MELANCHTHON.
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Cologne,pour l’aider à introduire la Réformation dans son Diocèse. Cela ne servit de rien. L’af-r.* °i líï, • i< i _ n 4. r' _r™ 67--
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p. 343 .
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ibidem* ba?.34Z, 346.
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fa* climac -tericum die~im L XIIIegrcjpts.IJbr.XXVIsab finem ,?--L- w- 538.Du Rier,à- Teilïïer,Eloges,
Tom. I, pag.183 , traduitmal cela paril mourutle 63 jourde son sn-nee cli-maâerique.
putez que Maurice Electeur de Saxe devoit envoier au Concile de ’l’rente Fan i fsz.quelque tems à Nuremberg son saufeonduit; mais à cause de la guerre qui alloit écîorre, il s’enretourna à Wittemberg (r). Sa derniere Conférence avec les Docteurs de la Communion de Ro-me fut celle de Worms Fan iff7, & de toutes les dissensions qui lui déchirèrent le cœur il n’yen eut point de plus violente que celle qui fut excitée par Flacius Ulyricus. II mourut à Wit-temberg le 19 d’Avril ifóo, qui étoit le soixante troisième jour de fa soixante quatrième an-née (t). II fut enterré proche de Luther dans le Temple du Château deux jours après. SonOraison funebre fut prononcée par Winshemius Docteur,en Médecine & Professeur en LangueGreque. Les témoignages de piété avec lesquels il finit fa course furent admirables (u) ; & il està remarquer que F une des choses qui lui firent regarder la mort comme un bonheur fut qu’ellele délivreroit des persécutions Théologiques (G). II s’étoit marié avec la fille d’un Bourgue-maître de Wittemberg Fan ifzo, laquelle mourut Fan 1577 (x). II en eut deux-fils St deuxfilles (H). Comme on peut trouver, dans u,n Ouvrage plus aisé à consulter que ce Dictionai-re (y), le Portrait de ses bonnes qualitez morales, je n’en parlerai pas; mais je dirai qu’il étoitcrédule pour les Prodiges, pour F Astrologie (z), Sc pour les Songes (aa)-y & je ferai quelquesréflexions fur le penchant qu’on le blâme d’avoir eu vers le Pyrrhonisme (/). C’est à tort que
quel-
(aa) Voìez. Melchior Adam, in ejus Vita passim.
(») Volet,MelchiorAdam, toVitis rhi-
lolophol.pdg. 222.
(a:) ideMi
ibid. p. W®'
(,) Danil#
Additions
de Monû-
Teiísiot a oï
Eloges tiie*de Mr-de Thon,Tom. />
187 Edit, de16516.
(s) Volet-en Us />«<«'<*dans l’HÍS'toite desVariation*de Mona-de MeanrtfLivr. V,mm. 34-
(50) Melch.Adam. tuVitis Philo-íòphorum,pag, 201.
• O 1 ) Difie-
des à peeca ,-tis , liberabe*ris Ab *rum~nis L rabieTheologorum .Idem - ibid.
(52) Idem,ibidem .
(53) virgil.Georgicor.Libr. II,Vers. 4S»S.
(54) Dans laRemarq. ( L).
(t) T: I.
Enarrat.
Evangel.
pag.ìSÍ.
{ss) Melch.Adam. inVit. Theol.pag. 35/.
(j6) Melch.Adam. inVit. Philos.pag. 227.
(57) Came-lar. -'«VitaMelanchth.pag. 206.
(58j Idem,ibid. p. 207.
(59) Melch.Adam. inVitis Phi-lofoph.pag. 227.
(60) Came-tax.-in VitaMelanchth.pag. 208.
(6t) Votez, cetjti il écrività Cameta-lius, apttdMelchior. •Adam. inVitis Theo-logorum,pag. 358-
(62) Idem,ibidem.
(63) Came-*at. invita
Melanchth.
pag. 207.
(«4) Melch.Adam. inVitis Medî-cor. p. 377-
(65) Melch.Adam. inVitis Phi-losopher.pag. lf*.
( G ) îl dit . que la mort le délivrerait des persécutionsThéologiques.'] Quelques jours avant fa mort il écrivit furun morceau de papier en deux colonnes les raisons pour-quoi il ne devoir pas avoir regret de quitter la terre. L’u-11e de ces colonnes contenoit les biens que la mort lui pro-curerait, f autre contenoit les maux dont la mort le déli-vreroit ( 50 ). II ne mit que deux articles dans celle-ci :1, Qu’il ne pécherait plus; 2, Qu’il ne ferait plus exposéni anx chagrins, ni à la rage des Théologiens (51). L’au-tre colonne contenoit íìx chefs : i, Qu’il viendrait à lalumière; 2, Qu’il verrait Dieu; 3, Qu’il contempleraitle Ffls de Dieu; 4, Qu’il aprendroit ces mystères admira-bles , qu’il n’avoit pu comprendre dans cette vie ; 5, Pour-quoi nous avons été créez tels que nous sommes; 6 , Quel-le est l’union des deux natures en Jefus-Christ (52). No-tez que Fétat de l’homme a paru à ce grand ThéologienF un des plus incompréhensibles mystères de la Religion ;& cependant il n’y a personne parmi ceux qui croient sansexaminer, qui s'imagine que cet objet-là contienne desdificultez. De là est venu qu’on a été st surpris d’aprendrepar mon Dictionaìre, que les Sectateurs du Manichéismepouvoient faire des Objections embarrassantes. Mais ar-rêtons-nous à notre Texte, 8c disons que la nature, quiavoit donné à MelanChthon un tempérament pacifique,luiavoit fait un présent mal assorti aux conjonctures où il de-voir se trouver. Sa modération n’étoit propre qu’à être sacroix. II se trouva comme une brebis au milieu des loups :personne ne s’accommodoit de fa douceur ; elle Fexposoità toutes sortes de médisances, 8c lui ôtoit les moiens derépondre au fou selon sa folie. Le seul avantage qu’ellelui procura fut de regarder la mort sans cirai, en considé-rant qu’elle le mettrait à l’abri de 1 ’Odium Theologhum, &de \Tnfidos agitans discordia fratres (53). Je parlerai ci-des-sous (54) de la servitude où il vivoit. II a dit dans quel-qu’un de ses Ouvrages, qu’il avoit conservé quarante anssa Profession sans avoir jamais été assuré qu’on ne F en chas-serait pas avant la fin de la semaine. Publice non dubitavitaffirmare ( f ), ego jam sum hic , Dei beneficio, quadragintaannos: & nunquam potui d'tcere aut certus esse me per mamseptimanam mansurum esse (55).
(H) Il ... eut deux fils cr deux filles.] Je n’ai rien trou-vé touchant les deux fils; mais je fiai qu’ANNE fa filleaînée fut femme de George Sabinus, F un des bons Poètesde son tems. IIF épousa à Wittemberg le ìó de Novembre1536 (56). Elle n’avoit que quatorze ans. Son mari l’a-mena en Prusse au grand regret de Melanchthon FanIJ43 (57)- H Y avoit eu souvent des brouilleries entre lebeau-pere 8c le gendre, parce que celui-ci plein d’ambitionauroit voulu s’élever à des emplois politiques, 8c ne s’ac-commodoit pas de 1 humilité de Melanchthon, qui se bor-noit à des emplois litéraires, & ne se fatiguoit point pouravancer ses enfans (58). Anne entendoit bien le Latin,& étoit très-belle (59) : son pere l’aimoit tehdrement (60):jugez du chagrin qu’il eut quand elle s’éloigna de luiFan 1543 (61), & puis quand elle mourut à KonisbergFan 1547 (62). Et recueillez de tout ceei qu’il n’étoitheureux, ni au dedans, ni au dehors. Narrationem taliumïdeo nequaquam omittendam duco . ... ut hujusmodt quasi•vulneribus inspeâlis quam misera interdum ■vita fit magnt-rum virorum intelligatur ; cum ad onera Reipublica pondusetiam domeftici dolens adjieitur (63). Son autre fille fut ma-riée Fan 1550 à Gaspard Peucer qui étoit un habile Méde-cin, Sc qui fut fort persécuté (64). Si vous doutiez queMelanchthon fut bon pere, je vous prierais de considérerqu’un François le trouva un jour tenant d’une main un Li-vre , & berçant de l’autre un enfant. Melanchthon levoiant surpris de cela lui fit un discours fi pieux fur les de-voirs paternels., & fur Fétat de grâce où les enfans fontauprès de Dieu, que cet étranger sortit de là beaucoup plusdocte qu il n y étoit entré (6y).
N oublions pas cette réflexion. C’est. un grand bonheur
aux hommes d’étude d’être exemts & d’ambition & d’ava-rice: cela leur épargne beaucoup de tems, beaucoup debassesses, beaucoup de désordres. Mais pour jouir decette belle disposition, il ne fufit pas qu'ils la possèdent, ilfaut austì que leur parenté en soit pourvue ; car une fem-me, un gendre, un fils, un proche parent, qui veulentgagner du bien, ou s’élever aux honneurs, ne laissent pointen repos l’homme de Lettres; ils veulent qu’il sollicite,qu’il brigue, qu’il fasse sa cour ; & s’il ne le fait pas, ilsgrondent, & font des querelles. Melanchthon & sonbeau-fils font une preuve de ceci. Inter socerum ac gene-rum non quidem odium aut stmultas , sed alienatio tamen
qmdam O 4 prope disfidium ortum fuit .. Tons autem
erat omnium , quod Sabinus socero nimia cupidìtate Illufirisfortunée videbatur àrdere. llle autem non tantum adjuvart■ e? 1 quasi promoveri se ab ipso quantum optabat ZV passé arbi-trabatur , agre ferebat (66). Concluons de cela qu’il estmal aisé de vivre heureux dans ce misérable monde; puisque la vie heureuse demande, non seulement qu’il régléses propres passions, mais aussi que celles de la parentésoient bien réglées.
(I) Je serai quelques réflexions fur le penchant qu’on leblâme d’avoir eu vers le Pyrrhonisme.] „ II sembloit avoir„ esté nourry en l’eschole de Pirrho; car tousjours mille„ doutes affiegeoient son ame, pour la crainte, disoit-il,„ de faillir. Ses écrits estoient un perpétuel brouillis d’ir-,, résolutions ( 67 ) ”, L’Auteur qui parle de la forte citequelques témoignages, & ne dit que ce qu’une infinitéd’Ecrivains ont remarqué. Voiez en dernier lieu Monsr,l’Evêque de Meaux dans F Histoire des Variations. Je croiqu’on outre les choses; mais je croi aussi que Melanchthonn’étoit pas exempt de doutes, & qu’il y avoit bien des ma-tières fur quoi son ame ne prononçoit point, cela est ainsi,e?* ne peut être autrement. II étoit d’un naturel doux 8cpacifique, 8c il avoit beaucoup d’esprit, beaucoup de Lec-ture, 8c une Science très-vaste. Voilà des qualitez de tem-pérament, 8c des qualitez aquiscs, dont le concours, estpour Fordinaire une source d’irrésolution. Un grand Gé-nie, soutenu d’un grand savoir, ne trouve guere que letort soit tout d’un côté; il découvre un fort 8c un fossiledans chaque Parti, il comprend tout ce qu’il y a de plusspécieux dans les Objections de ses Adversaires, 8c tout ceque ses preuves ont de moins solide: il fait, dis-je, tou-tes ces choses, pourvu qu’il ne soit pas d’un tempéramentbilieux; car s’il l’est, il se préocupe de telle sorte en fa-veur de son Parti, que ses lumières ne lui fervent plus derien. Non seulement il se persuade qu’il a raison; mais ilconçoit pour ses Sentimens une tendresse particulière, quile porte à haïr violemment la doctrine qui les combat. Dela haine des opinions il passe bientôt à la haine des person-nes, il aspire à triompher, il s’échauffe,8c il se tourmentepour y parvenir; il se fâche contre ceux qui lui représen-tent que pour Fintérêt de la vérité céleste, il ne faut pointrecourir aux expédions de la Politique humaine. 11 ne sefâche pas moins, s'il entend dire que ses dogmes ne fontpas certains 8c évidens, 8c que fa partie averse- peut allé-guer de bonnes raisons. Etant tel, il n’examine les chosesqu’afin de demeurer convaincu de plus en plus, que lesdoctrines qu’il a embrassées font véritables, 8c il ne man-que pas de trouver beaucoup de solidité dans ses Argu-mens; car il n’y eut jamais de miroir aussi flateur que lapréoccupation: c’est un fard qui embellit les visages les pluslaids: elle rend à une doctrine les mêmes offices que 1*Venus du Poëte Romain rendit à son fils.
Restitit Mneas , claraque in luce refulfit ;
Os humerosque Deo similis : namque ipsa decoram
Casariem nato genitrix , lumenqut juventa
Purpureum, zv Utos o cuit s afflarat honores.
Quale manus addunt eborì decus, aut ubi flavo■ Argentum, Pariusve lapis cìrcumdatur auro (68). ^
(ás) Cotas.raiius,
Vita ,lanclitho^pag. 207*
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