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Tome troisieme. K - P.
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383
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M E T E L L U 8.

I e ) Cicero,ï 10 Cœlio

518

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tres-malheureux à sè choisir une femme ; car il épousa une soeur de Clodius (A ], laquelle le dés-honora par ses impudieitez, & puis l’empoisonna. Elle étoit fa cousine germaine ( c ). C’eítelle qui fous le nom de Lesbia a été tant diffamée par Catulle {d). Cicéron perdit un très-bonAmi par la mort de ce Metellus l’an 694 (B). Je remarquerai une méprise de Turnebe (C).Notre Metellus étoit du Cóìlege des Augures (e).

{A) il épousa une sœur de Clodius.’] C’est la Clodiaque Cicerón a fi bien décrite dans son Plaidóié pour Cœ-lius, jeune Provincial, & beau garçon, qui se voioit ac-cusé de pluíieurs crimes, & entre autres d’avoir voulu don-ner du poison à O o dia, afin de n’être pas obligé à rendreles sommes d’argent qu’il lui avoit empruntées. Cicéronfut son Avocat, 8c plaida pour lui avec tant de force qu’ìlle fit absoudre. Clodia n’avoit entrepris cette afaire quepour se venger d’un affront sensible : c’est que Cœlius, aprèss’être diverti avec elle tant 8c si long-tems qu’il avoit vou-lu , s’en étoit enfin dégoûté, 8c l’avoit quittée pour porterailleurs ses offrandes. Plutarque (1) raconte qu’on la sur-nomment Quadrantaria , à cause qu’un jour l’un de ceuxqui avoient couché avec elle ne la para qu’en fort mau-vaise monnoie. 11 mit dans fa bourse, non pas des piecesd’argent, mais de petites pieces de cuivre (2), telles queles doubles de France à-peu-près. Apulée (z) nous aprendqu’elle est la maîtresse que Catulle a tant chantée fous lenom de Lesbia : elle méritoit donc pour plusieurs raisonsle titre dont parle Plutarque; car la Lesbia de Catulle futenfin une coureuse de carrefour, & qui attendoit sa proieau coin des rues. Elle étoit au premier occupant, & pre-noit fans doute ce qu’on lui vouloit donner. C’étoit duvin à un fou le pot ; elle faisoit de sa marchandise pourun liard, Scortum diobolare, aut triobolare. Ne méritoit-elle donc pas le surnom quadrantaria? Voiez en marge lesVers de Catulle, adressez aparemmenï au client de Cicé-ron (4). Elle avoit acheté un jardin au bord du Tibre,afin de se procurer la commodité de voir les nageurs, 8cde mieux choisir la bête qu’elle vouloit faire donner dansses toiles. Habes hortos ad Tiberim : ac diligenter eo locoparasti quo omrìis javentus natandi causa venit, bine licetconditiones quotidie legas ($). De toutes les-sœurs de Clo-dius celle-ci étoit la plus soupçonnée d’inceste avec lui (6).Etant encore fort jeune, il faisoit le peureux, afin qu’onle laissât dormir avec cette sœur. Propter nescio quam,credo,timiditatem , CT" noílurnos quosdam inanes metus , tecum fem-per pufio cum majore sorore cubitavit ( 7 )• II y a une Epi-gramme dans Catulle (8), qui fait foi qu’il avoit aiméClodia, 8c que même il s’étoit brouillé avec elle avant lamort de son mari.

Losbia mi, prafente viro, malaplurima dicìl ,Htc illi fatuo maxima Utitia est.

Mule (9), nihil sentis. Si nostn oblita taceret,Sana ejfet , quod nunc gannìt or obloquiturNon solum meminit , sed qua multo acrior est resIrata est : hoc est uritur z? loquitur.

(B) Cicéron perdit un trìs-bon Ami par la mort de ce M,tellus ian 694.] Je raporterai ses paroles, afin que d’ucôté l’on puisse conoître le mérite de ce Metellus, 8c soamitié pour Cicéron; 8c que l’on voie de l’autre la diffirence qu il y a souvent entre un homme 8c un mari. Mitellus a Végard de Cicéron est un illustre Romain: c’eparce que Cicéron ne le considéré qssientant qu'hommCe meme Metellus a l’égard de Catulle est un sot, un faiun mulet (10) : c’est parce que Catulle ne le considéré qtcomme mari. Catulle étoit convaincu que la femme cMetellus ne valoitrien; il conoissoit assez tous les essede l’amour, pour être persuadé que puis qu’elle disoit taide mal de lui Catulle, c’étoit un signe qu’elle sentoit eicore les brûlures de fa passion. Quelle estime pouvois

donc avoir pour Metellus qui donnoit dans un si méchantpanneau, 8c qui se laissoit empannacher, 8c puis duper paría femme? Voions les paroles de Cicéron (n): Pro Únimmortales cur interdum in bominum sceleribus maximis autconnivetìs ; aut prafisntis fratidis poenas in diem reservatis ?Vidi enim, vidi, e? illum haufe dolorem vel acerbìjjìmum invitâ, qukm A. Metellus abst'raheretur é jìnu, gremioque pa-tria : quumqm ìlle vir, qui se naturn huic imperio putavit ,tertio die poftquam in Curia , in rostris , in Repuhïica floruis-set , ìntegerrima atàte , optimo babitu, maximis viribus cri-peretur ìndigmjfime bonis omnibus , atque Universa civitatt.Quo quidem tempore ille moriéns , quum jam cateris ex par-tibus opprejsa mens effet extremtim sensum ail memoriam Rei-publica reservabat : quum me intuens flentem fignificábat tn-terruptis , atque morientibus -vocibus : quanta impenderet pro-cellaurbi, quanta t empestas civitati: quum parietem sape fe-riens eum , qui cum Ss Catulo fuerat et communis , crebróCatulum, sape me, s&pifftme Rempublivam nominabat: ut nonse tam emori, quam spoltart suo pr&fidio quum patridm , tumetiam me doleret. g uem quidem virum fi nulla vis repen-tini sceleris sustuliffet , quonam mt{do Me furenti frat’ri suopatrueli Consulari reftitiffet , qui consulem incipientem furereatque conantem, sua se manu interfeclurum , audience Senatudixerit? Ex bac igitur domo progreffa ista multer de veneniceleritate dicere audebit ì nonne ipfam domum metuet , ne quamvocem eliciat? non parietes confiios, non noélem illamfunes-tam ac luPluosam perhorrescet s Cicéron a remarqué en unautre lieu que Clodia vivoit mal avec son mari (ra).

(C) Je remarquerai une méprise de Turnebe.] 11 a cruque Catulle a parlé de notre Metellus Celer dans l’Epi-gramme LXVIII. Ita Cacilio placeam, cui crédita nuncsum. Le Poëte fait parler ainsi la porte d’une femme dé-bauchée : mais cette femme n’est point Lesbia ou Clodia;car la femme dont il est question dans cette Epigrammeavoit épousé un homme impuissant, dont le pere fut siofficieux qu’il consomma le mariage que son fils avoit con-tracté. On ne fait pas bien s’il le fit parce qu’il aimoitfa belle-fille, on parce qu’il étoit persuadé que son fils n’au-roit pas assez de forces. Consultez ces Vers de Catulle:

Primum igitur virgo quod sertur tradita nobìs.

Falfitm est: nonque Mam vir prior attigeratìLanguidior tenera cui pendent ficula beta ,

Nunquamfe mediam sustulit ad tunicamSed pater ïpfius naît violasse cubile

Dicitur, L? miseram consceleraffe domum :

S'tve quod impia mens uco fiagrabat amore,

Seu quod iners fterili semine natus erat:

Et quarendum aliunde foret nervofìus illud £

Quod poffet z.onam solvere virgineam.

Egregium narras mira pietate parentem,

Qui ipse fui gnati minxerit in gremìum (13).'

Scaliger réfute Turnebe par deux raisons: la 1 est que lascène de cette Aventure est à Verone, 8c non pas à Ro-me: la 2 est que personne n’a jamais dit que Clodia aitCommis inceste avec son pere. Cicéron n’eût pas oubliéde lui en faire reproche, si elle eût été en mauvaise répu-tation de ce côté-là (14). Ces deux raisons de Scaligerfont fort bonnes ; mais ií n’a pas bien pris garde que ce fûtavec le pere de fort mari 8c non pas avec fort propre pereque la fille dont parle Catulle se défit de son pucelage. ’

METELLUS (Lucius) T ribun du Peuple, lors que César se rendit maître de Rome,au commencement des Guerres civiles, eut plus de courage que tous les autres Magistrats. Laville de Rome parut si soumise aux Volontez de César dès les premiers jours (A), qu’on eût ditqu’elle étoit accoutumée depuis lóng-tems au joug de la servitude. Le seul Metellus eut lahardiesse de s’opposer à César, qui se vouloit saisir du thrésor que l’on gardoit dans le Temple déSaturne. César se moqua de Imposition, & des Loix qui lui furent alléguées ( B), & s’en alla

tout

(A] Za ville de Rome parut fi soumise aux volontex. deCe sar des les premiers jours.] II ne s’en faut pas étonner;°n le regardoit comme un homme qui à main armée s’é-to it emparé de Rome. On avoit appréhendé qu’il ne mîttout au pillage.

Namque ignibus atrisCreditur, ut capta rapturus moenia RomaSparsurufque í>eos : fuit bac mensura timoris .belle p ut an t quodeunque pot est (1).

he bonheur de Rome vouloit qu’il mît des bornes à faPuissance, lors que le Sénat 8c le Peuple n’en eussent pointls a ssur soumission. Ce ne sera pas la derniere fois,4même dans des conjonctures où la mollesse est infini-de e i nt | ,lls inexcusable qu’alors, on aura moins de honteP re ndre, que d’autres n’en auront de prertdre, 8c1 a devra son salut à la discrétion d’auîrtii,

Omnia Casar erat, privata Curia vocisTestis adefl. Sedere pâtres censere parattSi regnum , fi templa fibi, jugulumque SénatusExiliumque petat. Melius quod plura jubereErubuit , quam Roma pati (z).

(B) César se moqua des Loix qM lui furent allé-

guées.] Appien (3) nous conte qu après les funestes guer-res que les Romains eurent avec les Gaumis, on mit enréserve à Rome certaines sommes d argent, ausquelles ilétoit défendu de toucher, fous la peine d une exécrationpublique, si ce n’est en cas de guerre contre fes Gaulois.On allégua à César que leurs ancêtres avoient donné lamalédiction de la patrie à quiconque toucheroit à ceí ar-gent , hors le cas de cette nécessité. II se moqua dé cettemalédiction, 8c dit qu’aiant subjugué les Gaules, il avoitdelivre Rome de 1 engagement ou elle pouvoit s’être mise

lors

(d) Voiez. U>

Ttim. f 4) ,

Citation (Z).

(e) Cicer. inVatinium,

306 Edìt*.Abramu

(iT) Cicero,pro Cœlio;

(12) F,rt efîfeiitiofa :

ea cum virahélium ge~rît , nesuesolum cum. .Mctcilo , sedetia?n cumFabio. Idem;Epift. 1 adÁttic. Libr.i , 175-

(13) Catul.Epigram.LXVIII.

(14) oAhe-nkm a ver uprorsus ftribh*Ádr.Turnebus ,Gallorum

doóïijfimui ;hune ejseC&cilinm ,cui Clodian»pjím.

Hot enim mr»IRpma , sedVeronA ma-nifesto aftumscribit Catul-lut, Deindenihil Cale deCiodia nar-

ratur , utconsuetudi-nem stuprinefandamcum patte suahabuerît, Hoeenim non ta-cuijset capi *talìs hojlìsejus fratrisClodu Cicero .

Scalig. Not*in Catul.

EpïgL

LXVIII

fi) Lucan,PharC ub r%*11, Vers108.

(3) Libr. IZBell. Civil,frfi. w.241,