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6u Parlement, voulut se servir de sa plume j 8c lui donna ordre de réfuter Vïcon régla , cjlii cou-roit sous le nom du Roi défunt. Qu’il intitula fa Réfutation Iconoclastes (b). Qu’aiant étéchoisi peu après pour réfuter un Ouvrage que Saumaife avoit publié contre le Parlement d’An-gleterre, il s’engagea à ce travail, quoi qu’il eût presque perdu un œil (<r) , & que les Médecinslui prédissent comme certaine la perte de l’aútre s’il s’y engageoit {d). Voilà ce qu’il nous ditde lus-même: ajoûtons-y qu’il devint en effet aveugle vers ce tems-là; & que fa Réponse auLivre de Monsr. de Saumaife fit parler de lui par tout le monde (e) (F). II répondit quelquetems après à un Livre intitulé Regii fanguinis clamor ad cœlum , qu’il attribua a Mr, Morus,quoi que ce fût Pierre du Moulin le fils qui l’eût composé. Comme cette Réponse diffamoitMonsr. Morus horriblement ; celui-ci ne voulut point demeurer sans repartie j mais Milton lui fitune seconde Réponse aulfi sanglante que la prémiere. II vécut fort à son aise sous l’usurpation deCromwel; & par un bonheur tout-à-fait extraordinaire, il ne fut point inquiété ni recherchéaprès le rétablissement de Charles I I. On le laissa tranquille dans son logis, quoi que jamaisEcrivain n’eût porté l’insulte contre les têtes couronnées plus avant qu’il avoit fait contre le RoiCharles I, 8c contre fa Famille exilée. Son impunité ne vint point de la débonnaireté de Char-les II; mais de ce qu’il ne se trouva point excepté de l’amnistie générale. On imprima à Lon-dres en 1674 quelques-unes de ses Lettres Latines, 8c quelques Harangues qu’il avoit récitéesen Latin lors qu’il étoit Ecolier. Les Lettres Latines, qui furent imprimées l’an 1676 (/)$ôc qui avoient été écrites par les usurpateurs de l’Angleterre à divers Princes, font de fa façon.II aimoit la Poésie (G ), 8c il y a plusieurs de ses Poèmes, tant en Latin qu’en Anglois,qui ont vu le jour, soit pendant sa vie, soit après fa mort. Patin a débité beaucoup de men-songes (H).
Depuis 1a prémiere Edition de ce Dictionaire, on a publié à Londres (g) la Vie de JeanMilton composée en Anglois par Monsr. Toland. J’en ai fait faire plusieurs Extraits en Latin,
qui
Poésies: il dit que les loix de la quantité y ont été vio-lées ; il le prouve par des exemples ; 8c il conclut quequand même cet Auteur n’y eût pas marqué à quel âgeil les avoit composées, on n’eût pas laissé de sentir quec’étoit l’Ouvrage d’un Écolier. Mais Milton est responsa-ble de ces fautes de jeunesse, poursuit-il, puis qu’il les aMr. de Saumaife fit parler de lui fait imprimer depuis peu d’années à Londres. Par la IIJe croi que tous les Livres en prose Lettre de Milton il paroit qu’il fit imprimer dés Vers. La-tins en l’année 162.8, 8c par la X , qui est datée du ird’Avril 1647, qu’il avoit publié depuis quelque tems unRecueil de Poésies Angloiscs &c Latines. Ce Recueil estde Tan 1645. Cela ne sentiroit pas trop un homme désa-busé des faux bruits qu’on lui aprenoit concernant Milton,íì Ton traitoit à la rigueur Mr. de Saumaife. II dit qu’ausentiment de beaucoup de gens Milton n’avoit point écritT Apologie du Peuple d’Angleterre, & qu’il n’avoit faitque prêter son nom au Livre d’un Maître d’Ecole Fran-çois, qui enseignoit des enfans à Londres (33). Côtoienttoutes fables, que je fuis bien aise de raporter, afin defaire ensorte que les Auteurs aprenent à n’ajoûter pointde foi aux médisances, dont on leur remplit la tête con-tre leurs Antagonistes. On croit faire fa cour par là à un
pas osé raconter fort en détail les divers états, 8c les diver-ses occupations de fa vie, fans rien dire de fa Régence, sielle eût été effective,il semble que les espions avoient malservi Mr. de Saumaife. Cependant, il ne faut point seh fier à ces aparences : nous verrons ci-dessous (26), qu’il y• (K). avoit quelque fondement dans ce qu’il disoit.
{F) Sa Réponsepar tout le mondes
que Milton avoit publiez, avant que de réfuter Monsr. deSaumaife, étoient en Anglois. II paroit néanmoins parcette Réfutation, qu’il avoit la Langue Latine fort enmain: on ne peut nier que son style ne soit fort coulant,vif & fleuri, Sc qu’il n’ait défendu adroitement 8c ingénieu-sement la cause des Monarchomaques; mais, fans me mêlerici de prononcer fur la matière, je croi pouvoir dire quela maniéré dont il mania ce grand sujet devint très-mau-vaise par le peu de gravité qu’il y garda. On le voit à toutmoment,je ne dis pas étaler des railleries piquantes contreMr. de Saumaife ; car cela ne gâteroit pas son Ouvrage, 8cserviroit puissamment à mettre de son côté les rieurs; maisfaire le goguenard & le bouffon. Ce défaut régne plusvisiblement dans ses deux Réponses à Mr. Morus. Elles
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font remplies de pointes, 8c de nlaiíanteries outrées; le homme, 8c Ton est cause qu il pu ... ’ ,1
caractère de T Auteur y paroit à nu; c’étoit un de ces es- mets point dans cette claile les quatre mui -
prits satiriques, qui à la vérité fe plaisent beaucoup à ra- te, gagnées par Milton à écrire pour le laxiement, 11masser tous les bruits qui courent au désavantagé des gens, Ton en croit Mr. de Saumaife (34); car u est tres-vrai-8c à se faire écrire par les ennemis d’une personne toutes semblable que Cromwel le récompensa largement. Aules médisances qu’ils en savent; mais qui fe plaisent beau- reste, Milton a fait deux Poèmes en Vers non rimez; 1 uncoup plus encore, à insérer ces médisances dans le premierLibelle qu’ils publient contre quelcun. Sa Réponse à Mr.de Saumaife fut brûlée à Paris,8c à Toulouse,par la main-du Bourreau (27); ce qui ne servit qu’à lui procurer plusde Lecteurs. Ce ne fut point le Parlement de Paris. com-me 011 l’affûre dans le Cri du sang roial, qui condamnaT Ouvrage au feu, mais le Lieutenant civil. Milton nelaissa point passer à son Adversaire cette méprise (28). IItira une grande vanité de ce que la Reine Christine, à ce
sur la tentation d’Eve; T autre sur la tentation de Jesus-Christ. Le prémier est intitulé le Paradis perdu : le se-cond a pour Titre le Paradis recouvre. Le prémier passepour l’un des plus beaux Ouvrages de Poésie que l’on aitvu en Anglois. Le fameux Poëte Dryden en a tiré unePiece de Théâtre, qui fut extrêmement aplaudie. L autren’est pas si bon à beaucoup près ; ce qui fit dire à quel-ques railleurs, que l’on trouve bien Milton dans le Paradisperdu, mais non pas dans le Paradis recouvré.
Ces Poë-
qu’ìl prétend , fit tant de cas de ce Livre , qu’elle passa mes ont été traduits en Vers Latins, 8c publiez Tan 1690même jusques à mépriser Mr. de Saumaife qui étoit alors par Guillaume Hog Ecoffois.
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à fa Cour (29). II est certain que cet Ouvrage fut lu avecune grande avidité, comme Monsr. Zíegler, qui en parled’ailleurs avec un mépris extrême, nous T assure dans laPréface de ses Exercitationes ad Regiádium Anglorum. L’A-stqnyme, qui publia une Apologie, pro rege cy populo An -glicano contra Johannis Polypragmatici (alias Miltoni Angli )defmfionem destrublivam régis c y populi Anglicani ( 3° )_> le
Le même Dryden admirant le Poème du Paradis perdua jugé que la Grece, l’Italie, 8c T Angleterre ont produittrois Poètes en diférens Siécles ; Homere , Virgile, 8cMilton ; que le prémier excelle par la sublimité des pen-sées; 8c le second par la majesté, 8c que la nature ne pou-vant aller au delà,avoit formé le troisième par l’assembla-ge des perfections des deux autres. C’est le sujets d une
Plaint fort douloureusement de la destinée inégale de Sau- Epigramme de Mr. Dryden (35) insérée par Mr. soiana a®aise 8c de Milton. On n’a pu qu’avec mille peines, dit- la page 129 de la Vie de Milton.
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procurer une Edition de l’Ouvrage de Saumaife; maiscelui de Milton s’est imprimé plusieurs fois. §uod orna-tl JI‘mus Salmafius ad tuendum jus cy honorem Garoli Bri-tannïg. Monarcha, Sceleratorum manibus ìnttrftâíi , prudenterJcrìpserat , unâ tantum imprejjìone , idque , magnâ cum dìffi-cultate in lucem erupit: tanto odio hisice ultimis temporibus,^eritatem mundus perfequitur. Se d quoi fcelejiijfimus Milto-n si s , ad lacerandam famam Régis defunHi » cy siubverten-st m in Subditos dominium haredìtarium , invidiose elabora-'"t , illius t ot funt exemplaria , ut neftio cui leSlorem re-’fiaterem , fie mendaciorum cy convitiorum amore flagrantsum* 1 ^ ’ vo ^ umine decimo sexto perditijfimi pretii , usus
(6) ll aimoit la Poésie.'] Mr. de Saumaife aiant dit (32),fo« "r- siens,qui conoissoient Milton à fond, foutenoientPoint eusement stu'il ne savoir pas le Latin, qu’il n’étoitd’on t CSpa ^ e décrire en Latin, ajoûte que pour lui il estpeut n° Ut , autre sentiment, 8c que Milton étant Poëte,
t “ e , n « re Orateur, Là-deffus il fe moque de ses
(-îf) Patin a debite beaucoup de mensonges.] » Voila„ Monsieur de la Motte le Vaier, qui vient de sortir de„ céans, 8c qui m’y a apporté nn de ses Livres nou-,, vellement fait, lequel m’a dit que le Livre de Milton„ contre le feu Roi d’Angleterre a été brûlé par la main,, du bourreau ; que Milton est prisonnier; qu’il pourra„ bien être pendu; que Milton n’avoit fait ce Livre qu’en„ Anglois; 8c qu’un nommé Pierre du Moulin, fils de„ Pierre Ministre de Sedan, qui 1 avoit mis en beau Latin,„ en est en danger de fa vie (36)”. Prenez garde à lapersonne qui débita ces nouvelles à Guy Patin. Cé n’étoitpas un Nouvelliste du Pont neuf, ou du troisième pillierde la grand’ sale : c’étoit le Précepteur de Monsieur, c’é-toit le Caton François, c'étoit un homme très-docte; ilcrut bonnement que Du Moulin couroit risque de sa viepour avoir mis en Latin 1 Ecrit de Milton, Cenendant ceDu Moulin étoit l’un des Confesseurs du Parti Roial: ì]écrivit contre les Rebelles; 8c fa fidélité fut recoinp-nséepromtement par Charles 11 , *
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Ia VerjtonFrançoisefaite fur la,
2 EditionyAnghife , é°imprimée aLondres C aïs-652.
(c) DcscnHII pro Po-pulo An gU» 35-
(d) Volez, là%$} w. (A),
(i) DefenCII pro Po-pulo Angl.pag. §z.
(/) On Usa. réimpriméesà Leìpjìc tt}1690.
(L) L*an1699, à Utête des Oeu-vres dejeáiïMilton, infolio , & à
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(ìi) Eam &multi negantillum attfta-rem dtbtreagnofeere nifisolo tituU %tònfcriptamtnim ejse à
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