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Tome troisieme. K - P.
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M I L T O N.

{ h ) C'efl ceqifon rrs a

dit qttesgnì-sitri les motsAnglais deMr, Toland ,A Gentle-man by hisEducationAnd Family.Mets commeMilton , quidevoìt conoitremieux quepersonne laqualité de faFamille , s'ejlcontent: dedire DéfendII, [iag. m.60 , qu*ilétoit né gé-néré hones*tO j je ne faìJì en Angloisie mot Gen-tleman n J apas une signi-fication plusétendue íju'enFrançois le*not Gentil- .homme.

(t) CommeCarlo Dati,Gaddi, Fief 1cobaidi,Fiancíni,Bonmattei,Coiteîlini,Chimen-telli, JeanBaptisteManfò.

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qui vont me fournir un assez long Suplément de cet Article. Milton étoit né Gentilhomme (/),& fut élevé conformément à cet état ( h ). II eut une paíîion insatiable pour les Lettres, de forteque dès l’âge de douze ans il s’accoutuma à veiller jusqu’à minuit, Lc que la foiblesse de sa vue,ni ses fréquens maux de tête ne furent point capables de retarder (on inclination studieuse.II fut envoié à Cambrige à l’âge de quinze ans,& dès lá même année il paraphrasa quelques Pseau-mes en Vers Anglois. II composa à dix-sept ans plusieurs Pieces de Poésie les unes en fa Lan-gue maternelle, & les autres en Latin, & toutes d’un caractère & d’une beauté fort au dessus deson âge. II reçut à Cambrige le dégré de Maître és Arts, & s’en retourna chez son pere. Ceuxqui ont dit qu’il y retourna aiant été chassé de l’Académie de Cambrige pour quelque forfait, ourempli pour le moins de ressentiment de ce qu’il n’avoit pu y obtenir nulle promotion, ont abusémalicieusement de quelques Vers contenus dans une Elégie Latine qu’il adressa à son bon AmiCharles Diodati. C’est fur le même fondement qu’on a débité qu’il passoit son tems à Londresavec des filles de joie, & fort assidu à la Comédie. Son voiage d’Italie lui procura l’amitié desplus beaux esprits, Lc des plus illustres Savans de ce païs-là (i). II aprit si bien la Langue Ita-lienne, qu’il fut fur le point d’en composer une Grammaire, & qu’il composa de fort bons Vers

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set Sœur,

fans, lors que ies compatriotes portoient les armes pour

donc en son païs, & comme il passa par Geneve il y contracta des habitudes avec des gens deconséquence, qui lui firent savoir dans la fuite les Avantures d’Alexandre Morus contre lequel ileut à écrire. 11 arriva en Angleterre au tems de la deuxième expédition d’Ecosse de Charles I,

& parce qu’il fut chargé de la tutelle de ses neveux (£), il prit la résolution de devenir leurPrécepteur, & il enseigna aussi quelques autres Ecoliers (K). II épousa en 1643 Marie Powelfille d’un Juge de paix dans la Province d’Oxford. Cette jeune femme ne tarda gueres à se dé-goûter de lui (L): elle le quitta au bout d’un mois, & fit clairement conoitre qu’elle ne revien-droit point chez lui. II prit ses mesures là-dessus, & après avoir publié un Ouvrage fur le Di-vorce, il sc prépara à un second mariage; mais elle se ravisa, & le suplia si ardemment de la re- ^ F/ * i*prendre, qu’il sc laissa attendrir. II en eut une fille un an après cette réconciliation, & puis biend’autres enfans ( M). Cette femme étant morte en couche il en épousa une autre (/), qui mou-rut

(t) ll étonné Gentilhomme.'] Jean Milton sonPere, issu de la Famille des.Miltons considérable dans laProvince d’Oxford, étoit fils d’un Catholique Romain,&

Capitaine

Woodcocki

(37) Tiré desExtraits La-tins de laV iede Milton,composée en•Anglais parMonfr, To-Jdfld.

( 38 ) Dans la%pmarq t (E) t

contre les Apologies des premiers Chrétiens, vu qu’ellesont été composées par des personnes qui gémissoient fousla rigueur des persécutions. 11 ajoûte que pour bien jugerdes commoditez d’une région tempérée,il faut avoir passéune partie de fa vie dans des climats trop froids, ou tropchauds; 8c que tout de même l’on ne peut jamais s’ins-truire plus exactement des raisons qui favorisent la bonnecause, que lors qu’on a éprouvé les dégoûts du mauvaisparti. Ceux qui traitent une matière, qui ne les concernepoint personnellement, ne produisent que des jeux d'ima-gination, 8c ne font que s’amuser dans leur loisir,ou, quipis est, que déclamer fans cette force & fans cette viva-cité que l’expérience inspire. D où il faut conclure queceux qui n’ont point passé par les incommoditez du ma-riage , font infiniment moins propres que Milton à décrire& à soutenir les Argumens qui attaquent la tyrannie de

. w _,. j __ u _ . 1 indissolubilité du lien conjugal. On auroit pu croire que

servi par ses espions; mais je foi présentement qu’il les Traitez qu’il publia touchant le Divorce étoient le fruit,coupable que d’avoir donné un tour odieux à la non- ou de fa colere, on de l’envie de faire parade de son EspritA/rut™ -"'"-'r éfX „„ d ans le soutien d’un Paradoxe, plutôt que le fruit d’une

véritable persuasion. Mais pour empêcher qu on ne fît delui un tel jugement, il voulut montrer qu il y alíoit toutde bon, & mettre en pratique son Hypothèse (39). Rrechercha pour cet effet en mariage une jeune fille de ■ „

grand esprit, 8c tout-à-fait belle. Mais étant un jour chezun ami qu’il alloit voir très-souvent, i] vit tout d’un coup ?í - ~sa femme qui se jetta à ses genoux, 8c qui la larme à l’œilreconut fa faute, 8c lui en demanda pardon. II fut d’a-gie, 8c une fonction de Régent. Mais d’ailleurs ce n’étoit bord infléxible, 8c l’on auroit dit qu’il seroit inexorable;

A " mais cette prémiere dureté de cœur s’amolit bientôt. Sa

en fut déshérité parce qu’il s’étoit fait Protestant. Chris-tophle Milton son autre fils étudia en Droit, 8cn’eut pas beaucoup d’esprit. Ce fut un homme supersti-tieux & qui s’attacha au Parti Roial, 8c qu’on laissa néan-moins dans l’obscurité après que la Famille Roiale fut ré-tablie. Mais le Roi Jaques II voulant faire déclarer parun corps de Juges qu’il étoit au-dessus des Constitutions duRoiaume le créa Sergeant aux Loix, 8c Baron de l’Echi-quier, 8c puis Juge des Plaídoiers communs. Ces Chargesfinirent bientôt après par la mort de celui qui les avoir ob-tenues (37).

(K) Il devint Précepteur de ses neveux & de . . . quelquesautres Ecoliers,] Voici le fondement de ce qu’on a vu ct-dossus (38). J’avois cru que Monfr. de Saumaife avoir étémal r -~- — 3 ~ r - 5 ««M

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velle qu’il débitoit que Milton avoir été un petit Maîtred’Ecole. Mr. Toland avoue que Milton se volant prié derendre à quelques enfans de ses amis le même service qu’ilrendoit à sés neveux , c’est-à-dire de leur enseigner lesLangues , l’Histoire , la Géographie , 8cc. leur accordacette faveur. II est donc vrai qu’il tenoit Ecole dans sonlogis, 8c qu’encore que ce ne fût pas une Régence de basseClasse dans un College comme les expressions de son en-nemi Pinfinuoicnt, c’étoit au fond une véritable pédago-

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pas un juste sujet d’insulte, non pas même en suposant quela pauvreté l’eût réduit à s’assujettir à une peine si fati-gante , pourvu qu’il s’en aquitât fidèlement 8c habilement.Consultez là-dessus son Historien.

(Z.) Cette jeune femme ne tarda gueres à se dégoûter delui.] On allégué plusieurs conjectures fur la cause de sonprompt retour à la maison de son pere. Elle y avoir étéélevée dans la pompe 8c dans les plaisirs, 8c aparemmentcela fut cause qu’elle ne s’accommodoit point d’un ména-ge Philosophique tel que celui de Milton: peut-être aussique la personne de son époux lui étoit désagréable, ouciu’étant d’une Famille Roialiste elle ne pouvoit soufrir lesprincipes Républicains de Milton : 8c il n’est pas impossibleque son pere se fût proposé quelque avancement auprès duRoi en rompant les nœuds de ce mariage. Quoi qu’il eusoit, sa fille retourna chez lui un mois après la célébrationdes noces, fous prétexte d’aller passer à la campagne lereste de l’été. Son mari consentit à ce voiage fous condi-tion qu’elle reviendroit à la fête de saint Michel: 8c parcequ’elle laissa passer ce terme sans revenir, il lui écrivitplusieurs Lettres à quoi elle ne daigna répondre; mais enfinelle déclara catégoriquement qu’elle ne reviendroit point,& renvoia avec mépris le messager de Milton. Celui-ci enfut tellement indigné, qu’il résolut de ne la reconoître ja-mais pour son épouse, 8c afin de faire voir au public lajustice de ce dessein, il donna le jour à un Ouvrage sur leDivorce l’an 1644. Les raisons qu’il y propose, pour prou-ver que les mariages ne doivent pas être indissolubles, sem-blent suspectes venant d’un homme intéressé en cette cau-se: mais son Historien remarque que cela ne peut point.les affaiblir; car autrement il faudroit se laisser préoccuper

générosité naturelle , 8c l’interceffion de ses amis le por-tèrent à une prompte réconciliation, 8c à oublier tout lepassé. II ne garda point de rancune : il reçut dans son lo-gis le pere, la mere, les freres, les sœurs de fa femme,lors que le Parti Roial tomboit par pieces, 8c il protégea8c nourrit cette parenté jusques à ce quelle vit venir unmeilleur tems (40). N’y a-t-il pas là dequoi le mettre dansla Liste des bons maris, 8c dequoi le faire servir de preuveà la remarque que tant de gens font, qu’il n’y a rien deplus débonnaire qu’un homme à l’égard d’une épouse quil'a offensé, 8c même déshonoré r 1 Celui-ci avoir sur les bras,non seulement le ressentiment d’époux, mais même l’inté-rêt d’Auteur: il s’étoit, pour ainsi dire, lié les mains parses Ecrits ; fa Thèse du Divorce apuiée de Répliqués leportoit à soutenir la gageure. Ajoûtez à cela qu’il sentoitde nouvelles flammes pour une fille charmante par fa beau-té , 8c par son esprit : 8c néanmoins deux ou trois larmesde son épouse le démontèrent; il consentit à tout ce qu’ellevoulut. Anciennes résolutiosts de ne la plus voir, enga-gement d’Auteur,nouvelles amours,tout plia fous la forcevictorieuse d’un peccavi prononcé par une épouse éplorée.Voiez la marge (41).

(M) ... il en eut une fille . & p liís tien d'autres

enfans.] Un fils qui mourut l’an 1651, 8c trois filles quilui servirent de Lecteur. II leur aprit à prononcer exacte-ment les mots Latins,Grecs, Hébreux, Italiens,François,Espagnols; 8c à mesure qu’il avoir besoin d’un Livre, ilsaloir que l’une d’elles lui en fît la lecture. Comme ellesh’entendoient pas le sens de ce qu’elles prononçoient, cet

exercice leur étoit fort désagréable ; j] s’en aperçut P ar

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