M I L T O N*
(s) Par îaU s p On fe <jne
Milton fit &■
ces paroles ,pag. 84 ; Uparoit que- cerpoëmes fntceux qu? ilpublia fan1645, &tjvfil ìf ctoitpas content deson Graveur,
($>) Salmaf.Responf.ad Milt.pâg, 15 iy 16.
f 10) Idem ,ibïd, pag. 19.
su) Tu-
quem olimJtali pro fœ*mina habue -rttnt} cui-cjuam audeaSfquod parumvir fit-t obji -cere ? Tbid.
pag, 23.
(iz) Milton.D«fens. II,pag. II.
(13) lAjunthominem
Cantabrigìenft\Academia obf agit 2 a pul-fum , dedecus& patriamfugíjfe, d? inItaliamcommigraffe.Tilg. ‘S.
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Sc un peu de Philosophie dans le lieu de fa naissance, il fut envoie à Cambridge, où il continu*,fes études pendant sept ans, au bout defquels il retourna chez son pere (A), qui fe tenoit alorsà la campagne. Qu’aiant passé là cinq années dans la lecture des bons Livres Grecs Lc Latins,il alla voiager en France Sc en Italie, à quoi il emploia plus de trois ans. Que trouvant à fouretour l’Angleterre dans les désordres de la guerre civile, il prit le parti de sc tenir enfermé dansson cabinet, Sc de laisser les événemens. aux foins de 1a Providence. Que l’Autorité des Evê-ques aiant été affoiblie, Sc chacun parlant contre eux, il espéra que ce grand commencement deLiberté pourroit délivrer du joug de la servitude le genre humain. Qu’il se crut obligé d’y tra-vailler selon ses forces. Que pour cet effet il fit deux Livres fur les moiens de réformer l’EgliseAnglicane j St puis quelques autres contre deux Evêques qui avoient écrit en faveur de l'Episco-pat. Qu’aiant vu la fin de cette Dispute, il considéra qu’outre la Liberté ecclésiastique, pourlaquelle lui Sc tant d’autres avoient travaillé heureusement, il y en avoit deux autres, savoir ladomestique St la civile, qui n’étoient pas moins importantes. Qu’il tourna fa plume du côté dela Liberté domestique, pendant que les Magistrats travailloient avec ardeur pour la Liberté civi-le. Qu’aiant considéré que la Liberté domestique se raportoit à trois choses, au mariage, à l’é-ducation des enfans, Sc au droit de philosopher fans contrainte, il écrivit fur le Divorce (C),Sc fit voir que l’Evangile n’avoit point changé les Loix fous lesquelles les Juifs avoient vécu àcet égard -, Sc que ce scroit en vain que Ton crieroit, Liberté, Liberté, dans les Assemblées pu-bliques, si l'on étoit dans fa masson l’esclave d’unscxe inférieur au nôtre. Qu’ensuite il écrivitfur PEdueation des enfans, Sc enfin fur la liberté des Imprimeries j afin d’empêcher qu’un petitnombre de gens mal habiles, Sc presque toûjours résolus à suprimer tout ce qui n’est pas du goûtpopulaire, ne décident en dernier ressort de ce qui doit, ou qui ne doit pas sortir de dessous lapresse» Qu’après la sentence de mort rendue contre le Roi Charles I, il écrivit fur la Thèse gé-nérale du droit des Peuples contre les Tyrans ( D ) \ Sc fit un Recueil des Sentimens de plusieursgraves, Théologiens là-dessus, pour faire taire ceux qui disoient que la Doctrine des Eglises Pro-testantes étoit contraire à ce qui s’étoit passé depuis peu à Londres. Qu’après cela, comme il tra-vailloit à l’Histoire de fa Nation (£), le Conseil d’Etat, qui venoit d’être établi par P Autorité
du
savoir vu fi mignonnement peint à la tête ses Poësies. Anàeformitatem tibi vitio verterem, qui hélium et'mm credidimaxime , postquam tuis pr&fixam Poematibus (8) comptulamiconem illam vidi ? Mr. de Saumaise semble se glorifier (sa-voir été cause que Milton. eût perdu son embonpoint, 8cses yeux, à répondre à l’Apologie du Roi Charles : 8cbien loin de lui reprocher aucune laideur naturelle, il leplaint malignement de n’avoir plus cette Beauté,, qui I’a-voit rendu fi aimable pendant son séjour d’Italie. Indeetiam fortajfe cerebrum tibi nimis inquies, in oculis deftìlla-'verat , eofque afflixerat. Malo isto magnam partem tua pul-critudinìs deperiist'e , pro eo ac deíeo doleo. Nam in oculismaxime vìget ac valet forma decus., %uid ltali nuhc dice-rent fi te vidèrent cum ista fœda lippitudine » Non haberentamplius quod m te laudarent » Non ergo miror fi Salmafiumïftum odifii propter quem tantum tibi laboris Cri oneris impost-tum est, unie agritudo tibi corporis Cri mentis hac occidit : eripruterea detrimentum tantum pristmi decoris pajfus es (9). Istejam lippulus vol caculus potius,. ohm bellulus pufio (10). Hs’exprime, plus nettement en un autre endroit (n). J c aesai point ce que Milton a oposé là cette derniere médi-sance, lors qu’il a eu occasion de parler à fes amis tou-chant la Répliqué posthume de Mr. de Saumaise: mais j aiouï dire que quand on lui eut apris que son ennemi sevanloit de lui avoir fait perdre la vue; cri moi, repondit-il, je lui ai fait perdre: la vie. Ce Conte est fort vraisem-blable , puis. qn’on en trouve le fond dans les Livres deces deux Ecrivains. On va le voir. Sunt, dit Milton (12),qui nos etiam necis ejus (Salmasii) reosfaciunt, illofique nos-tros nimis acrïter jlriftos aculeos quos dum repugnando altiusfibi infixit, dum quod pra manibus habebat opus vidit fpis-fi'us procedere, tempus refponfionis abiìjfe , operis gratiam pe-rsiste , recordatione amistœ fama , existimationis, Principumdenique favoris, ob rem regiam mâle defenfam ergafe immi-nuti, triennali tandem mœfiitia er animi magis agritudinequam morbo confeâlum obiiste.
(B) Il fut envoié à l’Académie de Cambridge, . . . d'oh ìlretourna chez. son pere. ] L’Auteur du Clamor regii fanguìnisavance fur un ouï-dire (13), que Milton chassé de l'Aca-démie de Cambridge pour ses mauvaises actions , aban-donna le païs, 8c se retira en Italie. Milton nie tout cela,& fait un autre récit qui lui est extrêmement avantageux.Or comme ni Mr. Morus en répondant au Livre ou estcontenu ce récit, ni Mr. de Saumaise dans fa Répliqué oùil y a bien des Contes diffamatoires contre Milton, n'ontrien dit de la sortie ignominieuse de Cambridge qui luiavoit été objectée, on a lieu de croire que c’est une fable;,car il faut qu’il y à pour ces sortes de Procès , quelquesprincipes qu’il ne soit pas permis de nier, & qui fassent une.véritable prescription: 6 c quels principes y a-t-il plus dignesde ce rang-là, que de voir qu un‘homme, publiquementaccusé de choses qu’il est facile de prouver, les nie publi-quement, fans que ses parties adverses osent soutenir l’ac-cusation ? Quelque ressource qu’on puisse trouver dans dessubtilitez de Métaphysique, pour se défendre contre cettepreuve de fausseté, il faut convenir que moralement par-lant elle est convaincante : puis donc que Milton a pourlui une telle preuve,nous pouvons compter entre les men-songes qui ont été débitez contre lui, ce qui concerne laprétendue sortie de Cambridge.
. ( c ) il écrivit fur le Divorce. ] On voit par la seizièmede ses Lettres, écrite l’an 1654, qu’Aitzema vouloir fairetraduire en Flamand cet Ouvrage de Milton, & que l’ Au -
teur auroi-t mieux aimé une Traduction Latine, aiantéprouvé que le peuple reçoit de travers tous les sentimensnon communs. II nous aprendlà qu’il avoit fait trois Trai-tez fur cette matière; le prémier (14) sons le Titre deDoflrine cri Discipline du Divorce ; le second ( 15 ) sous leTitre de Tetrachordon, où il explique les quatre principauxPassages de TEcriture qui concernent ce sujet; le troiste-mç (1 6) sous le Titre de Colajlenon, où il réfute un petitSavant. On. avoit reproché à Milton (17) d’avoir traitéde diabolique la doctrine de Jesus-Christ iur le Divorce,telle qu’elle est expliquée par les Peres, par les Théolo-giens anciens & modernes, & par toutes les Académies& les Eglises d’Angleterre, de Hollande, & de France;& que quant à lui, il prétend que le Divorce doit êtrepermis, lors même que la contrariété d’humeurs en est leseul fondement. II ne répond que ces deux choses (18):l’une, que le sens donné par le commun des Interprètesaux paroles de l’Evangile, pour leur faire signifier qu’aprèsun Divorce fait en cas de neceíïìté, il n’est pas permis depasser à un second mariage , pourroit bien être une doctri-ne diabolique; l’autre, qu’il n’est pas vrai que tous les Pe-res, les Théologiens anciens & modernes,toutes les Aca-démies, Lee,soient d’accord fur la matière du Divorce, 8cqu’il a fait voir dans son Tetrachordon que sa doctrine estcelle de quelques Peres, Lc celle de Bucer, de Fagius, dePierre Martyr, Sc d’Erasme. Voiez sa II Apologie à lapage 58. II est à noter que Milton, qui a tant particula-risé plusieurs endroits de fa vie, ne nous a rien apris deson mariage. Mr. de Saumaise avoit pourtant ouï dire,non seulement qu’il avoit été marié ; mais auífi qu’il avoitrépudié fa femme au bout d’un an, à cause quelle étoitde mauvaise humeur (19). En un autre endroit il soup-çonne que la jalousie, ou même le pannache, s’en mê-lèrent (20). Milton n’a donc pas plaidé pour le Di-vorce & pour la Polygamie, avec le même désintéresse-ment que Lyserus (21); son intérêt personnel le faisoitagir (22).
{D) il écrivit fur la These générale du droit des Peuplescontre les Tyrans.] C’est aparemment le Livre dont il faitmention dans fa 11 Apologie (23), lors qu’il parle ainsi:Id fufius docuì in eo libro qui noflro iâiomate Ténor five te-
nura Regum Lc Magistratuum inferiptus est . Illic ex
Luthero , Zuìnglio , Calvino, Bucero, Martyre, Par&o, ~ ci-tantur ipfia Verbatim loca, ex îllo denique Knoxo quem unumme Scotum ais innuere, quemque hac in re reformatesomnes praesertim Gallos illa tetate condemnaffe. A t qui illecontra , quod ibi narraiur, fe illam doélrinam nominatim àCalvino, fummifque aliis ea. tempeftate Theologis, quìbufcumfamiliarìter confueverat , haufiste affirmai. Quant à ce quel’Auteur du Clamor regii fanguìnis accuse Milton (24) d’a-voir écrit aux Parlementaires , pour les déterminer à unechose sur laquelle ils demeuraient en suspens, je veux direà la mort du Roi, Milton se retranche dans la négative»8c prétend n’avoir travaillé fur ces questions, qu’après le s u "plice de ce Monarque.
(E) Comme il travailloit à l'Histoire de fa Nation,] siétoit, selon Mr. de Saumaise (25), un petit Régent. stUïenseignoit le Latin dans Londres; Ludt trivialìs ma0* rLondinensts ; ïudimagifter in fchola triviali Londìnenfi,, d e í e sdaneo magistro Secretarius Parlamentì rebellis falíus. Maiscomme dans le Cri du sang roial, où l’on fait un coU Erécit de ses Avaritures , on ne dit point qu’il régentaquelque classe, 8c que d’ailleurs il est a parent qu’ll
(H) Imp^]à LondresIfi 44 .
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à Londres " 11645.
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