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peine de îes réfuter passeroit avec raison pour très-inutile. La violence avec laquelle on caîornhíáMelanchthòn pendant fa vie le persécuta encore après fa mort (cc). II est étonnant que parmitant d’autres occupations il ait pu écrire autant de Livres qu'il en composa. Lé nombre en estprodigieux j òn en publia un Catalogue chronologique l’an iy8z (dd). Comme il voioit que sesOuvrages, quoi qu’il n’y mît pas la derniere main,& que même il les donnât au public assez im-parfaits, étoient néanmoins utiles à la jeunesse, il prit plutôt le parti d’en faire imprimer beau-coup, que celui d’en perfectionner un petit nombre (ee). C’étoit préférer à fa propre gloire fu-tilité du prochain. On peut Croire auffi que l’heuréux génie, qu’il avoit reçu de la nature, luidonnoit quelque confiance que ses produétions seroient estimées fans le secours de la lime (fis).Ses Vers Latins plurent à l’hypercritique Jules César Scaliger (gg). II prit quelquefois un fauxNom à la tête de ses Livres (O). Le Cardinal Bembus demanda trois choses qui méritent d’ê-
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(F) V-i'-r. Erasme, in Ciceroniano. (gg) Jul. Cxsar Scalig. Poe t. Libr. VI, pag. m. 73Í.
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la sœur (roi), & la maîtresse (103) de ce Prince intriguè-rent extrêmement pour introduire la nouvelle Religiondans le Roiaume (104): & que n’aiant pu faire réussir latentative fondée fur une Prédication du Curé de saint Eus-tache, elles emploiérent une autre ruse, qui fut de per-suader au Roi de gagner les Protestans d’Allemagne; cequi lui feroit très-avantageux pour résister à la trop grandepuissance de Charles-Quint : on lui représenta donc querien ne feroit plus propre à les gagner, que de faire pa-raître un grand désir de conférer avec Melanchthòn (ioj).La prémiere démarche de ce Prince fut l'ordre que reçûtLangey qui avoit connu ce Théologien en Saxe , de le fonders’il étoit d'bumeur à changer fa Chaire de Théologie dansl'Univerfité de Vìrtemberg qui ne luy rapportoit que deux censécus par an, en une Chaire de Professeur Royal dans l’Uni-verfité de Paris à douze cens écus d'appointement (106). Laseconde démarche fut de charger Lange/ de faire des offi-ces particuliers à la Cour de Saxe, pour obtenir la permis-sion que Melanchthòn demandoit, ct d'une Lettre pour ce
fameux Théologien, signée de la propre main du Roy .
NElebleitr de Saxe n eut pas plútôt appris que le Roy Trés-Chrêtien luy demandoit Melanélon ; qu il s'imagina qu il netenoit plus qu à cela que toute la France ne devint Luthé-rienne . Il ne délibéra pas un instant fur la demande
qu on luy faifoit , & il ne fe contenta pas de ceder un hommedont il croyois avoir encore beaucoup affaire, ll l’exhorta deplus à fe mettre promptement en chemin. Mais Luther quine pouvoit fe pajfer de Melanflon le retint long-temps fousprétexte de concerter, ou pour mieux dire de polir avec luy sondernier Ouvrage contre les Anabaptistes (107). Melanchthònfit une Réponse civile à François I, dc la conclut par uneexcuse de ce qu il n étoit pas parti au moment que l’Eletteurson Maître le luy avoit permis (p 08). Le Cardinal de Tour-non eut le courage de s'oppofer à l’intrigue de la Reine deNavarre zr de la Ducheffe d’Etampes (109). II fit un dis-cours que François I goûta; mais la vertu que cé Princeaffeíloit davantage étoit de garder fa parole , zy il préfuppofoitque l'on. trouverait d'autant plus étrange qu il la violât à l’é-gard de Melanclon, que ce Théologien ne s'étoit point ingéréde luy-même de venir à Paris, & qu il n'y avoit confentyquaprés avoir été recherché par les voyes honorables. Il n’yeut donc rien pour ce coup de résolu , cy l'indifférence de faMajesté auroit apparemment été plus longue fi les mêmes Lu-thériens , qui luy avoient adroitement fait inspirer le defir devoir Melanílon, ne le luy euffent ôté par une atlion insolentequi les acheva de ruiner dans son esprit (no). Us avoientdejà fait aficher des Placards à la porte de son cabinet, àPavaient mis dans une grande colere; mais il fut offensébeaucoup davantage par les billets imprimez, qu’ils firent coulerdans la nef dont on le fetvoit à table par le moyen de FerretValet de son Apoticaire. On soupçonnoit quils étoient de la
composition de Farel . La leílure de ces billets acheva
de produire 1 effet que le Cardinal de Tournon avoit commencé,Ct* Melanílon fut contremandé. Les Semeurs de billets furentrecherchez, c r l’on publia un Edit trés-Jevere que le CardinalChancelier Duprat avoit drejfé contre les Luthériens, ll y eutle vingt-neuf Janvier mil cinq cens trente-cinq une Processionfilemnelle , oh le Roy affifta à pied , tête nue, C le cierge àl& main (ni).
II y a bien des faussetez dans ce récit. En I lieu, jedemanderai caution, avant que de croire fur l’autorité deyarillas (nz), que la Duchesse d’Etampes se mêla pourl’arriour des Protestans, entre autres intrigues, de celle duv °iage de Melanchthòn; & que l'on ofroit à celui-ci uneChaire de Professeur Roial. 11 . II paraît par la Lettre du•rai à Melanchthòn, que celui qui la porta se nommait laf’osse. On ne la donna donc point au Sieur de Langei.Ll. L’Electeur de Saxe crut si peu que le volage de Me-ranchthon rendrait Luthérienne toute la France, que l’unedes raisons pourquoi il n’y voulut pas consentir, fut qu’il*5 jugea plus nuisible que profitable aux progrès de la Ré-forme. Cela paraît par l’Original des Lettres qu’il écìivitlur ce sujet (113). IV. Tant s’en faut que fans délibérerUn moment, il ait accordé à Melanchthòn la liberté né-cessaire, & que de plus il l’ait exhorté à fe mettre promp-jement en chemin, qu’au contraire il ne se laissa fléchir, nìP ar les prières de ce Professeur, ni par celles de Luther,
ipar les offices de l’Ambassadeur de France (1x4). UL’A Vlt / eS excu s es a François I, le 2.8 d’Aout 1/35 (nç).T st^assadeur s’occupoit encore à solliciter, & le faifoitmeurent au mois de Decembre de la même année(nó).
V. Luther ne retint pds long-tems Melanchthòn ; car aiicontraire il fit des instances réitérées à la Cour de Saxepour ce volage. Extant Luther! ad Eleâlorem litera d. 17.Aug. data Tom. v r. fol. 491. in quibus rêpttitis cy enixijjì-mis precibus contendit ut Philippus ad tres menses âimittá-tur (117). VI. C’est une audace effroiable que d’oser direque Melanchthòn, dans la Lettre au Roi, concluoit parune excuse de ce qu il n'étoit pas parti au moment què l’Elec-teur son maître le lui avoit permis. II n’y a rien de tel darisfa Lettre, & il n’eût pu parler fans mentir de la permissionde son Maître. VII. Le tems des' Placards ne devoit pasêtre distingué de celui où l'on fit couler des Billets dans lánef de François premier; & en tout cas, si l’on vouloitfaire là une distinction, il eût falu que les Billets précédas-sent les Placards. En effet, Florimond de Remon'd, dontVarillas n’a été ici que le Paraphraste, fupofe que les Hé-rétiques n’afichérent des Placards (118), qu’après avoirsemé ça çy la plufieurs Livres, .... fait jetter dans le ca-binet du Roi leurs Articles de fti par le moien * d'un valet deson Apoticaire nommé Ferret, voire mefme des petits billetsdans la nef dont on le fervoit à table , (119). VIII. Cequi fut dit de plus fort contre la Messe, & contre les Prê-tres, n’étoit pas dans ces Billets, mais dans les Placards (120).IX. On ne saurait donner de preuve que François premierait contremandé Melanchrlion : il le demandoit encore aumois de' Décembre 1535, après la Lettre qu’il avoit reçuede l’Electeur de Saxe, pleine d’excufes de ce que l’on n’ac-cordait pas à ce Docteur la permission d’allér en France.11 est donc très-vraisemblable qu’il ne fut jamais nécessaire"que François I le contremandát. X. II est très-certain queles Placards ne Fy engagèrent point; car ils furent affichezau mois de Novembre 1534. Le Roi fit punir cette har-diesse, & expier cet outrage du St. Sacrement au mois deJanvier suivant ; & il écrivit à Melanchthòn cinq moisaprès. Peut-on assez admirer la négligence de Mr. Varil-las ? II a donné le précis.de la Lettre que François premierécrivit à Melanchthòn : il a pu voir quelle est datée du28 de Juin 1535. II a dit (121) que la Procession expia-toire des Placards fe fit le 29 de Janvier 1535 (122); &néanmoins il assure que le sujet de la Procession fut causeque lé Théologien Allemand reçut un contrordre.
S’il se plaignoit que son Histoire de l’Hérésie eût étéprise pour un Roman, il ne feroit guere mieux fondé quela Calprenede, qui a trouvé fort mauvais que fa Cassandre& fa Cleopatre n’aient pas été considérées comme des His-toires. Je diray mefme pour l’honneur de ces Ouvrages, dit-il (123), qu’on ne leur a pas rendu justice dans le nom qu’onleur a donné, quoi que peut-eftre ils ayent esté ajfez, agréable-ment receus dans le monde, an, qu au lieu de les appeller des -Romans, comme les Amadis, an autres semblables, dans les-quels il n y a ny vérité , ny vray-femblance, ny charte , nyChronologie , on Us pourroit regarder comme des Histoires em-bellies de quelque invention-, & qui par ces ornemens ne per-dent pêut-efire rien de leur beauté. En effet je peux dire avecraison, que dans la Caffandre, ny dans la Cleopatre, non feu-lement il n y a rien contre la vérité, quoi qu’tl y ait des cho-ses au delà de la vérité ; mais qu il n’y a aucun endroit, danslequel on me puisse convaincre de mensonge, cy que par toutesles circonstances de ïHistoire, je ne puiffe fottstenir pour verUtable quand il me plaira. Aujfi s’est-tl trouvé plufieurs fer -sonnes intelligentes qai en ont fait le mefme jugement , cy quim’ont regardé comme un homme mieux instruit des affaires dela Cour d’Auguste, cy de celle d’Alexandre , que ceux qui ontécrit simplement leur Histoire. C’est une insigne Gafconna-de, & il y a bien peu de choses plus Romanesques quecelle-là dans les Ouvrages de cet Auteur. Cependantj’ofe répéter que Mr. Varillas ne feroit point de semblablesplaintes avec beaucoup plus de justice. Au reste, il y asujet d’être surpris que tant d’Ecrivains François fassent leSophisme à non causa pro causa , en parlant de cette afai-re de Melanchthòn. lis prétendent que les affiches desProtestans empêchèrent son volage; & néanmoins il est sûrque par accident elles furent cause qu on voulut le fairevenir. Quelque blâmables quils soient, ils le font moinsque le Jésuite Sandaeus (124)» q u i a osé révoquer en doutece que Monsr. de Thou raporte, que François I écrivit àMelanchthòn, &c. Consultez Mr. Crernus, qui réfute so-lidement l’audace de cet Ecrivain, & son injuste méprispour Melanchthòn (125.)
(O) ll prit quelquefois un faux Nom à la tête de ses Li-vres.'} Il fe nomma Didymus Fayentiaus dans k Réponse
qu’il
(id) tóíh
Myiius tfil’^iutehr dice Catalo-gue. Votez.MelchiorAdam, in.Vit. îheoíiP*g- 347 *
(ce). FiliezMelchiorAdam. ibtd,çag. zâU
Çtl7) IdiiK :ibidem , pngêI07.
(ny Flofì-inond deRemond,Hist. del’Heréfíe,Livr. Vu,Chap. V, page
859.
(119) Varil-las attribuecela à céValet , il necopie doncpas bien sonOriginal.
(120) Flor.de Remond,Hist. del’Hérélîe,
Livr. VII,Chap. V,pag. 859.
(121) Varil-las , Hist.de l’Heré-(ìe, Tom. 1 ^Lìvr.'X,pag. z 26.
(122) Notezque e’est encommençantT Année auMois de Jan*
(nì) LaCalprenede;'Préface de
Phaiamcttid,»
(f24) Maxl-»mil. San-
dams, în
Fœdia Aca-démie!Chriftìani,Commentât.Vin pag.250 Edit.Colon. iSzKin 8 s apud.Ctenium.
ttbi infrà ,
( 12 §) Cté*nius , Ani-madV. Phi-lolog. &Histor. ParleII, pag. *4irseej,