son fils George plus jeune de près deAaa qua-

si) Î.iufîa,Liur. / V,fag. joí,

Sratius,‘IhíbaidiLibr.il l,Vers.-su.

(44) Tiifi,t bi d. Lilr.

' VIII, V.rf.27t.

(4í) Borne-ras, OdylHLibr. X V,pag. m. 462.

( 4 <í) Pausan.Libr. VI,pss- m-

(4) Idem,ibid. pag. 4& 3 .

fî) Idem,ibid,

( 6 ) Matervittftti mmiGtannìs totis iLr

fofttel L V.7/V

Philippumduxijjc uxo-nm audiijjêt ,nm fin* (Jha-dar/j ojfeiï*

Jìt*n.uLa ,

nupnt itentmViyo hortepis-fimo ctvtPreitAm*Idem, ibid,S-

(7) Melch.Adam. i»Vit. Theol,f*g. JiS*