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Tome troisieme. K - P.
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M E T H Y D R E. METRODORE. 385

înóntroit sur le sommet de cette montagne ía caverne de Cybcle, où il n’étoít permis á personnede mettre le pied hormis les femmes consacrées à cette Déesse (b). Methydre n’étoit qu’un vil-lage au tems de Pausanias, & apartenoit aux Megalopolitains (c). Cet Article déplaira à bien des. I^IT/íV»gens, parce qu’il témoigne qu’il y avoit dans le Paganisme certains lieux de dévotion dont la pré-tendue sainteté n’étoit fondée que sur des Contes ridicules. II y a bien des conformités que l’on ^ Iimtn’aime point. Pausanias est un Auteur incommode. II eût mérité la revue des Commissaires tud.Librorum expurgandorum.

piter y fut élevé : qu’on y voioit une fontaine qui faiíbitpleuvoir quand une trop grande sécheresse obligeoit à re-courir à ce remede avec les cérémonies requises: qu’on yvoioit auffi un lieu consacré à Jupiter, dont l’entrée étoitinterdite à toutes sortes de personnes ; & que si quelcun aumépris de la Religion avoit la hardiesse d’y entrer, il meu-

roit infailliblement l’année même; & que les bêtes aussibien que les hommes qui entroient en ce lieu-là, ne (6)faisoient plus d’ombre (7) : mais cela ne fait point de pré-judice aux merveilles de Tautre montagne.

(6) Ou 7T apê%C0Ôxi exiàv. Nullas è corporibus fuis ambras reddere. îau»lanias, Lìb. Vlll,pag. 269. (7) Tiré de Pausanias, Libro Vlll.p . 26 $,269.

MÉTRO D O RE de Chios, Disciple de Democrite, eut entre autres Disciples le Phi-ìosophe Anaxarque & Hippocrate le Médecin (a). D’autres assurent qu’il fut Disciple de Nef- Evangéi.

T ° S - ‘ sas, qui l’avoit été de Democrite, & qu’il fut Maître de Diogene qui le fut d’Anaxarque (b). II x iv,

enseignoit l’éternité de l’Univers} car si l’Univers, disoit-il, avoit commencé, il auroit été pro- tZ-7s^duit de rien. II le faisoit infini par une raison tirée de son éternité, & immobile par une raison ( c ) Tirí dstirée de son infinité. II disoit que les nues, & ensuite la pluie, se formoient de l’air condensé,&que la pluie qui tomboit sur le soleil l’éteignoit, mais que la rarefaótion qui succédoit à cette ex- tîs, ZS*tinétion le ralumoit -, qu’à la longue cet astre s’épailfissoit par la sécheresse, & que l’eau brillantelui servoit de matière pour produire des étoiles. Voilà comment il donnoit raison de la suite al- UbrA™cap;ternative des jours & des nuits, Sc en général des éclipses (c). On le compte parmi ceux qui VIII j f 4 £«ont nié la certitude, Sc l’on cite pour cela un Passage de Cicéron (A). On n’a point de 24 *preuve certaine que Pline ait cité notre Metrodore ; car il ne donne jamais le surnom Chius à nZZtibr.celui qu’il cite. Athenée le lui donne avec un Ouvrage intitulé c’est-à-dire des affaires 1V > >Ca f-

de Troie {d).

{A) On le compte parmi ceux qui ont nié la certitude ,& l’on cite pour cela un Passage de Ciceron.\ MonsieurMénagé commentant ces paroles de Diogene Laërce:Oç ( MtiTpóbapoç) é/.zys pisSì áurò toSto eliïévxi Un cvSsv óîSe./. _ Hic (Metrodorus) Je ne id quidem scire dkebat quod nihillaëtt* 0 ?* furet (1), raportececi: Chius Metrodorus initie libri qui efi

A,la xàrcíi natura : nego, inquit, scire nos , sciamufne aliquid , an

ix nihil sciamus , ne id ipsum quidem nescire aut scire , scire

’ nos, me omnino fit ne aliquid, an nihilJit. Sa Citation est

. le 4 Livre (2) des Questions Académiques de Cicéron : j'ai

njf'fl.dtnt ' lu & relu cet endroit-là , & il m’a toujours semblé quel ‘ii E r' ion c'est Democrite, & non Metrodore, que l’on fait parleràsi. Au fond, il est vrai que Metrodore étoit Sceptique:, ' Sextus Empiricus (3) le. range parmi ceux qui n’ont point

^Sextus admis le critérium, ou la réglé de la vérité. Je ne com-a dveJ[ ICUs prens point, que ni Democrite, ni Metrodore, ni aucunautre, aient jamais pu extravaguer jusques au point deíou-*’• b® > ijj*" j ell i r qu’ils ne savoient pas s’il y avoit quelque chose ; car

' ils ne pouvoient point douter qu’ils ce doutassent, ni s’i-maginer que ce qui doute n’est rien , ou n’existe pas. IIfaut donc dire qu’ils prétendoient excepter leur propreexistence.

Noter, qu’Aristocles peut confirmer le sens que Mr. Mé-nagé donne aux paroles de Cicéron; car, après avoir ob-servé que Metrodore de Chios admettoit comme Demo-crite son Maître le plein & le vuide pour les deux princi-pes, Tun en-qualité d’être, l’autre en qualité de néant (4),il ajoute que son Livre de la Nature commençoit ainsi :OìiSeìç y.iiiïv ohoh cT&i'iCÙí’ dvrò rouro irórepov òíSaiisv, ïj oby. o’iSx/iev,Nemo noflrum quidquam • novìt, ne h oc ipsum quidem ut rumaliquid noverimus neene. Oh ne peut pas prétendre queMetrodore se contredisoit affûrant cela d’un côté, & sou-tenant de Tautre qu’il ne faut ajoûter foi qu’aux sensations& aux imaginations (5). Ces deux doctrines s’aceordentfort bien ensemble. II disoit que toutes choses font dansi : flux perpétuel, & que c’est pourquoi Homere les faitnaître de l’Ocean. Protagoras inféra de ce principe (6),que l’homme est la mesure de toutes choses, & que cha-cune est justement ce qu’elle paroît > & qu’on ne peut por-ter aucun jugement des autres. C’est un parfait Pyrrho-nisme-.vous y trouvez d’un côté que les sens font Tuniqueregle.de nos opinions, & de Tautre qu’il n’y a rien de cer-tain, & que la nature des choses n’a rien de stable, rienqui ne subisse une infinité de variations.

(4) Aristo*clés, apuiEusebiuinPr.-epar.Evang.Libr. XIV,Cap. XIX,pag. 7S5.

(s) Idemapad eum-dsm, ibid .Cap. XX,petg. 7 66.

(fi) IbidiMi

METRODORE, bon Peintre & bon Philosophe, fut choisi par les Athéniens pourêtre envoié à Paul Emile, qui après avoir pris Persée Roi de Macedoine leur avoit demande deuxhommes, l’un afin de lui donner à instruire ses enfans, l’autre afin de lui faire peindre son triomphe.II témoigna souhaiter que le Précepteur sût un excellent Philosophe. Les Athéniens lui envoierentMetrodore, qui excelloìt tout ensemble 6c dans la Philosophie 6c dans la Peinture. I au £ Emilefut très-content de leur choix. C’est Pline qui conte celà (A). Nous verrons dans les Remar-ques s’il est vrai que Cicéron parle de ce Metrodore, comme le Pere Haidoum le pietend (B).

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{A) Les Athéniens V envoierent ... à Paul Emile, qui futtrès-content de leur choix. C’efi Pline qui conte cela.'] On ferabien aise de voir ses paroles : Vbi ( Athenis) eodem temporeerat Metrodorus Piílor , idemque Philosophus, magna in utraquefeientia aubloritatis. Itaque cum L. Paulus devido Perseo pe-tiffet ab Atheniensibus ut fibi quam probatijjìmum Philofiphumrnitterent ad erudiendos libéras, itemque Piclorem ad trium-phum excolendum, Athenienses Metrodorum elegerunt profejfìeundem in utroque defiderio prsfiantijfimum : quod ita Paulusquoque judhavit (1). Voisins se trompe quand il affûre quec e Metrodore étoit Médecin (2).

(£) uous verrons . . . s’il efi vrai que Cicéron parle deCe Metrodore, comme le Pere Hardotiìn le prétend.] LePere Hardouïn s’est imaginé que ce Passage de Pline con-terne un homme qui fut Auditeur de Garneade, & quiécrivit un Livre de Architectomce , & un autre de Po’étis (3).Voilà trois choses que Ton affirme de lui: onse fonde pour* a prémiere, sur T autorité de Cicéron au I Livre de Ora-pour la seconde, sur l’autorité de Pline dans l'Indexdu XXXV Livre; & pour la troisième, fur le témoi-ênage ste Plutarque au Livre contre les Epicuriens. Exa-minons cela en rétrogradant. II est visible que le Metro-dore cité par Plutarque (4) comme aiant écrit des Poètes,ost celui qui fut Ami d’Epicure. II ne vivoit donc pas aue ®s de Persée; car Epicure, qui lui survêquit sept ans (7),mourut la % année de la 127 Olympiade (6) : mais PerséeA j P r * S P ar los Romains qu’environ la fin de la 132.

Index du XXXV Livre de Pline ne contient rien quious engage à donner au Metrodore de Persée les Ecritsx 0 M. m.

Je

d’Architecture : 8c, pour ce qui est du Passage de Cicéron,il ne paroît guere convenir à ce Metrodore t raportons-le.

Audivì summos hommes quum qmflor ex Macedonia venis-sem Athenas jlorcntc Academ'm , ut temporibus illis fereba-tur, quod eam Carneades, & Chtomnechus , e? LEschines ob-tinebant. Erat etïam Metrodorus qui cum illis una ipsumìllum Carneadem diligentius audierat (7). C’est l’Orateur (7) Cícero,Crassus qui parle; le tems qu’il désigne est selon toutes les *, 0tat -aparences Tan 650 de Rome. Comment donc s’ímaginer - Ca h

que le Metrodore de Persée fût encore en vie; car on 1 a-voit envoié à Paul Emile environ Tan ;8; > c0 , mm ‘r ' undes plus excellens Philosophes qu’on pût choisir dans Athè-nes? II est plus facile de réfuter Volaterran.qm a n .°nseulement que le Metrodore, qui fut envoie a Paul Emile,est le Disciple de Carneade dont Cicéron vient de parler, ^mais aussi que fa mémoire artificielle a ete loues par Ci- terr. Lìbr.ceron (8). Le. Metrodore qui a ère loue par cet endroit- pag^

là étoit de Scepsis, & diféroit du Diiaple de .Carneade.

En voici la preuve démonstrative. Ciassus entendit celui-

ci dans Athènes (9), & Tautre dans 1 Asie. Paulum, sinens

dit-il (ïó) iflarum artium do qmbus loquor, gustavt quaftor

in Afia , quum ejfem aqualm fore meum ex Academia rheto - ( Io) ciccro,

rem nablus Metrodorum Mum de cujus memona commemo- de Oiat.

ravit Antonius. H eft dair qu’il parle de Metrodore de à

Scepsis- car Antoine l’Orateur avoit dit: Vtdt ego summos Ca ?' XX '

hommes cr divina prope memona, Athems Carneadem, in (n)cicœ> .

Afia auem vive™ hodie ajunt Scepjtum. Metrodorum, quorum de Char.uterque tanquam literis in cera , sic se ajebat imaginibus in Libr.u, Cap.jif luis quos haberet, qv& mminiffe vellet, perscribere (n).

C c c . ' Crassus