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Tome troisieme. K - P.
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379
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II y à bien des gens qui souhaiteraient qu’il eut

Mufarum veneranâa parens, quam Juppiter ipfe ,

Jlle pater Dìviim , magno dilexit amore ,

Mnemosyne, fidum tu mepatrona clìentemDeforis? Ah memini, juvenìs cìim mille Sophorum ,mM ille recenfercm Seâîarum nomma : milleStemmata narrarem, totasque ex or dine gentes.

Nunc oblita mihì tot nomma. Vix mihì nomenHarct mente meum. Memtnì, cum plurima Homeri.,Plurima Peligni récitarem tarmìna Vatis :

Omnia Vìrgiliì memorì cìtm meute tenerem.

Mime oblita túihi tot carmina. Non ego poffìm ,

Condita qua nuper mihì sunt , mtminiffe meorum.

Galliu quem ftupuìt , stupuìt me maxïmus illeBignonîdes, legum-capita ómnia commémorant ests,Fabellas lepidas u? acuté dìâla SophorumNarrabam juvenìs, juvenum mirante caterva,

Ingenii pars illa mei , placuiffe puellist <Puâpotut, periit: nunc illis fabula fio.

Pendebant olirn, memini, narrantis ab ore.

Fabellas easdem, versus eofdem repetentem( Has narrasse semel, semel hos recitajse putabam íId me hodie monuit fidusque vetusque sodalis )

Nunc me fastofe, medio in sermons reïmquunt

Vous voiez qu',entre autres choses il reconoit qu’ott l’âaverti qu’il repétoit les mêmes Contes, croiant les direpour la prémiere fois. II suplie ensuite la Déefle, ou dene le pas abandonner , ou de le quitter si absolument'qu’il ne se souvienne pas même d’avoir jamais fu quel-que chose.

Si taies tu , Diva , preces audire récusas

Diva, precor , memorem omnem nobis eripe mentem.

Orbilius fiam , cunttarum oblivio rerum :

Nec meminijfe queam, tot rerum non meminijfe (n).

Sa priere fut exaucée au sens le plus favorable : la mé-moire lui revint, 8c il en. remercia folemnellement 8c pu-bliquement la Divinité qui lui étòit si propice. Voici lecommencement de l’Action de grâces qu’il publia le 2.7de Novembre 1690 , âgé de soixante 8c dix sept ans troismois & sept jours.

M u s a n u m veneranâa parent ; quam Juppiter ipfe,

Ipfe pater Divúm, tenero dilexit amore ;

Audifti mea vota. Sent memoretn tnihi mententDiva redonaftì. Magnorum nomma mille ,

Et proceres omnes ab origine Sablolienses ,

Loges Romanas , SeSías memorare Sophorum ,

’Liílli mille locos, c? Homeri carmina centum,

Et centum pojfum versus recitare Matants■.

Ingenii pars illa mei , juvenìs placuiffe

&uâ potui , ecce redux. Tua sunt h&c munir a, Divá.

Ingenii per te nobis nnsvata juventa est.

Mettons auffi la conclusion de ce petit Poëme: l’Auteursuplie la Divinité qui lui a volt rendu le souvenir de tant de

publié quelques-uns de ses Pkidoícz (D).

choses, de lui ôter celui des injures qu’il recevoir. . ’

Musarum veneranda parent; quam Juppiter ipfe ,

Ipfe pater Dïvûm , tenero dilexit amore ;

O Diva, ô nofirtt mérita pars maxima fama,

Est aliud supplex qtiod ego tua numina pofco.

Si te non pigeât, st non iniebita pofco

( fftua mihi tot rerum, rerum mihi jucundarum ,

Quas oblitus eram, rurfttm meminijfe dsdijìi,

Da, Dea ; da nobis , atrocia tot nebulonum,

Immeritum qui me pergunt vexare libellis ,

Diíia oblìvisci, tnemori mihi condita rnenie.

Mais, nonobstant cette heurèuse ‘restitution, il y a preuveque Monsr. Ménagé ne parloit pas exactement de salaire.Considérez un peu ces paroles du Menagiand. „ J’ai dit,, il y a quelques années que j’avois perdu la moitié de ma

i, mémoire,pareeque je me souvenois fort bien de ce que„ j’avois prêté, 8c que je ne me souvenois point de ce„ que j’avois emprunté. Cela fut rapporté en Hollande,„ 8c ceux qui me connoiíToient me plaignirent, croyant

j, que je l’eusse perdue entierement: cependant je l’ai en-,, core assez bonne, 8c j’en ay donné des marques par les,, livres que j*ai mis au jour depuis ce temps-là ( iz ).Comment pouvoitil s’imàginer que 1 e raport d'un discoursde conversation eût persuadé en Hollande qu’il avoit per-du entièrement la mémoire? N’avoit-on point vû impri-mée son Hymne ad Mnemofynen, où il fit savoir à tout leinonde qu’il ne se souvenoit plus de rien ?

Pour conoître quelle fut la force, 8c l’étendue de fa mé-moire , il ne faut que considérer ce qu’il en dit, 8c ce queMr. s Abbé du Bois y ajoûte à la page 309,310,8c 311 dúMenagiana à la prémiere Edition de Hollande.

(D) Bien des gens souhaiteroient qu il eût publié quelques-ims de fes Plaidoiez..'] Sa prémiere profession fut celle d’A-vocat plaidant. Nous le savons de lui-même; car voici unPassage de fes Origines. En 1632 je fus repu Avocat a An-gers, qui est le lieu de ma naissance; eer fy plaiday ma pre-mière cause contre Mr. Ayrault , mon coufin germain , qui futdepuis Conseiller au Parlement de Bretagne, c T Commissairede la Chambre de Justice. Je vins à Paris en la raefme an-née , oà je fus àuffi repu Avoeàt .- & ou j’ay plaidé pendantplusieurs années. En 1634 le Parlement de Paris alla tenirles Grands-Jours à Poitiers : ou je plaiday aufft. Et c'est cequi a fait dire à Mr. Costar, que comme il y avoit des Ser-gents exploitants par tout le Royaume, j’étoìs un Avocat plai-dant par tout le Royaume : Et c est acaufe de cela mefme,que le Fere Jacob’, Carme, ma dit dans une de fes Listes desLivres Nouveaux, qu il nia fait ïhonneur de m’adresser, At-que erit in triplici par tìbi nemo foro (13). Les Mémoirespour servir à la Vie de Mr. Ménagé, imprimez à la têtede la Suite du Menagiana, nous aprenent qu’il plaida plu-sieurs Causes au Parlement de Paris , une entr’autres pourM. Sengebere son Maître de Droit ; qui vouloìt répudier fafemme pour càufe d'adultéré. Je fuis sûr que ce Plaidoié se-roit agréable à bien des gens, si on l’imprimoit.

i A , N -DR-ÏNO (Marsille dë) plus conu fous le nom de Maríîlle de Padoue

7 V ifri • ía r M ^ Ce ,’ a été , un o à plus doctes Jurisconsultes du XIV Siecle (a). 11 étudiadans 1 Université d Orléans (£) , & fut Conseiller de l’Empereur Louis de Bavière, & il écrivisune Apologie pour ce Prince l’an 13 Z 4 (A ), dans laquelle il soutint que le Pape doit êtresoumis à l’Empereur, non feulement à l’égard des choses temporelles j mais auffi à l’égard de laDiscipline extérieure de l’Eglise. II décrivit fortement l’orgueil, le luxe, &les autres déréglemensde la Cour de Rome, & prouva que de droit divin tous les Evêques sont égaux au Pape. Celuiqui tenoit alors le Siégé de Rome, étoit Jean XXII. II fut íl outré de cette Doctrine de Mar-sille de Padoue, qu’il lança contre lui un long Décret où il s’efforça de le réfuter j 6 c où il l’ex-

com-

(A) Û écrivitjine Apologie pour TEmpereur Loiiïs de TraElatus de Tranflatìone Imperii, ante CCC prèpe anno’sBavière l’an 1324.] Les Protestans font fort citée, & ils feripta. Ex Bibliopolio Comeliano MDXCIX; & il m’áeurent foin bientôt de 1 a publier; car dès fan 1522 ils en paru qu’elles ne dîférent qu’à s égard des Préambules; c'estfoent une Edition in folio à Bále, avec une Préface dont à dire que l’on ne réimprima pòint le corps du Livre, maisl’Auteur se qualifie Lìcent'ms ÈvangeUus facerdos (t). Mr. feulement le Titre; qu’ou ôta l’EpitreDédicatoireen Vers,Wharton (2) a marqué non seulement cette Edition, mais signée Francisais Cornants , 8c adressée à l’EIecteur Palatinaulsi celles de Francfort 1612,1623 ,in 8 ; 8c il n’a pas ou- Frideric IV ; qu’on changea un peu l’Avis au Lecteur; 8c“lié que cet Ouvrage fut inséré par Goldast au II Tome que l’on joignit Testimonìa Automrn ; 8c le Traité de Trans-de sa Monarchie: mais il ne parle pas de PEdition de Franc- látione Imperii qui ne contient que 2 6 pages- Ce Traité estfort, 1392, in %,apud Jo. Wechelutn, qui fut procurée par de la façon de notre Marsille de Padoue, qui a fait outreFrançois Goinarus. En voici le Titre: Defenfor Pach, sive cela un Ecrit de Jurifâìflionè impcriali in Caufis Matrimo~adverfns ufurpatam Rom. Pontifias Jurifdìâlionem, Nlarstlii nìalibùs.

Eatavinì pro invibliff'. & constantijf. Rom. lmptratore Ludo - Notez que la Parenthèse (3) > 011 Ion marque au Titrevìco iv Bavarico, à tribus Rom. Pontìfiàbus indigna perpeffb, du Defenfor Pacis, que Louis de Bavière avoit été perfé-Apologia; qua Politìca c?- Ecclestasticœ. poteftatis limites doc- cuté par trois Papes; n’a P 11 “rre dans le Manitícrit detiffìme explicantur : circa annum Domini 13Z4 conferipta, nunc P Auteur ; car, lors qu’il composa ce Livre, Louis de?i ero ad omnium Prìncipum > Magìfiratuum, <y Ecúefu. Catho- Bavière n’avoit eu encore des démêlez qu avec le Pape. « , ííc nominatim Chriftianijf. Galiiaram c* Navarre Rs- Jean XXII. Get Ouvrage axant été t'raduit en Françoisgis wc. Henrici IV {à tribus etïam Rom. P'ontifiúbus inique fins nom d’Auteur, le Pape Grégoire XI (4) s’en plaignitc fpugnati ) ejusque Regni C? Écclejìartm autoritatem ac liber- aux Députez, de la Faculté de Théologie,de Paris, qui dècla-tatem deínonsirandam utilistms:. Francisas Gomarus Bru- ra par un Acle authentique, qu aucun de fes membres n avoit& n sts recensait ,Càpitum Argumentis & Notis ad marginem il- eu part à cette lerfion, c" que Marfúe de Padoue , c? Jeanfl ravit. J’ai conféré cette Edition avec celle qui a pour de Jande qtion croioit, y avoir auffi travaillé, t’éìohnt pointà ltr e il larfdït de Menandrìno, Vatav 'mi vulgo diéli, D E r 11 k - du Corps de la Faculté (ç), ,

°f Pacis, sive Apclogia pro Litdovko IV ìmp. Ravaro.

* o m. III * ’ r Bbbz

( 12 ) Mena-giâua,z r & 31 uelu I Eàittondt HviUnue *

(13) Ména-gé, Origi-nes de laLangueFrançoise,M MotRachat ;

pag. SlIEdition de1694. Voitr.h/ Mémoi-res de Mi-roites ,

ftlg, gs.

U) MarsilîusPatavinus,

>n Defenfore.Pacis , PansII, Cap.XVIII',pog. m. 2ïá.

(3) Elle ost

dans l y £d t \ ,lipn même <isBaie 1522.

(4) ìl siégea

depuis VarsitiJojufcjH’in

rZ 7 ».

(5) D„u ríiljBibljoth.T«m, XTyptlZ- 127

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