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Tome troisieme. K - P.
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{*) Joignez,4 ces trois -ìk deux aa-ires qui ontparu depuisia 1 Liaisonde mon Qu-

3£or*ii det Edition dtParis 16^9,dr les Elo-ges de MrvRenault.

(1) Turrìge-

ros elcphítn-toTwn mira-mur biime-Tos, tauro-rtunijue col-la , & tru-ces in sublime

tigrium r'api-

r.ASy leonum

jubas, cumrtrum natti-ra nufyuammagis , cjuamin mìnìmts ,tota Jir. Plin,Libr. XI 9Cap . II.Aristote 4dit aufjiyMaAAcv It<T5Sv ihXTTÓ-7m ì) pttt-Çévuv ’fòot*rtç Uv rijvTyç òiccvofxt;ixpfpsteiv.Magie inminore genere

(brutorum)

eptam inmajore vi~derts intelli -gtrîtia ra-tionem . Hist.Animal.

Libr. IX 9Cap . VII.

(z) HistoireAmoureuse4es Gaulés,fag. m. 189,

(a) Mena-

gins, Epi'Zram.

cxxxvm,pag,. 147 ,148 , Edit.^Arájhl.lGVf.

( 4 ) Ménagé,Epi ire Dé-'dicat. desOblcrv li-tions fur laX.angueFrançoise,folio a iij.Votez, aujji ceavoue

dans un Dia-logue deSarrasin,pag. m. 146 ,í pii cft ra-porté dans lesNouvelleslettres con-tre Maim-bouig , PK-777.

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MENAGE.

nés dè beaucoup de mérite ; mais j’aurois passe légéreiúent fur son Démélé avec îe Comte dëBuffi Rabutin (B}.

Quelques personnes que j’estime infiniment n’ont point aprouvé que l’Article de Mr. Ménagésoit si court dans ce Dictionaire, St ont combatu les raisons que j’ai données de ma brièveté. IIleur semble que les trois Livres à quoi je renvoie ne seront pas sous la main de tous ceux quichercheront ici l’Histoire de ce savant homme. Je n’aquiefee point à leur sentiment 5 St si j’alongécet Article dans cette seconde Edition ^ ce n’est qu’afin de marquer une circonstance que les troisAuteurs que j’ai indiquez (b) ne raportent pas. Elle concerne la bonne fortune de MonsieurMénagé quant à 1a mémoire. Ce fut un don qu’il posséda éminemment 4 ôt qu’il conserva jus-qu’à la vieillesse, St, ce qui est bien plus rare, qu’il recouvra après quelque interruption (C).

Thréíòrs qui ne manquent pas au besoin quand on com-pose, mais qui font très-inutiles dans les entretiens d’éru-dition. Ceux qui né conoissent Mr. Ménage que par sesLivres, se pourroient imaginer qu il relsembloit à ces 8a-vans-là. C’est donc le distinguer d’ôuic, c’est le faire co-noître par un talent qui n’est donné qu’à très-peu de gensde Lettres, que de montrer le Menagiana. C est làqu’on voit que c’étoit un homme qui débitoit fur le champtaille bonnes choses. Sa mémoire se répandoit sur l’an-cien 8c sur le moderne; sur la Cour 8c sur la Ville; surles Langues mortes, 8c fur les Langues vivantes; fur lesérieux, 8c sur l’enjoué; en un mot, sur mille sortes desujets. Ce qui a paru bagatelle à quelques Lecteurs duMenagiana , qui ne faisoient pas attention aux circonstan-ces, a donne de l’admiration à d’autres Lectetlrs attentifsà la différence qu’il faut faire, entre ce qu un homme dé-bite fans se préparer, 8c ce qu’il prépare pour l’impreílìon.Ce Menagiana contient des choses en ce genre-là, dontoh pourroit dire ce qu’un Ancien a dit des insectes ( i ).Ainsi , l’on né peut assez loírër le foin que ses illustresAmis ont eU de lui ériger un monument si capable ^im-mortaliser fa gloire. Ils n’ont pas été obligez de rectifierce qu’ils lui avoient ouï dire ; car s ils 1 eussent fait, ilsn’eussent pas été les Historiens fideles de ses conversations.Les mémoires les plus heureuses font sujettes à se trom-per; 8c d’ailleurs Mr. Ménagé disoit quelquefois touchantcertaines personnes ce que d’autres gens mal instruits luien avoient dit. II ne lé faut donc pas étonner qu il y aitquelques méprises dans, le Menagiana , 8c quelques fauxfaits en matière de perfinalitez,. II s’eít trompé fur monchapitre.

(B) Son Démêlé avec le Comte de Buffi-Rabutin. ] C’estun Démêlé qui peut passer pour une querelle d’Auteur,quoi que ce Comte fût homme de guerre, 8c qu’il possé-dât une haute charge dans les armées de France. Cettea faire se vuida à coups de plume. II attaqua par écrit Mr.Ménagé, 8c l’offensa cruellement; mais les Vers que Mr.Ménagé fit imprimer contre lui font les plus outrageans8c les plus fanglans que l'on eût pu faire. Voici l'attaque,nous verrons ensuite la risposte. Ménagé estant devenuamoureux de Madame de Sevigny , & sa naissance , son aage,

fa figure P obligeant de cacher son amour autant qu il pou-vait, se trouva un jour chês elle dans le temps quelle vouloitsortir pour aller faire quelques emplettes : fa Demoiselle n estantpoint en estât de la Juivre, elle dit à Ménagé de monter dansson caroffe avec elle. Celuy cy badinant en aparence , mais eneffeâl estant fasché , luy dit, qu il luy estait bien rude de voirquelle n'eftoìt pas contente des rigueurs quelle avoit depuis filong-temps pour luy, mais quelle le mesprìsoit encor au point decroire quon ne pouvait meiire de luy cr d’elle. Mettés vous,luy dit-elle, mettés vous dans mon carojfe: fi vous me faschés,ye vous iray voir chés vous (z). Vous votez que l’offenseest tout-à-fait forte, mais l’Epigramme Latine de l’offen-sé emporte la piece.

Francorum proceres, média ( quis credat f) in aulaBujfiades jeripto Userat horrìbilì.-

Pœna levis : L o d o i x nebulonem carcere claudens ,

Detrahìt indigno munus equestre Duci.

Sic nebulo, glad'ús quos formidabat íberis ;

Gjuos meruit, Brands fustibus eripitur (3).

Si l’Auteur de ces Ver? Latins avoir eu un Bénéfice à char-ge d’ames, fi non seulement 11 avoir été Curé, mais aussiun véritable Curé, il auroit pris pour une injure très-cho-quante la simple accusation de faire l’amour à Madame deSévigni ; mais comme tout son engagement à l’état decléricature n'alloit qu'à pouvoir jouir de quelques pensionsfur des Bénéfices, fans contrevenir à la discipline moder-ne, ce qui le fâchoit dans le discours du Comte de Rabu-tin étoit ailleurs que dans les quatre ou cinq premiersmots. 11 n’a point fait dificulté d’avouër qu’il avoir étéamoureux : je ne prouve point cela par ses Poésies, ceseroit une preuve équivoque, ce langage-là est trompeur;mais il l’a dit dans une Epitte Dédicatoire très-sérieuse.Je vous prie de vous souvenir, dit-il en parlant au Cheva-lier de Meré (4), que lorsque nous festons nostre cour ensem-ble à une Dame de grande qualité er de grand mérite, quel-que pajston que j’euffe pour cette illustre personne , je souffraisvolontiers qu'elle vous aìmaft plus que moi ; parce que je vousaimoU aujfi plus que moi-mesme. II avoit promis un Ouvra-ge que le public n’a point vu. C’est là qu’il se seroit expli-qué sur le chapitre de ses amours. Voici ce qui me lefait croire. ,, Que ne citoit-il Madame de la Fayette 8c

„ Madame de Sévigny qui font de fa connoissance”?C’est 1 e Pere Bouhours qui a fait cette question. Mr. Mé-nagé lui répondit:

„ Pater Bohurse, flos Schoht Parifius 9

„ Destderamus hic tuam prudentiam.

„ Le Révérend P. Bouhours m’accuse en cet endroit d’a-i„ voir aimé Madame de Sévigny 8c Madame de la Fayet-„ te. Je répondray à cette accusation dans la Défense de„ mes mœurs: 8c j’y répondray de forte, que les rieux,,, dont le P. Bouhours affecte le suffrage, ne seront pas,, de son costé (j) ”. Après tout, les liaisons de Mr. Mé-nagé avec des Dames de beaucoup d’esprit lui ont faithonneur dàns le monde, 8C lui eh feront à l’avenir; caril est si rare que tant de Grec, 8c tant de Grammaire,n’étoufe pas les tàlens qu’il faut avoir pour être d’une con-versation polie 8c galante auprès des femmes de qualité,que c’est une espece de prodige. Au reste, la vivacité deressentiment qu’il témoigna par ses Vers Latins n’empëchâpas qu’il ne reconût le mérite de l’Auteur qui l’avoìt cho-qué. C est un bel cr bon esprit que Mr. de Buffy Rabutin,disoit-il ( 6 ). Je ne puis m empêcher de lui rendre cette justi-cè, quoi-qu’il ait tâché de me donner un vilain tour dans sonHistoire des Gaules. On ne peut pas écrire avec plus d’espritcr plus de feu qu il fait dans cette Histoire. Cela sent unhomme tout prêt à se réconcilier. II n’auroit point saintrouver étrange une pareille réconciliation, puis que Ma-dame de Sevigny, qui avoit été fi mal traitée dans le mê-me Ouvrage, oublia l’afront, 8c vécut avec l’Auteur com-me une très-bonne parente. Cela paroit par les Lettresqu’elle lui écrivit, 8c qui ont été imprimées avec celles dcMr. de Rabutin.

(C) La mémoire fut un ion qu il posséda éminemmentÇT qu il conserva . . . qu il recouvra après quelque inter-ruption.'] Que dans fa jeunesse il se soit heureusement sou-venu des choses, ce n’est pas une rareté, mais c’est unefaveur singulière de son étoile qu’il ne se soit pas aperçaen commençant de vieillir que fa mémoire déchéoit beau-coup; car c’est l’infortune trop ordinaire des gens de Let-tres. Citons ici une chose qu’on publia l’an 1685. Plu-sieurs Historiens tombent dans un défaut très-absurde,„ c’est qu’ils rapportent une même chose tantôt d’une fa-,, çon tantôt d’une autre. II vaudroit mieux pour l’hon-„ neur de leur mémoire qu'ils fe trompassent toujours,„ mais d’autre côté l’on peut dire que comme la mémoi-„ re est le premier mourant dans un homme docte, & la» qualité qu’il est le plus impossible de retenir, il ne faut„ point examiner trop à la rigueur les faux pas que l’ou-„ bli fait faire. II semble que l’on doit avoir pour ces„ fautes-là le même support que pour celles quelesTheo-„ logiens nomment quotidiam incurstonis , puis qu’il est„ certain que l’oubli est un défaut où l’on retombe à cha-„ que moment. D’où paroit que les Sciences ne font pas„ propres à.faire le bonheur de l’homme dans cette vie;„ car comme ce qu’il y a de plus agréable dans l’érudition„ est de se souvenir de beaucoup de choses, & que d’ail-„ leurs c’est le talent qui s’affoiblit 8c qui se ruine avec 1c„ plus de vitesse, un Sçavant se voit tous les jours exposé„ à la mortification de sentir que ce qu’il avoit de plus„ doux l’abandonne. Heureux celui qui comme l’Illustre„ M. Ménage ne fait de beaux Vers pour se plaindre de„ la fuite de sa mémoire,que quand il l’a possédée long-„ temps (7) ”. Ce qu’on dit là, que la mémoire est le pre-mier mourant dans un homme doâle, a été observé par Mr.de Thou, memoria in longavis ex omnibus animi facultati-bus prima debilitatur c? vacillai (8). Seneque le pere avoitfait la même Remarque, 8c cela après avoir expérimentéeh fa personne ce mauvais effet de la vieillesse. Cum multajam mihi, dit-il (9), ex me defideranda seneélus fecerit,' ocu-lorum adem retuderit, aurìum settsum hebetaverit, nervorutnfirmitatem failgaverit , inter ea que retuli memoria est , resex omnibus partìbus animi , maxime delicata e? fragilis : &quam prìmam jeneélus incurrit. Le Passage que j’ai citedes Nouvelles de la République des Lettres nous aprend,que Mr. Ménagé avoit fait des Vers pour fe plaindre de lafuite de fa mémoire. On les trouve au premier Livre deses Poésies, à la page iz de l’Edition d’Àmsterdam 1687.Mon Lecteur, si je ne me trompe, en vérta ici quelques-uns avec plaisir: ils n’y feront pas superflus, puis qu ilscontiennent une description du beau talent que j’ai dit queMr. Ménagé avoit possédé. Voici donc le commencementde l’Hymne qu’il adressa à la Déesse de la Mémoire.

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