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Tome troisieme. K - P.
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MILLETIERE. MILTO N

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? 4T ) Ré-ponse ip Epitre

de la'■l'ilctieie,

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Qu’il dédia au Roi d’Angleterre.

s 0!t courir , touchant le dejse'm que devoìt avoir le feu Roy sonPcre de se jet ter dam ï Eglise Romaine, luy ont fait perdre lescœurs de quantité de ses fubjets í ©■ JÎ vous Pavez fpeu , d’oùvient que vous osez. marcher fur les tnefmes pas, d'osier aufils pour jamais l'esperance de les recouvrer t La Réponse qu’illui fait ailleurs est un peu plus animée (41). ,, Vous avez» bien le front d’affirmer que ce Prince est mort ìnvifible--, ment vray membre de vostre Eglise, ainsi qu’elle est dis--- tinguée d’avec le reste du monde Chrestien : ce qui est-, une vieille fraude pieuse (4a), & un de vos Machiave--, lismes, pour acquérir du crédit à vostre Religion par-> quelques moyens que ce soit, ou faux ou légitimés;„ mais tout à fait contraire à la confession qu’il en fist à„ fa mort, contraire à ce qu’en fçaventtrès expressément-, ceux qui alsisterent au meurtre de ce pieux Monarque,„ & tout cela, je m’imagine, fur cette vaine prefomp-„ tion, qu il n y a point d-’autre Eglise que la vostre qui fut,» capable d'engendrer un tel Enfant". Notez que l’Áuteuropofe à cette Maxime un Dogme très-remarquable, queFEvêque de Chalcedoine (43) a soutenu ,,dans deuxTrai--, tez qu’il a mis au jour, à íçavoir que fi ceux qui vivent„ dans la communion de l'Eglise Protestante, s’efforcent d’a-„ prendre la vérité çr n y peuvent atteindre à cause de leur,, insuffisance, mais qui P embrassent implicitement en prepa-„ rant leurs cœurs pour la recevoir, ey font tous firefts de le„ faire quand il plaira à Dieu de le leur reveler, [ce qui est,, le devoir de tout bon Chrestien,] ils nesçauroient man-„ quer d’Eglise, defoy, ny de salut (44)”. Voilà une Maxi-me (45) qui pourroit fournir bien des réflexions pour unfuplément au Commentaire Philosophique sur contrain lesd'entrer. Cela soit dit en passant.

Si la Milîetiere n’avoit pas été engagé depuis plus devingt-cinq ou trente ans à des études de Controverse, ilfaudroit lui compter pour une hardiesse beaucoup plusgrande que la prémiere, ce que l’on trouve dans ce Passa-ge de son Antagoniste: ,, Vous prenez à tafche de recher-cher, ou ,,plustost de decider, pourqmy la main de Dieu,„ ey celle du Parlement, a esté fi fort appesantie sur la teste du„ feu Roy ey sur celle de son fils-, & notamment celle de„ Dieu, parce (dites-vous) qu il avoit pris le tiltre de chef,, de T Eglise-, Dieu se proposant par cette punition, d'aprendre„ aux autres Princes qui font dans le schisme, avec quelle feve-„ rite il peut vanger fa gloire, dans l'injure qui est faite à„ Vunité ey à l'autorité de son Eglise : & pour ce qui est„ ste la main du Parlement, d’autant que ce Prince ne vou-,, loit pas prester son consentement ct ïabolition de l’Episcopat„ ey à la suppression de la liturgie e? des cérémonies de l'E-» glife Anglicane (46)”. Je croi cependant que cette té-mérité est plus excusable que l’autre, dans un hommenourri depuis si long-tems aux Disputes de Religion ; caril n’est presque pas possible qu’un tel homme ne contractel’habitude d’imputer les profpéritez des Orthodoxes à leurzèle pour la foi, & les malheurs des Hérétiques à leurfausse Religion. II n’est pas nécessaire de .marquer com-bien ces pensées font basses,petites, & populaires, & néan-moins propres à recevoir de faux ornemens de Rhétori-que qui leur donnent de l’emphafe, & de la pompe. Mar-quons plutôt la modestie du Prélat Anglois qui répondit àla Milîetiere. En faisant application de ces affliâìions parti-culières selon vostre fantaisie mal sondée, quel précipice avez-vous creuse a la hardiesse er k la liberté des autres hommes ?lesquels , s us veulent s arroger , comme vous avez fait , la.licence de juger des malheurs de quelques autres Princes, peu-vent aufft lien dire que Dieu les afflige parce qu’ils ne veu-lent sas devenir Protestants , comme vous prononcez du feu

Roy que Dieu l'a pitny parce qn’il ne fe vouloii pas faire Pa-piste (47). Voilà quelle fut la conclusion de la Réponsedu Prélat, à cette partie des réflexions indiscrètes & témé-raires de notre Théophile Brachet. Cette Réponse com-prend plulieurs autres Considérations judicieuses, que jene raporte pas. II m'a sttsi de prendre celle qui est la pluspropre à désabuser tous les esprits raisonnables; car pourbien conoître h fausseté de ce mauvais Lieu commun (48),il ne faut que prendre garde que toutes les Sectes s’en fer-vent, & s’il m’est permis d’en parler ainsi, que c’est uneselle à tous chevaux. Ajoutez encore cette imperfection:il fait le procès à ceux qui l’emploient avec le plus deconfiance. La Milîetiere l’éprouva. En attendant que vousnous fajfiez apparoifire, lui répondit-on (49), la vérité de ceque vous dites, permettez nous de remarquer, que ny la cons-tance que la Reyne Marie (jo) a tant fait efilater pour iaReligion Catholique Romaine, ny le changement de Henry qua-trìefme à la mefme Religion, ne les a pu exempter d’une fincruelle ey sanglante-, quelle raison donc avez vous d'imputerles maux, que le Roy a souffert s, aux erreurs de fa Religion ?Soyez vous mefme vostre propre juge.

Mais rien ne montre plus clairement la vanité de IaMil-letiere, & fa passion démesurée d’être en spectacle , quele moien qu’il propose au Roi d’Angleterre de recouvrerses Etats. Sa langue , si on l’en veut croire, peut sufireà la production de ce grand événement : il assûre d’un cô-té que ce Monarque sera rétabli en ses Royaumes, pourveuqu il se veuille convertir à la soi Catholique Romaines^ r) ;& il dit de l'autre , que si ce Prince veut assister à une•Dispute entre des Docteurs Catholiques, & les Ministresde Charenton, on le verra converti bientôt après. C’étoitfaire entendre assez clairement que st l’on en venoit à unetelle Dispute, il seroit l’un des prémiers tenans du PartiRomain,& par conséquent la cause principale d’un triom-phe dont les suites seroient admirables. Considérez un peuíes chimères selon toutes les gradations où F Auteur Angloisles a réduites. „ Mais nous voici arrivez au plus spécieux„ endroit de toute vostre Epiítre. Qui est cette ridicule„ proposition que vous faictes d’une Conférence par ïautho-„ rite de vostre Monarque, & à la requefte de nostre Roy,,, devant P Archevesque de Paris ey son Coadjuteur , entre„ des Doâleurs Catholiques Romains, c? les Ministres de l’E--, glifi de cette grande ville, aufquels VOUS rendez avec jus-„ tice un assez ample témoignage de zele es? de suffisance.-, Vous passez plus avant, car vous supposez, Que ces Mi-„ nifires accepteront la dispute, ou que par leurs tergiversa-„ fions on leur verra trahir la fotbieffe de leur cause: & vous„ concluez avec une asseurance inimaginable, Que ces mesmes„ Ministres seront là convaincus de la fauffeté de leur Religion:„ ey que leur conversion, ou conviílion, donnera ample sujet att„ Roy de la grand’ Br et algue d'embrasser la Communion de Rome,„ ey este sa conversion ramènera tous les Protestants qui ont,, encor quelque conscience , au giron de l'Eglise , cy à l’o-,, bétffance dusainSl Siégé. Permettez un peu que je réduise„ au raccourcy ces belles conséquences : Si le Roy de la,, Grand Bretaigne désiré une Conférence solemnelle, le,, Roy de France l’ordonnera:S’ill’ordon.ne,les Ministres„ l’accepteront: S’ils l’acceptent, ils font asseurez d’estre„ vaincus : S’ils font vaincus, le Roy d’Angleterre chan-„ géra de Religion : S’il change de Religion, tous les Pro-„ testants feront de mefme (52) ”, On se figure aisémentque la Réponse, d’où je tire ce Passage, contient une forteRéfutation de ces illusions , 8e qui nia pas coûté beaucoupde peine air Prélat Anglois.

( 47 ) Ré-poníc à laMilîetiere,45-46.

(48) Votez, ccq tu a été ditcì-dejsîismarque (Ò)de P ^ArticleM A H o-

M E T 11 ; éTce qui fut ditdam la Cri-tique Gé-nérale del’Histoìredu Calri-niíme , Let-tre XIX ,num, Z, pag*351 de la 3 ■Edition,fur ce queMaimbourgavoit dit ditPrince deCondê tué 4Jarnac .

(49) Ré-ponse à laMilîetiere,pag, 166, r 67,

f S o) C est Ia%eine d > E-cojfe , mire du\oi Jaques I,& aieuie deCharles I,fois cC^Aífgleterre,

(S t) Votez. ìaRéponse àla Milletie-le, ^,150*

(52) Là-mU

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MILTON (Jean) fameux' Apologiste dusuplice de Charles I Roi d’Angleterre, naquità Londres l’an 1608 {A). II nous aprend lui-même (s), qu’après avoir étudié les Langues,

&

(a) Defensione II pro Populo Anglicano, pag. 60 ct fiquentibus Edhionis 1 -Ug£ Cumins Iâ;i,

(A) ll naquit à Londres l’an 1608.] C’est ce qu’onéprend par F Inscription qui est au bas de fa Taille-doucenans un de ses Livres (1); car elle porte qu’en 1671 ilRvoit soixante trois ans. II avoit désigné ses années d’unefaçon un peu vague dans fa II Apologie composée en*6;z, ou en 1654, s’étant contenté de dire qu’il avoitPlus de quarante ans (2). II ne fera pas hors de propos de^marquer pourquoi il aprend au public cette circonstance,puis que cela nous donne lieu de relever quelques fausse-sez. On lui avoit reproché qu’il n’étoit qu’un petit boutu homme, qui n’avoit que les os & la peau; & c’étoit unuotiectìf ajouté à l’aplìcation qu’on lui avoit faite de cesParoles de Virgile, Monfirum horrendum, informe, ingens,eut lumen ademptum (3). 11 répondit (4) qu’il ne croioitPas que personne l’eût jamais trouvé laid ; que fa tailleaprochoit plus de la médiocre que de la petite; qu’il sesentoit encore & le courage & les forces dont il avoit étéPourvu autrefois, lors que F épée au côté il se croioit enutat de tenir tête à des gens beaucoup plus robustes queui; q Ue f on visage,bien loin d’être pâle, défait, & ridé,

Ul faisoìt beaucoup d’honneur, puis qu’à F âge de quarante

de ridicule s’il ne disoit pas la vérité. II avoiia la dettepour ce qui est d’être aveugle, fans oublier néanmoins dedire que íes yeux ne paroissoient pas avoir le moindre dé-faut. II n’y a personne qui puisse douter après cela, quel’on n’en eût fait a croire à Mr. Morus & à Mr. de Sau-maise, fur la taille & fur F extérieur de Milton'• je disà Mr. de Saumaise ; car il a dit aussi dans fa Répliqué qu’ilavoit ouï dire que son Adversaire étoit petit comme unnain , &c. Relatum quippe est mihi ab tÛis qui viderunt ,este statura pumilionem (5). Ab ea laboriofr cy anxia longa-que meditattone languorem etiam v'tdetur contraxtffe delica-tum illud e? infirmum corpufculum tuant (ô). Mr. Morusne contesta là-dessus quoi que ce soit a cet Adversaire : ilprotesta feulement (7) qu’il' n’avoit point prétendu lui re-procher d’être aveugle, puis qu st ne I avoit apris que parla Réponse de Milton, & q ue S av01t dit quelque chosequi semblât se raporter à l’aveuglement, il 1 avoit enten-due de celui de l’ame. Par la il se reconoissoit l’Auteurde l’Epitre Dédicatoire du Clamer régit sanguin,s: or com-me c’est là qu’il avoit dit que rien ne sauroit être plus hâve

- f ____ r —. , „ , -.. ni plus décharné que Milton, je cioi qu on 1 eut bien em-

ns passez il sembloit être plus jeune de près de dix ans; barrasse, si on l’eût contraint d accorder son Epître Dédi-‘

On il PECuoit" ci l'f'tri en r> slo LíAnt - iitif* infini t f* sff* crpnc C 3 .Eoi.rC , 3VCC 1 endroit dc Í 3 R.CpOïlíC OU ii 51 Y 0 UC QU'il

avoit cru que Milton étoit bel homme, & sur tout après

. Prenoit à témoin de tout cela une infinité de gensqui ie conoissoient de vue, & qui le traiteroient justementT o M. III.

fs) Salmal,Reíponfad JUilt,t‘g- 3 .

(6) Là-raé-me, pag.

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(7) Fid.F«bl. f. îh

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