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Tome troisieme. K - P.
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M I C R iE L I U S.

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MlCRzELIUS (Jean) Professeur en Théologie à Stetin, naquit à Cuflin en Pome-ranie le 3 de Septembre ifP7- II commença ses études dans le College de fa patrie, & dés Pan1614 H les continua à Stetin fous Daniel Cramer qui y enfeignoit la Théologie (a), & sousJoachim Prtetorius, Scc. II y soutint une Dispute de Deo uno & trìno Pan 1616, qui le fit fort }svicT«»>-estimer. II allal’année suivante a l’Académie de Konisberg, & y soutint une Dispute de Veritate />»/>'<■ p«r na-tranfcendenialì. II reçut en 162,1 dans P Académie de Gryphswald le grade de Maître en Philo- ^ifc.sophie, après avoir soutenu une These de Meteoris : quelque tems après, il alla à Leipfic, pour y <1™** -r-achever ses études, & il fut établi Professeur en Eloquence au College Roial de Stetin Pan 1624Sc Reéteur de PEcôle du Sénat Pan 1627, Sc Recteur du College Roial Sc Professeur en Théo-logie Pan 1649, aiant reçu le Doctorat en Théologie dans P Académie de Gryphswald, la même m devantsannée 1649 (A). II avoir obtenu par ses sollicitations dès Pan 1642, qu’il y auroit des Proses-scurs en Jurisprudence, en Médecine, Sc en Mathématique, dans le College Roial> Sc que Pon ráiià.y entretiendroit un certain nombre d’Ecôliers aux frais du Public. II fit un voiage en Suede Pan P"

1673, Sc il eut l’honneur de faire la révérence à la Reine Christine, qui lui donna des marques 17 wi«e,très-obligeantes de fa libéralité. II mourut le 3 Décembre 1678. II avoit été marié trois ^ e m°og.fois (b) (A). Je marquerai le Titre de ses principaux Ouvrages (C), Sc je ferai quelques Notes (D) fas . u%z

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(A) II se fit recevoir Dofteur en Théologie . l'an

1649.] On voulut qu’il demandât ce grade , parce quedans une célèbre Dispute qu’il avoit eue avec Jean Ber-gius (1), celui-ci s’étoit vanté fièrement d’être un ancienDocteur en Théologie, à quoi Micrselius n’avoit pu ré-pondre si ce n’est qu’il avoit reçu le grade de Maître enPhilosophie avant Bergius. La Reine Christine fit tous lesfrais de la promotion de Micrselius au Doctorat en Théo-

fi) £*Dan. logie (r,). La Dispute dont je yarle concernoit les difé-rens qui règnent entre les Luthériens 6c les Calvinistes.

(B) il fut marié trois fois.'] 11 épousa sa prémiere fem-me l’an 162,7. Elle étoit fille de Joachim Prsetorius, Ar-chidiacre & Professeur à Stetin. II la perdit au bout d’unan avec Pensant qu’il en avoit eu. II se remaria en 1630avec une fille de David Reutz Surintendant de la PomeranieOrientale , & il en eut neuf enfans dont il ne restoit quedeux (3) en vie quand il mourut. II prit une troisièmefemme l’an 1642 , de laquelle il eut six enfans qui lui sur-vécurent. Elle étoit fille de Michel Hecken Surintendantde Primiílaw (4). Toutes ces marques de la féconde bé-nédiction que Dieu répandit fur lui aiant été détailléesdans son Programme funebre, je n’ai pas cru qu’il fut àpropos de les passer fous silence.

{C) Je marquerai le Titre de ses principaux Ouvrages. JSon Ethnophronìus contra Gent'tles de prìncipiis ReligionisChristian^, fut imprimé à Stetin en 1647 , 1631, & 1674,in 4. II en donna une Continuation l’an 1652 ìn 4,, con-tra Judaicas depravationes. Son Lexicon Philofophicutn futimprimé dans la même ville en 1633, 8c en 1661, in 4.Heterodoxia Calviniana de Pr&destinatìone,\ Stetin 1631 r» 4,& 166; in 12. Syntagma Hiftoriarum Ecclefie, à la mêmeville en 1630, 1644, 1660, in 8. Elle a été depuis im-primée in 4, avec la Continuation de Mr. Hartnac. Je mefers de la cinquième Edition qui est de Leipfic 1699, endeux volumes. Monftroft opinionis Ifaacït Peyrerii scriptorisCalli de Pra-Adamitis abomìnanda fœditas , à Stetin 1656ìn 4. Syntagma Hiftoriarum Politicarum, à Stetin, l’an 1627& 1633 in 8, & l’an 1634 in 4. J’en parlerai dans la Re-marque qui fuit. Ceux qui voudront voir le Titre des au-tres Ouvrages de Micrselius, tant Latins qu’Allemans,n auront qu’à lire le Sieur Witte (3).

(2>) Je ferai quelques Notes fur les Additions de son His-toire Politique.] La derniere Edition est de Leiplìc 1702,en deux Volumes in 4. En voici le Titre tout entier!Johannis Mìcralii Pomerani Historia Politica, qua imperio-rum , Regnorum, Eleóìoratuum, Ducatuttm , Rerumque pu-hlicarum omnium origines , incrementa , fata , bello pacequegesta ad annum à Christo nato 1648 deferibuntur , cum Con-tinuatione Danielis Hartnaccit Pomerani, qui'ad exitum us-que superioris feculi eandem eadem methodo juxta annorumJeriem pertexuit , e? totum Opus Autoribus in margine , mdeisthac defumta, addubiis , Tabulis Chronologicis & Généalo-gies Indicibusque plane novis e? locupletijftmìs exornavtt. Jefuis sûr que Mr. Hartnac ne trouvera point mauvais que3 indique certaines choses qui me semblent défectueusesdans ses Additions, & qu’ainsi je fasse en forte autant qu’iltte fera possible que ceux qui feront réimprimer les Histoi-res Générales nous donnent de bons Appendix. C’est leurcoutume d’y faire joindre ce qui s’est passé depuis l’Edi-tion précédente jusques à la leur (6) : or quand on trouveUne Continuation toute faite, celle par exemple de Monsr.Hartnac, on la copie plus volontiers, que l’on ne se don-ne la peine d’en dresser une autre; mais au moins s’effor-ce-t-on de rectifier ce que l’on copie, si l’on a quelquesAvertissemens fur les défauts.

Je dis donc en I lieu, que Monsr. Hartnac ne distingue

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c’est celle de Comte qu’il eût falu (s) uuitm,

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“1a C fis m ‘ n ~' !? z > II-nous parle d’un Coudé, Condrns, qui prit

bernshac en Allemagne l’an 1691, & la forteresse d’Her-berstein (7). On ne conoit point de Général'qui eut nomCondé cette année-là dans les armées de France. 11 dit,fine le Prince Eugene François est fils d’un frere du Duc5 ® Savoie (8): il se trompe, ce Duc n’a point de frere,la parenté de ces deux Princes ne vient que de ce qu’ils^elcendent de Charles Emanuel Duc de Savoie bisaieul durince Eugene. II donne au Maréchal de Lorge la qua-

lité de Marquis (9)lui donner.

En 11 lieu, je remarque qu’il ne caractérise pas assez les ^ I34 ‘événemens: il en oublie quelquefois les circonstances lesplus essentielles, ou du moins celles dont les Lecteurs doi-vent être instruits pour bien juger de l’état des choses. Jen’en donnerai qu’un exemple ; il attribue au Prince Eu-gene d’avoir fait lever le Siégé de Suze au Marquis de Ca-tinat au mois de Juillet*i693 ; d’avoir bombardé Pignerol aumois de Septembre, & fait sauter par des mines le Fort déSainte Brigitte; d’avoir donné une bataille le mois d’Oc-tobre dans laquelle chaque parti perdit bien des gens fansque la victoire se déclarât; & enfin d’avoir chassé l’ennemiau delà des Alpes. Marchionem de Catinat Eugenìus JDuxab ùrbis Susa obfidione Julio mense fortiter repiilit : SeptembriPignarolum injeílis ignibus globisque majoribus vastavit, for-talitium Brigitu abíis cuniculis evertit; Odlobri denique am-biguë marte er plurimis utrinque ufis pugnavit, hofiem de-nique difficillimo montes nivefque gradu finibus excedere coe-git (10). Ce font les paroles de Mr. Hartnac: elles font (10) Hart;censurables par bien des endroits; car, r, le Prince Euge- naccius >ne ne commandent point toutes les troupes, il ne com- r ° m \ 6 [’ . S9mandoit que celles de l’Empereur,le Duc de Savoie com- 'mandoit en chef & en personne toute l’armée: c’étoit doncà lui qu il faloit attribuer tous les exploits, puis qu’,onn entroit pas dans le détail, & qu’on marquoit simplementles succès les plus notables dé la Campagne. 2. II n’est pasvrai qu’on ait jamais fait lever le siégé de Suze à Mr. deCatinat. II prit cette ville au mois de Novembre 1690,

6c il la garda jusques à ce qu’elle fut rendue par la Paix en1696. On pourroit croire que par méprise Mr. Hartnac adit Suze au lieu de Conì. J’y consens; mais, 3, j c remar-que que le siégé de Coni fut levé en 1691, 6c non pas en1693. Je remarque 4, que Mr. de Catinat n’y étoit pointen personne: 5, que le Prince Eugene ne força point les (n) tvv.lignes des assiégeans; il ne les attaqua pas même. Mr. deDulonde qui commandent les assiégeans se retira d’ouïe, 8csans aucune nécessité à ce que crurent les François : aussifut-il arrêté, 6c disgracié (11). Ainsi les phrases de l’His- nsu] ïjôz,

torien , ab obfidione . fortiter repulit Marchionem de f a X- ,0 » ér

Catinat ,{ont trompeuses, puis qu’elles portent à croire que ï mv ~

Mr. de Catinat en personne leva le siégé après avoir été .. Vo{e ^bien batu. Un Historien exact choisit toujours ses paroles i a y ie c j uavec tant de foin , qu’il ne donne pas à deviner à ses Lee- Prince Tu-teurs si les assiégeans se retirèrent d’eux-mêmes, ou s’ils gene, p*g.attendirent qu’on les attaquât. 6. II ne faloit point simri- 180 ér/»L.mer la circonstance que le fort de Sainte Brigitte ftst as-siégé dans les formes, 6e que les François s’y défendirent L »»w'vie’plusieurs jours, 8c se retirerent ensuite dans Pignerol. 7. II pa S . 300. , 'ne faloit point se borner au bombardement de Pignerol,ni dire que les bombes désolèrent cette place, vastavit. Labonne foi exigeoit qu’on insinuât que les Alliez l’assié-gérent, 8c qu’ils ne purent la prendre, 6c que leur bom-bardement n’y fit pas grand mal (12). 8. La bonne foine sauroit permettre que la bataille de la Marsaglia soit f b fcf‘ m p n-Gomptée parmi celles dont le succès est ambigu. Les Ecti-vains Anti-François reconoissent bon gré mal gré qu’ils en h or , (maient que le Maréchal de Catinat gagna celle-là (13). Mr. M.-.rfigiLmHartnac fait le même aveu dans d’autres endroits de son gravi dadeLivre, 6c cela en réconciliant la levée du siegÇ de Pigne- fient,

roi (14). 9. II est faux que Mr. de Catinat ait été forcépar les Alliez à retourner au delà des Alpes : c est donc Híst. folie,une expression fort impropre que finibus excedere coegit. Us Tom. 11,ne purent l’empêcher de séjourner dans le Piémont, 8c Í 5 .’A 4 ’ _d’y consumer les fourages autant de tems qu st jugea à ‘

propos, 6c il n’en sortit que par les ormes du Roi son

Maître (13). , ., fis) p»,v, 5

II est aisé dc voir âpres tout cela) sttie j aiuois pu dire, ^ Vie dunon seulement qne Monsr- Hartnac omet qneiques circons- ^” oce Cu-tanées essentielles, mais aussi quil en substitue de fausses HT’Tsqui changent l’efpece du fait II a commis cette faute 5 ' '° fi ’bien sensiblement lors quil a parle de la prise de Valen- (lS) ValíX .ciennes; car non content de n avoir point dit q ue cette ihLam

la Vie duPrince Eu-gene , im-primée à la

(14) Sabatidianno 1692(il fuioitdire 1693)à Pì&naroli

place IUI —-r;- , - -û-» uauii

que les François s en rendirent maîtres par trahison (16).Si je voulois marquer toutes les méprises semblables à celleC C C 3 qui

fut emportée d assaut le 8 jour du siégé, il a dit proiuiooe

ceserunt.

Ibidem.